Archive | 22 janvier 2015

A travers bois de Colin Dexter

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Mon résumé :

Morse est en vacances, qu’on se le dise ! Même si personne ne comprend vraiment pourquoi il s’en va, lui qui n’a jamais été satisfait des congés précédemment pris. Puis, s’il était honnête, s’il déduisait de ses congés tout le temps passé dans les pubs, il verrait qu’il n’a pas droit à ses quinze jours. Pendant son absence, l’affaire de la disparition d’une jeune étudiante suédoise revient sur les devants de la scène. L’enquête piétine depuis un an. Enfin, elle piétinait, jusqu’à ce que Morse s’en mêle. N’était-il pas en vacances ?

Mon avis :

Les vacances ne réussissent pas aux policiers – ou, devrais-je dire, aux criminels ? Si Morse n’avait pas pris des vacances littéraires fort à propos, l’enquête aurait pu ne jamais être résolue.

Ce qui m’agace d’emblée est que certains n’aimeront pas le personnage de Morse, très porté sur la boisson, à la vie privée inexistante (ou presque). Depuis quand les enquêteurs devraient-ils être des modèles de vertu ? Surtout, Morse ne boit pas pour noyer un vide existentiel, pour oublier des erreurs passés, non, il boit juste parce qu’il aime la bière et d’autres boissons alcoolisées, parce qu’il aime aller dans les pubs, et y rester un certain temps. Quelqu’un qui boit pour le plaisir, qui ne fait pas de régime, mais quelle horreur ! Si son adjoint, Lewis, est condamné au jus d’orange – celui qui boit ne conduit pas – il n’est pas non plus un adepte des régimes, lui qui déguste deux oeufs au plat, six saucisses et des frites. Le duo fonctionne très bien, puisque Morse fera même des compliments à son sergent à la fin de l’enquête.

Si la jeune étudiante suédoise, Karin, a disparu depuis un an, son sac à dos a été retrouvé par un charmant couple de promeneurs anglais – il faut bien promener le chien. Il faut bien aussi observer les oiseaux, toute sorte d’oiseaux – la jeune Karin était passionnée d’ornithologie, et c’est pour cette raison qu’elle se rendait en Angleterre, chez sa tante. L’enquête fera rencontrer de drôles d’oiseaux à Morse et à Lewis, surtout quand on apprend qu’en anglais, mésanges et nichons sont synonymes.

Morse ne porte pas de jugements moraux sur ses semblables – sauf si ceux-ci ont la mauvaise idée de dissimuler des éléments qui nuisent à la progression de l’enquête. Dans ce cas, gare à eux ! Comme Maigret, au 36 quai des orfèvres, il écoute les confessions de ses semblables, leurs douleurs aussi. Ils sont des hommes avant toute chose, et c’est le hasard qui les a mêlés à cette affaire : Morse ne confond jamais coupable et témoin. Il utilise d’ailleurs, pour mener à bien cette enquête, une des méthodes que Maigret lui-même employait en vacances.

Pendant qu’ils enquêtent, le monde continue de tourner, les policiers de partir en vacances – bien sûr, c’est Morse qui a envoyé Lewis passer un week-end en Suède. La jeunesse anglaise fait n’importe quoi, vole des voitures, joue à qui roulera le plus vite, jusqu’à faucher une gamine qui avait le malheur d’être sur le bord de la route. Et le père de ses garnements, que fait-il ? dirait le superintendant. Il faudrait déjà qu’il y en ait un. Il faudrait déjà qu’il remplisse son rôle. Vaste sujet, tant il semble que chacun des enfants ou des jeunes adultes rencontrés dans ce texte n’aient qu’un seul des deux parents qui prennent son rôle à coeur.

A travers bois, ou un roman policier anglais qui joue avec les codes du genre pour mieux retourner la situation.

 

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