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Une fenêtre à Copacabana de Luiz-Alfredo Garcia-Roza

Présentation de l’éditeur :

De sa fenêtre d’un immeuble de Rio, un soir, une femme voit dans un appartement deux personnes se quereller, puis un sac à main voler en l’air. Alors qu’elle regarde le sac sur le trottoir, un corps vient s’écraser à côté, et il n’y a plus personne dans l’appartement. Depuis quelques jours, le commissaire Espinosa, épaulé par son fidèle Welber, enquête sur les assassinats, commis avec un sang-froid étonnant, de trois policiers. Fouillant la vie de ces flics ordinaires, ils commencent à soupçonner l’existence d’une bande gérant les pots-de-vin distribués aux policiers. Inutile de dire que cela gêne du inonde dans la police, du bas de l’échelle aux plus gradés, et que la règle d’or est : « jamais entendu parler. » L’ennui, c’est que deux maîtresses de ces ripoux sont elles aussi retrouvées assassinées, et qu’on parle d’une femme « suicidée » en se jetant par la fenêtre du haut d’un immeuble à Copacabana.

Mon avis :

Je poursuis ce mois espagnol et sud-américain avec cette visite par le Brésil. Je tiens à vous présenter tout d’abord le commissaire Espinosa, un homme charmant et un peu transpirant. C’est qu’il fait chaud, à Rio, surtout quand les policiers tombent comme des mouches. Etre un tueur en série de flics est une très mauvaise idée, tout le monde le sait ou presque. Etre un tueur en série de policiers et de leurs maîtresses n’est pas très fameux non plus, seulement, ce dernier fait oriente un peu l’enquête. Oui, ce sont les maîtresses qui sont tuées, non les épouses officielles, de bien braves femmes qui ignoraient tout de la double vie de leur mari – et oui, le travail de policier entraîne nombre d’heures supplémentaires, de planques, qui font que les policiers n’ont pas souvent le temps d’être à la maison. Elles ignoraient aussi les sources de revenus de leurs conjoints : un salaire de policier ne justifie pas le train de vie qu’ils pouvaient mener.

Le commissaire Espinosa enquête, oui, et surtout, tente de protéger la dernière compagne officieuse en vie. Celeste, tel est son prénom, est menacée elle aussi. Elle est cependant très débrouillarde, et échappe de peu à la mort – sa meilleure amie n’a pas cette chance. Espinosa fait de son mieux, ce qui est tout sauf facile quand le danger peut provenir de l’intérieur. Finalement, rechercher un tueur de flic ordinaire aurait été beaucoup plus facile.

Les points communs entre les disparus, autres que ceux que j’ai déjà cités ? Ils étaient particulièrement discrets. Personne, en dépit de leur longue carrière sans éclat, ne s’est aperçu de leur trafic. Pourquoi les supprimer maintenant ? C’est à une véritable course contre la montre que se livre le commissaire et ses hommes.

Espinosa reçoit de l’aide inattendu. Je ne parle pas de celle d’Irène, la femme qui partage un peu sa vie tout en restant indépendante, je parle de Serena, une bonne bourgeoise brésilienne (si, si, c’est possible) qui a été témoin d’un des meurtres et que personne, à part le commissaire, ne veut entendre. Son propre mari se trouve choqué de sa volonté de témoigner, et d’enquêter. Il faut dire qu’il est un homme politique, et que l’attitude de sa femme, depuis de longues années déjà, n’est pas véritablement celle qu’il attendrait. Restons dans les rangs, ne nous faisons pas remarquer, surtout pas. Se faire remarquer, c’est dangereux, et pas seulement pour la carrière de son mari.

Une fenêtre à Copacabana, un polar où il fait bon se méfier des apparences.

Meurtre au comité central de Manuel Vasquez Montalban

Mon résumé : 

Tout est dans le titre. Un meurtre a lieu en pleine réunion du comité central du parti communiste. Pepe Carvalho est chargé d’enquêter.

Mon avis : 

Pepe Carvalho et moi, c’est une longue histoire, qui remonte à la lecture d’un article dans Point de vue, au beau milieu des années 90, puis,plus tard, au visionnage de la série télévisée. Trouver les livres de Manuel Vasquez Montalban à la campagne dans ses mêmes années, c’était aussi très compliqué !
Aujourd’hui, en 2018, je vous présente Meurtre au comité central, et ce n’est pas la lecture la plus facile de Montalban. Je dirai même que j’ai failli lâcher au quart du roman et j’ai fait une très longue pause avant de reprendre la lecture. Le roman est en effet très touffu, il nous entraîne dans le passé de l’Espagne, à l’époque de la dictature franquiste et de la répression du parti communiste. Puis vient l’après, la chute du franquisme, et l’ascension du Parti, qui n’a plus besoin de se cacher. Les destinées de chaque membre, éventuellement de sa famille, ne sont pas toujours faciles à suivre – il y en a eu des traîtrises, il y en a eu, des changements de situation, pour ne pas dire des retournements de situation, et il est loin d’être facile pour la lecture que je suis de me repérer. Ajoutons que Pepe Carvalho, dans la plus pure tradition de ses enquêtes, passe un temps certain à se nourrir, du moins à trouver des recettes qui lui conviennent. Je n’ai pas compté le nombre de fois où l’enquête a été arrêté pour lui permettre de trouver un endroit où se nourrir, ou à tester une recette que j’aurai du mal à vous recommander. Comme le dit Pepe :  » Sherlock Holmes jouait du violon. Moi je cuisine. »
Ce n’est pas si souvent qu’il quitte Barcelone pour Madrid, et, comme pour tout catalan – voir l’inspecteur Mendez – ce déplacement ne lui va pas forcément. Il n’a que peu de contact avec Biscuter et Charo, des personnages que j’apprécie, et que j’ai peu vu. Non, le climat madrilène ne convient pas à tout le monde. Là non plus, je n’ai pas compter le nombre de fois où Pepe a été enlevé, menacé par une arme. Il a donc écopé de quelques blessures, plus ou moins sérieuses, il en a donné aussi, mais il a toujours respecté sa déontologie – et tant pis si cela exaspère ses adversaires. Oui, c’est une structure romanesque un peu répétitive. Ne serait-ce pas un moyen de se moquer de ce Parti et de son organisation ? Un peu, sans doute. L’action se passe en 1980, le communisme vit encore de belles heures dans certains pays.
Un roman policier que je suis heureuse d’avoir fini, mais que je n’ai pas forcément énormément apprécié.