Trois amours de ma jeunesse de Danièle Saint-Bois

Présentation de l’éditeur :

Comment apprend-on à se construire dans les années soixante-dix, à la campagne, quand on est une jeune femme attirée par d’autres femmes ? À l’époque, Danièle est mariée, élève ses trois enfants. Une vie conforme aux attentes de sa famille. Seule la littérature lui ouvre d’autres horizons. Sa rencontre avec Mia la foudroie. Mais comment s’assurer que ses sentiments sont réciproques ? Du souvenir de cette passion resurgissent, comme de poupées russes, d’autres visages : ceux de Frankie, adolescente qui fut son premier coup de foudre sur les bancs de l’école, puis de Linda, dont elle tomba amoureuse à la veille de son mariage.

Merci à Netgalley et aux éditions Fayard pour ce partenariat.

Mon avis :

Ce livre est avant tout une introspection. Danièle, la narratrice, qui se confond avec l’auteur, apprend, le décès de Mia, une jeune femme qui a beaucoup compté dans sa vie. Comme elle, je rallonge un peu les choses : « Tourner autour du pot, c’est un procédé, sinon, un livre ferait juste deux pages. Pourquoi aller droit, alors qu’il est si surprenant de zigzaguer ? » Cela est valable pour l’écriture de critique.
Ce livre tranche parce qu’il nous parle du sentiment amoureux et non de la sexualité. La narratrice se souvient qu’elle ne savait pas, qu’elle ne mettait pas de mots sur ce qu’elle était, elle qui, n’ayant pu faire d’études (comme beaucoup de jeunes femmes de sa génération) s’est mariée très jeune, a eu trois enfants coup sur coup. Même si nous sommes dans les années 70 et qu’il existait une certaine tolérance pour certaines « extravagance », elles étaient tolérées tant que madame restait à la maison et assurait son rôle de mère et d’épouse. Mais qu’elle ressente de l’amour pour une jeune lycéenne excentrique, non.
Le récit n’est pas linéaire, dans le sens où l’auteur écrit au présent, et cherche à se souvenir de ce qu’elle a vécu, à ce moment. Quarante ans qu’elle n’a pas vu Mia, plus encore qu’elle a perdu de vue Frankie et Linda, ses deux autres amours. Le hasard de la vie se mêle à la volonté de couper les ponts après une rupture qui s’apparentait presque à des trahisons, comme si une relation amoureuse ne pouvait jamais être paisible. En fait, la seule relation paisible, ou presque, est celle qu’elle vit avec son mari, Aurel – si tant est qu’il s’agisse véritablement une relation amoureuse.
Danièle revient aussi sur sa jeunesse, sur l’extrême pauvreté dans laquelle elle a grandi et qui a orienté sa vie, sa difficulté à nommer ce qu’elle ressent – parce qu’elle n’a pas reçu l’affection et l’attention qu’elle aurait dû avoir. Peut-être. L’amour n’est jamais léger, pas même l’amour filial.
L’intérêt de ce livre est aussi son style, riche, soigné, sans être pesant ou précieux.
Un livre à lire pour redécouvrir une autre facette de cette époque.

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21 réflexions sur “Trois amours de ma jeunesse de Danièle Saint-Bois

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