Archive | 27 septembre 2015

Cible mouvante de Ross MacDonald

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Présentation de l’éditeur :

Qu’un homme d’affaires surmené ait une envie de « disparaître » pour s’aérer un peu, quoi de plus naturel ? Mais quand il s’agit d’un industriel aussi fortuné que Ralph Sampson qui « pèse » au bas mot cinq million de dollars et fréquente assidûment les milieux louches de Los Angeles, on peut s’interroger sur la réalité de ladite fugue. Pour Lew Archer, le privé chargé de l’enquête, le problème est clair: il ne peut s’agir que d’un enlèvement savamment orchestré. Plus inquiétant cependant : c’est dans l’entourage de Sampson qu’il faut chercher les coupables.

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Mon avis :

Bienvenue, bienvenue en Californie : il fait beau, l’argent est bien présent, tous les rêves peuvent se réaliser, surtout les rêves de gloire, Hollywood n’est pas loin.

Rien n’est si simple pourtant, et Lew Archer, ancien policier, et détective privé émérite, ne me contredira pas. Un magnat a disparu. Volontairement ou pas ? Sa femme veut faire toute la lumière sur cette disparition, et même si elle compte bien survivre à son mari, elle n’entend pas à ce qu’il trépasse prématurément. Le fils Bob est mort pendant la guerre, ce qui remit en cause bien des choses dans la famille. La fille, Miranda, ne s’entend guère avec sa belle-mère, qu’elle juge avec une extrême sévérité, tout en vivant (presque) une tragédie racinienne : aimé par un homme qui a des allures de futur bon père de famille, elle est éprise du pilote de son père, qui est lui-même amoureux d’une autre femme.

Mais nous ne sommes pas dans une tragédie signée Jean Racine, nous sommes dans un univers dont le glamour dissimule à peine le sordide, où la générosité cache des motivations tout sauf altruistes. Lew est sans illusion, depuis longtemps, mais pas sans humour, fort heureusement pour le lecteur, et pour lui aussi, vu ce qu’il endure. Il m’a fait penser, par sa malchance, au bien français Nestor Burma. Qui a dit qu’enquêter était facile ?

Nous sommes près d’Hollywood, près de Sunset Boulevard aussi. Si des gloires passées croisent la route du privé, force est de constater qu’elles se sont perdues dans un monde d’illusion, et qu’elles ne sont pas étrangères à leur propre déchéance.

Pessimiste, Lew Archer ? Non, lucide de bout en bout. Après cette première enquête, j’ai très envie de le retrouver.

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