Poules, renards, vipères, tome 2 : Zora de Paul Ivoire

Présentation de l’éditeur :

Albin et Zora sont montés tout en haut du Mont Chicken : ils habitent bien sur une île ! Et avec la montée des eaux, le territoire des serpents va bientôt être inondé, mettant en péril l’équilibre des trois peuples ennemis. Il faut convaincre les 3 royaumes de s’unir, mais Griffsec et Hagard le Solitaire, un renard cruel, ont d’autres idées en tête…

Mon avis : 

Ce tome 2 met l’accent sur les renards après que le tome 1 nous a fait découvrir celui des poules. Ils ont non pas un roi, mais un chef de clans, qui a bien du soucis lui aussi avec la montée des eaux, avec les vipères également, sans oublier les poules qu’il faut un peu effrayer. Il a aussi à faire avec les Solitaires, qui ne reconnaissent pas son autorité, et avec Zora, la fille d’un des ouvriers qui vient de s’égarer après sa première mission dans la première équipe d’éclaireur. Bref, cela fait beaucoup pour un seul chef de clan, surtout que Hagard, le chef des solitaires, se montre particulièrement actif.

Pendant ce temps, le lecteur suit également ce qui se passe dans le royaume des poules, qui est passablement agité, pour ne pas dire totalement mouvementé. Griffsec est un véritable stratège, pas du tout un ennemi qui serait facile à vaincre. Nous ne sommes pas dans l’attente, nous sommes véritablement dans la lutte – et toute guerre fait des victimes, il ne faut pas l’oublier, même si nous sommes dans un livre de littérature jeunesse. Il ne s’agit pas seulement de choisir son camp, il s’agit aussi de faire preuve de courage et d’agir. Certaines phrases font passer des notions qu’il est important à mes yeux de partager, comme celle-ci : « – Répandre la terreur est une stratégie pour prendre le pouvoir, répondit Zora. Lorsque les populations ont peur, elles sont plus soumises. »

Un tome 2, oui, mais pas du tout un tome de transition dans lequel il ne se passerait rien, un tome dans lequel des faits essentiels se passent pour amener le dénouement.

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Nous les hommes de Christian Voltz

Présentation de l’éditeur :

Dans cet album, vous apprendrez comment nous sommes devenus champions du monde, ce que font les hommes après un match, comment arrêter un tir surpuissant… Et quantité d’autres informations essentielles !

Mon avis : 

Nous les hommes est un album novateur à tout point de vue.  Les fans de Christian Volet connaissent déjà la manière très particulière dont chaque page est conçu, avec la réutilisation, pour ne pas dire le recyclage de certains objets de la vie courante – comme les capsules rouillées transformées en assiette. Le graphisme du texte, sa couleur, sont en harmonie avec les images. Ce serait déjà très créatif si l’auteur ne se montrait en plus novateur sur le thème traité : l’égalité homme/femme au sein du couple.
Oui, nous avons quatre hommes qui aiment le foot, qui regardent des matchs, et qui sont ravis de voir leur équipe gagner. Seulement, ce soir, c’est leur tour, de ranger, de faire la lessive… et cela choque le quatrième compère qui ne comprend pas que ses potes ne restent pas faire la fête avec lui. Note : cela choquerait aussi certains magazines féminins et pas féministes du tout. Oui, les hommes peuvent tout faire comme les femmes, ce n’est pas un problème. Et oui, les femmes ont aussi le droit de toute faire comme les hommes, elles ont le droit de passer une soirée entre amies et de ne pas avoir, auparavant, penser au bien être de leur cher et tendre en préparant tout pour lui. Oui, je me répète, mais un homme est capable de s’occuper de son enfant, de préparer un repas, de ranger une maison, même s’il peut se montrer très macho avec ses paroles.
Un album à découvrir et à partager.

Vacances tous risques : Agatha Raisin tome 6

Présentation de l’éditeur :

Agatha a résolu le meurtre de son ex-mari et s’envole pour Chypre pour tenter de reconquérir James Lacey. Ils se retrouvent parmi une bande de touristes anglais dont l’un d’eux est assassiné. Agatha met tout en oeuvre pour identifier le meurtrier mais James préfère fuir.

Mon avis :

Que dire ? Ce tome n’est pas, à mes yeux, le meilleur des aventures d’Agatha Raisin. A vrai dire, l’intrigue policière est tellement fine, pour ne pas dire secondaire que ce livre pourrait presque être une romance dont le sujet serait : Agatha Raisin court après James qui veut simplement être tranquille. Dans ce volume, elle passe un temps fou, encore plus que dans les tomes précédents, à choisir la manière dont elle serait habillée, maquillée, coiffée,sans oublier la chambre dans laquelle elle va dormir – très rarement la même. Comme Maupassant le sous-entendait dans Bel-Ami, une femme mûre n’a pas d’intérêt à se comporter comme une adolescente (ou une midinette). Agatha perçoit déjà qu’elle est obsédée par James, ou par l’idée qu’elle se fait de James, ce qui ne veut pas dire qu’elle parviendra à se débarrasser de cette obsession (voir les six tomes suivants).
Agatha, quand elle ne se pomponne pas, fait du tourisme, ne se lit pas d’amitié avec les autres touristes anglais présents auxquels elle trouve de nombreux défauts. L’une se fait assassiner, Agatha découvre le corps : une habitude qu’elle perd peu. D’ailleurs, la police trouve que le taux de criminalité a dangereusement augmenté depuis qu’Agatha est là. Puis, ce n’est pas tant qu’elle a un franc-parler qui sort de l’ordinaire, c’est plutôt qu’elle manque complètement de tact et d’à-propos. C’est tout juste si l’affaire n’est pas résolu par accident. Ah, je ne compte plus non plus le nombre de fois où Agatha et James, Agatha ou James est interrogé(e), ou menacé(e) de mort.
En passant, l’on en apprend un peu sur l’histoire de Chypre et sa partition – Agatha et James auraient dû y être en voyage de noces.
Sans les Costwolds, sans ses amis (ou si peu), sans ses chats, Agatha est un peu moins Agatha.

Bilan n°1 du challenge polar et Thriller

J’aime beaucoup dresser le premier bilan du challenge Polar et Thriller, de manière très égoïste. Si, si : le premier bilan, c’est le seul qui me permet d’être en tête (merci les vacances scolaires !), et aussi le fait que je ne lis quasiment que des polars en ce moment, avec beaucoup de belles découvertes.

Mais assez parlé de moi ! Nous sommes à ce jour 24 participantes (je ne crois pas me tromper en accordant ainsi) pour 54 lectures partagées.  En deuxième position, nous trouvons Pat0212 de l’île aux 30 polars avec treize polars lus, et en troisième position Martine et  Belette avec six polars lus.

Bravo à toutes et n’hésitez pas à me signaler les erreurs et les oublis. J’espère que vous puiserez dans ce bilan de belles idées de lecture.

Voici maintenant le récapitulatif, participante par participante :

Alexielle :

Arieste (Imogène) : son billet de présentation Jeu d’ombres d’Ivan Zimberg

Belette : 1  Le coma des mortels : Maxime Chattam  2  Les fantômes de Manhattan : R. J. Ellory L’enfant de poussière [Le cycle de Syffe 1] de Patrick K. Dewdney  4 Nu couché sur fond vert de Jacques Bablon Sang famille de Michel BussiPower de Michael Mention

Eléonore :

Frankie : son billet de présentation Amazonia de James Rollins

Hylyirio : son billet de présentation

Jeneen (Montalbano) :

Ju lit les mots : son billet de lancement du Challenge Polars et Thrillers 2018 – 2019

La licorne : son billet de présentation Rendez-vous avec le crime de Julia Chapman Dust de Sonja Delzongle

Les lectures de Waylander : son billet de présentation Bien connu des services de police de Dominique Manotti

Livre d’un jour : son billet de présentation Cyanure de Laurent Loison

Lorence :

Manika : 1 Mad de Chloé Esposito

Martine (Montalbano) : 1 La quiche fatale, la première enquête d’Agatha RaisinRemède de cheval de MC Beaton, la seconde enquête d’Agatha Raisin  Il divo di Ballaro, de Gian Mauro Costa, éditions Sellerio Pas de pot pour la jardinière, Agatha Raisin tome 3 de MC Beaton  Il primo caso di Agatha Raisin Mortelle randonnée, tome 4 d’Agatha Raisin de MC Beaton

Mélissa (le kilomètre manquant) : son billet de présentation

Pat0212 de l’île aux 30 polars: 1 Le capuchon du moine, d’Ellis Peters  L’assassin des ruines, de Cay Rademacher 3  The edge of nowhere 1 : Saratoga Woods, d’Elizabeth George  4  The edge of nowhere Tome 2 l’île de Nera, d’Elizabeth George The edge of nowhere T3 les flammes de Whidbey, d’Elizabeth George Millénium T1 Les hommes qui n’aimaient pas les femmes, de Stieg Larsson  7 Les soldats de l’aube, de Deon Meyer Portées disparues, de Lalie Walker 9 La pyramide de glace, de Jean François Parot  10 Le silence de minuit, de Denise Mina 11 Azazel  de Boris Akounine 12 Sans faille, de Valentin Musso 13 La foire de saint Pierre, d’Ellis Peters

PatiVore : son billet de présentation

ruedupetitvillage  (Miss Marple) :1 La chanson des enfants perdus de Béatrice Bottet

Sandrion : son billet de présentation 1 2 et 3 : Sous la glace, le mois le plus cruel, Défense de tuer de Louise Penny

Syl :

Titoulematou :

Vive les bêtises :

Zofia :

Sharon : 1 Dérapages de Danielle Thiéry 2 Tabous de Danielle Thiéry La fille de femme-araignée d’Anne Hillerman 4 Meurtres sur la Madison de Keith McCafferty Madame Courage de Serge Quadruppani Cyber China de Qiu Xiaolong Le témoignage du pendu d’Ann Granger Nu couché sur fond vert de Jacques Bablon Panique au manoir de M.C. Beaton 10 Coyote attend de Tony Hillerman 11 Charlie Moon, tome 6 : Grand-mother spider 12 Wiggins et la nuit de l’éclipse de Béatrice Nicodème 13 Crime à l’heure du Tay de John-Erich Nielsen 14 La ferme aux poupées de Wojciech Chmielarz  15 Le rocher avec des ailes d’Anne Hillerman 16 Spada de Bogdan Teodorescu  17 Le bonhomme de neige de Jo Nesbo 18 La femme à la mort de Samuel Sutra 19 Tout autre nom de Craig Johnson

Spada de Bogdan Teodorescu

édition Agullo – 311 pages.

Mon résumé :

La Roumanie, de nos jours. Un homme est retrouvé poignardé, puis un deuxième, encore un troisième. Le point commun entre les trois ? Ils ont tous un casier judiciaire et son tous d’origine tzigane. Qui peut bien être cet insaisissable tueur ?

Mon avis :

Bonjour à tous ! Je viens ici pour vous présenter un thriller roumain. En effet, un tueur en série sévit en Roumanie, il poignarde ses victimes, ne laisse pas de survivants, et toutes les forces de police vont jeter leur forces vives pour le mettre hors d’état de nuire.
Ah, on me souffle dans l’oreillette que ce n’est pas exactement ainsi que cela se passe. Comment ? La police ne fait pas d’efforts pour l’arrêter parce qu’elle n’a aucun indice, aucune piste mais une dizaine de cadavres ? C’est tout de même un peu embarrassant, non ?
Et bien, oui et non, parce que la recherche du tueur n’est pas l’élément le plus important de ce roman. Bodgan Teodorescu dresse un portrait corrosif de la société roumaine. La presse est totalement libre. Libre de se faire acheter, libre de se faire dicter ce qu’elle doit dire ou faire, libre de déprogrammer une émission, un film pour assurer une meilleure audience à de sympathiques hommes politiques qui ont des choses très importantes à dire – sur le Poignard, justement, le tueur qui occupe tout le monde et que personne n’arrête.
Les faits sont importants, la manière dont ils sont instrumentalisés l’est plus encore. Servir l’intérêt d’un parti, stigmatiser une communauté, se retrouver avec la communauté internationale sur le dos – voici ce qui nous attend. La plupart des événements nous sont présentés de manière brute, comme si le lecteur était un témoin, et après nous voyons le parti que certains en tirent, les tourments du malheureux président et de ses ministres. Oui, je le plaindrai presque, ce président, obsédé par son rival, le discours idéal, abreuvé de thé et nourri de biscuits. Quant au discours nationaliste, il n’est même pas besoin de changer un mot, il pourrait être reproduit par n’importe quel extrémiste de n’importe quel pays d’Europe. N’oublions pas non plus l’armée, qui se tient prête…. à remettre de l’ordre, à sa manière.
L’intrigue tient ses promesses jusqu’à la dernière page, avec un final surprenant, mais pas étonnant au vue de tout ce que l’on a découvert auparavant.
Après La ferme aux poupées de Wojciech Chmierlarz, la maison d’édition Agullo me semble vraiment présenter des auteurs hors des sentiers battus.

Journal d’un louveteau garou – 6 août.

Cher journal
Veux-tu régler définitivement les problèmes de lutte au sein d’un clan de loup garou ? Organise des combats quelconques, mais alors vraiment très quelconques pendant une canicule. Le loup garou normalement constitué ne supporte pas les températures au-dessus de 30°. Il rêve alors de se rendre en urgence dans un endroit à peu près froid, et se plaît à rêver à son stage d’hiver en Alaska. je sais très bien que certains ouvrages prétendent que nous autres loups adorons la chaleur – que les auteurs viennent nous le dire en face au lieu de se cacher dans leurs bureaux climatisés.
Le seul point positif est que je n’entends plus mon petit frère Valère. Dans notre chambre, volets soigneusement fermés, il a renoncé à parler pour « économiser son énergie pour des choses essentielles ». Comprenez, avoir la force de se rendre dans la cuisine et de se préparer à manger quatre fois par jour. Valère tente en effet d’augmenter sa portion de légumes dans sa nourriture. Je n’ai qu’un mot à dire : ce n’est pas gagné.
Si quelqu’un suggère que nous pourrions bronzer, je lui dirai que les loups attrapent surtout des coups de soleil ! Pendant que j’écris, j’entends Zoé et Anna, mes chères cousines – pour notre bien-être mutuel, nous nous voyons le moins possible – que la chaleur rend leurs cheveux im-pos-sible à coiffer. Il suffit de remplacer « chaleur » par « pluie, vent, grêle, froid, neige, gel » et vous aurez la base de la conversation de mes cousines. Zoé veut devenir hôtesses de l’air parce que les louves garous sont sous-représentées dans cette profession. Anna, elle, veut être garde du corps – ce que je trouve absurde, un loup garou est capable de se garder seul. Elle a eu la délicatesse de me rappeler que j’avais été enlevé. J’adore ma cousine.
Sur ce, je te laisse cher journal, et te dis à la prochaine journée à peu près rafraîchissante.
Anatole Sganou.
PS : Valère, transformé, a voulu mettre le museau dehors afin d’aller cueillir des framboises. J’ai renoncé depuis longtemps à comprendre mon adorable frère. Il s’est légèrement brûlé les coussinets sur les pavés brûlants. Heureusement que nous avons un stock de pommade apaisante « au cas où ».

La rentrée littéraire ? Euh….

Je vois, un peu partout, des blogueurs, des journalistes qui parlent de la rentrée littéraire.
Je pense que, cette année encore, un challenge sera consacré au 1 % de la rentrée littéraire. S’il existe, cette année, je n’y participerai pas. Pourtant, je vais lire quelques romans de cette fameuse rentrée (mot qu’en tant que professeure, je n’aime pas vraiment), et je vais les chroniquer mais je n’ai pas (plus ?) envie de me concentrer sur cette littérature de l’immédiateté. De plus, les romans policiers, la littérature jeunesse ne sont pas vraiment mis en valeur dans ce phénomène éditorial et la littérature dite « blanche » n’est pas vraiment ma tasse de thé.
Vous l’aurez compris, je n’attends pas la sortie de certains livres avec fébrilité – si, les livres des éditions Gallmeister ou ceux de la collection Terre d’Amériques des éditions Albin Michel, mais je suis leur parution « en toutes saisons ».
Et vous, attendez-vous certaines parutions avec impatience ?