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Les grenouilles samouraïs de l’étang des Genji d’Hino Kazunari

Mon avis :

Ce livre met en image un conte japonais, qui nous fait revivre, par le biais de grenouilles, La fabuleuse épopée japonaise des clans rivaux Genji et Heike. Nous découvrons de magnifiques paysages remplis de nuances de vert, sur lesquels des fleurs blanches, roses et jaunes finement ciselées s’épanouissent.

Grand-père crapaud raconte aux petits tétards une histoire, une histoire de samouraïs, une histoire de protection d’un lieu particulièrement aimé. Les samouraïs et leur armement, leurs armures sont soigneusement dessinés. D’ailleurs, les images nous renseignent elles-mêmes sur les temporalités du récit. Les dessins montrent le temps présent, et le temps passé, puis le dessin se consacre uniquement au passé, avant de revenir à un présent apaisé. La berceuse finale, dédiée aux fleurs de printemps et d’automne, est d’ailleurs magnifique.

A faire découvrir !

La belle et la bête

édition Le livre de poche – 96 pages.

Mon résumé :

Pour sauver la vie de son père, la Belle, une jeune fille d’une incroyable beauté accepte de rester à jamais prisonnière de la Bête, un prince à qui une méchante fée a jeté un mauvais sort. Mourra-t-elle sous les griffes du monstre ? Quel sort lui réserve cette créature mi-homme mi-animal ? La belle est résignée à affronter le pire mais au pays des contes, tout est possible et les apparences sont souvent trompeuses …

Mon avis :

Le film de Jean Cocteau est très connu, et Jean Marais restera pour toujours la figure de la Bête – et du prince délivré de son sortilège. Qu’en est-il du conte originel de madame Leprince de Beaumont ?

Pour moi, ce conte est profondément ancré dans la réalité de son époque. Le marchand a pris soin de l’éducation de ses filles et leur a donné les meilleurs maîtres. De là à dire qu’il a voulu s’élever au-dessus de sa condition, il y a un pas que je suis tentée de franchir. Le rêve de ses filles aînées est d’épouser un comte, un marquis, un duc que sais-je ! Et ce rêve n’est pas éloigné de celui que le bourgeois gentilhomme nourrit pour sa fille Lucile. Las ! C’est plutôt un retour à ses origines qu’il vit, puisqu’il se retrouve à cultiver la terre avec ses trois fils.

Belle, comme beaucoup de jeunes filles de son époque et de son milieu, devra quitter sa famille pour la sauver – sauver la vie de son père, ici. Dans la réalité, cela aurait été pour le sauver de la ruine ou du déshonneur, les mariages arrangés entre de toutes jeunes filles et des messieurs riches et fort peu bien faits de leurs personnes étaient courants. Ce qui l’est moins est que les filles aînées ne soient pas concernées elles aussi par ce sacrifice. Elles se marieront selon leur choix, et seront toutes deux fort malheureuses.

Plaidoyé pour le mariage de convenance ? Non, tout de même pas. Madame Leprince de Beaumont s’y connaissait assez en mariage désastreux, puisqu’elle obtiendra l’annulation du sien. Belle est capable d’aller au-delà des apparences, au-delà de ses a-priori, et c’est elle qui se laisse apprivoiser par la Bête qui prend soin de la jeune fille. Ce conte ne prouve-t-il pas qu’un mariage peut être heureux, tant que les époux font attention l’un à l’autre ? Molière plaidait pour la même cause dans George Dandin, l’une de ses comédies les plus sombres, presque un siècle plus tôt.

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