Demande-moi pardon de Michael Robotham

Mon résumé :

Tash et Piper ont disparu depuis trois ans. Depuis, pas de nouvelles. Deux meurtres sauvages ont eu lieu dans la maison où vivait Tash : ses parents se sont séparés et ont quitté leur ferme. Le sdeux affaires sont-elles liées, Tash et Piper sont-elles toujours en vie ?

Mon avis :

Je ne connaissais pas du tout cet auteur avant de lire ce livre, mais je dois lui reconnaître une grande qualité : quand j’ai commencé son livre, j’ai eu beaucoup de mal à le lâcher. Certes, il n’est pas toujours possible de lire un livre d’une traite… je l’ai cependant lu en une journée. Et j’ai même relu les cent dernières pages, tant j’ai voulu les apprécier à nouveau. Trois fois que cela m’arrive cette semaine, c’est vraiment un bon cru.

Je pourrai qualifier ce roman de « policier réaliste ». Je pourrai aussi le qualifier de « thriller psychologique ». Un bon roman policier ne se laisse pas enfermer dans une seule catégorie. Qui est le personnage principal de ce roman ? Joseph O’Loughling, le psychologue appelé en renfort ? Il est presque un personnage classique. Séparé de sa femme, père de deux filles – mais seule Charlie, l’aînée, adolescente en pleine rébellion tient une place importante dans l’intrigue – Joe est atteint de la maladie de Parkinson et n’a plus du tout envie de jouer les profileur, ces enquêtes lui ont beaucoup trop coûté – à lui, à sa famille. Piper ? Nous entendons sa voix, tout au long du roman, témoignant de ce qu’elle a vécu, de ce qu’elle vit. Ce ne sont pas les parties du récit les plus faciles à lire. Il n’est pas question de pathos, non, d’écrits larmoyants, il s’agit de mots pour rester en vie. Peut-être sa voix que l’on entend parce que, des deux disparues, elle n’est pas la plus charismatique. C’est Tash qui l’est, Tash sur qui opprobre publique s’est déversée – et il n’a pas fallu beaucoup de temps après la disparition des deux amies pour que ce revirement de situation survienne. Il est plus facile de reporter, aux yeux de la foule, la culpabilité sur les disparues que de se demander ce qui a foiré pour qu’on perde leurs traces et qu’on ne les retrouve plus.

L’enquête et les enquêteurs sont bien sûrs importants dans ce roman, mais ce qui l’est plus encore, c’est l’humain. Non, le médecin légiste n’est pas une froide machine à analyse. Il souffre de migraine, et n’a pas perdu sa capacité à être choqué devant ce que l’homme peut faire subir à ses semblables. Tous sont fortement caractérisés, même de simples personnages secondaires.

L’humain, c’est également la foule, qui n’est pas vraiment capable du meilleur. L’humain, ce sont les réactions des familles des deux jeunes filles disparues. Les parents de Tash sont depuis longtemps baissés les bras. Les parents de Piper réagissent chacun à leur manière, souffrent de la disparition de leur fille, mais le père suit la mère dans sa volonté de croire que sa fille reviendra, et tant pis pour les critiques qu’elle essuie, et tant pis pour les verres d’alcool qu’elle avale pour tenir, et d’autres incartades encore, elle croit que sa fille est vivante et fait tout pour la retrouver. Ce n’est pas une solution de facilité que nous compte ici l’auteur, il montre les dégâts que cette acharnement produit chez les autres enfants. L’effet ne serait sans doute pas aussi fort si les deux parents ne faisaient preuve de lucidité quant à leur attitude envers eux – ce n’est pas parce que l’on sait que l’on peut se corriger, tout comme Joe, le profileur, ne peut s’empêcher de se reprocher ce qui est arrivé à sa fille, même si celle-ci a survécu.

Je n’ai garde d’oublier le sentiment d’oppression que l’on peut ressentir en le lisant. Nous sommes dans un roman, pas dans une série télévisée, et il n’est pas facile d’avoir tous les policiers nécessaires pour mener à bien une enquête, ou une opération de protection : les policiers aussi ont besoin de congé, les policiers n’ont pas qu’une seule affaire à traiter en même temps, les policiers aussi ont une vie privée, des fêtes à célébrer. Privilégier l’humain, encore une fois, non pas au détriment du suspens, mais à celui d’une mécanique trop rigide, trop bien huilée. Bien construit tout en étant véritablement surprenant, Demande-moi pardon est une de mes plus belles découvertes policières de ce début d’année policière, et je puis vous dire que je lis pourtant beaucoup de romans policiers.

abc_policier

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5 réflexions sur “Demande-moi pardon de Michael Robotham

  1. Je suis bien d’accord avec toi dans la définition d’un bon polar ! Quand il y a une trame sociale et « humaine » derrière l’enquête c’est mieux. Je suis obligée de le noter celui-ci ! 😉

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