Mort mystérieuse d’un respectable lord anglais dans la bibliothèque d’un manoir Tudor du Sussex

Présentation de l’éditeur :

Findon, province du Sussex. L’écrivain Ethelred Tressider a décidé de délaisser pendant un temps le roman policier pour se consacrer à sa grande œuvre littéraire. Au grand dam de son agent, Elsie Thirkettle, que la littérature intéresse surtout pour son aspect commercial. Pour apaiser les tensions qui règnent entre eux, ils s’affrontent au Cluedo et sortent dans le grand monde. Comme ce fameux soir où Sir Robert Muntham, un ami d’enfance d’Ethelred ayant fait fortune dans la finance, les convie à dîner avec quelques notables.

Mon avis :

il est difficile d’être un auteur de troisième zone – très. il est encore plus difficile d’être son agent, surtout quand il faut sans arrêt stimuler son auteur, qui écrit sous trois pseudonymes des polars, des polars historiques et des romans sentimentaux avec autant d’absence de talent. Il suffit de lire les extraits de son tout nouvel opus pour comprendre qu’il aurait une chance s’il concourait dans la rubrique « roman historique humoristique ».
En attendant, Ethelred (tel est le vrai prénom de notre romancier) est invité par un ancien ami qui vient tout juste de s’offrir une magnifique maison – plutôt un manoir. Robert présentera à cette occasion sa nouvelle épouse, dotée quasiment d’un nouveau physique et aussi quelques invités triés sur le volet, dont une auteur, Felicity Hooper, que l’agent d’Ethelred, Elsie, a eu la très bonne idée de ne pas prendre sous son aile, refusant son tout premier manuscrit. Felicity ne s’en mord pas vraiment les doigts, quant à Elsie, elle a suffisamment de répondant pour faire face et secouer les puces d’Ethelred. A force de se comporter comme le petit chien-chien de la châtelaine, il pourrait bien en attraper quelques-unes !
Non, parce que je ne vous l’ai pas encore dit mais le sus-dit nouveau châtelain est retrouvé assassiné dans une bibliothèque fermée, au beau milieu du charmant dîner qu’il donnait, entouré de tous ses amis. Toute ressemblance avec un roman d’Agatha Christie n’est absolument pas fortuite.
La police… n’enquête pas. Pour parodier l’auteur, elle n’est pas vraiment Sherlock Holmes. Ethelred et Elsie non plus, mais le premier met beaucoup de bonne volonté à enquêter (quand il n’est pas obnubilé par la jolie châtelaine) et la seconde ne manque pas d’énergie. Vont-ils faire triompher la vérité tout en dégustant des tasses de décaféiné ? Là est la question.
Lc Tyler signe là un roman policier très drôle – seule la chute est un peu décevante. Cependant, je lirai avec plaisir une autre de ses oeuvres.

Pars vite et reviens tard de Fred Vargas

Présentation de l’éditeur :

Qui glisse des annonces incompréhensibles dans la boîte à messages du Crieur de la place Edgar- Quinet ? Est-ce l’oeuvre d’un fou ? D’un maniaque ? Ou encore d’un pervers impuissant qui cherche à établir son pouvoir en enfonçant l’homme de la rue dans son inculture crasse ? Un retraité lettré, “conseiller en choses de la vie”, et le commissaire Jean-Baptiste Adamsberg trouvent ces messages souterrains, putrides et dangereux. Et pour cause. Ce sont des annonces de mort, de destruction générale, de catastrophe : elles annoncent la peste. Lorsque d’étranges signes tracés à la peinture noire font leur apparition sur des portes d’appartements, le dispositif est en place. Le cauchemar peut commencer. Personnages sortis de nulle part, intrigue passionnante, dialogues jubilatoires… Auteure inspirée, Fred Vargas ne se rattache décidément à aucun courant et détourne avec brio les conventions du genre.

Mon avis :

J’ai relu ce livre, en attendant la sortie du prochain opus de Fred Vargas, début mai. Je l’ai relu moins comme une fan de romans policiers que comme une professeur de français, non que je me sois mise en mode « prof » mais je me suis étonnée de ne pas ressentir le même plaisir que d’habitude en lisant ce roman. Peut-être le fait que je l’ai relu dans une édition « scolaire » y est pour quelque chose.
Premier constat : l’intrigue est très longue à se mettre en place. Très. Je ne me souviens pas avoir trouvé que c’était si long la première fois.
Deuxième constat : nous trouvons bien Adamsberg et Danglard, qui emménagent dans leurs nouveaux locaux. Adamsberg ne se sent pas vraiment flic, et les autres (mis à part Danglard) ont du mal à le percevoir comme leur chef – il ne va pourtant pas manquer d’asseoir son autorité au cours de cette enquête hors norme.
Troisième constat : la peste est omniprésente (je ne vous apprends rien, je le sens) et surtout tout le savoir autour de la peste, ce qu’elle a provoquée, toutes les fausses informations à son sujet également. Une érudition pas toujours facile à accueillir, et que je mets en parallèle avec celle de Josse et sa connaissance approfondie des naufrages. Note : je proposerai bien ce livre à mes élèves mais je me dis que le vocabulaire particulièrement soigné pourrait les déstabiliser. A de très rares exceptions, je n’ai jamais réussi  à leur faire lire un roman de Fred Vargas.
Et l’enquête ? Je dirai qu’eu égard au riche matériel déployé, elle est presque secondaire. Cela ne veut pas dire qu’elle ne sera pas menée de bout en bout et que nous ne saurons pas tout sur les coupables et leur motivation. Cela veut simplement dire qu’elle n’aurait pu être menée sans la ténacité et la curiosité des personnages secondaires que nous avons rencontré auparavant – et sans la personnalité si particulière des deux enquêteurs de Fred Vargas. J’ai apprécié également de retrouver les Evangélistes en enquêteurs invités.
Je pourrai en dire plus, bien sûr. Je pourrai vous parler de la responsabilité des pères, ou plutôt de leur négligence. Je pourrai aussi parler des puissants qui se croient tout permis ou presque. Je pourrai aussi vous parler de la vengeance qui ne remplacera jamais la justice même si,parfois, certains ne voient que cette solution pour se (re)construire. Je pourrai vous en parler, mais je pourrai aussi vous dire de découvrir l’univers du commissaire Adamsberg par vous-même.

La danse de l’ours de James Crumley

Présentation de l’éditeur :

Détective privé, Milo Milodragovitch exerce dans le Montana, et ce qu’il aime avant tout, c’est la coke et le peppermint. Normal pour quelqu’un qui s’apitoie sur sa vie passée avec ses cinq ex-épouses et vit reclus dans une région où l’hiver ne pardonne pas. Une certaine Sarah Weddington lui écrit qu’elle souhaiterait le voir. Notre homme part la trouver et il apprend que Sarah est une ancienne maîtresse de son père. Elle lui demande d’enquêter sur les agissements d’un couple qui a l’étrange manie de se rencontrer chaque jeudi après-midi non loin de chez elle, pour s’échanger la modique somme de 5 000 dollars…

Mon avis :

Laissez-moi vous présenter Milo, un exemple rare de détective privé particulièrement hors norme. Non, il n’est pas brillant, non, il n’est pas capable de détecter des indices que personne ne perçoit, il n’est pas particulièrement habile en filature ou dans le maniement des armes, il est privé de toute affaire. D’ailleurs, il n’est plus vraiment détective privé, il est vigile de nuit tant ses compétences font l’unanimité. Son travail, d’ailleurs, est extrêmement reposant, il ne se passe jamais rien !
Enfin, si, tout de même, il se passe quelque chose : Milo retrouve une vieille connaissance, Sarah, le dernier amour de son père, et la source de ses premiers émois amoureux. Ne connaissant pas la réputation de Milo, ou plutôt son absence de réputation, elle veut l’engager pour trois fois rien (je ne parle pas de son salaire, entendons-nous), pour satisfaire sa curiosité : pourquoi un homme et une femme se retrouvent-ils toutes les semaines au même endroit, sans faire grand’chose ? Même si Milo a un micro-état d’âme (cela fait beaucoup d’argent pour un faible travail), il accepte, cela ne peut faire de mal à personne, non ? Non.
Le début était un peu morne, un peu lent, presque contemplatif, et là, boum ! La catastrophe commence, et vous avez intérêt à bien vous accrocher à votre fauteuil si vous voulez suivre. En effet, les péripéties se succèdent à un rythme effréné, laissant à peine le temps à Milo de protéger ses miches et à tenter de protéger la charmante vieille dame qui l’a embauché et qui a disparu. Lui qui était jusqu’à présent très peu actif est sur tous les fronts, obligé de bouger sans cesse, de se renouveler sans cesse. Devient-il pour autant un excellent détective ? Pas vraiment. Il est toujours la proie de ses démons – un classique – et les personnes qu’il croise sont loin d’être animés de bonnes intentions. Enfin, cela dépend de quel point de vue on se place, évidemment. Il est des personnes pour qui la fin justifie les moyens, et tant pis si cela engendre quelques victimes collatérales. Il en est d’autres, comme Milo, ne pense qu’aucun projet, si louable soit-il, ne mérite que l’on y sacrifie une vie ou plusieurs vies et que l’on s’en balance après. A méditer.
Milo se retire du monde… mais il reste encore trois volumes de ses aventures.

 

Ki & Hi, tome 1 : deux frères de Kevin Tran et Fanny Antigny

Livre chroniqué dans le cadre de l’opération « La BD fait son festival ».

Mon avis :

Ki et Hi sont deux frères – je pense que vous l’avez compris. Ki, corpulent, costaud, ayant un très gros appétit, est l’apiné et n’aime rien tant que faire des bêtises en compagnie de son petit frère Hi, vraiment petit et vraiment fluet. Ne cherchez pas pourquoi Ki est si enveloppé (tel un gros bébé, il faut parfois le rouler) : il lui arrive de terminer (avec son consentement) le repas de son petit frère. Certains situations m’ont d’ailleurs rappelé, sans doute à cause du contraste visuel, Obélix et Astérix – la potion magique en moins.

Je n’ai pas été très emballée par ce manga à la française.  Les onze chapitres sont une succession de scénettes, de sketchs réunis autour d’un thème, parfois développé de façon un peu longuette : pas moins de trois chapitres sont consacrés au nouvel an. Tel un clin d’oeil au lecteur, en un jeu de mise en abîme, un des personnages précise même que « cinq précieuse cases du chapitre précédent » ont été « gaspillées » par un des personnages. Les dessins m’ont semblé assez sobres. Les personnages sont certes nettement caractérisés, il est facile de les reconnaître, mais les décors sont le plus souvent réduits à leur plus simple expression, quand les bulles ne prennent pas la moitié de la place dans la case. A contrario, il est un chapitre quasiment sans parole, où seuls les gestes et les expressions, souvent aussi exagérées (voir les yeux exorbités) comme dans les cartoons. J’ai (presque) préféré les scénettes colorés – dans le cas de ce manga, la couleur est vraiment un peu, et j’aurai aimé voir coloré ainsi les scènes de combats des chapitres précédents avec les métamorphoses des personnages selon leur signe astrologique.

L’auteur est un youtuber – je le mentionne pour ceux qui sont abonnés à des chaines Youtube. Pour ma part, c’est un univers qui m’est étranger. Lui et son frère se mettent néanmoins en scène dans les derniers chapitres (encore une mise en abîme), n’hésitant pas à mettre en avant leur « humour pour enfants » – celui de Ki et Hi n’est pas tellement plus relevé, leur modestie est tout aussi remarquable : « si les gens ne rigolent pas, c’est qu’ils n’auront pas compris toute l’ampleur de mon génie« .

Oui, je suis un peu sévère avec ce livre, qui reste bon enfant, sans doute parce que je ne fais pas partie du tout du publié visé. Je ne doute pas qu’il n’ait déjà trouvé de nombreux lecteurs au moment où j’écris ses lignes.

Ma note : 12/20.

Voici la fiche de la BD sur le site Priceminister

Rose sang d’Annabelle Demais

Présentation de l’éditeur :
2013. Marseille, capitale européenne de la Culture. La manne financière, répandue sur la ville, attise la convoitise d’élus, d’affairistes, de hauts fonctionnaires et même d’artistes prêts à tout pour faire parler d’eux…
Dans une cité des quartiers nord, un officier de police tombe dans une embuscade sous les yeux d’Annabelle, reporter du quotidien régional. Sa meilleure amie, devenue célèbre en quelques jours pour les clichés exclusifs de ce crime, se suicide. Avec l’energie du désespoir, Annabelle tente de comprendre…

Mon avis :

J’ai retrouvé ce livre dans ma PAL, par le plus grand des hasards, me demandant bien ce qu’il faisait là. Je l’ai donc lu, en deux temps, marquant une large pause après le premier tiers, parce que je n’étais pas certaine qu’il valait la peine que je le termine. Maintenant que je l’ai lu et que je rédige cette chronique, je me dis que tout le monde ne va pas apprécier cette chronique, tant pis !
L’action se passe à Marseille – Marseille méritait mieux. Les journalistes et les policiers qui y travaillent aussi. Tout ou presque parait gangrené par l’argent, par la soif de pouvoir, par la corruption.
Le récit donne une vision dégradante des femmes et des hommes. La narratrice ne fait pas exception, sa meilleure amie encore moins. La narratrice peut toujours se plaindre après, on ne lui a visiblement pas appris qu’une femme pouvait dire « non ». Ensuite, heureusement qu’elle n’est que journaliste et pas policière : elle n’a pas le sens de l’observation, surtout en ce qui concerne ses proches. Elle est un personnage féminin abominablement classique, la quarantaine, divorcée, deux enfants, des amants, des séances de gym obligatoires parce qu’elle a quarante ans, bref, elle m’a donné envie de la secouer.
D’autres faits m’ont agacés : le fait de s’attarder à décrire des faits sans intérêt, et de passer sous silence des points très importants, par exemple. Je n’oublie pas l’abondance de point de suspension (parfois une demi-douzaine par pages), les jugements lapidaires qui ralentissent encore plus le développement de l’action, les commentaires faussement naïfs – la narratrice donne l’impression de tout savoir sur tout et de l’imposer aux autres.
Et l’enquête policière, dans cette histoire ? Elle passe au troisième plan, tant les pensées de la narratrice monopolisent le récit. A vrai dire, ce roman pourrait presque être classé dans la rubrique érotique en ce qui concerne son dernier tiers.
Pour faire court, un roman dont je ne recommande pas du tout la lecture.

Le fou du roi de Mahi Binebine

Quatrième de couverture, ou plutôt présentation de l’auteur lui-même :

Je suis né dans une famille shakespearienne. Entre un père courtisan du roi pendant quarante ans et un frère banni dans une geôle du sud. Il faut imaginer un palais royal effrayant et fascinant, où le favori peut être châtié pour rien, où les jalousies s’attisent quand la nuit tombe.
Un conteur d’histoires sait que le pouvoir est d’un côté de la porte, et la liberté de l’autre. Car, pour rester au service de Sa Majesté, mon père a renoncé à sa femme et ses enfants. Il a abandonné mon frère à ses fantômes. Son fils, mon frère, dont l’absence a hanté vingt ans ma famille. Quelles sont les raisons du « fou » et celles du père ?
Destin terriblement solitaire, esclavage consenti…
Tout est-il dérisoire en ce bas monde ? Mon père avait un étrange goût de la vie. Cela fait des années que je cherche à le raconter. Cette histoire, je vous la soumets, elle a la fantaisie du conte lointain et la gravité d’un drame humain.

Merci à Netgalley et aux éditions Stock pour ce partenariat.

Mon avis : 

Je ne saurai mieux présenter ce livre que ce que nous propose le quatrième de couverture. Oui, l’auteur nous soumet son histoire, et je dois dire que j’ai trouvé ce livre particulièrement prenant, donc particulièrement réussi, j’ai eu du mal à le reposer avant de l’avoir fini.
Le terme « fou du roi » apparaît comme désuet pour moi. Je l’associe à Rigoletto, de Verdi, ou à Triboulet, fou de Louis XII puis de François Ier qui lui servit de modèle. Que ce soit pour l’un ou pour l’autre, la tragédie point sous le masque de la comédie.
L’action se passe à une époque contemporaine, nous pourrions être fort loin dans le passé. Les moeurs semblent figées, avec les esclaves présents à la cour, l’étage des femmes où il ne faut surtout pas se rendre, les courtisans de tout bord, les artistes qui gravitent autour du roi. Personne ne veut encourir sa disgrâce.
Nous sommes pourtant à notre époque, comme le prouve la technologie utilisée. Nous entendons un homme dont le seul but est de faire plaisir au roi : Voyez, le but suprême de ma drôle d’existence n’est rien d’autre que de rendre heureux le roi. Je ne vis que pour cela. Et rien ne me procure autant de joie, autant de satisfaction que le visage illuminé de Sidi.

Cette citation est aussi un exemple du style de l’auteur qui, par sa musicalité, sa métrique, se rapproche davantage du poème en prose que du roman proprement dit. La narrateur montre à la fois son dévouement pour son roi, mourrant, et le délaissement de sa famille. En des retours en arrière, il retrace la vie des courtisans dont il fut le plus proche. Est évoqué aussi l’emprisonnement de son fils aîné, presque à la fin du livre. Parce que cette emprisonnement, dans un lieu dont peu sont revenus – et dans quel état – est ce qui a engendré l’incompréhension des membres de sa famille, pour ne pas employer des termes plus forts, plus définitifs. Ce que je retiens de cette dernière partie, aussi, est la force morale de l’épouse du « fou », qui ne douta jamais du retour de son fils aîné, et ne l’imagina jamais ainsi.
J’aurai maintes raisons de vous recommander ce livre : en savoir plus sur le Maroc contemporain, se retrouver au coeur de la cour du roi, lire une oeuvre très bien écrite. Je ne dirai qu’une chose : c’est un très bon livre qui passe un peu trop inaperçu.

La fleur de l’illusion de Keigo Higashino

Un mois au Japon en compagnie de Lou et Hilde

Présentation de l’éditeur :

Lino vient de perdre son cousin Naoto. Personne ne comprend pourquoi ce dernier a mis fin à ses jours : il ne montrait aucun signe de dépression et son groupe de musique était aux portes du succès. À l’occasion du drame, la jeune femme se rapproche de son grand-père. Elle découvre alors ses extraordinaires cultures de fleurs. Fascinée, elle lui propose de tenir un blog pour présenter son travail. Le grand-père accepte mais à une condition : ne rien poster sur une certaine fleur jaune qu’elle a vue chez lui. Quelques jours plus tard, Lino rend visite à son aïeul et retrouve son corps sans vie.
S’apercevant que le pot contenant l’énigmatique fleur jaune a disparu, elle décide de mettre en ligne une photo du cultivar. Rapidement, un certain Gamo Yosuke, qui se prétend botaniste, la contacte, lui conseille de supprimer la photo et de lui apporter la fleur. Chez lui, elle fait par hasard la connaissance de son jeune frère Sota, qui ne comprend pas pourquoi son aîné s’intéresse à cette fleur et s’est fait passer pour un botaniste alors qu’il travaille dans la police. Lino et Sota se mettent à enquêter ensemble pour découvrir ce qui se cache derrière cette mystérieuse fleur.

Mon avis :

Ce roman est un polar ample, qui étend son intrigue sur un demi-siècle. Il ne faut cependant pas que le lecteur potentiel soit effrayé : les personnages ont un passé (ce que trop souvent oublient des romanciers « moyens ») et il peut très bien influer sur leur présent.
La fleur de l’illusion est un roman qui nous parle de la société japonaise. Celle des années soixante, celle des années 2000 mais aussi celle du futur et des défis qu’elle aura à relever. Il faut bien que quelqu’un y pense. Il est des sociétés où l’on revendique des droits, il en est d’autres où l’on pense que l’on a aussi des devoirs. Les deux ne sont pas incompatibles.
Cette enquête est comme un vaste puzzle, dont chaque pièce compte, y compris celles qui passent inaperçues de prime abord. La recherche de la vérité peut faire mal, cependant il est important de faire confiance à ceux que l’on aime, leur laisser choisir leur destin en tout connaissance de cause.
La fleur de l’illusion, un très beau roman policier contemporain.

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