Archive | 20 février 2018

Porteurs de peau de Tony Hillerman

Présentation de l’éditeur : 

Les porteurs-de-peau sont les sorciers, les loups navajo qui décident d’apporter le mal à leurs congénères. Ils rôdent dans les ténèbres de la grande réserve, parfois couverts d’une fourrure d’animal, et possèdent des pouvoirs surnaturels. Trois meurtres sont commis, peut-être quatre. Une nuit, Jim Chee, le policier navajo traditionaliste, est tiré de son sommeil et plongé dans l’angoisse. Alors commence une enquête qui lui fera côtoyer le lieutenant Joe Leaphorn et les marquera tous deux profondément, dans leur esprit comme dans leur chair.

Mon avis :

Jim Chee adopte un chat, ou presque. Depuis quelque temps, une chatte domestique erre près de la caravane de Jim et tend à retourner à la vie sauvage. Elle a maigri, elle a des balafres, bien qu’elle chasse assez régulièrement. Jim Chee, traditionaliste, veut rendre cet animal domestique à la vie sauvage. Dans un tout autre roman, nous aurions une fin différente, que je vous laisse imaginer, selon que l’auteur ait voulu tendre vers le conte ou la fable moralisatrice. Ici, nous avons un récit réaliste, logique : Jim Chee renonce, parce qu’à long terme, un animal domestique n’a aucune chance dans le monde sauvage. A méditer par tout ceux qui abandonnent leur chat en se disant qu’il se débrouillera très bien.

Oui, je me recentre sur Jim Chee : tout a très mal commencé pour lui puisqu’on lui a tiré dessus alors qu’il aurait dû dormir dans sa caravane. « Aurait dû » parce que le chat l’avait réveillé et que, du coup, il n’était pas dans le lit de sa caravane standard. Qui peut lui en vouloir ? Certains ont leur petite idée, qui est simple, pour ne pas dire simpliste : un policier sait forcément qui lui a tiré dessus, il lui suffit d’examiner sa conscience. Et bien non, Jim Chee n’a pas commis de bavure. Quelqu’un (ou plutôt quelqu’une) lui a bien dit sa façon de penser récemment, mais cette personne a été assassinée. Elle aussi. Parce que deux autres meurtres ont été commis. Sont-ils liés entre eux ? Oui? Non ? Pas facile. Joe Leaphorn, le légendaire enquêteur est sur le coup.

Sa vie personnelle n’est pas sereine, puisque sa femme Emma, que je ne crains pas de qualifier d’amour de sa vie, présente les premiers signes de la maladie d’Ahlzeimer. Il mènera son enquête consciencieusement – on peut enquêter et souffrir en même temps, sans que jamais l’oeuvre ne sombre dans le pathos. Il n’apprécie pas vraiment Jim Chee parce qu’il n’apprécie pas la sorcellerie et que Jim est un apprenti chaman. Travailler avec lui ? Oui, mais parce qu’il n’a pas le choix. Il reconnaît cependant les qualités du jeune homme, notamment son sens de l’observation. Combien d’indices sont laissés de côté par ceux qui ne savent pas voir ? D’un autre côté, être observateur peut aussi vous causer des ennuis. Oui, je finis mon avis quasiment à la normande.

J’ai beaucoup aimé ce livre, j’aime beaucoup l’oeuvre de Tony Hillerman. Si vous ne connaissez pas cet auteur, n’hésitez pas à vous laissez tenter.

 

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