Violence à l’origine


Merci à Babelio et aux éditions Kennes pour ce partenariat. Merci aussi pour l’organisation de la rencontre avec Martin Michaud.

Mon avis :

Je découvre Martin Michaud avec la quatrième enquête de Victor Lessard, et j’ai depuis très envie de lire les trois opus précédents. Sergent détective de son état, il est divorcé, père de deux grands enfants. Il vit avec une collègue et, ma fois, leur relation est harmonieuse, puisqu’ils sont tous les deux aussi passionnés par leur travail.L’un avec l’autre, ils ont trouvé un équilibre : Victor a mené des enquêtes difficiles, douloureuses, dont le souvenir le hante encore et l’ont fait sombrer.
Il a à faire à un tueur comme il en existe rarement dans les romans policiers. Je dirai même que c’est un tueur qui défie le manuel du parfait petit profileur, non parce qu’il fait peu de victimes, mais parce qu’il a une fâcheuse tendance à varier les méthodes d’exécution. De plus, il ne semble pas y avoir de liens entre les différentes victimes – mot féminin, pour désigner ici des êtres masculins. Non que les hommes ne puissent être victimes de tueur en série, l’histoire nous le prouve assez. Simplement, leur mort nécessite plus de ruse et de force physique, surtout que les hommes qui ont été assassinés n’étaient pas des tendres, chacun dans leur domaine.
Victor Lessard enquête donc, et si, contrairement à d’autres enquêteurs, il travaille à vaincre ses démons, ses collègues ont tous une forte personnalité, un peu barré, à commencer par Jacinthe, au franc parler réjouissant, au régime rempli de transgression, toujours prête à aider les siens – et les résultats sont là.
Je ne peux pas parler de ce livre sans parler de sa construction. Il commence presque à la fin, au coeur de l’action. Il nous replonge dans le passé aussi, quelques trente ans plus tôt, au plein coeur de l’hiver alors que le récit principal prend place en été. Comme en un jeu de piste avec le lecteur, les retours dans le passé, bien mis en valeur dans le texte, nous aide à reconstituer le passé de personnages clefs pour le présent de l’enquête.
Le dénouement devrait également faire réfléchir. Lessard fait un choix, et l’on serait bien en peine de se dire si ce choix est conscient ou non. Ce qui est sûr est que Lessard n’est pas un enquêteur conformiste, ceux qui nous donnent des leçons de morale ou qui résolvent les problèmes très facilement (j’ai quelques séries françaises en tête, heureusement, nous en sommes loin !). S’il est intransigeant envers les autres membres de la police, il a aussi des faiblesses. La différence ? Elles ne sont pas à son profit personnel, bien au contraire.
Violence à l’origine est un roman qui nous questionne sur notre sens de la justice, mais aussi sur cette origine de la violence, questionnement que des auteurs français développent aussi dans leurs romans. Sur ce plan-ci, pas d’angélisme non plus, ni de diabolisation – mais des personnages, des actes, des réflexions, qui tranchent avec ce que l’on a pu déjà lire. Bref, Violence à l’origine est un roman hautement recommandable.

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5 réflexions sur “Violence à l’origine

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