Dragon bleu, tigre blanc de Qiu Xialong

draon bleuédition Points – 360 pages.

Présentation de l’éditeur :

Stupeur à la brigade des affaires spéciales de la police de Shanghai. Sous couvert d’une promotion ronflante, l’inspecteur Chen est démis de ses fonctions.
Après tant d’enquêtes menées contre les intérêts du pouvoir, pas étonnant qu’on veuille sa peau. Forcé d’agir à distance, inquiet pour sa vie, Chen affronte l’affaire la plus délicate de sa carrière tandis qu’à la tête de la ville, un ambitieux prince rouge et son épouse incarnent le renouveau communiste.
Alors que dans les rues résonnent les vieux chants révolutionnaires, ambition et corruption se déclinent plus que jamais au présent.
Avec une amère lucidité, Qiu Xiaolong réinterprète à sa manière le scandale Bo Xilai qui secoua la Chine en 2013.

ThrillerPolar-PatiVore3Mon avis :

Ce livre est une enquête hors-norme, placée sous le signe de la mort, du début à la fin. Normal pour un roman policier, me direz-vous. Si ce n’est que Chen est hanté par les devoirs qu’il doit à sa famille, par les responsabilités qu’il a envers les siens, par les risques qu’il leur fait courir – et par les conséquences. Il y a rarement eu autant de cadavres ou de menaces dans une enquête de Chen Cao.

En fait, il est en marge de l’enquête, d’ailleurs il ne sait même pas sur quoi il doit enquêter – ou plutôt, quelle est cette enquête qui lui a valu cette éviction sous couvert d’une promotion. Il doit prendre d’infinies précautions, puisqu’aucune méthode traditionnelle ne peut être utilisée, aucun des moyens qu’il avait jusque là à sa disposition, à moins de faire courir des risques à son fidèle second Yu. Restent tous les autres.

La corruption semble avoir gagné les plus hauts niveaux de la société chinoise – à l’occidentale, si j’ose dire, si ce n’est que cela semblait impossible, quelques années plus tôt. Les Gros-Sous sont prêts à tout pour s’enrichir, et n’hésitent pas à partir aux Etats-Unis, à y envoyer leurs familles, leurs enfants, pour qu’ils y étudient – quarante ans plus tôt, c’étaient les étudiants albanais qui venaient en Chine pour y étudier. Ils ont également des maîtresses, signes extérieurs de richesse, des ernais, qui ne sont pas sans rappeler les concubines de la Chine ancienne. Chacun est prêt à tout pour conserver ses privilèges, cacher ses tripatouillages – et tant pis pour ceux qui pourraient leur nuire.

Est-ce parce que l’enquête est ancrée dans le présent que le passé est moins évoqué dans ce neuvième tome des enquêtes de Chen ? Il apparaît cependant en filigrane avec la renaissance de l’opéra, et les souvenirs que les chants rouges font naître chez les personnages principaux.

Est-ce parce que Chen est sur la touche ? J’ai trouvé cette enquête moins prenante que les autres, parce qu’elle prend trop de chemins détournées, parce que les véritables enjeux n’apparaissent que tardivement. Chen a beaucoup de chance d’avoir des proches aussi dévoués, qui tiennent autant à lui. Là est sans doute le plus grand intérêt de ce roman.

 

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3 réflexions sur “Dragon bleu, tigre blanc de Qiu Xialong

  1. Il faudrait que je lise un tome de ces polars chinois, au moins un pour me faire une idée de la Chine contemporaine moi qui connaît si bien la Chine ancienne et celle de Mao (et un peu post-Mao)… Finalement, ils reviennent aux vieux démons ancestraux malgré le passage du communisme (argent, corruption, maîtresses, etc)…

  2. Pingback: Challenge Thriller et polar – session 2015-2016, bilan final | deslivresetsharon

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