Journal d’un louveteau garou – le bal des louveteaux 1

Écrire, c’est choisir. Choisir ce que l’on va raconter ou pas. J’aurais pu rédiger une histoire très triste qui se serait appelée « le landau ». Ce texte aurait-il plu ? Peu importe : ne pas l’écrire maintenant est un choix. On n’a pas besoin d’un surcroit de tristesse.

En revanche, revenir à la thématique des louveteaux garous, et raconter enfin ce bal auquel j’ai fait souvent allusion sans l’écrire devrait plutôt provoquer quelques sourires – sauf si vous êtes allergiques aux louveteaux. Revenons donc quelques années en arrière dans le récit. Anatole Sganou est en fin de 4e Bleu, il supporte son petit frère Valère, et c’est bientôt le bal de fin d’année.

En piste !

Cher journal,

pourquoi le pensionnat organise-t-il un bal ? Il ne peut pas organiser une boum, comme tout le monde ? « Non, parce que vous êtes déjà suffisamment explosifs » avait dit Célina, professeure d’EPS du pensionnat, et professeur de danse auto-proclamée. Non, parce que s’ils ont appelé cela « bal », c’est parce que les danses dites « de salon » sont à l’honneur. Je ne connais pas de danse « de forêt », cela vaudrait le coup de les créer ! En dépit de maintes et maintes répétitions, je n’ai absolument pas progressé, et Mathieu non plus. Je me demande d’ailleurs si quelqu’un, le moindre louveteau, a réellement progressé depuis le début de notre entraînement quasi-sportif. Je ne fais pas vraiment la différence entre une valse et une polka. Quant à la salsa et la rumba, je ne vois pas l’intérêt d’avoir crée de telles danses. Sauf quand vraiment on s’ennuie dans un bal et que l’on veut varier les combinaisons dansantes. Je reviens à mon point de départ : je ne vois pas l’intérêt d’aller d’appeler « bal » ce qui devrait être une « boum ».

Et puis, cette année encore, pour le bal, nous avons un dress code, simple, mais un dress code quand même : « chacun doit avoir une touche de vert sur soi, à défaut d’être entièrement vêtu de vert ». On n’est pas des légumes du potager, flûte ! Mathieu a même parlé de porter un tee-shirt avec une courgette dessus – je trouve que c’est une très bonne idée. Pour la touche de couleur, j’aurai préféré du rouge, il paraît que c’était déjà le thème il y a trois ans et qu’il est nécessaire de se renouveler. Puis, j’aurai préféré que ce ne soit pas notre professeur de musique vampire qui officie aux platines, sous la surveillance de notre principal par intérim – les choix de notre professeur vampire sont en effet hautement discutables, surtout après trois heures du matin.

Point positif : nous n’avons pas besoin d’avoir une cavalière attitrée.
Point positif n°2 : nous pouvons danser tout seul si nous le souhaitons, nous pouvons même ignorer ces fameuses « danses de salon », parce qu’il est des limites à ce qu’un louveteau garou peut endurer.
Point positif n°3 : nous pouvons venir avec un cavalier, c’est à dire avec son meilleur copain, surtout si les filles n’ont encore aucun intérêt pour vous.

Madame Cobert et Madame Achille tiendront les vestiaires, elles vont donc passer la soirée à aiguiller les gentils louveteaux que nous sommes à retrouver les affaires sur nous leur avons laissées – enfin, si nous parvenons à les leur décrire à peu près correctement. La buvette sera tenue par l’infirmier – autant dire que je vais soigneusement éviter cet endroit, je crois qu’il m’en veut encore pour ce que je lui ai fait. Ce sont les risques du métier, ai-je envie de lui répondre. Enfin, s’il m’adresse la parole, ce qu’il se garde bien de faire depuis le jour fatal où je lui ai mordillé le bras.
Une autre règle non écrite est qu’il faut manger de la pizza avant le bal, plutôt qu’une entrecôte ou du rôti – il paraît que c’est mieux pour la « résistance nerveuse ». Il est des concepts qui m’échappent.
Bien sûr, n’oublions pas l’essentiel : il ne faut pas faire un bal de fin d’année un jour de pleine lune parce que sinon, les catastrophes peuvent survenir en moins de temps qu’il ne m’en faut pour l’écrire ou pour réciter mes déclinaisons latines.
En attendant, je compte passer une bonne nuit de sommeil afin d’être en forme pour demain.
Anatole Sganou, 4e Bleu.

9 réflexions sur “Journal d’un louveteau garou – le bal des louveteaux 1

  1. Merdouille, j’ai pris tout à l’envers ! 😆

    Une boum, ça aurait été plus chouette, bien que maintenant, on fasse la teuf ou des raves ! 😀

    Non, pas du vert ! Moi je veux du rouge ! 😉

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