Archive | 12 janvier 2015

Journal d’un louveteau garou -XIV

a_loup_garou_4_pour_Nina_brrrCher journal

ce n’était pas prévu que je t’écrive ce soir, mais j’ai une super-bonne nouvelle : c’est la pleine Lune ! J’ai muté normalement ! O joie !

Je suis allé voir le docteur-principal du pensionnat Gaël de Nanterry, je lui ai demandé si j’aurai le droit de muter ce soi à l’appel de la lune. Il m’a répondu : « bien sûr ! Tu pourras courir dans les bois autant de temps que tu le voudras.  » Joie !

J’ai pu constater que j’étais capable, même si je manquais de viande fraîche, de me transformer en un louveteau garou digne de ce nom – et non en un monstrueux lapin garou. Certes, j’ai le poil rêche, certes, j’ai des démangeaisons, et j’ai dû passer un bon quart d’heure à me gratter le dos contre un chêne. Mais la joie de foutre la pâté à mon petit frère, et à mon copain Mathieu qui m’avait nargué ce midi en mangeant des travers de porc bio m’ont permis de regagner des points dans mon estime de moi ! Bref, je m’aime bien, je m’aime beaucoup, je m’aime même énormément, j’apprécie fortement de passer du temps en ma propre compagnie – et j’aimerai que l’infirmier arrête de nous regarder d’un drôle d’air. Il a pourtant pleinement l’usage de son bras !

La preuve : ce midi, à la cantine, alors que je comptais mes petits pois (je m’occupe comme je peux) et que Valère, mon petit frère, gobait une truite entière, madame Lecerf, qui terminait son pantagruélique repas composé d’un avocat, d’une sardine et de trois grains de raisin, s’est étouffée avec le dernier grain. Et bien, il lui a fait une manoeuvre de Bidule-Truc-Muche, avec les deux mains, et il l’a sauvé ! Il l’a même projetée sur le côté quand le mur qui séparait la cuisine de la cantine s’est effondré subitement, à cause d’un réfrigérateur qui a malencontreusement traversé le sus-dit mur. L’enquête suit son cours.

Sur ce, cher journal, je te laisse : Mathieu et moi nous nous entraînons à danser le rock’n grolle (une variante lupine du rock’n roll).

Anatole Sganou, 4e Bleu.

 

 

Northanger abbey de Val McDermid

tous les livres sur Babelio.com

Présentation de l’éditeur :

Catherine Morland est une jeune femme un peu naïve qui ne connaît pas grand-chose du monde. Elle vit dans un pittoresque village où il ne se passe rien et, pour égayer sa vie, se perd dans les livres. Surtout des histoires gothiques qui lui procurent de délicieux frissons. Quelle joie lorsque des amis l’invitent à Edimbourg. Elle y rencontre Henry Tilney, le jeune homme propriétaire d?un domaine au nom prometteur : Northanger Abbey.

Circonstance d’écriture :

Premier livre lu après le 7 janvier. J’aurai aimé que ce soit une bonne lecture, un bon souvenir. Pas vraiment.

Mon avis :

Le mot qui me vient à l’esprit est « étriqué ».
Que Val McDermid veuille écrire une version « 2014 » du roman de Jane Austen, pourquoi pas ? Que le résultat soit aussi niais me laisse pantoise. Peut-être ce roman est-il destiné aux adolescent(e)s, ce qui expliquerait autant de faiblesses dans le récit.
Prenons l’héroïne, Cat : elle est d’une telle naïveté ! Certains justifieront peut-être ce fait parce qu’elle n’a jamais été scolarisée, et a étudié chez elle, avec sa mère comme pédagogue, parce qu’elle a quasiment été coupée du monde, si ce n’est qu’elle a un compte Facebook et twitter, qu’elle lit des romans young adults et va au cinéma régulièrement. En bref, Cat n’est pas « une enfant sauvage » qui découvre le monde.  Pourtant, elle manque cruellement – sauf peut-être dans le dernier chapitre – de sens critique, de répondant. En l’absence de ses parents, en l’absence aussi de chaperon digne de ce nom – il est d’ailleurs étonnant que ses parents lui aient laissé autant de liberté, elle qui n’est quasiment pas sortie de son village – elle prend pour argent comptant tout ce qu’on lui dit, même si on lui a déjà caché la vérité (périphrase pour « mentir » dans le monde de Cat). Il semble d’ailleurs que tous soient un peu bâti sur le même moule, puisque presque tous les personnages prennent pour argent comptant tout ce qu’on peut bien leur dire, quel que soit leur âge. Il y a bien, de temps en temps, une pincée d’ironie, une prise de distance, mais elles sont extrêmement rares : le premier degré a aussi envahi la narration.
De quel siècle sont ces personnages d’ailleurs, si étriqués, si étroits d’esprit ? Il peut être charmant de voir des couples se fiancer officiellement avant d’être présentés à leurs familles respectives, c’est cependant très éloignée de notre réalité, tout comme le fait de danser (ou pas) avec un autre que son fiancé (si tant est que l’on danse encore en couple ou que l’on s’invite à danser). Bienvenue dans les années 60, pardon, dans les années 2010.
Par contre, j’ai eu du mal de bout en bout avec la conception du mariage telle qu’elle est exposée dans ce roman. Avant de s’unir, les jeunes gens, les jeunes femmes pensent à l’argent, à l’endroit où ils vivront (dans un endroit à la mode, hein, pas un trou paumé ! Londres ou rien), au fait que leur famille devra se passer de leur soutien financier, à la chance de trouver une belle-famille qui accepte une belle-fille sans le sou… De telles mariages, basés sur de tels questionnements, existent encore ? Et l’union libre, y avez-vous pensé ? Non, il semble que chacun soit content de sa petite vie, de son petit métier, dans son petit appartement.
J’oubliai l’imagination délirante de Cat ! Enfin, délirante…. Elle n’y met pas autant de conviction que son modèle historique. Il faut attendre le chapitre 20 pour qu’elle se rende enfin à Northanger abbey, et qu’elle se essaie de savoir si oui ou non Henry est un vampire. Entre temps, elle aura découvert Edimbourgh, assisté à des spectacles, rencontré des amis, et se sera amusé, entre deux thés et deux gâteaux.
Le seul avantage de cette réécriture, est de donner envie de relire la version originale de Jane Austen.

Challenge sous les toits de l'univers 3challenge-anglaisChallenge Ecosse 02100396432