Les orphelins du rail par Fabien Clavel

Présentation de l’éditeur :
La vie de Meli de Budapest est bouleversée quand elle fête ses 13 ans. Comme tous les orphelins de son âge, elle est invitée à participer à une chasse au trésor à travers l’Europe : la course à l’Adamant ! On donne à Meli un passegare qui va lui permettre de vivre comme les richissimes Voyageurs qui sillonnent l’Europe à bord de trains gigantesques et fabuleux. Mais pour certains orphelins, la course est plus qu’un jeu et ils sont prêts à tout pour s’emparer des pièces du puzzle qui indique l’emplacement du trésor.
On murmure même que le terrible Lafcadio serait de la partie..
Mon avis :
Le début de mon avis peut sembler étrange, pourtant, j’ai eu l’impression de lire un ouvrage de littérature jeunesse non identifiée, c’est à dire un roman historico-stempunk, qui nous emmène à travers l’Europe grâce à ses trains qui la parcourent en tout sens. D’un côté, nous avons le monde des Voyageurs, qui ne quittent un train que pour monter dans un autre et qui se garde bien de se mêler aux autres, à tous les autres.
Ces « autres », nous en avons un aperçu à Budapest avec Meli. Elle vit, comme de nombreux enfants, dans un orphelinat : il faut dire que de (trop) nombreux enfants se sont retrouvés orphelins parce que leurs parents sont morts au cours de la construction de ces fameuses lignes de train. Meli a pris sous son aile un autre orphelin, Tibor, et au milieu d’un orphelinat où tout manque (et ce n’est pas la faute de la directrice qui fait de son mieux), elle a indiqué au tout jeune garçon, qui pourrait être son petit frère, sa combine pour mieux manger. Oui, à lui, et à lui seul : la solidarité n’est pas de mise, et le danger est grand.
Un jour, tout change pour Meli parce qu’on lui a proposé de participer à la course à l’Adamant. Elle n’a pas vraiment envie de participer, cependant, elle n’a pas le choix, on lui force littéralement la main. Autant dire que cela ne rend pas très sympathique le Magnat, lui qui possède tout ou presque tout en Europe : pourquoi, au lieu d’organiser une chasse au trésor, ne dote-t-il pas davantage les orphelinats ?
L’une des réponses pourrait être dans les oeillères des Voyageurs : ils ne voient pas dans quel pauvreté vivent ceux qui ne sont pas comme eux. Puis, le lecteur se rend compte très vite qu’ils voient parfaitement, ce qui leur permet de mépriser profondément les autres, de ne rater aucune occasion de les humilier. Meli et les autres orphelins ont beau avoir un passegare, cela ne les transforme pas en Voyageurs pour autant.
Nous étions déjà dans un roman d’aventures, dans un roman initiatique – c’est fou en quoi manger à sa faim peut changer une vie – nous nous retrouvons très vite dans un roman policier. Qui peut vouloir supprimer les orphelins, les concurrents les plus sérieux du moins. Certes, il y a bien ce monstre, ce Lafcadio, mais le but des monstres est avant tout de faire peur aux enfants, pas d’exister et de tuer. Quelqu’un pourra-t-il l’arrêter, ou plutôt, quelqu’un se préoccupera-t-il de l’arrêter ? Après tout, il ne s’en prend qu’aux orphelins. Et de tout temps, il est très facile de s’en prendre à ceux qui n’ont personne pour se soucier d’eux.
Un très beau roman d’aventures.
Merci aux éditions Rageot et à Netgalley pour leur confiance.

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