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Toxic star d’Hervé Claude

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Présentation de l’éditeur :

« L’idole d’un peuple venait de réapparaître dans une configuration inédite et étrange. La légende était en marche. Le mystère, absolu. »Le corps de Mathew Constant, ancienne star de footy, est retrouvé dans « le lieu le plus vide du monde », la mythique plaine de Nullarbor, au nord de la grande baie australienne. Comment est-il arrivé là ? Et, surtout, comment a-t-il pu être à ce point oublié du monde, lui, l’immigré roumain devenu la coqueluche de tout l’État occidental ? Le journaliste Anthony Argos ne peut pas rester insensible à la destinée tragique de ce jeune homme et décide de mener l’enquête. Une enquête qui deviendra rapidement dangereuse, car les enjeux sont multiples et les protagonistes puissants : sport, drogue, argent et politique étant inextricablement liés.

Merci à Babelio et aux éditions de l’Aube pour ce partenariat.

Mon avis :

Vous ne connaissez rien au sport en général, et au footy en particulier ? Rassurez-vous, moi non plus, cela ne vous empêchera pas d’apprécier ce roman – après tout, le journaliste Anthony Argos n’est pas vraiment un grand sportif.
Par contre, il n’aime pas découvrir qu’un grand sportif est mort dans l’indifférence générale, au point qu’il a fallu dix-huit mois entre le moment de sa disparition et celui où son corps a été retrouvé. Comment et pourquoi cette ancienne gloire en est-il arrivé à ce degré de déchéance ?
Argos creuse, et ce qu’il trouve n’est pas très beau à voir. Mathew Constant n’est pas le seul joueur à avoir sombré, parce qu’il était quasiment impossible pour un joueur de haut niveau de jouer et de ne pas être aidé par des substances pas vraiment licites. Ces meilleurs amis de sa glorieuse époque sont eux aussi en piteux état, les interroger devient très vite compliquer.
L’enquête dérange – pas celle d’Argos, qui ne fait que commencer, celle de la police, et sa meilleure source policière se trouve très vite sur la touche, et l’enquête avec lui. Argos n’est pas seul, non, disons qu’il doit désormais avoir recours à d’autres moyens pour avancer – ou plutôt se plonger dans le passé. J’ai aimé que l’on retourne un peu dans la jeunesse d’Argos, dans ce qui a fait naître sa vocation de journaliste. Cet australien retourne en Roumanie, et en parcourant les rues, il parcourt également ses souvenirs, mesure les transformations du pays depuis la chute de la dictature, et l’apparition des signes extérieurs de mondialisation. Loin d’être une parenthèse, cette partie du roman fait progresser l’action, ouvrant des perspectives pas tout à fait attendues. Se souvenir peut être agréable. D’autres apprécient peut d’être rattrapés par leur passé.
J’ai presque oublié de le dire : Argos est gay, et j’apprécie de voir un personnage qui ne vit pas son orientation sexuelle comme un drame, et qui n’est pas non plus un tueur/un fou/un psychopathe (si, c’est encore possible de lire un roman conçu ainsi). Argos est un homme,un journaliste, un ami fidèle et ses aventures amoureuses ne sont pas forcément celles que l’on a l’habitude de lire.

Les méandres du fou d’Arthur Upfield

Présentation de l’éditeur :

L’inspecteur Napoléon Bonaparte ne résiste jamais à une affaire déconcertante.
C’est là une de ses faiblesses. William Lush a disparu. Alcoolique, violent, il aurait fort bien pu être tué tant il était détesté. Sur la liste des suspects, sa belle-fille… et beaucoup d’autres, éleveurs ou trimardeurs. Mais, pour une fois, Bony ne pourra pas compter sur son fidèle allié, le temps. Car le Darling va lui barrer la route. De mince filet paresseux, le fleuve va gonfler en un énorme torrent dévastateur.

Mon avis : 

Ce qui caractérise Bony c’est sa ténacité. Il est hors de question pour lui de ne pas résoudre une affaire,et peu importe le temps que cela prendra. Seulement, ici, du temps, il n’en a pas vraiment puisqu’une gigantesque inondation menace les domaines sur lesquels il enquête. Un défi ? Oui, parce que ce n’est pas une inondation qui l’empêchera d’enquêter.
Mais revenons à la première scène du livre, saisissante. Une jeune fille, un fusil à la main, attend. Elle attend son beau-père, qui a tellement tabassé sa mère qu’elle l’a retrouvée inconsciente. Sa mère, Mrs Madden qui, par peur du qu’en dira-t-on, refuse de porter plainte, refuse que l’on sache même ce que son second mari lui fait subir. Il finit par revenir, bien sûr, cet homme qui se garde bien que l’on sache quoi que ce soit sur ses débordements, au point qu’il roule toujours très lentement quand il est ivre – comme ce soir. Il menace de rentrer, elle tire à travers la porte, plus un bruit.
Au matin, Lush n’est pas (plus?) là, il a disparu, et sa femme est de plus en plus mal, forçant la jeune fille à dire ce qu’elle ne pouvait pas dire. Si Bony enquête, ce n’est pas tant pour savoir si Lush va bien – ou pas. C’est aussi pour le forcer à rendre compte de ses actes. La donne change quand il est retrouvé…
Plus qu’un roman policier, Le méandre du fou est un livre sur les éleveurs australiens, leur communauté, les origines de chacun, comme Mme Cosgrove, voisine à poigne originaire de l’Angleterre, qui a eu le plus grand mal à se faire au bush et à ses coutumes. Son fils est bien plus à l’aise, ayant laissé de côté ses études pour retourner travailler avec elle, au grand dam de sa mère qui aurait voulu un autre destin pour son fils. Elle a également ses idées sur la manière dont elle doit mener ses hommes, y compris ces trimardeurs que le surplus de travail oblige à embaucher parfois. Hommes libres, ils se déplacent de ferme en ferme où on leur donne un coin pour dormir, un peu de nourriture et du travail. Ces vagabonds du bush ne le sont pas devenus par hasard, et derrière cette liberté se cache souvent des tragédies individuelles.