Archive | 9 avril 2017

Peggy dans les phares de Marie-Eve Lacasse

Présentation de l’éditeur :

Un portrait de Peggy Roche, mannequin, styliste, journaliste de mode, marié à un grand résistant puis à Claude Brasseur avant de devenir la compagne de Françoise Sagan. Respectée et crainte dans le milieu de la mode, elle vivait dans l’ombre de la romancière qui lui imposait une discrétion absolue sur leur relation. La mort de Peggy Roche en 1991 fut pour celle-ci une cassure irréparable.

Mon avis :

Peggy Roche, j’ai entendu parler d’elle, comme beaucoup sans doute, grâce au film Sagan de Diane Kurys et à l’interprétation de Jeanne Balibar. Sinon… rien, strictement rien. Je ne savais même pas qu’elle avait été la première épouse de Claude Brasseur. Je ne parle pas ici de l’importance d’une quelconque information people, mais le fait que Peggy Roche ait côtoyé les milieux artistiques, la vie nocturne bien avant d’être la compagne de l’ombre de Françoise Sagan.
Spontanément, Peggy m’a fait penser aux compagnons de ces créateurs fantasques, qui se chargent de leur rendre la vie facile afin qu’ils puissent créer librement – mais pas forcément sereinement. Qui aurait pu avoir la force de soulager les tourments, physiques, psychiques de Sagan ? Personne. C’est à sa disparition que Peggy, par le vide qu’elle laisse, prend sa juste place auprès de Sagan.
Mais j’anticipe. Françoise et Peggy se sont croisées, se sont frôlées bien des années avant de se rencontrer pour de bon et de commencer une vie commune bien différente de ce qui correspond à notre définition de vie commune. Il est beaucoup question de Sagan, parce que c’est elle qui, me semble-t-il, n’assumait pas cette relation, et donnait le change, autrement, quitte à faire souffrir Peggy. L’une était au coeur de la lumière, et avait déjà tant à cacher, tant à préserver, l’autre, ancienne mannequin cabine, avait un style, de l’élégance. Elle monta une boutique de mode, avec l’appui de Sagan, et c’est quasiment tout. Vivre dans l’ombre, oui, mais avec tant de discrétion qu’il semble presque incroyable que l’on en sache toujours si peu sur Peggy, comme nous le confirme l’auteur en nous racontant ses recherches et ses échecs dans une postface éclairante.
J’ai eu l’impression, en lisant ce livre, que l’on découvrait un peu plus Peggy, sans toutefois prétendre tout savoir sur elle, sur les sentiments qu’elle éprouvait envers Sagan, envers la manière dont elle se retrouvait mise à l’écart tout en prenant soin d’elle et de son fils. Cette discrétion, cette absence d’épanchement sont pour moi dans la droite ligne de ce qu’a montré Peggy Roche au cours de sa vie.