Celles de la rivière de Valérie Geary

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Présentation de l’éditeur :

La femme qu’emporte la rivière Crooked flotte entre deux eaux. Sur la rive, deux fillettes qui jouent dans l’après-midi ensoleillé. Elles sont les premières à découvrir le corps et, soudain, leurs jeux cessent. Leur enfance bascule dans la dureté du monde des adultes. La veille, leur père les a laissées seules suffisamment longtemps pour qu’elles puissent le croire coupable de meurtre. Pour ne pas le perdre, comme elles ont perdu leur mère quelques semaines auparavant, elles décident de mentir sur son emploi du temps… et resserrent bien malgré elles les mailles du soupçon autour de lui, le livrant en pâture à une petite ville dont les préjugés et les rancunes lui laissent peu de chances…

150113081711974778Défis Premier roman

Mon avis :

Je n’aime pas poser ce constat d’entrée de jeu : je ne suis pas parvenue à rentrer dans ce livre. Dès les premières pages, je suis restée extérieure à ce qui m’était raconté et j’ai même fait une pause dans ma lecture. A cause du contraste entre la beauté de la nature et ce cadavre trouvée par les deux soeurs dans la rivière ? Plutôt à cause de leur inertie : elles voient un corps, elles l’observent et font le choix, déjà, de ne rien dire. Parce que.

Bien sûr, après lecture du roman, j’ai pu comprendre pourquoi elles n’avaient rien dit. Après tout, qui a pris réellement la peine de leur parler ? Comment communiquer quand on ne communique pas avec vous ? Le récit participe aussi de cet art du non-dit, puisque nous en saurons peu, au début, sur leur père, sur leur mère. Normal : nous ne voyons que le point de vue, alterné et complémentaire, des deux soeurs, Sam et Ollie – Samantha et Olivia quand les choses vont vraiment mal. Le lecteur ne peut en savoir plus qu’elles – et elles savent finalement, assez peu de choses, puisque l’on a toujours tenté de les protéger, jamais de leur parler, encore moins de les écouter. C’est sans doute pour cela qu’elles sont condamnées à user en permanence de ces longs monologues intérieurs qui constituent le roman.

Nous sommes dans un joli coin de verdure des Etats-Unis, un endroit presque hors du temps, où l’on va à l’église le dimanche, où deux soeurs semblent presque livrées à elles-mêmes dans des paysages minutieusement décrits. Celles de la rivière pourraient presque être un roman champêtre, n’était le meurtre. Il pourrait être un drame familial, une romance aussi – l’histoire d’amour jamais véritablement achevé entre Ours et la mère des deux soeurs, l’idylle naissante entre Sam et Travis. Roman policier ? Oui et non. L’enquête policière est très rapidement terminée, elle a d’ailleurs lieu dans les coulisses du roman. Sam, oui, enquête à son tour, après avoir tenté, dans la première partie du roman, de protéger son père – et si d’autres s’étaient donnés la peine d’aller au-delà des apparences, elle n’aurait pas eu besoin de le faire. Réquisitoire contre une Amérique conservatrice, contre la justice expéditive ? Pas vraiment non. Juste, à mes yeux, des étapes dans la construction de l’intrigue.

Reste la dimension fantastique. Je n’ai rien contre le fantastique. je trouve simplement que l’auteur aurait dû approfondir cette dimension, oser, en un mot. Brasser trop de genre littéraire nuit à leur épanouissement.

Merci à Babelio et aux éditions Mosaïc pour ce partenariat.

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8 réflexions sur “Celles de la rivière de Valérie Geary

  1. Je n’ai pas du tout le même ressenti que toi. J’ai beaucoup aimé ce roman et les premières pages m’ont accrochée tout de suite au récit. Cependant je partage ton avis sur le fait que le côté fantastique aurait pu être plus approfondi.

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