Escapade littéraire : Paris

Présentation de l’éditeur :

Pour approcher, visiter, comprendre une ville, qu’y a-t-il de mieux que de découvrir ce que les grands auteurs ont pu en dire ? Laissez-vous surprendre par les textes consacrés aux plus belles cités du monde, puisés dans les récits de voyage, correspondances et autres carnets de route des écrivains-voyageurs.
La Ville Lumière est l’une des métropoles les plus visitées, les plus fantasmées au monde. Symbole de la culture française, Paris fascine les écrivains étrangers, qui ne cessent de la représenter dans leurs oeuvres. E. E. Cummings, Graham Greene, Henry James, Richard Yates, Horace Walpole, Dino Buzzati… : tous ont puisé dans les richesses de la ville leur inspiration.

Merci aux éditions Robert Laffont : j’ai gagné ce livre à un concours.

Mon avis :

Vous croyez avoir tout lu sur Paris, et bien non. Cette collection « pavillons poche » nous permet de découvrir Paris vu par les écrivains anglais ou américains. Varié, ce recueil nous permet de lire des lettres du XVIIIe, des chroniques du début du XXe siècle, des extraits de romans ou de nouvelles. Ou comment voir l’après libération de Paris par les yeux d’un soldat américain  dans la nouvelle de Richard Yates « Liars in love » venu chercher du divertissement dans la capitale, lui-même étant écartelé entre l’Amérique, et son père, et l’Angleterre, où vivent sa mère et sa soeur avec lesquelles les liens se sont distendus depuis le divorce des parents.

J’ai trouvé que certains textes étaient vraiment drôles, comme « The man who stole the Eiffel tower » – ou que se passerait-il si quelqu’un enlevait la tour Eiffel, pour lui permettre de prendre quelques jours de vacances, loin des touristes exigeants ? Oui, il faut voir la tour Eiffel, comme il « faut » aller ici ou là si l’on « veut » visiter Paris. Mention spéciale pour les employés, à qui pense réellement le narrateur, puisqu’il prend soin de ramener la tour avant que les employés aient des ennuis et ne puissent toucher leur salaire. Un homme altruiste, un vrai.

J’ai découvert ainsi les chroniques d’E.E. Cummings, et sa connaissance intime de Paris, lui qui distingue « Paree », de « Paname », au grand dam de ceux qui croient tout connaître de la capitale française parce qu’ils vivent à « Paree ». J’ai moins été sensible au texte de Buzatti et j’ai trouvé qu’il détonnait par rapport aux autres. Peut-être a-t-il été choisi à cause du nombre de peintres qui ont été inspirés par la ville lumière et qui ont été oubliés après leur mort.

Je ne voudrai pas terminer par une note négative et vous parlerai de Travels with my aunt, oeuvre tourbillonnante dans laquelle Augusta entraîne son si conformiste neveu dans un passé toujours très présent – elle prend déjà le thé à la librairie Smith, comme je l’ai fait moi-même le 7 août.

Un recueil à lire pour redécouvrir Paris autrement.

 

GECKO (Gwada Cops t. 1) de John Renmann

Présentation de l’éditeur :

Guadeloupe.
Ville de Pointe-à-Pitre.
Le jour se lève sur la place de la victoire, révélant un corps atrocement mutilé .
L’esquisse d’un mystérieux lézard tracé avec le propre sang de la victime s’exhibe sur les pavés du site.
Très vite, l’île est le théâtre de meurtres perpétrés par ce qui se révèle être une créature ayant l’aspect d’un chien monstrueux.
À chacune des tueries, l’horrible signature écarlate est omniprésente : un gecko dont on dit qu’il est de mauvaise augure.
Les inspecteurs Nicolas Rousseau et Marie Kancel se lancent dans une enquête où sorcellerie et croyances populaires vont se mêler.

Mon avis : 

Tout d’abord, je tiens à remercier Verdorie, membre du forum Livraddict, qui m’avait conseillé la lecture de ce livre.

Vous avez demandé la guerre des polices aux Antilles, ne quittez pas !

Oui, je sais, je commence par un raccourci, ce n’est pas la guerre des polices, mais la guerre entre deux policiers qui ne se supportent pas, Bertille Manoël, commissaire qui rêve de se débarrasser de Nicolas Rousseau, antillais qui a grandi en métropole, et de se fait, pas très bien reçu à son retour. D’ailleurs, il a plus que du mal avec la culture créole traditionnelle, et certaines croyances. Au milieu, nous avons Marie Kancel, sa binôme, son adjointe, enfin, celle qui tient encore le choc à ses côtés, lui qui a usé tant d’enquêteurs.

Des meurtres ? Oui, il y en a. plusieurs. Inexpliqués. Les policiers devront les rendre explicables. L’intrigue nous plonge en tout cas dans les différentes communautés de Guadeloupe, que l’on connaît mal, ou pas du tout, de métropole, dans l’histoire de ses îles, leur géographie – qui connaît le nom « Kamukera », si ce n’est dans une chanson de Laurent Voulzy ?

Ce qui m’a marqué dans ce roman  ? Je commencerai presque par la fin, le long huis clos dans la chambre d’une des victimes, qui permet de dénouer l’affaire – avec quelques dommages. Je parlerai aussi de l’ambition, et de son antithèse dans le roman, l’affection : et le/la coupable n’a d’affection pour personne, surtout pas pour ceux qui l’aiment (au sens le plus large du verbe aimer). Je vous parlerai aussi de surnaturel, et certaines manifestations, certains emplois font froid dans le dos – oui, un polar qui se déroule aux Antilles peut vous glacer comme au fin fond de la Sibérie. Je donnerai une mention spéciale au personnage de Ty-Racoon, auxiliaire de Nicolas Rousseau et à Jacques Grillon, le légiste qui a beau être chevronné, ce qu’il voit, découvre, est tout sauf habituel.

J’ai tellement aimé ce premier tome que j’ai enchaîné avec le 2.

 

La Sorcière de Magicville de Stéphanie Lagalle

 

Résumé : Camille et Thibault ont dix ans, ils sont jumeaux. Cet été, ils passent leurs vacances chez leurs grands-parents à Magicville, un lieu dont on leur avait caché l’existence jusque-là. À leur grande surprise, ils découvrent qu’eux aussi, comme les habitants de la petite cité, possèdent des pouvoirs. Tout serait merveilleux si la sorcière Démonia n’avait décidé de s’emparer du trône du roi Barnabet.

Mon avis :

Tout d’abord, je tiens à remercier l’autrice qui m’a permis de découvrir ce livre.
Mon premier postulat va peut-être vous étonner : le roman a beau se passer dans l’univers de la magie, Camille et Thibault évoluent dans un univers serein. Leurs parents s’entendent bien, ils ont des liens forts avec leurs grands-parents. Certes, jusqu’à présent, ils n’étaient jamais allés chez eux, mais les contacts avec ceux-ci étaient fréquents, les uns et les autres se connaissent bien. C’est peut-être pour cette raison que la révélation de l’existence de Magicville, de la véritable nature de leur famille se passe relativement bien : les deux enfants sont bien entourés et sont encore suffisamment jeunes pour avoir conservé toutes leurs capacités d’émerveillement (note : on peut les conserver très longtemps).
Sauf que… comme dans tout roman ou presque, il y a un souci, une mouche dans le lait, ou plutôt une sorcière qui revient à Magicville et a bien l’intention de parvenir à ses fins – oui, elle n’est pas en vacances, elle, et cela sonne un peu (beaucoup) comme la fin du repos pour les jumeaux. Oui, ils découvraient petit à petit l’univers magique, les pouvoirs de la magie, mais sans pression. Leur famille, et d’autres personnalités de la ville, se retrouvent en première ligne pour lutter. Et oui, même dans un roman de littérature jeunesse, on ne part pas au combat en se disant que tout va bien se passer : il faut aussi penser à ce qui pourrait arriver si tout ne se passait pas bien.
Ce fut un roman facile et agréable à lire, avec des péripéties qui retiennent l’attention du lecteur. De même, le vocabulaire ne pose pas de difficultés (oui, c’est la professeur qui parle), l’intrigue se suit avec plaisir. Bref, un récit à recommander pour les enfants dès huit ans.

Trompettes et tracas de Katarina Mazetti

Présentation de l’éditeur :

C’est les vacances de la Pentecôte, et pour les cousins Karlsson, direction l’île de Grèbes ! Regine, la demi-soeur allemande de George, a décidé de les rejoindre. Mais en accostant, elle découvre un mystérieux colis dans son sac à dos. Qui a pu l’y glisser ? Serait-ce le paquet à l’origine de l’alerte à la bombe déclenchée à leur départ de Suède ? Et qui sont ces hommes qui circulent en barque autour de l’île à la nuit tombée ? Une nouvelle enquête pour les cousins Karlsson !

Mon avis :

Dans quel monde vit-on, je vous le demande un peu ! Non, je ne vous parle pas de ce monde dans lequel des cousins qui s’entendent bien vont en vacances chez leur tante, toujours débordante de projets divers et variés. Non, je vous parle de ce monde où l’on peut soupçonné une adolescente allemande d’être une terroriste, sous prétexte que quelqu’un, en difficulté, lui a mis un colis dans le sac, espérant qu’elle passe la douane sans problème. Ce ne fut pas le cas, et au terme d’une alerte à la bombe – bon prétexte pour s’enfuir, bon moyen de faire monter la tension et de mettre encore plus à cran les policiers. Oui, le climat n’est plus à l ‘insouciance.

Fort heureusement, les policiers chargés de l’enquête sont compétents – cela n’a pas toujours été le cas. Maya, l’enquêtrice, est secondé par l’inénarrable Karl Crayon, qui rêve de percer en temps que journaliste, non de végéter dans ce coin, et cette affaire de terrorisme qui n’en est pas une est pour lui une occasion en or. Il faut dire que l’île aux Grebes ne change pas vraiment, sauf à voir les nouveaux aménagements faits par Frida et Victor. Elle ne cesse d’attirer des personnes qui misent sur son calme, son isolement  – Frida y vit seule, est souvent absente, l’île est donc pratiquement inhabitée et ne cesse de susciter des convoitises. Quant aux quatre cousins, ce sont des adolescents, autant dire qu’ils ne pèsent pas lourds dans l’esprit des malfaiteurs – nommons-les ainsi, ce sera plus simple.

Ils grandissent, les chers enfants, ils font des projets d’avenir et vivent pleinement le présent. Leur situation évolue aussi : George a découvert l’existence de sa demi-sœur Régine, que vous pouvez voir sur la couverture en bas à droite. En Allemagne, elle préfère le sport à la littérature, elle n’est pas très bonne élève, la filière classique lui a donc été refusée. Georges vit mieux que sa mère sa présence – l’absence de son père ne l’a pas fait souffrir puisqu’il n’a jamais connu sa présence, et Régine n’est pour rien dans cet état de fait. Tant pis si cela choque certains lecteurs, il n’est pas d’âge pour accepter sereinement les faits. Une qui prend mal les choses, en revanche, c’est Bourdon ; elle n’est pas prête à partager son cousin Alex, dont Régine se retrouve proche. Grand débat à venir sur la jalousie ? Non, les autres cousins se rendent compte, ne jugent pas les sentiments de Bourdon, et ne la mettent surtout pas à l’écart – il n’y a pas d’âge pour faire preuve de bon sens. D’ailleurs, Bourdon, qui était une végétarienne forcenée, remange de la viande dans ce tome, et le débat sur le végétarisme est lancé. George pense en effet qu’être végétarien, c’est constamment, pas seulement quand on « connaît » personnellement la bête qui a fourni la viande, ou que l’on aime bien l’animal en question, ce sera trop simple. Sa demi-sœur l’appuie, le végétarisme progressant chez les jeunes allemands. Oui, un coup à couper l’appétit, mais il est intéressant de voir de vrais échanges d’idées dans un livre jeunesse.

De même, se pose également la question de la place des femmes. L’enquêtrice en est une. Les garçons veulent protéger les filles dans ce tome – dans une autre histoire, cela s’arrêterait là. Dans celle-ci, Julia rappelle qu’elles sont tout à fait apte à se défendre, les seules membres de la famille Karlsson à repousser les ennemis sont Bourdon accompagnée de son célèbre chat et Regine, grande boxeuse. Eux-même sont pris à leur propre piège quand on leur annonce l’arrivée du colonel, qui travaillera avec leur tante Frida : aucun ne pense qu’un colonel peut être une femme.

Ce neuvième tome des cousins Karlsson sait renouveler la série sans perdre ce qui a fait son succès.

L’atelier des sorciers, tome 1 de Kamome Shirahama

Présentation de l’éditeur :

Coco a toujours été fascinée par la magie. Hélas, seuls les sorciers peuvent pratiquer cet art et les élus sont choisis dès la naissance. Un jour, Kieffrey, un sorcier, arrive dans le village de la jeune fille. En l’espionnant, Coco comprend alors la véritable nature de la magie et se rappelle d’un livre de magie et d’un encrier qu’elle a achetés à un mystérieux inconnu quand elle était enfant. Elle s’exerce alors en cachette. Mais, dans son ignorance, Coco commet un acte tragique !
Dès lors, elle devient la disciple de Kieffrey et va découvrir un monde dont elle ne soupconnait pas l’existence !

Mon avis :

C’est par le plus grand des hasards que j’ai découvert cette série de manga. Je me suis plongée dedans,e t depuis, j’ai lu les trois premiers tomes, et réservé le quatrième à la bibliothèque. Coco est une tout jeune adolescente, presque encore une enfant, ordinaire. Dans un monde où la magie est importante, elle a découvert très tôt qu’elle n’était pas une magicienne. Un mystérieux inconnu lui permet pourtant d’acheter un livre de magie, un encrier. Non, ce n’est pas le début de l’aventure, elle commencera plus tard, quand Coco percera le secret le mieux gardé des magiciens et provoquera, bien malgré elle, un accident tragique, si tragique que même les magiciens présents ne peuvent y remédier.

Que faire, que faire ? Par chance, c’est le magicien Kieffrey qui est présent, et il n’est pas franchement dans les petits papiers de ses supérieurs. Il est même plutôt rebelle, le beau gosse. Il choisit donc de ne pas effacer la mémoire de Coco, et de la prendre comme apprentie, bien qu’elle ait largement passé l’âge d’être désignée comme telle. Oui, les mens in black sont passés par là, et les sorciers « neurolisent » à tour de bras pour cacher leurs petits secrets. Oui, il n’est pas bon que le commun des mortels en sache trop sur la magie, mais pourquoi ? Je pense que cela nous sera révélé au fil des tomes.

En attendant, Coco découvre sa nouvelle vie, fait connaissance avec les autres apprenties, qui ne voient pas vraiment son arrivée d’un bon œil. IL a suffi à Coco de provoquer une catastrophe et boum ! La voici apprentie, alors que les autres travaillent dur pour en arriver là. Les dessins sont particulièrement soignés, précis, riches, décor y compris, et ils m’ont vraiment donné envie de poursuivre l’aventure avec Coco et Agathe, aussi brune que l’autre est blonde.

 

Le big boss de Bill James

édition Rivages/noir – 334 pages.

Présentation de l’éditeur :

Elle s’appelle Mandy mais a décidé qu’elle serait « Noon ». Elle a 13 ans, vit dans une cite et a fait les gros titres des journaux : elle a pris une balle perdue lors d’un règlement de comptes entre truands. Cependant, l’histoire se révèle plus complexe ; Mandy transportait de la drogue pour le compte d’un gang et l’examen balistique démontre qu’elle était visée. Qui pouvait avoir intérêt a sa mort ? Du côté de la police, l’enquête s’enlise car le torchon brûle entre le chef de la police Mark Lane et son adjoint, le retors Desmond Iles. Mais comme toujours, c’est le superintendant Colin Harpur qui tirera son épingle du jeu.

Mon avis :

Je découvre la série Harpur et Iles avec cet opus, découvrant en même temps que de nombreux titres n’ont pas été traduits en français – ou restent encore à traduire pour le plus grand plaisir des lecteurs, c’est selon. Ce n’est rien de dire que ce n’est pas vraiment l’entente entre eux. C’est encore moins l’entente avec le chef de la police, Mark Lane, qui sort tout juste d’une grande dépression nerveuse et ne va pas vraiment bien. En plus, l’affaire qui leur est tombée dessus est tout sauf facile, paisible, jouable. Que des revendeurs de drogue de réseaux différents se tirent dessus, en pleine rue, en pleine journée, est déjà hautement pénible (que fait la police, franchement ?) mais qu’une gamine de treize ans ait été tuée, alors là, franchement (bis), rien ne va plus. Surtout, il ne faut pas longtemps avant que la police ne découvre – et ne garde l’information pour elle, après tout, enquêter, c’est enquêter, on ne va pas tout dire à la presse, qui laisse sous-entendre que la police « couvre » le chef des dealers. Ce n’est pas vrai, puisque ce n’est pas lui le responsable. Il faut pourtant bien le trouver. Il faut pourtant parvenir à s’entendre dans la police, entre ceux qui veulent infiltrer un policier dans l’un des réseaux de drogue, et ceux qui ne veulent surtout pas, se rappelant le désastre récent qui a entraîné la mort d’un policier infiltré.

De l’autre côté, nous avons le chef du réseau. Il est un homme qui a plus de points communs avec les policiers qu’on ne le pense. Il réfléchit toujours à ce qui se fait, ne se fait pas, est bouleversé par la mort de Mandy parce que franchement, il n’avait absolument pas voulu cela, et croit ses hommes quand ils lui disent qu’ils n’ont pas tiré sur elle. Il tient à une certaine forme de respectabilité : il a une maison somptueuse (qui n’est pas sans rappeler celle du chef de la police), il est séparé de sa femme et a la garde de ses enfants (la justice est bien faite), Il a aussi des contacts privilégiés avec un policier, qui le tient, moyennant finance, informé de beaucoup d’événements, et ne rêve que d’une collaboration plus poussée avec la police « comme cela existe ailleurs », dit-on. Autant vous dire que l’image de la police en prend sérieusement un coup si tel est le cas ! Le livre a été écrit en 1996, et je trouve bon de m’en souvenir, et aussi de lire des polars des années 90, un peu oublié à notre époque où l’on zappe énormément. En tout cas, c’est quasiment la guerre dans les services de police, pas seulement une guerre ouverte, non, mais une guerre où toutes les ruses sont permises pour parvenir à ses fins, surtout quand un (oui, il suffit d’un) policier est un « ripoux » . Je ne me permettrai pas de juger son intelligence : son sens de la ruse, du louvoiement, son instinct de protection sont très forts. Pour le sens de la justice, le véritable rôle de la police, vous repasserez.

En lisant ce livre, j’ai vraiment eu l’impression de voir une police débordée, débordée par l’ampleur du trafic de drogue, qui contamine même les tous jeunes adolescents, débordée par les luttes internes, le mal-être des policiers, la corruption aussi, et les « gangsters », ayant un souci de respectabilité, tout en subissant des luttes, internes et externes. Je n’ai garde d’oublier les vies sentimentales des uns et des autres, très compliquées. Et si les « gangsters » s’expriment de manière châtiée, ce n’est pas vraiment le cas des policiers.

Un auteur que je suis ravie de (re) découvrir.

 

Mes vacances à Morro Bay de Paul Jorion

Mon avis  :

Vous me direz que le titre est de circonstance, et bien, presque !

C’est vraiment par curiosité que j’ai voulu découvrir ce roman autobiographique de Paul Jorion – il est bien le « je » qui parle. Paul Jorion est un sociologue et anthropologue, auteur belge de nombreux essais sur l’économie. Il tient aussi un blog, et ces « vacances » est son premier roman.

Pourtant, à le lire, j’ai peu vu l’aspect romanesque. Loin de moi d’aller vérifier l’exactitude de ce qui est narré sur sa vie sentimentale mouvementée, et ses difficultés à voir ses enfants. Le texte est parsemé de références littéraires (Bukowski, Kerouac), de réflexions, sur l’ambition, sur la vieillesse, sur le rapport avec les parents, et aussi sur le changement de comportement après leur décès. Il est question de vie amoureuse aussi, et j’admets avoir souvent perdu le fil entre les différentes ex-compagnes de l’auteur et les enfants qu’il en a eus, dont au moins un vit aux États-Unis.

Roman court, aux objectifs bien circonscrits : raconter ses cinq jours de vacances, avec un prologue (chez sa dentiste) et un épilogue (chez sa dentiste, à nouveau). Nous avons presque là un récit à la manière de tous ses grands modèles américains. Il nous conte toutes, de ses rencontres minuscules, de ses coïncidences étonnantes, de ces familles recomposées ou à recomposées, de tous ceux que l’on peut croiser aux Etats-Unis qui ne sont pas ou peu américains, de l’idée que l’on se fait aussi des USA. Il parle aussi, des classes sociales, des loisirs qui siéent de pratiquer ou pas quand on est universitaire (à bas le karaoké) ou des idylles amoureuses que l’on parvient à nouer. J’ai d’ailleurs aimé la manière dont l’auteur/narrateur tire sa révérence à la fin du livre. En effet, l’auteur manie une certaine distance par rapport à ce qu’il vit, ce qu’il raconte, et la manière dont il se considère ne manque pas d’humour, lui qui veut devenir « le saint patron des vieux qui ne savent pas vieillir ».

A vous te voir si vous voulez vous rendre avec lui à Morro bay.