Archive | 3 janvier 2015

Les plumes d’Asphodèle – monter

 

écritoire vanishingintoclouds(3)

Les mots à placer étaient horizon, nature, ciel, échelle, fatigue, grimper, cabane, rideau, créneau, Éden*, montagne, étagère, fièvre, transcender, panne, épuiser, oeufs, cheval, ravissement, remontant, rythme.

– Ne me dis pas que ce n’est pas une bonne idée.
– Et bien, je ne te le dis pas.
Juliette serrait fièrement le bras de son frère, le commandant Guillaume Berthier. Ils se tenaient tous les deux devant Le ravissement d’Eden, le salon de thé très particulier de Juliette.
– Il y avait un créneau, je me suis engouffrée dedans.
– Excuse-moi de ne pas grimper au rideau.
En fait, quand elle lui avait annoncé la nouvelle, elle lui avait même dit : « accroche-toi au pinceau, je retire l’échelle ». Il ne manquerait pas, un jour, de lui renvoyer l’ascenseur.
Une ambiance cosy, des étagères couvertes de pots de thé et autre théière, hors de question d’être en panne d’Earl grey, des gâteaux, faits avec du vrai beurre et de vrais œufs. Guillaume, que ses enquêtes en cours épuisaient, avait besoin d’un remontant, il se surprenait à rêver à un café bien fort. Juliette, elle, « gardait le rythme » et s’affairait avec fièvre pour que tout soit prêt pour l’inauguration. Elle était sympa, Juliette, mais elle avait gardé des séquelles de sa relation avec son bio Matthieu (ou était-ce Matthias ?). Aux dernières nouvelles, il était parti pour d’autres horizons, suivre sa nature profonde dans une cabane à flanc de montagne.
– Coucou !
Imogène d’Arcy les avait rejoints.
– Tout le bonheur possible pour cette nouvelle activité !
Pendant que Juliette cherchait l’ultime détail pour transcender l’endroit, Guillaume murmura à Imogène que, tout de même…
– Un de mes collègues quitte le notariat, et tu sais pourquoi ? Il ouvre une boulangerie en Normandie, lui qui était si à cheval sur la rédaction du moindre acte. Que ta sœur ouvre un salon de thé bio jumelé à une librairie érotique ne me surprend même pas. Tant qu’elle ne me demande pas de lire ce qu’elle vend, cela me convient parfaitement.