La maison de la falaise de Marcel Priollet

édition Oxymoron – 57 pages

Présentation de l’éditeur :

L’été, sur les plages normandes, la jeunesse est confrontée aux premiers émois. Mais Marcel Langevin, lui, n’a plus la tête aux filles de son âge. Il est hanté par une terrible et dramatique histoire s’étant déroulée dans une villa abandonnée qu’il a découverte, un jour, en se promenant au bord de la falaise. Trente ans auparavant, la femme d’un vieil Anglais a été retrouvée morte après y avoir vécu quasiment séquestrée à cause de la jalousie excessive de son mari. Marcel ne cesse, depuis, de penser à cette malheureuse. Il sent grandir en lui un sentiment profond. Il doit se rendre dans la demeure afin d’en connaître plus sur elle… Aussi, quand Marcel ne donne plus signe de vie à ses amis, ceux-ci sont persuadés que cette disparition est liée à la maison de la falaise… M. Langevin, apprenant que le célèbre détective Sébastien RENARD réside dans le même hôtel que lui, décide de faire appel à ses services…

Mon avis :

Je n’ai qu’un mot à dire : vous pouvez passer votre chemin sans problème. On me répondra peut-être que cela ne se fait pas d’être si brève. Si, si, je vais développer, mais je préfère avertir tout de suite : ce n’est pas la meilleure nouvelle policière qui m’ait été donnée de lire.
Le détective Sébastien Renard a fait ses débuts dans Cinq hommes tatoués qui n’était pas nécessairement une nouvelle inoubliable non plus. Là, c’est pire : le format court n’a pas permis à l’auteur, du moins, c’est ce que je pense, de déployer totalement cette intrigue policière.
Elle commençait comme un grand classique : le détective est en vacances. Surtout, il tient à y rester, et ne veut absolument pas s’occuper de l’étrange affaire qui lui « tombe » dessus. Non, pas question. Et tant pis pour les conséquences : il y aura mort d’homme. Pardon de l’expression, mais pour un brillant détective « cela la fout mal ». Imagine-t-on Hercule Poirot ou Sherlock Holmes ne pas lever le petit doigt pour empêcher un meurtre de survenir ? Non, bien sûr, l’un comme l’autre aurait tout tenté pour l’empêcher Lisez les vacances d’Hercule Poirot en cas de doute ! Quant à Sherlock, il ne supporte guère l’inactivité.
Alors, oui, l’on a des ingrédients intéressants. Il aurait simplement fallu que quelqu’un pense à les cuisiner pour faire une recette présentable. Il ne suffit pas d’aligner une maison soi-disant hantée, une jeune femme séquestrée puis décédée trente ans plus tôt, l’apparition d’une fantôme, et deux morts mystérieuses, qui trouveront une explication bien prosaïque pour faire une nouvelle policière prenante.

Au coeur du solstice de Jacques Vandroux

édition Pocket – 520 pages

Présentation de l’éditeur :

Grenoble, juin 2013. Le corps d’une jeune femme est découvert dans l’ancien baptistère de la ville. L’autopsie révèle que l’assassin lui a retiré le coeur. Le capitaine Nadia Barka est aussitôt saisie de l’enquête. Mais la découverte d’un second cadavre va vite plonger la ville dans la psychose.
Une course contre la montre s’installe alors entre la policière et le psychopathe aux motifs inconnus. Aucun indice, si ce n’est le témoignage surprenant d’un homme, averti des disparitions et des meurtres par d’étranges apparitions. Mythomane, illuminé ou piste providentielle ? Nadia Barka et son équipe devront s’appuyer sur des alliés parfois déroutants pour tenter de stopper un tueur à l’efficacité redoutable.

Mon avis :

ce livre était dans ma PAL depuis juin 2019 -le dernier salon du livre de Saint-Maur-des-fossés auquel j’ai pu me rendre. Moralité : je ne regrette pas de l’avoir acheté, je ne regrette pas de l’avoir lu, au point que je n’ai pas envie de chercher ce qui pourrait me déplaire dans ce livre.
Premier ouvrage que je lis de cet auteur, et certainement pas le dernier, Au coeur du solstice a pour personnage principal le capitaine Nadia Barka. Elle est toute entière dévouée à son métier, sans pour autant apparaître comme une carriériste forcenée. Le métier, oui, et il consiste avant tout à résoudre des enquêtes. il est d’ailleurs une enquête, qui l’a hanté trois ans plus tôt, une enquête pour laquelle elle est allée très loin, prenant conscience qu’elle était à deux doigts d’aller trop loin. Et c’est l’un es traits de caractère que j’ai aimé chez Nadia : si elle va jusqu’au bout de ses forces physiques, elle a une éthique à laquelle elle ne dérogera pas. La justice, oui. La vengeance, non, même si elle sait que la tentation de « faire justice soi-même » existe.
Au coeur du solstice est un thriller, par conséquent les lecteurs ne devront pas s’étonner de scènes sanglantes, violentes. Et pourtant, dans ce roman, l’espoir est là, parce que les enquêteurs ne partent ni battus ni résignés d’avance. Tout tenté pour qu’une nouvelle victime ne vienne pas s’ajouter à la liste.
Le thriller se teinte de fantastique, aussi, tout en mettant en garde contre les dérives possibles – et elles sont nombreuses. Mais le tueur lui-même n’est-il pas un être à la dérive, et depuis trop longtemps ? Alors pourquoi n’a-t-il pas été arrêté plus tôt ? Il est d’abord le fait qu’il soit intelligent (oui, tous les tueurs ne sont pas des idiots, quoi que certains optimistes pensent), le fait que certaines de ses dérives aient pu être couvertes, au nom de la loi ou au nom de son talent. Séparer l’homme de l’oeuvre est très courant, que ce soit avant, ou maintenant – nous en avons encore des exemples quasi-quotidiennement.
Au coeur du solstice – un roman que j’avais très envie de faire découvrir pour ce mois du polar.

L’école des souris – première neige d’Agnès Mathieu-Daudé et Marc Boutavant

Présentation de l’éditeur :

Ce matin, à l’école des souris, seul Ricky le surveillant est en retard. Il arrive enfin, encore un peu endormi. Il faut dire que c’est la fin de l’automne et que les hérissons, normalement, hibernent. Et voilà qu’une poudre blanche se met à tomber du ciel. Du fromage râpé ? Non, de la neige (tu l’avais deviné) ! Toute la troup part alors découvrir le paysage hivernal. La neige, c’est très amusant, mais attention, ça peut aussi être surprenant.

Mon avis :

(Soupir) Etre la maîtresse d’école de treize souriceaux, c’est compliqué. Ce n’est pas Emma la Belette qui vous dira le contraire. (Soupir) Etre le directeur d’une école de treize souriceaux, c’est très compliqué aussi, surtout quand on a entrepris de se cuisiner un bon soufflet pas trop épicé (une pincée ou deux d’ailes de libellule ?) et que le soufflet finit cramé. Surtout, il faut tenter d’inculquer les bases de l’arithmétique (dépasser le chiffre 3, ce serait bien) alors que dehors, du fromage râpé tombe du ciel. Qu’à cela ne tienne ! Faisons plutôt une « récréation éducative », un concept fort sympathique, que j’ai très envie d’explorer.
Le récit est drôle, enlevé, rempli de péripéties et d’assoupissement (les deux ne sont pas incompatibles), les illustrations sont à elles seules des récits à part entière. A faire découvrir !


 

Les moissons funèbres de Jesmyn Ward

Présentation de l’éditeur :

En l’espace de quatre ans, cinq jeunes hommes noirs avec lesquels Jesmyn Ward a grandi sont morts dans des circonstances violentes. Ces décès n’avaient aucun lien entre eux si ce n’est le spectre puissant de la pauvreté et du racisme qui balise l’entrée dans l’âge adulte des jeunes hommes issus de la communauté africaine-américaine. Dans Les Moissons funèbres, livre devenu instantanément un classique de la littérature américaine, Jesmyn Ward raconte les difficultés rencontrées par la population rurale du Sud des États-Unis à laquelle elle appartient et porte tant d’affection.



Mon avis :

Livre douloureusement lu. Livre dont je ne suis pas sortie indemne. Livre qui montre, encore et toujours, l’influence de la pauvreté et du racisme sur le devenir des enfants et des jeunes adultes.
Ils étaient cinq. Cinq amis ou parents de Jesmyn Ward, cinq à être morts en l’espace de cinq ans. Pas de ces morts dites « naturelles », non, des morts violentes à chaque fois. Jesmyn a construit son récit de deux manières : d’un côté, un récit chronologique linéaire, de l’autre, un récit chronologique inversé, de la mort la plus récente à la plus ancienne, la plus indicible, celle de son petit frère (avec elle sur la couverture du livre).
Livre profondément émouvant sans jamais sombrer dans le pathos, tellement émouvant que j’ai encore les larmes aux yeux en rédigeant cette chronique.
Parce que, ce que nous montre ce livre, c’est le déterminisme dans lequel on plonge les enfants noirs dès le début de leur scolarité- pour ne pas dire, dans le cas de Jesmyn, dès sa naissance. Noir et pauvre, quel avenir est le vôtre ? Aucun, c’est ce que dit le système scolaire. Orientation ? Zéro. Chance de poursuivre des études ? Justement, il faudrait de la chance, et peu en ont. Les facilités naturelles, ou les réussites dues à un travail acharné ? On oublie ! Les efforts des mères semblent voués à l’échec dès le départ – les pères ayant une forte tendance à quitter très rapidement le foyer. Si Jesmyn Ward raconte lucidement les années de vie conjugales de ses parents, les tentatives pour recoller les morceaux, puis la séparation définitive, elle n’oublie pas que son père savait ce qu’était d’élever un fils dans une communauté où la violence était omniprésente. Résister à la tentation de la violence, trouver d’autres solutions, telle était la force de son père, telles étaient les valeurs qu’il a voulu transmettre autour de lui. Un rêve ? Peut-être. La vie d’un jeune noir ne vaut rien dans ses états du Sud. La justice ? Elle n’est pas pour lui, ni mort, ni vivant : un petit délit pourra envoyer un adolescent noir des années en prison, alors qu’un adolescent blanc s’en tirera avec une petite tape sur les doigts. Je n’exagère pas, et c’est sans doute le pire.
Les moissons funèbres est un livre terriblement juste, terriblement émouvant.

Justice indienne de David Heska Wanbli Weiden

Présentation de l’éditeur :

Sur la réserve indienne de Rosebud, dans le Dakota du Sud, le système légal américain refuse d’enquêter sur la plupart des crimes, et la police tribale dispose de peu de moyens. Aussi les pires abus restent-ils souvent impunis. C’est là qu’intervient Virgil Wounded Horse, justicier autoproclamé qui loue ses gros bras pour quelques billets. En réalité, il prend ses missions à cœur et distille une violence réfléchie pour venger les plus défavorisés.
Lorsqu’une nouvelle drogue frappe la communauté et sa propre famille, Virgil en fait une affaire personnelle. Accompagné de son ex-petite amie, il part sur la piste des responsables de ce trafic ravageur. Tiraillé entre traditions amérindiennes et modernité, il devra accepter la sagesse de ses ancêtres pour parvenir à ses fins.

Merci à Gallmeister et à Babelio pour ce partenariat.

Mon avis :

Justice ? Quelle justice ? On peut être en droit de se le demander en lisant ce livre.
Que l’on commence par le début ou par la post-face, on fait le constat que la justice n’existe pas pour les indiens – pas le fameux système légal américain, tant vanté. La police tribale ? Elle a très peu de moyens, trop peu. Quant à ceux qui pourraient enquêter, eh bien, la réponse est le plus souvent « non » – parce qu’ils ont mieux à faire, parce que ce sont des histoires d’indiens, voire de simples histoires de violences conjugales.

Attention spoiler : Je crois que ce livre est le seul pour lequel j’ai senti une immense compassion pour une personne qui a tué son chat. Alors je vais ouvrir une parenthèse, parler de ces textes que d’aucun juge « résistant », c’est à dire dure à lire et à faire lire, dans lequel rentre la catégorie « scène dans laquelle on tue un animal » – comme s’il fallait à tout prix prouver que l’on était un « bon » lecteur parce que l’on était près à lire sans ciller ce genre de scène, comme si, par extension, il fallait dans la vie regarder sans ciller des animaux se faire tuer parce que, parce… Ici, dans Justice indienne, la jeune femme qui tue son chat est au-delà de la douleur qui lui a été infligé, de la justice qui ne lui a pas été rendue. Elle ne tue pas son chat, elle emmène avec elle, dans la mort, le seul être vivant qu’elle aimait encore. Elle est une des personnes, pour ne pas dire LA personne qui a fait de Virgil Wounded Horse : un justicier. Quelqu’un qui règle avec ses poings ce que la loi, la justice, la police n’a pas pu régler. De tels hommes existent réellement, comme le précise l’auteur à la fin de son livre, ce sont simplement les statistiques qui manquent pour signifier l’ampleur du phénomène.

La soeur de Virgil est morte, aussi élève-t-il son neveu Nathan seul. Son point faible ? Oui, c’est ce que j’ai pensé, surtout quand Nathan fait une surdose de drogue, quand la vie du jeune homme n’a plus tenu qu’à un fil et que Virgil a découvert que des dealers ne cherchaient qu’à inonder la réserve avec une nouvelle drogue. La surdose de Nathan n’est que le début de l’affaire. J’ai aimé le rythme du récit, qui nous fait partager les espoirs et les peurs de Virgil – pas pour lui, non, pour ceux qui l’entourent. J’ai aimé ce livre qui dresse un état des lieux de ce qui se passe dans les réserves, de la manière dont ses habitants sont traités par ceux qui se considèrent comme plus américains qu’eux. Il nous parle des violences ordinaires subies dès l’enfance, de la précarité, du manque de solidarité. Il nous parle aussi de la culture indienne, de personnes absolument lumineuses telles Jerôme. J’ai à peine évoqué Mary. Elle a vécu une courte histoire d’amour avec Virgil, elle en a vécu une autre encore plus courte avec Rick, un des dealers. Son obsession ? Faire tout ce qui est possible pour que la vie des Lakota soit meilleure – et quand je lis certains faits, j’ai l’impression que l’action ne se passe pas de nos jours, qu’il est impossible que toute une communauté vive dans une telle précarité. Mary qui ne lâchera pas Virgil dans sa quête pour sauver Nathan, quoi qu’il dût lui coûter.

 

Océans en danger – Théo super-héros de la nature d’Anne-Marie Desplat-Duc

édition Scrinéo – 114 pages

Présentation de l’éditeur :

Depuis que Théo a été choisi par les petits animaux de son jardin pour devenir le super-héros de la nature, il n’a pas le temps de s’ennuyer !
Après avoir sauvé les insectes de sa commune et secouru les poules d’un élevage industriel, ce sont maintenant les animaux marins qui lui demandent de l’aide. Car les plages, les mers et les océans débordent de déchets…
Il est temps pour Théo de s’attaquer à la pollution marine !

Merci aux éditions Scrinéo et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

Et il y a du boulot ! Pourquoi ? Parce que la pollution marine ne vient pas que de la mer, je dirai même qu’elle est plutôt provoquée par les « terriens », tous ceux qui laissent traîner leurs déchets sans penser à ce que ceux-ci deviendront, comme si, une fois abandonnés dans la nature, ils n’existaient plus. C’est plutôt le contraire, rien ne se perd, rien ne se crée et tout se retrouve qui dans la mer, qui sur les côtes, pour finir ingérer par les poissons, les mammifères marins, provoquant décès prématurés et dépopulation des océans. Sachant que l’homme a déjà du mal à voir la pollution qui a lieu sous ses yeux, imaginez un peu pour celle qui se passe très loin de lui !

Comme pour les deux premiers volumes, Théo super-héros de la nature est rempli de bonnes idées, simples à mettre en pratique pour peu que l’on fasse preuve de bonne volonté (oui, l’on connait tous des personnes qui en manquent singulièrement). Bien sûr, comme Maëlle, la meilleure amie de Théo, l’on peut légitimement être saisis de découragement, se dire que ce que l’on fait, c’est peu. Même Théo, en dépit de toutes les initiatives prises au sein de sa classe et du collège de son frère, sent aussi poindre du découragement. Parce que le problème ne peut pas être résolu seulement par des individus de bonne volonté, il faut aussi que les entreprises et les éleveurs intensifs s’y mettent, et là, c’est une toute autre affaire.

Ce troisième volume est dans la continuité des précédents, c’est à dire que les initiatives déjà prises continuent à être mises en oeuvre – nous avons par là même des nouvelles des poules prises en charge dans le second volume. Il est agréable et facile à lire. De même, j’apprécie l’initiative du cahier de jeux à la fin du livre, habitude que les éditeurs jeunesse avaient un peu perdu, et c’est dommage.

 

 

Les trois Brestoises – tome 4 : Avec le chat pour témoin de Paul Pouchairet

édition du Palémon – 320 pages

Présentation de l’éditeur :

La chef de la PJ de Brest, Léanne, est prête à tout pour faire innocenter sa meilleure amie, accusée d’avoir tué son amant. Quand le corps de Marc Chabot est découvert, les soupçons se portent sur sa maîtresse. Indices, témoignages, tout accuse Vanessa, bassiste du groupe Les Trois Brestoises.
La suspecte a beau être une psychologue respectée, quand la machine judiciaire se met en marche, elle ne fait pas de cadeaux…
Pour Léanne, la chef de la PJ de Brest, l’amitié n’est pas un vain mot. Quelle que soit la vérité, elle est bien décidée à sortir Vanessa de prison. Et pour y arriver, tous les moyens seront bons !

Mon avis :

Ce quatrième tome débute en fait avec le dénouement du troisième, qui annonçait : Le meurtre remonte à seulement quelques heures. Il y a bien un témoin, le chat siamois. Jusqu’ici, il n’a rien dit. 

Le chat, personne n’en veut : ni la veuve de la victime, ni son beau-fils qui, de toute façon, ne semble pas très concerné par la mort du mari de sa mère. Oui, Vanessa, psy, ancienne militaire, ne savait pas que son amant était toujours marié – sur le papier, il ne vivait plus avec sa femme depuis fort longtemps. Si cela nous donne quelques données supplémentaires pour le crime, cela ne nous éclaire pas sur le devenir du félin. C’est Léanne qui le récupère, dans l’appartement qu’elle avait loué auprès de la (future) victime. Un de ses hommes lui donne les affaires de son défunt félin, ce qui permet à la chef de la PJ de Brest de voir venir (trouver un bac, de la litière en urgence, ce n’est pas que c’est compliqué, c’est que cela prend du temps à réunir et à installer). Cela lui donne aussi le temps d’enrager. Elle sait que Vanessa est innocente, mais elle ne peut pas enquêter, elle n’est pas chargée de l’enquête – même Elodie, la médecin légiste, se retrouve écartée, trop proche, selon certains, de Vanessa.

Que faire ? S’investir dans ses propres enquêtes d’une part – et Léanne ne manquera pas de travail. Déléguer, de l’autre. J’ai découvert dans ce tome Johanna, la jeune soeur de Léanne, policière elle aussi. Aussi brillante que son aînée, la dernière enquête à laquelle elle a participé l’a laissé grièvement blessée. Elle est dans un centre de rééducation, elle ne sait pas si elle parviendra à récupérer totalement, physiquement, moralement. Quoi de mieux que sa grande soeur pour lui remonter le moral en lui confiant une mission spéciale, qu’elle peut parfaitement effectuer, même avec ses béquilles ? Oui, enquêter c’est la vie quand on est enquêtrice.

Cette enquête nous emmène dans le passé de la victime – je persiste à dire que la clef d’un meurtre est très souvent dans le passé de celle-ci. Elle nous mène sur la trace de braqueurs qui ont agi des décennies plus tôt et nous montrera aussi ce qu’ils sont devenus.

Et que deviendront les trois Brestoises ? J’envisage de commencer le tome 5 très prochainement.

 

L’article 637 de Jules Lermina

Présentation de l’éditeur :

Le célèbre détective Maurice PARENT et son fidèle partenaire sont invités au repas de Noël chez Madame Liévin et ses deux filles, en compagnie de Monsieur Marion, un proche ami de la famille. La date de cette réception est curieusement choisie puisqu’elle coïncide avec le dixième anniversaire de l’assassinat de Monsieur Liévin.

Mon avis :

C’est un texte très court que celui-ci – vingt-cinq pages. Pourtant, je l’ai apprécié, parce qu’il va droit à l’essentiel. C’est le soir de Noël, et voici dix ans que le mari de  madame Liévin a été assassiné, dix ans que l’on ne sait pas qui l’a tué, ni même comment il a été tué. Détail sanglant et sordide : on n’a retrouvé de lui qu’une jambe, sciée au niveau du genou. Or, l’heure de la prescription a sonné, c’est ce que dit l’article 637 : même si le tueur faisait des révélations fracassantes, il serait impossible de l’assigner en justice. Oui, la prescription faisait déjà parler d’elle à cette époque, alors que cette nouvelle a été écrite voici plus de cent ans.
En peu de pages, nous saurons tout, sans aucun détail superflu. Nous saurons aussi qu’il faut bien être attentif au moindre détail – lire l’article 637 jusqu’au bout aurait pu être utile à certain.

L’Affaire Teddy Riner par Robin Six / L’Equipe

Présentation de l’éditeur :

Bakary, Martial et Nissrine sont conviés par Alice et Rajan, rédacteurs du célèbre quotidien L’Équipe avec qui ils travaillent en tant que stagiaires, pour discuter de sujets qui sortent de l’ordinaire. Alors que Bakary et Nissrine se dirigent tout de suite vers leurs sports préférés, le handball et le basketball, Martial décide de s’intéresser au judo, et plus particulièrement à Teddy Riner. Depuis le début de sa tournée des dojos en Île-de-France, le judoka est la cible de graffitis injurieux.
Afin de trouver les réponses à ses questions, Martial fait appel à ses deux amis. Ensemble, ils vont s’efforcer de rétablir la vérité…
Parviendront-ils à résoudre cette enquête ?

Merci à Netgalley et aux éditions Le dragon d’or pour ce partenariat.

Mon avis :

Le sport n’est pas du tout ma tasse de thé, ce n’est un secret pour personne. Je note cependant que ce livre peut plaire à de jeunes lecteurs – et c’est bien plus intéressant à signaler que mon désintérêt pour le sport.
J’ai trouvé que ce livre était facile à lire. Les chapitres courts facilitent la lecture. Les changements de narrateur permettent aux jeunes lecteurs de s’identifier plus facilement à l’un ou à l’autre des personnages. Ces personnages ont d’ailleurs un vécu, des émotions, qui en font des êtres pas si « lisses » qu’on pourrait le croire dans un roman jeunesse, et l’oralité de la langue n’a pas dû être si facile que cela à transcrire.
Le sport qui sert de fil rouge à ce volume, c’est le judo, et j’ai découvert que l’on pouvait ne pas aimer le judo ou ne pas le juger accessible, alors que je connais énormément de jeunes et de moins jeunes qui pratiquent ce sport, et en tirent bénéfice, physiquement, moralement (enfin… quand les salles de sport sont ouvertes, bien sûr). Ce roman nous parle des valeurs véhiculées par le judo, mais aussi des valeurs que véhiculent le sport tout court : respecter l’adversaire, toujours, même et surtout dans les sports de combat.
Roman sur le sport, l’Affaire Teddy Riner est aussi une vraie enquête, sur des problèmes de société et sur des adolescents qui ne demandent qu’à pouvoir s’exprimer.

Cinq hommes tatoués de Marcel Priollet

Présentation de l’éditeur :

Depuis qu’il a perdu son poste de voyageur de commerce à la suite de la faillite de l’entreprise qui l’employait, il est au chômage. Voyant là l’opportunité de changer de métier et de vie, il décide de proposer ses services à Stary Hamilton, un célèbre détective qui est à la tête de sa propre agence. Stary Hamilton lui aurait volontiers ri au nez, mais il a accepté une grosse somme pour protéger un riche Anglais lors de son périple sur la Côte d’Azur et aucun de ses hommes n’est disponible. C’est ainsi que Sébastien RENARD débute dans la profession de policier privé, pour son plus grand plaisir et, peut-être, pour son malheur…

Mon avis :

C’est la première enquête de Sébastien Renard. D’ailleurs, est-ce vraiment son enquête, lui qui choisit de devenir détective sur un coup de tête, lui qui maîtrise la théorie mais pas du tout la pratique ? En tout cas, c’est ainsi que ce court ouvrage (57 pages) est présenté. Il faut dire que Stary Hamilton est ab-so-lu-ment débordé, il n’a plus un enquêteur disponible. Il est hors de question pour lui cependant de laisser de côté ce client qui paie rubis sur l’ongle, offrant une mission d’une simplicité extrême. Suivre un couple de jeunes mariés parce que le mari le demande et se sentira plus en sécurité, rien de compliqué ! Stary (de son véritable prénom Alfred) engage donc Sébastien Renard, ravi. Il devra comme beaucoup d’enquêteurs, et pas forcément en herbe, payer de sa personne – mais cela, il ne le sait pas encore. Avec lui, nous irons dans les palaces et dans les bas-fonds de la ville. Nous remonterons jusqu’à la première guerre mondiale, pour découvrir pourquoi ce riche anglais avait si peur.
Rapide à lire, pas désagréable, cette nouvelle m’a donné envie de connaître un peu plus son jeune héros.