Ce n’est pas un hasard de Ryoko Sekiguchi

Présentation de l’éditeur :

Si un poète écrit sur une catastrophe à la veille d’un événement désastreux, ce n’est pas un hasard.
Si le récit d’une catastrophe débute immanquablement par la veille, ce n’est pas un hasard. Chronique tenue du 10 mars au 30 avril 2011, sur la superposition des images, la mémoire des villes, le hasard, la temporalité de la description et les noms propres qui surgissent, fantomatiques, lors d’une catastrophe.

Un mois au Japon en compagnie de Lou et Hilde

Mon avis :

Ce livre a été écrit par une poétesse, traductrice d’autres poètes japonais, qui écrit aussi en français. Elle se partage entre le Japon et la France, mais s’est rendue également dans des endroits sensibles de la planète.
Elle tient le journal de la catastrophe, pas seulement la catastrophe naturelle, mais la catastrophe nucléaire. Elle écrit avant, pendant, mais pas vraiment après puisqu’au moment où se clôt le livre, la catastrophe et ses conséquences sont loin d’être terminé. Une auteur qui lui est proche n’écrit-elle pas sur la troisième génération après Hiroshima ?
Ryoko Sekiguchi  nous livre son ressenti, au jour le jour, les comparaisons qu’elle ne voulait pas faire mais qu’elle a été amené à faire,  à cause de l’évolution de la situation. Elle montre comment les japonais ont réagi, qu’ils vivent au Japon, ailleurs que sur le site de la catastrophe, ou à l’étranger. Elle n’épargne pas le gouvernement, non plus que les journalistes, à la télévision ou dans la presse écrite, qui prennent des libertés avec la vérité (voir la mauvaise traduction des paroles des survivants).
L’auteur met en lumière ce qui émerge après une catastrophe de cette ampleur, que ce soit le meilleur ou le pire. Celui-ci n’apparaît pas majoritairement au Japon, ces réactions, qu’il faut bien qualifier de racistes, vont du couple mixte dont le mari ne veut plus jamais se rendre dans le pays d’origine de sa femme (combien de divorce à venir ?) ou de l’homme qui ne veut plus s’asseoir à côté d’une japonaise – au cas où.
Ryoko Sekiguchi s’interroge aussi sur les conséquences littéraires de cette catastrophe. Elle invite, et elle n’est pas la seule, Kenzaburo Oé, le premier à avoir parlé d’Hiroshima, à écrire sur ce sujet. Elle pense que d’autres pourraient relever le défi. Elle se demande aussi comment commencer sa carrière d’écrivain après cette catastrophe.
Une chronique sur le vif à méditer.

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3 réflexions sur “Ce n’est pas un hasard de Ryoko Sekiguchi

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