Archive | 8 avril 2017

Flying Witch, tome 1 de Chihiro Ishizuka

Un mois au Japon en compagnie de Lou et Hilde

Présentation de l’éditeur :

À son entrée au lycée, la jeune Makoto quitte la région de Tokyo pour le nord-est du Japon. Hébergée chez ses cousins Kei et Chinatsu, elle découvre les petits plaisirs d’une vie plus proche de la nature, où le temps semble s’écouler plus doucement. Mais le quotidien à la campagne ne s’annonce pas de tout repos pour autant, car Makoto est aussi une apprentie sorcière un peu étourdie !

Mon avis :

Deux choses m’ont attiré en découvrant ce manga : la couverture, qui présente un chat noir (voir le film Kiki la petite sorcière ) et la maison d’éditions, Nobi Nobi, que j’apprécie beaucoup.
L’histoire est toute mignonne, ou presque : Makoto est une jeune sorcière, dans un monde où les sorcières existent, certes, mais sont peu connues et vivent le plus souvent cachées. Aussi, quand Kei apprend à une amie lycéenne, Nao, que Makoto, en plus d’être une grande étourdie qui perd très souvent son chemin est mystico-para-ésotérique, et bien cela fait un peu désordre.
Nous ne sommes pas tout à fait dans le merveilleux, puisque la vie quotidienne compte autant, si ce n’est plus, que les apprentissages de la jeune sorcière. Ne se rend-elle pas dans un lycée des plus ordinaires avec son cousin ? Même si elle est considérée par les siens comme adulte, ses parents tiennent à ce qu’elle fasse des études. Ne participe-t-elle pas aux taches ménagères, de manière il est vrai parfois très peu conventionnelle ? Ainsi, elle a besoin, pour ses devoirs, de nombreux légumes. Elle obtient un terrain de son oncle et le laboure… Non, elle n’utilise pas la magie, mais elle suscite l’étonnement, par la manière dont elle s’y prend, chez sa jeune cousine Chinatsu, et ce n’est pas la seule fois que cela arrivera !
Comme toute sorcière qui se respecte, elle est accompagnée par son familier, qui la guide si elle se perd, et avec lequel elle communique très bien. Oui, c’est un chat noir, Chito, mais sa propre soeur possède un siamois, Kenny, et d’autres sorcières ont des familiers un peu moins montrables (araignées, etc….). Les deux soeurs ont un point commun : elles aiment faire des cadeaux et ceux-ci se révèlent souvent très originaux et très simples en même temps, comme un retour aux sources.
J’ai aimé que l’on respire dans ces dessins : nous sommes à la campagne, tout le monde se connaît mais personne ne se montre indiscret. Nous découvrons à la fois l’intérieur et l’extérieur des demeures, les champs, mais aussi le parler très particuliers des habitants. Nous découvrons aussi, tout de même, un peu de l’univers merveilleux auquel Makoto est attentive, notamment quand elle reçoit la visite du Printemps.
Flying witch, un manga en cinq volumes dont je lirai très certainement la suite.

Selfies de Jussi Adler-Olsen

Présentation de l’éditeur : 

En raison de ses échecs répétés, l’existence du département V est menacée. Rose doit montrer que le service vaut encore quelque chose, mais elle se retrouve internée, en proie aux fantômes d’un passé violent. D’un autre côté, de nombreux crimes ont lieu à Copenhague. Carl, Assad et Gordon devront empêcher les nouveaux crimes en préparation.

Mon avis : 

Le département V ne parviendrait-il plus à résoudre des enquêtes ? C’est en tout cas ce que l’on prétend en haut lieu, menaçant de fermer le sus-dit département, ou du moins de réduire drastiquement son personnel et sa marge de manoeuvre. Autant vous dire que le sang de Carl ne fait qu’un tour et qu’il cherche très vite comment leur 65 % de réussite a fondu jusqu’à devenir un tout petit 15 %  ! Bienvenue au pays de la paperasserie, de l’informatique qui dysfonctionne et autres joyeusetés !
Résoudre ce problème est une chose, continuer à enquêter en est une autre, parce que les crimes non résolus existent toujours – forcément – et qu’un crime récent en met justement un en pleine lumière. Carl, Assad et Gordon s’y attèlent – et pas Rose.
Rose si discrète, si efficace, a basculé non dans la dépression mais dans la folie, au point d’être internée – volontairement. Et l’on a beau être d’excellents policiers, l’on a beau être proche de ses collègues – ce n’est pas Gordon qui dira le contraire – on peut ne pas voir les tourments qu’elle endure. Et ce que l’on apprend sur le passé de Rose, son enfance, nous en apprend aussi beaucoup sur la société danoise.
D’ailleurs, quelle image avons-nous du Danemark, de l’extérieur ? Nous ne faisons pas vraiment attention à ce pays ! Et bien, ce n’est pas forcément très réjouissant, nous pouvons le voir avec le quotidien des services sociaux, qui sont absolument débordés. Nous pouvons le voir aussi avec ce trio de presque trentenaires qui se rencontrent quasiment par hasard et qui unissent non pas leur infortune, mais leur sentiment de mériter mieux que ce que leur société leur propose. Un travail ingrat, comme leur mère avant elles ? Non. Il y a mieux ailleurs, et la télévision, ou plutôt la télé-réalité, ne manque pas de les faire rêver. Mention spéciale à la très naïve Michelle, à moins que l’on ne préfère Jazmine, vraiment prête à tout pour ne rien faire ou presque.
Si le présent n’est guère réjouissant, le passé ne l’est pas non plus ! Il n’est pire secret, finalement, que celui que l’on partage avec les siens.
Et nos enquêteurs, dans tout cela ? Carl peut compter sur Gordon et surtout sur Assad, toujours aussi énigmatique, et toujours prompt à parler de dromadaires.
Le seul défaut de ce livre, lu quasiment d’une traite ? Il donne envie de connaître la suite tout de suite !