Archive | 28 septembre 2015

Les filles au chocolat : coeur Cerise de Cathy Cassidy.

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Présentation de l’éditeur :

Cherry, 13 ans, et son père Paddy s’installent en Angleterre chez Charlotte, sa nouvelle compagne qui a quatre filles : Coco, 11 ans ; les jumelles Summer et Skye, 12 ans, et Honey, 14 ans. Cherry est ravie de faire partie d’une famille nombreuse. Mais, à peine arrivée, elle craque bien malgré elle pour Shay, le petit copain de Honey. Voilà qui ne va pas arranger la cohabitation déjà difficile avec Honey, la seule à ne pas accepter l’arrivée de son nouveau beau-père !

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Mon avis :

Ce livre était dans ma PAL depuis au moins trois ans, et je l’en sors aujourd’hui, grâce au challenge des Filles de Mr Bennett. Ce qui m’avait attiré était simple : la jolie couverture et le titre, appétissant. Ce qui m’avait fait fuir était simple aussi : j’ai beaucoup de mal avec les personnes qui enjolivent la réalité, c’est à dire les menteurs.

A sa décharge, la vie de Cherry n’est pas folichonne, elle vit en Ecosse, dans un appartement pas vraiment très accueillant. Son père travaille dans une usine de chocolat, pour pouvoir plus facilement s’occuper d’elle. Sa vie prend un nouveau tournant quand son père renoue avec Charlotte, une amie d’enfance, et qu’ils décident de refaire leur vie ensemble, justement, en Angleterre. Si Paddy, le père de Cherry, n’a qu’une fille, Charlotte a quatre filles, qui l’aident à tenir le bed and breakfast qui les fait vivre depuis le divorce, trois ans plus tôt.

Alors oui, c’est rose – mais pas tout rose. Recomposer une famille n’est pas facile, même dans la littérature jeunesse pleine de bons sentiments. Si les plus jeunes accueillent assez bien Charlotte, l’aînée, en revanche, montre franchement ce qu’elle pense, ce qu’elle ressent – et ce n’est pas agréable pour Cherry. Sommes-nous en face du personnage de la peste, si reconnaissable dans la littérature jeunesse puisqu’elle ne change jamais ? Pas vraiment. Honey vit dans un monde de rêve elle aussi, elle qui a vu au plus près le couple de ses parents se défaire et comme beaucoup d’enfants (beaucoup trop dans la littérature du moins) ne souhaitent que les voir se remettre ensemble, quitte à utiliser toutes les armes à sa disposition.

Au milieu de cela, il y a Shay, son petit ami. Il est d’autant plus beau qu’il manque de confiance en lui, lui qui est le vilain petit canard de sa famille. Les amours adolescentes ne sont pas nécessairement faites pour durer, les adultes le savent, les ados n’en ont pas encore conscience, surtout s’ils ont l’impression qu’ils n’ont que cela pour se raccrocher.

Finalement, ce premier volume est drôle, tendre, et même si les difficultés semblent s’estomper assez vite, elles sont bien réelles – tout comme les dangers que certains ont couru, et pas seulement en testant de nouvelles recettes de chocolat.

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Dark Horse de Craig Johnson.

couv rivireCirconstance de lecture :

J’ai fini Dark Horse de Craig Johnson, avec Nunzi sur la poitrine, Violette dans le cou, Alias à me pieds, Bella sur mes jambes, Cacao à ma droite et Brésilienne à ma gauche. Autant dire que ce billet a été programmé début septembre….

Mon avis :

Dire qu’il y a des personnes qui n’aiment pas Craig Johnson (soupir). Qu’ils ne le connaissent pas, passe encore, mais qu’ils l’aient lu et n’aiment pas m’apportent de grandes difficultés de compréhension. L’histoire pourrait être simple, on pourrait même dire qu’elle commence par la fin : une femme est conduite en prison parce qu’elle a assassiné son mari. Lui-même avait mis le feu à son écurie (celle de sa femme), brûlant vif ses huit chevaux. Elle a avoué, elle avait l’arme du crime, affaire bouclée.

Oui, mais non. Si le shérif du comté où a eu lieu le crime ne peut pas enquêter ouvertement, il sous-entend très gentiment, fait comprendre, met tout en oeuvre pour que son vieil ami Walt, qui n’est pas débordé en ce moment (les prisons sont tellement vides qu’il les loue à d’autres comtés) de se rendre sur place et d’enquêter, sous couvert d’assurance à payer.

L’intérêt de ce récit est multiple. Sa construction, d’abord : le face à face entre Walt et la coupable présumée nous est raconté au cours de retour en arrière, inséré dans le récit principal. D’habitude, cela m’agace. Là, c’est tellement bien fait, bien construit que cela renforce l’intérêt du récit. L’ordre chronologique strict aurait rendu la narration plate, les enjeux auraient moins été mis en avant. Il n’y a pas que Carol qu’il faut sauver dans cette histoire. l’homme ne manque pas d’imagination pour répandre de la souffrance autour de lui.

Le second intérêt est dans l’humanisme de Walt Longmire – si vous êtes fan, je ne vous apprends rien. Protéger est vraiment son but, ne comptez pas sur lui pour appuyer sur la détente si ce n’est pas nécessaire. Je ne dis pas que c’est facile pour lui, d’ailleurs, l’un de ses adversaires, qui avait eu une très malencontreuse idée, gagnera quelques blessures – affligées à mains nues. Protéger ne veut pas dire être une carpette. Henri Standing Bear ne dira pas le contraire non plus.

Dark horse, c’est aussi l’occasion d’un retour dans le passé, un retour au source pour Walt, et d’envisager l’avenir : sa place de shérif est en jeu, et lui n’a pas envie de jouer le jeu de la campagne électorale, des slogans. Protéger. Rendre le monde un peu plus juste. Un travail à plein temps qui n’a que faire des ronds de jambes.

Encore un roman réussi signé Craig Johnson.

 

 

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