Archive | 31 janvier 2015

La quête des ours, tome 3 d’Erin Hunter

Mon résumé :

Les trois oursons Lusa, Toklo et Kallik, poursuivent leur quête vers le Grand Nord. Bien des épreuves les attendent encore.

Mon avis :

Ce troisième tome est tout aussi plaisant à lire que le précédents. Les trois oursons, accompagnés par leur ami métamorphose, ont repris leur route. Les difficultés ne sont pas liés au relief, au climat, ou au manque de nourriture. Non, elles sont directement liées à l’homme.

La première est très simple : nos trois oursons doivent traverser des zones fortement peuplés, avec routes et pavillons individuels. Le lecteur « voit » les hommes et leur habitat à travers les yeux des ours, parfois naïfs, et ce qu’il voit n’est pas joli-joli. Beaucoup de gaspillage, de chacun pour soi – Lusa est loin des Sans-Griffes qui prenaient soin d’elle dans l’enclos où elle est née.

La seconde est que des chasseurs (je n’irai pas jusqu’à dire « professionnels » mais presque) ne sont pas loin. Quelle belle décoration à ajouter à leur maison que la tête et la peau de trois oursons ! Bien sûr, ce roman se rapproche du conte, cependant Erin Hunter n’est pas la seule à faire intervenir des esprits pour guider ses personnages, que ce soient ceux de leurs proches défunts, ou les esprits de la nature. Je pense encore une fois à Kim Jyn-Kyeong, et à des auteurs proches de la culture amérindienne.

La quête des ours reste une série sympathique et très recommandable.

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Les plumes d’Asphodèle – et un louveteau

IMG_2042Pour trouver les mots de ses quarantième plumes, Asphodèle nous a laissé la phrase suivante tirée du dernier roman de Clara Dupond-Monod :  » Car ceux qui ont perdu quelque chose, comment font-ils pour éprouver encore de la joie ? (…) Ils connaissent désormais l’envers des choses. »
Pour ma part, je vais continuer malgré tout à tenter de faire sourire, et peut-être même rire avec les aventures des louveteaux garous. Je referme la parenthèse, et laisse Anatole 4e Bleu, prendre son envol.

Cher journal,
Mon régime est fini, je suis déclaré guéri, je ne devrais plus chercher à grignoter quelqu’un, même en cas de sensation de vide intense dans l’estomac. Je devrai laisser éclater ma joie de pouvoir, après tant de temps….
– Juste un mois, précisa Valère, mon petit frère.
– C’est mon journal ! m’écriai-je. Tu peux tenir le tien.
– J’ai fait le tour de la question. Pas de regrets, je m’incruste dans le tien.
D’un côté, j’ai tort de me plaindre : la voix de Valère déchire le silence pesant de cette fin de journée pas sereine du tout.
« Le propre d’un bon directeur d’établissement, c’est de savoir gérer les crises », et là, on est (encore) en plein dedans. Je ne parlerai pas des louves qui se sont bêtement tordues les pattes lors du cross inter-pensionnat (le sentier était trop sinueux !). J’éviterai de parler de notre professeur de musique qui s’est subitement mis en tête de (re)créer un orchestre et de nous apprendre à jouer une symphonie (« j’ai toute la mort devant moi »). Je parlerai peut-être de la fuite dans le plafond qui fait que l’infirmerie est transformée en annexe de la piscine. Je suis de tout cœur avec l’infirmier qui, je le rappelle, ne ressent plus aucune douleur au bras que je lui ai mâchonné et dispense désormais ses soins dans le local d’arts plastiques avec une rare ténacité. Il a en effet découvert que la pratique de l’aquarelle avait un effet relaxant sur les plus dissipés des louveteaux, bien plus que lire une bande dessinée ou jouer une scène de théâtre.
A propos de scène, il y en a eu une belle entre le CPE et la gestionnaire. Cela a laissé tout le monde dans un état de sidération absolument grotesque, puisque nous ignorions tous qu’ils étaient en couple. D’ailleurs, leur histoire était aussi bancale que les tables de la bibliothèque, c’est peu dire.
– Radio potin est en panne, t’en as conscience ? commenta Valère.
– Nous nous sommes tous focalisés sur une possible histoire d’amour entre monsieur le principal et le nouvel infirmier, on s’est gouré.
– Je ne vois pas pourquoi une idylle ne naîtrait pas entre eux. Tu as vu comme ils se regardent ? Cela scintille dans leurs yeux.
Je ne veux surtout pas contrarier l’esprit de midinette de mon petit frère. Il n’empêche : revenons à nos moutons (sans eux, la vie manque de saveur) : suite à cette magnifique dispute qui a vu la gestionnaire taper le CPE avec son fauteuil, ils ont tous les deux donné leur démission. Et la chef cuisinier a aussi rendu son tablier. Bref, la cantine s’est organisé comme on a pu. Ce sont madame Cobert et madame Moncontour qui officient. Petite précision : elles sont végétariennes toutes les deux. Je sens que mes copains vont comprendre ma douleur.

Sur ce, je te laisse, cher journal.

Anatole Sganou, 4e Bleu.

PS : le dernier repas a été mouvementé, j’ai tout de même pris une fourchette dans le pied.

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