Archive | 27 décembre 2015

Lontano de Jean-Christophe Grangé

Présentation de l’éditeur :

Éminence grise du pouvoir, Grégoire Morvan a connu ses heures de gloire en Afrique dans les années 80, en arrêtant au Zaïre « l’Homme clou », tueur en série au rituel atroce, inspiré des plus violents fétiches africains.
Quarante ans plus tard, en France, les cadavres mutilés, criblés de ferraille et de tessons s’accumulent : la marque de « l’Homme clou », totem de la folie meurtrière née au plus profond de l’Afrique. Le passé trouble de son père – fantôme menaçant de sales affaires enterrées – rattrape alors Erwan Morvan, le meilleur flic de la crim’.

Mon avis :

Lontano est un roman particulièrement efficace. Je n’avais pas lu de romans de Jean-Christophe Grangé depuis très longtemps, et j’ai lu celui-ci en une seule journée, en dépit de sa longueur (770 pages). C’est dire à quel point il est addictif, c’est dire aussi à quel point Grangé est vraiment un page turner, dans le bon sens du terme. Oui, il y a un mauvais sens, celui où le malheureux lecteur tourne les pages à toute vitesse en espérant être très vite débarrassé du roman qu’il lit. Rien de tel ici, simplement l’envie d’aller le plus loin possible dans cette enquête, en compagnie de cette famille atypique.

Le père, la mère, les deux fils, la fille, les trois enfants étant soigneusement munis de prénoms bretons, histoire de bien les inclure dans une tradition familiale, qui a pourtant vu le jour en Afrique, là où le père a arrêté un tueur en série redoutable, là où le fils aîné a vu le jour. La famille semble uni, elle se déchire pourtant, avec des enfants qui n’ont connu que la violence comme démonstration entre leurs parents, et des parents qui cachent le secret qui les a unis, plus sûrement que la naissance de leurs trois rejetons.

Le passé est pourtant bien vivant, puisqu’un tueur utilise les mêmes méthodes que son prédécesseur, tout en paraissant plus doué : les méthodes d’investigation ont changé, et pourtant, le mettre hors d’état de nuire semble bien plus compliqué.

Qui est l’enquêteur, d’ailleurs ? Erwan ou son père ? Bien sûr, Erwan est le policier, et il ne ménage pas sa peine pour aller au bout de chacune des pistes qu’il trouve. Mais son père est là pour veiller aussi sur les siens, même si la tâche est loin d’être facile pour cet homme vieillissant. Il faut dire que son fils cadet n’est pas vraiment celui qu’il croyait (mais a-t-il fait suffisamment attention à lui) et que sa fille s’est construite (ou plutôt brisée) en opposition totale à son père. Donner du fil à retordre à son père est la moindre de ses occupations. Âmes sensibles s’abstenir.

Mon seul reproche est que certaines questions demeurent sans réponse, tout comme certains personnages sont laissés de côtés. Un tome 2 serait-il en cours d’écriture ?

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