Archive | 17 février 2018

Maria d’Angélique Villeneuve

Présentation de l’éditeur :

Dans le cœur de Maria, il y a d’abord Marcus, son petit-fils de trois ans. Ensemble, ils guettent les oiseaux, collectionnent les plumes et s’inventent des mondes. À l’arrivée d’un deuxième enfant, les parents de Marcus font un choix radical. Nul ne saura le sexe du nouveau-né.  Ni fille, ni garçon, leur bébé sera libéré des contraintes de genre.
Maria est sous le choc. Abasourdie, abandonnée, elle se débat pour trouver sa place et ses mots. Reste ’éblouissement de l’amour pour Marcus, restent les oiseaux dont les ailes les abritent. Mais pour combien de temps  ?

Mon avis :

J’ai commencé ce livre lors d’une pause, et j’ai regretté de devoir le reposer.

Maria est une femme simple. Shampouineuse, elle a élevé seule sa fille Céline après son veuvage. Aujourd’hui grand-mère heureuse, elle a tissé des liens très forts avec Marcus, son petit-fils. Elle s’apprête à être à nouveau grand-mère et subit de plein fouet le choix de sa fille et de son beau-fils Thomas : ne pas révéler le sexe du bébé nouveau-né.

J’avais déjà lu un livre qui exploitait ce thème de manière secondaire (le mois le plus cruel de Louise Penny). Ici, le sujet est central : le genre, et la parentalité. Ce livre m’a questionnée sur les questions liées au genre, mais aussi sur la réception de ceux qui décident d’élever leurs enfants autrement. Oui, Thomas et Céline font des choix différents, qui heurtent parfois. Cependant, ces choix ne mettent pas en danger la santé de leurs enfants. Les réactions qu’ils provoquent sont violentes, parce que tout ce qui sort de la norme dérange, parce que chacun a des idées toutes faites sur ce qui est bon pour les enfants, parce que l’on a une forte tendance à reproduire ce qui nous a été transmis, sans véritablement s’interroger si c’était bon, ou bien ou pas. Prenez William, par exemple. Le compagnon de Maria, père de deux fils qu’il n’a pas élevé, qui vivent désormais loin de lui, ne supporte pas de voir Marcus élever différemment. Lui souhaite le voir ressembler à un garçon, ou plutôt à l’idée qu’il se fait d’un garçon.

Ce roman est court, et plutôt que de le regretter, je vois les avantages puisqu’il permet à chacun de se questionner, et non d’imposer une vision des choses. Un fossé est creusé entre Maria et sa fille, ces difficultés à se comprendre n’empêchent pas l’amour, il entrave simplement son expression. Pour toujours ? Pas nécessairement.

Tombé du Ciel – une nouvelle de Craig Johnson

Présentation de l’éditeur : 

Walt Longmire est le shériff d’un comté du nord du Wyoming qui a du mal à surmonter le décès de son épouse. Le 1er janvier 2000, lendemain d’un cuite mémorable, il se met en tête de déposer son chèque de paye à son adjoint le plus éloigné. Le voilà partit à l’aube dans son véhicule de service, en peignoir dans un état franchement négligé. Arrivé sur place, il répond à un coup de fil et le voilà embarqué dans une étrange affaire. On lui signale une femme armée qui attendrai Jésus, dans sa voiture sur le parking d’une station-service…

Mon avis : 

Cette courte nouvelle est l’occasion de découvrir Walt Longmire dans un état rare c’est à dire non pas complètement bourré, mais au lendemain d’avoir été complètement bourré. Il lui reste encore quelques séquelles – comme le fait de se rendre chez son adjoint en peignoir pour lui payer son dû. Ce n’est pas seulement par altruisme qu’il agit ainsi, non, c’est également parce qu’il en veut à la charmante administration du Wyoming. Las ! A peine arrivé, le voilà plongé dans une affaire… nan, pas une affaire criminelle (encore que) mais une affaire surprenante et légèrement sordide quand on y réfléchit bien.

Moralité : pas rasé, pas trop dégrisé, pas vraiment coiffé, Walt Longmire parvient tout de même à mettre de l’ordre dans de sérieux gâchis.