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Friends #1 par Marie-Charlotte François

Présentation de l’éditeur :

Jade, 17 ans voit sa vie basculer à la mort de sa mère. Obligée de changer d’air, elle déménage avec son père. Elle doit tout quitter : ville, maison, amis… Tout quitter pour refermer les blessures du passé et bâtir un nouveau futur, rempli de bonheur. Elle déchante cependant vite lorsqu’elle découvre qu’elle doit cohabiter avec Cameron, 18 ans, aussi insupportable que sa petite amie, Lucie. Face à cet horrible duo, pas facile de se reconstruire. Mais si les apparences étaient trompeuses ? Et si Cameron, sous ses airs supérieurs, cachait un cœur ?

Merci aux éditions Hachette et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis : 

J’ai lu ce livre attirée par la première phrase de la quatrième de couverture, et je voulais savoir comment le thème, sensible, allait être traité dans un livre de littérature « young adults ». Autant être claire d’entrée de jeu : j’ai été très déçue par cette lecture.

Non, Jade n’a pas vu sa vie basculer, ou en tout cas, cela ne se voit pas du tout. Elle passe son temps à manger de la junk food (sans grossir ni avoir de problèmes de peau, bien entendu), à choisir des vêtements pour aller à des soirées, des fêtes, ou un bikini pour la plage, à se maquiller (vive les traits d’eye-liner). Déjà, je la trouvais fortement agaçante pare qu’elle se comportait davantage comme une gamine que comme une jeune fille de 17 ans. Quant à son père, ce n’est pas mieux puisque lui aussi la traite comme une gamine – sauf quand elle dérape et qu’il ressent le besoin de lui rappeler les règles. Plutôt que de les rappeler, il aurait peut-être dû les formuler, et ne pas la pousser à se rendre à une fête avec Cameron, le fils de son meilleur ami dès le soir de leur arrivée. On dirait un père d’élèves le jour de la rentrée en CP, voire en sixième, qui veut s’assurer que tout se passera bien. Or, se rendre à une fête en compagnie de quelqu’un que l’on ne connaît pas sans avoir été invitée n’est pas le meilleur moyen de devenir populaire.

D’ailleurs, Jade, je n’avais même pas envie de la secouer, c’est dire à quel point elle est exaspérante. Elle a rompu avec Evan, son petit ami, après trois ans de relations. Bon. Il l’a trompé pendant trois ans, et elle trouvait cela normal, parce qu’elle se refusait à toutes relations. Oui, le livre est bien sorti en 2020, non en 1950. Et peu importe les hormones en ébullition : les garçons doivent respecter les filles, les filles doivent aussi se respecter elles-mêmes, Jade me semble avoir très peu d’estime d’elle-même, sans que cela lui pause de problèmes – à elle ou à qui que ce soit. D’ailleurs, tous les garçons de ce roman ne sont que des concentrés d’hormones en ébullition, des clichés, pour résumer, et c’est vraiment dommage. Du côté des filles, ce n’est pas mieux. J’ai déjà parlé de Jade, je ne passerai pas sous silence qu’après avoir été agressée, elle refuse de porter plainte parce que, parce que, parce que… Oui, je sais que c’est très fréquent, de voir des jeunes femmes se faire agresser, d’une part, de les voir refuser de porter plainte de l’autre. Cependant, j’aurai aimé que l’on tende vers autre chose ! Je vous parlerai maintenant des autres filles. Lucie, petite amie de Cameron depuis sept ans avec des hauts et des bas, est le prototype même de la garce sortie de Beverly Hills ou de Dynastie (pour les plus âgés). Je ne la qualifierai même pas de poupée Barbie, enfin, plus depuis le jour où j’ai moi-même été comparée à cette charmante poupée (ce qui me connaisse dans la vraie vie peuvent rire, c’est permis). Cameron, le bad boy, est sa propriété privée, point. Encore un cliché : les êtres humains ne sont pas des objets, ils n’appartiennent qu’à eux-mêmes, et font ce qu’ils veulent. J’ai failli oublier Pauline, meilleure amie de Jade,qui adore s’amuser.

Alors oui, il y a bien une intrigue, très classique. Cameron a beau dire à Jade : « Nous ne sommes pas dans un livre, chérie, la gentille petite héroïne ne filera pas le parfait amour avec le bad boy », c’est pourtant ce qui se passe. Alors oui (bis), nous avons des péripéties mais soit je les ai trouvées prévisibles, soit je les ai trouvées peu vraisemblables. A vous de vous faire votre propre avis, pour ma part, j’assume le mien.

 

Leah à contretemps de Becky Albertalli

Présentation del’éditeur :

Moi, c’est Leah. Leah Burke. (Semi-)pro de la batterie. Gribouilleuse clandestine. Meilleure amie du choubidou du lycée, mon best bro, le démolisseur d’Oreos, j’ai nommé : Simon Spier. C’est notre année de terminale, la dernière ligne droite avant la fac. Alors, forcément, tout part en vrille.
Le couple insubmersible formé par Abby et Nick est en train de prendre l’eau. Je me suis fâchée avec des filles que je connais depuis la maternelle. Et plus le temps passe, plus j’ai l’(affreuse) impression que notre pote Garrett veut sortir avec moi. Il est mignon. Adorable. Prévenant. Le genre de mecs que n’importe qui aimerait avoir comme cavalier au bal du lycée.
Mais pas moi. Ah oui, je ne vous l’ai pas dit ? Paraît que j’adore me compliquer la vie…

Merci à Netgalley et aux éditions Hachette pour ce partenariat.

Mon avis :

Leah à contretemps est la suite de Love Simon, un roman que l’on peut trouver un peu partout parce qu’un film va bientôt sortir. Sa suite a un peu moins les honneurs des rayons des librairies.
Pourtant, ce tome m’a plus intéressé que Love Simon. L’héroïne et narratrice est Leah. Ses parents sont séparés. Classique. Sa mère a dix ans de moins que les autres parents d’élèves. Et oui, si Leah vivra son propre bal du lycée bientôt – elle est en terminale – elle en a déjà vécu un : sa mère l’attendait quand elle a vécu son propre bal. Leah est la meilleure amie de Simon, lycéen gay, en couple avec Bram. Elle-même est bisexuelle, mais personne ne le sait, pas même Simon. J’oubliai presque : Leah n’est pas vraiment mince (et la couverture n’est pas forcément très réussie).
Oui, nous sommes dans une romance, mais une romance un peu particulière puisque Leah n’est pas amoureuse d’un garçon. Elle ne sait pas comment l’objet de son amour va réagir, elle ne sait pas non plus comment ses amis vont réagir, même s’ils sont très tolérants. Même si le lycée où ils étudient n’est pas pire qu’un autre, il n’est cependant pas parfait. A l’heure où les lycéens français attendent les résultats de Parcoursup, les lycéens américains attendent de savoir s’ils seront acceptés dans l’université de leur choix. Il est des déceptions, des amertumes, des « Pourquoi elles et pas moi ? » , avec quelques relents de racisme en prime. Oui, la question n’est pas encore réglé, quoi qu’en pense certains esprits très optimistes.
Nous découvrons la vie ordinaire de jeunes américains, en somme, entre cours, théâtre, musique, lecture (oui, ils lisent !), et même écriture et dessin. Ce livre semble léger – ne culmine-t-il pas avec le traditionnel bal de fin d’année ? Ne montrent-ils pas des amours adolescents, avec son lot de rupture et de déception ? Il présente aussi des couples homosexuels qui sont acceptés par les autres et dont les amours ne sont ni plus ni moins compliquées que celles des hétéros. Ce sont des amoureux, des amoureuses, c’est tout.