Quand on n’a que l’amour par Nick Alexander

Mon avis :

On parle souvent de « zone de confort », pour dire qu’il faut en sortir. En lisant ce roman sentimental, peut-on dire que j’en suis sortie ? Oui. Peut-on dire que j’ai apprécié ce que j’ai lu ? Non.
J’ai aimé… le contexte historique. Les années Thatcher, ces années de révolte, de grève, mais ces années où les réformes sont passées en force. Et maintenant, le Brexit – les anglais ont voté, et même les anti-Brexit s’inclinent, ne manifestant pas, ou peu – il faut que Sean amène sa fille à une manifestation, parce que cette trentenaire n’avait jamais manifesté de sa vie. Il n’est jamais trop tard pour se bouger – ou pas.
Je n’ai pas aimé le personnage de Catherine, qui par-delà sa mort, récrit son histoire et celle de son mari, lui révélant des choses qu’elle aurait pu dire plus tôt ou garder pour elle. Dire ses secrets post-mortem, un classique depuis au moins César de Marcel Pagnol. Après… Catherine a voulu que son mari soit heureux après elle, elle a voulu qu’il ne l’idéalise pas. Je pourrai presque dire « mission parfaitement accomplie ». C’est aussi l’occasion de se pencher sur les personnes qui ont croisé leur route … pour en prendre une autre après.
Il est question de transmission aussi, de ce qu’on laisse ou non à ses enfants. Sean a grandi dans un milieu bourgeois très corseté, Catherine dans un milieu ouvrier, chaleureux et plutôt déjanté : on reconnait bien les moeurs d’une époque : combien de jeunes hommes aisés sont allés s’amuser avec des filles « du peuple », pour ensuite se caser « comme il faut » ? Beaucoup. Sean est une exception.
Un roman qui n’était pas pour moi.
Merci à Netgalley et aux édtions Amazon Publishing pour ce partenariat.

Si le rôle de la mer est de faire des vagues…de Yeon-Su Kim

Présentation de l’éditeur :

Si le rôle de la mer est de faire des vagues, mon rôle à moi est de penser à toi. Depuis que nous avons été séparées, je ne t’ai jamais oubliée, pas même un seul jour. Un jour, Camilla reçoit six cartons de vingt-cinq kilos qui contiennent toute son enfance. Entre un ours en peluche et un globe terrestre, la photo d’une jeune fille, petite et menue : celle de sa vraie mère avec un bébé dans les bras. Camilla a été adoptée peu après sa naissance par un couple d’Américains. Aujourd’hui elle a vingt et un ans et décide de partir en Corée à la recherche de sa mère. Au fil d’une enquête aux multiples bifurcations, chacun livre sa version de l’histoire bouleversante de cette lycéenne de seize ans devenue mère, les rumeurs, les secrets, les tragédies, le mystère de l’identité du père. Peu à peu Camilla remplit les blancs de son passé, qui se confond avec celui de cette petite ville portuaire où elle est née, et toute sa vie s’en trouve changée. Un roman riche en harmoniques, à l’imaginaire poétique et émouvant, enraciné dans la réalité sociale de la Corée d’aujourd’hui.

Mon avis : 

Mon avis  pourrait être simple : je n’ai pas vraiment aimé ce livre et je serai bien en peine de le recommander à quelqu’un, à moins de vouloir découvrir la littérature coréenne, de souhaiter en savoir plus sur cette culture.

Double culture, devrai-je dire, parce que Camilla, l’héroïne, a été adoptée à l’âge de six mois par un couple d’américains. Elle a ainsi illuminé la vie de sa mère adoptive, Alice – prénom qui a son importance dans le roman, comme tous les prénoms, d’ailleurs. Celle-ci est décédée d’une longue maladie, après lui avoir avoué qu’elle a détruit la lettre de quelqu’un qui s’est présenté comme le frère aîné de Camilla. Oui, la jeune femme lui en a voulu, et dans l’état dans lequel sa crise d’adolescence d’adolescente adoptée la mettait – oui, à l’époque, elle aurait été capable de faire une bêtise. Elle s’est éloignée de son père, qui a refait sa vie et lui a remis les affaires qui lui appartenait – six cartons de vingt-cinq kilos. Elle en a écrit un premier livre autobiographique, et de là, est né le projet d’un second livre, la menant sur les traces de son passé et de son pays natal.

Vous noterez déjà la présence d’un premier sujet, l’écriture, l’intertextualité, la mise en abîme. Les sources aussi de l’écriture, née des objets et de l’autobiographie, non de l’imagination. Le récit lui-même est très littéraire puisque l’on trouve trois narrateurs, Camilla, une voix mystérieuse qui s’adresse à elle dans la seconde partie, et un narrateur à la troisième personne qui se focalise sur plusieurs personnages dans la troisième partie.Je parle de « voix mystérieuse », parce que je ne veux pas dévoiler son identité, et parce qu’elle m’a déstabilisée, comblant certains « blancs » dans le passé de la mère de Camilla, et comblant aussi l’ellipse entre les deux parties. Oui, lire ce que l’auteur n’a pas écrit fait aussi partie de la démarche proposée par Yeon-su Kim, comme il le dit dans la postface.

Oui, le sujet du roman semble être tout ce qui n’est pas dit, tout ce que l’on ne veut pas dire à Camilla « pour son bien », parce que la vérité lui ferait plus de mal encore que l’ignorance. C’est un discours que l’on tient souvent aux enfants adoptés, justifiant ainsi en France l’accouchement sous x. Camilla se heurte ainsi à un mur, à des murs, les personnes qu’elle rencontre ne dissimulant pas leur hostilité.

Saura-t-elle la vérité ? Nous découvrirons en tout cas la profonde solitude de la mère de Hui-Jae, prénom originel de Camilla, prénom qui peut être donné à un garçon ou à une fille, indifféremment. Nous découvrons quels mécanismes l’ont amené à faire adopter son enfant. Oui, cela fait froid dans le dos. Et là, je me suis dit que l’action avait beau s’être passé en Corée, elle aurait très bien pu se passer en France. Stigmatiser les filles mères, imaginer l’identité du père en écoutant les rumeurs (plus elle est scandaleuse, mieux c’est), penser à tout ce qui est le mieux pour la bienséance plutôt que de se préoccuper de la jeune femme et de son enfant – oui, cela pourrait arriver aussi chez nous, oui, cela est arrivé aussi chez nous, inutile de se voiler la face.

Un livre que je referme douloureusement, parce que cela n’a pas été une lecture facile.

Haut le choeur de Gaëlle Perrin-Guillet

Présentation de l’éditeur :

« Quand je sortirai, tu seras la première prévenue… Je saurai te retrouver ». Depuis qu’Eloane Frezet, la tueuse en série la plus abjecte de ces dernières années, a prononcé ces mots, Alix Flament vit dans l’angoisse que la criminelle sanguinaire s’évade de prison… Alors, quand la journaliste reçoit un coup de téléphone d’Eloane en pleine nuit, elle comprend que la meurtrière va honorer sa promesse… Une promesse de sang.

Merci à Joël, des éditions Taurnada, pour sa confiance.

Mon avis :

Que se passe-t-il après ? Après que le tueur a été jugé et condamné ? En l’occurrence, il s’agit d’une tueuse. Elle se nomme Eloane Frezet, elle est une femme tueuse en série, cas rare, et elle purge sa peine de prison depuis six ans. Eloane a fasciné, une journaliste, Alix Flament  lui a même consacré un livre, basé sur leurs entretiens.

A force d’être gavé de séries télévisées mettant en scène des « psychopathes », l’on en oublie la véritable définition de ce mot. Oui, Eloane était parfaitement intégrée socialement, on peut même dire qu’elle menait une vie ordinaire. Il suffit d’une rencontre. Il suffit aussi de « sortir de sa zone de confort ». Oui, l’on ne saura pas dans le roman ce qui a poussé cette infirmière, au seuil de la trentaine, à vouloir travailler dans une prison, sortir de sa zone de confort n’est qu’une idée de ma part – presque une formule toute faite, un peu comme qualifier de « psychopathe » tout tueur.

Retourner aux origines, une base que l’on oublie souvent. Penser qu’avant Eloane, il y avait le tueur dont elle veut poursuivre l’oeuvre. Il a été un enfant invisible. Il a été un homme que l’on ne voyait pas vraiment, qui vivait là, à côté des autres et non avec les autres. Un homme qui semblait inoffensif. Un homme que l’on oublie un peu au cours de cette enquête parce qu’il est mort, de mort naturelle – pas de violence, pas d’évasion spectaculaire – et parce que ses motivations n’ont jamais été comprises. Enfin, si, elles l’ont été par Eloane, par elle seule, ce qui reste totalement opaque pour les enquêteurs.

Et l’après, me direz-vous ? L’après, c’est une route semée de violence après l’évasion d’Eloane, qui se plaît à semer des indices, difficiles à interpréter, pour le lecteur, pour la police, pour Alix aussi, qui se retrouve au coeur de l’enquête avec son mari, légiste de son état. Ce n’est pas faute d’enquêter, ce n’est pas faute de se replonger dans le passé – rien n’est facile au cours de cette intrigue menée tambour battant. Je me suis littéralement laissée emportée par cette course contre la montre pour qu’Eloane ne termine pas ce qu’elle a continué.

Un roman policier prenant.

Et une dédicace, à notre chef de choeur.

 

Homer Pym et le garçon du film d’Anne Plichota et Cendrine Wolf

Présentation de l’éditeur :

Voilà cinq ans que le père d’Homer Pym a disparu, en plein tournage d’un film sur les voyages mythiques d’Ulysse. Même la police a renoncé à le chercher. Le jour de ses douze ans, Homer reçoit en cadeau Bibi Two, une gerbille très spéciale qui le conduit dans un monde parallèle, peuplé d’êtres extraordinaires. Le garçon découvre alors l’impensable : son père est prisonnier du film qu’il a créé ! Homer et ses meilleurs amis, Lylou et Sacha, vont devoir faire preuve de ruse et de courage pour libérer M. Pym. D’autant qu’il n’est pas le seul à être bloqué dans le mauvais monde… Amitié, dangers, suspense, phénomènes étranges… L’aventure n’a pas fini de surprendre Homer et sa bande !

Merci aux éditions Hachette et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

Je commence mon avis par un fait simple : dans ce livre, les deux romancières s’adressent à des lecteurs un peu plus jeunes que pour leurs séries habituelles, Oska Pollock, Tugdual ou 5/5. Après les banalités, passons à l’originalité : Homer est un collégien tout ce qu’il y a de plus normal, il a des amis, un animal de compagnie, il s’ennuie parfois au collège. Seulement, son père, cinéaste, a disparu depuis cinq ans, et depuis, sa mère se noie littéralement dans le travail, et laisse sa jeune soeur prendre le relais et s’occuper de son neveu préféré.
Mais, et le mais est énorme, un nouvel événement bouleverse sa vie, levant un pan de la disparition de son père, le plongeant dans un monde mythologique. En effet, nous connaissons presque tous, même vaguement, Ulysse et son Odyssée. Connaissons-nous tous les détails ? Mieux : savons-nous ce qu’il devint à son retour d’Ithaque ? Oui, si l’on a poursuivi sa découverte du mythe en dehors de l’oeuvre d’Homère, il est très rare de le faire.
C’est dans ce monde parallèle que se situe la clef de la disparition de son père. Se pose aussi le problème de la création de personnages dans une oeuvre : que se passe-t-il quand ceux-ci se retrouvent projetés dans le monde dit « réel » ? Vaste question, à laquelle l’intrigue mouvementée tente d’apporter des réponses. Oui, Homer est un tout jeune adolescent, et il est bien moins libre que d’autres héros pour mener sa quête à bien. Il a certes des alliés, dont une gerbille qui s’exprime en vers, et qui cache très certainement sa véritable identité – comme d’autres.
En dépit de la gravité qui point à l’horizon – l’un des personnages n’est-il pas interné depuis cinq ans – le récit réserve des plages d’humour et d’aventures pures. Oui, un braquage peut être fort drôle, même si ce n’est pas pour tout le monde.
Une réécriture du mythe d’Ulysse à découvrir – l’Antiquité inspire toujours, et pas seulement Rick Riordan.

Au service de sa majesté la Mort, tome 2 : De vieux ennemis de Julien Hervieux

édition Castelmore – 320 pages

Présentation de l’éditeur :

Un peu partout dans le monde, des imprudences ont récemment coûté la « vie » à des Revenants. S’agit-il de pures coïncidences ou l’Ordre est-il en train d’être attaqué ? Voilà qui complique sérieusement la mission de l’Ordre de Londres, toujours à la recherche de l’énigmatique W.
Et ce n’est que le début des ennuis. Pour tenter de maîtriser la situation, Elizabeth va devoir se rendre à Venise et rencontrer Charon en personne…

Mon avis ;

Tout pourrait aller pour le mieux dans la meilleure des morts, dans le meilleur des métiers post mortem si les attaques contre les Revenants ne se multipliaient. Pas le temps de se reposer !
Maintenant que les bases ont été posées dans le premier tome, l’action est menée tambour battant dans le second, alors qu’Elizabeth découvre à quel point le réseau des Revenants est vaste, à quel point certains de ses membres sont étonnants, et sans scrupules.
Avec elle, le lecteur va de surprise, en surprise. Ce ne sont plus des seulement sur la terre que les forces en présence s’affrontent, c’est aussi sur la mer, et ce n’est absolument pas de tout repos, ni pour combattre, ni pour dissimuler leurs actes aux yeux des humains ordinaires.
N’hésitez pas à vous laisser surprendre et émouvoir avec Elizabeth.

Dossier Evan Cartier – Tome 1 – Héritage crypté par Déborah J. Marrazzu

édition Hachette – 380 pages

Présentation de l’éditeur :

Evan Cartier n’est pas un adolescent comme les autres. Il est expert en piratage informatique… et depuis peu, chercheur de reliques aux prétendus pouvoirs magiques. Œuvrant aux côtés d’un groupe de hackeurs professionnels, il est la clé pour retrouver l’artefact du nombre d’or, qui, s’il tombe entre de mauvaises mains, pourrait répandre le chaos sur le monde. Pourquoi lui ? Parce qu’il est le seul à pouvoir comprendre l’indice menant à l’artefact, laissé sur une clé USB par son père défunt. Or, cela a aussi fait de lui la cible d’une légion malintentionnée… Des catacombes au Vésuve en passant par Florence, de courses-poursuites en énigmes, les aventures d’Evan ne font que commencer !

Merci à Netgalley et aux éditions Hachette pour ce partenariat

Mon avis :

Evan est orphelin, ce qui est tout sauf facile à vivre. Il a cependant eu de la chance – un peu – puisque sa grand-mère a pu s’occuper de lui après la disparition de ses parents. Evan est lucide, elle souffre de la mort de son fils, il n’est cependant pas question pour elle d’ajouter sa douleur à la douleur de son petit-fils. Surtout, Evan était très lié avec son père, il partageait avec lui la passion de l’informatique en général, et ses capacités à hacker en particulier. Attention ! Il s’agit avant tout de s’occuper de ce qui peut nuire sur le net, non de nuire via le net.
Et un jour, alors que sa vie n’était pas vraiment un long fleuve tranquille, débarque dans son existence des personnes qui vont lui rappeler le souvenir de son père, et surtout, le lancer à la poursuite d’un artefact essentiel pour eux – Evan, lui, en avait ignoré l’existence, tout comme il avait méconnu les véritables activités de ses parents. Le lecteur se retrouve face à des « espions » des temps modernes, entre hackers et archéologue.
Les aventures qu’il va vivre s’enchaînent sans temps mort, et pourtant, j’ai envie de m’attarder sur deux scènes – celles de torture. Je sais très bien qu’en découvrant ces scènes, des adultes bien intentionnés refuseront que leurs enfants, leurs élèves lisent ce livre et qu’il rejoindra ainsi la logue liste des oeuvres « non lisibles » avant… Avant quoi ? Avant sa majorité ? Avant qu’ils disent « je lis ce que je veux ? » A mes yeux, ces scènes sont importantes, à une époque où, dans les séries télévisées de toute sorte, elles sont banalisées, à une époque où des jeunes se disent pour la torture, si elle peut servir à quelque chose, ils sont pour. Alors lisons ces scènes, et voyons si c’est « tolérable ». La réponse est simple : non.
Mais revenons à l’intrigue, aux personnages, qui doivent faire des choix, pas toujours les meilleurs, pas forcément les pires, il s’agit de choisir pour Evan et pour ceux qui l’aident, et choisir, c’est agir – ils ne se laissent pas porter par les événements. Mention spéciale pour Léa, attachante et hors-norme.
Un roman d’aventures à partager.

 

Choubi-Choubi, Mon chat pour la vie, tome 6 de Konami Kanata

Présentation de l’éditeur :

Ça y est, Choubi-Choubi est devenue un bon gros chat ronronnant. Elle a enfin atteint l’âge de raison et s’est forgée au fil des ans sa propre philosophie : surtout ne pas trop s’activer et profiter d’une vie tranquille et douillette auprès d’une mamie sympa. Mais tout ceci est sans compter sur Chi le chaton et autres bestioles qui vont l’éloigner de sa confortable demeure. Alors pourquoi ne pas rejoindre cette minette bien dodue et vous relaxer auprès d’elle ?

Mon avis :

Le volume 5 se terminait en hiver, le volume 6 commence au printemps. Il est question de pluie, beaucoup, les personnages sont souvent trempés mais savent faire bon usage de leurs parapluies. Nous avons l’automne aussi, et ses épouvantails, puis l’hiver revient. Choubi Choubi retrouve la neige, le nouvel an, le thon, gelé. Il est question d’écologie aussi, ou comment moin utiliser la table chauffante et préférer d’autres solutions pour se garder au chaud.

Nous retrouvons finalement assez peu d’animaux autre que l’héroïne dans ce sixième tome. Il faut attendre la fin du volume pour que la « bonne entente entre chien et chats » revienne, à l’occasion d’une niche occupée. La nature tient une plus grande place, avec tous ses bruits, les gouttes d’eau qui tombent ou le vent qui souffle. N’oublions pas les épouvantails aussi !

En toute saison, le ménage revient aussi – mémé ne laisse pas la maison à l’abandon, et dans le chapitre « Chat avisé craint mémé », Choubi-Choubi montre une forte ressemblance avec Lisette ! mémé est pourtant sensible au changement : voir la nouvelle télévision qu’elle a acquise, et qui ne fait pas le bonheur de notre bon gros chat ronronnant !