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Hamish Macbeth, tome 1 : Qui prend la mouche de MC Beaton

édition Albin Michel – 252 pages.

Présentation de l’éditeur :

Policier du petit village de Lochdubh situé au beau milieu des Highlands en Écosse, Hamish Macbeth manque totalement d’ambition professionnelle mais il peut cependant compter sur son intuition naturelle pour mener à bien ses enquêtes. Ses qualités lui seront bien utiles quand le corps sans vie de Lady Jane Winters, langue de vipère notoire et participante au stage de pêche à la mouche du village, est retrouvé dans la rivière. Secondé par la délicieuse Priscilla Halburton-Smythe, Hamish s’immerge en eaux troubles pour démasquer l’assassin.

Mon avis :

Tout d’abord, il est difficile de résister à la tentation de dresser un parallèle entre Hamish MacBeth, héros de M.C. Beaton apparu en 1995 et Agatha Raisin, dont traduction de la dix-septième aventure paraîtra bientôt . Je vais donc tacher de vous parler simplement de Hamish. Il est un personnage rare, parce qu’il en faut beaucoup pour lui faire perdre son calme. D’ailleurs, je ne suis même pas sûre qu’il soit capable de perdre son calme, de s’énerver, de cracher des jurons à droite et à gauche, non. Par contre, Il est capable de dire posément ce qu’il pense à quelqu’un, et tant pis si son propos est particulièrement vache. La peur de perdre son poste à cause de son franc-parler ? Il ne connait pas, puisque je ne suis pas sûre que beaucoup de policiers aient envie de s’enterrer au beau milieu des Highlands – par contre, fermer ce petit poste isolé, pourquoi pas ?
Non loin de là, se trouve une école de pêche à la mouche, dont les propriétaires John et Heather accueillent de nouveaux stagiaires. Le moins que l’on puisse dire c’est que l’amour de la pêche réunit des personnes pour le moins disparate, dont une a vite fait de se mettre tout le monde à dos : Lady Janes Winters. J’aimerai bien vous dire que je lui trouve des circonstances atténuantes, c’est faux. Cependant, je dois dire qu’elle tire sa force du fait que tous ou presque ont des choses à cacher – ou plutôt des choses qu’ils n’assument pas, contrairement à Hamish. En lisant ses propos, je n’ai rêvé que d’une chose : que tous se liguent contre elle et l’envoient dans les bruyères de la lande. Ce n’est pas vraiment ce qui va se passer, mais c’est ainsi que va débuter l’enquête, quand le cadavre de lady Jane est retrouvé.
Nous sommes dans les années 90, ou plutôt, nous sommes dans les années Tchatcher. Même au fin fond des Highlands, les différences entre les classes sociales sont très marquées, alors quand s’ajoute en plus un portefeuille bien garnie, il devient impossible, impensable, de nouer une relation, ou d’envisager d’en nouer une à moins d’être rêveur(se). Il est plus facile d’enquêter, ou presque, à condition de rester à l’écoute de ce que l’on ne vous dit pas vraiment.
Dernier point : ne ratez pas les superbes descriptions des Highlands.

Agatha Raisin enquête, tome 15 : Bal fatal par M.C. Beaton


Présentation de l’éditeur :

Au cours de cette nouvelle enquête, la détective Agatha Raisin est chargée de découvrir qui menace de mort la fille de la riche divorcée Catherine Laggat-Brown. Avec l’aide de son fidèle ami sir Charles Fraith, elle tente de résoudre la première grosse affaire de sa nouvelle agence de détectives.

Mon avis :

Autant vous le dire tout de suite, ce quinzième tome est à mes yeux un des meilleurs de la série. Agatha Raisin a enfin ouvert une agence de détective et celle-ci marche très bien ! Certes, il lui faut parfois effectuer des enquêtes « de routine », comme retrouver un animal perdu ou trouver les preuves d’un adultère, mais globalement, ce nouveau métier l’enchante, elle a engagé du personnel, et parfois, des affaires singulières se présentent, comme ce père qui préfère retrouver sa voiture plutôt que son fils, ou cette femme qui engage Agatha parce que sa fille, bientôt mariée, est menacée de mort. La menace est d’ailleurs mise à exécution, et après cette tentative ratée, il ne reste plus à Agatha qu’à enquêter.

L’action ne manque pas dans ce volume. L’action, et l’introspection : Agatha se remet en cause, et se rend compte à quel point l’amitié est précieuse, au point de vraiment donner du sien pour préserver ses amitiés. Les exemples en seront nombreux dans ce roman, dans lequel elle ne cesse de se démener, pour trouver la vérité. Elle ne cesse aussi d’être menacée : jamais nous n’avons été aussi prêts de perdre Agatha Raisin ! Il faut dire qu’elle a vraiment un don pour se bien entourer, et oublier, parfois, les précautions les plus élémentaires.

Féministe, Agatha Raisin ? Oui, même si elle passe son temps à tomber amoureuse, et ne parvient pas toujours à oublier James.  Pourtant, elle reste indépendante et aide certaines des femmes qu’elle croise à se libérer d’une relation toxique. Oui, il n’est pas toujours facile d’aller porter plainte, oui, un homme qui vous bat un jour peut vous battre à nouveau et ne s’arrêtera pas. Il est des femmes qui laissent les hommes qui partagent leur vie leur imposer leur point de vue – cela leur épargne aussi de réfléchir. Il est aussi des femmes, comme la douce Mrs Bloxby, qui respecte l’opinion de leur mari et agisse cependant comme elle l’entende : Agatha reste son ami, quoi qu’en dise son mari.

Ce quinzième tome montre Agatha en action, Agatha vieillissante, mais aussi sir Charles et son cher Gustav, Roy, ou encore les chats d’Agatha, dont elle prend grand soin.

La Punition qu’elle mérite par Elizabeth George

Présentation de l’éditeur :

Ludlow, bucolique bourgade du Shropshire, tombe dans l’effroi lorsque le très apprécié diacre Ian Druitt est accusé de pédophilie. Placé en garde à vue, le suspect est retrouvé mort, pendu. La commissaire Isabelle Ardery, qui a été dépêchée sur les lieux depuis Londres et qui se débat avec ses problèmes d’alcool, a bien envie de classer l’affaire en suicide. Mais c’est sans compter la sagacité du sergent Barbara Havers. Coachée à distance par l’inspecteur Thomas Lynley, la Londonienne gaffeuse et accro à la nicotine flaire le pot aux roses : et s’il ne s’agissait pas d’un suicide ? N’en déplaise à Isabelle Ardery, Lynley et Havers vont reformer leur duo de choc pour observer de plus près la vie de cette petite ville qui semblait si paisible. Car, derrière leurs allures de gentils retraités ou d’étudiants fêtards, les habitants de Ludlow ont tous quelque chose à cacher…

Merci à Netgalley et aux éditions Presse de la cité pour ce partenariat.

Mon avis :

Quatorze ans. Oui, quatorze ans que je n’ai pas lu un roman d’Elizabeth George : je le sais, je travaillais encore dans mon ancien collège quand je l’ai lu ! Ce sont donc des retrouvailles avec des personnages que je n’ai pas vu depuis longtemps.
Il s’en est passé, des événements, dans leur vie. Barbara Havers, toujours aussi brut de décoffrage, est à deux doigts de se faire muter au fin fond de l’Angleterre après sa dernière insubordination en date – respecter les ordres, si cela ne permet pas de faire progresser les règles, très peu pour elle. Cette nouvelle affaire sera donc l’occasion pour elle de prouver qu’elle est capable de rester dans les clous. Malheureusement pour elle, ce n’est pas Linley qui l’accompagne dans sa mission, mais Isabelle Ardery. La commissaire ne peut pas sentir Havers. Elle est de plus empêtrée dans ses problèmes personnels, et ne rêve que d’une chose pour sa vie professionnelle : réussir à faire muter Barbara le plus loin possible, avec Linley si possible.
Leur mission est quasiment une enquête pour ce qu’en France nous nommerions les boeufs carottes : un homme s’est suicidé dans sa cellule après avoir été accusé de pédophilie. Son père ne peut croire qu’il s’est suicidé, lui qui était croyant et respecté dans son église. Bien sûr, vous me direz que tous les pères croient leur fils innocent. Cependant, certains petits faits gênent Barbara, pas pour l’enquête de pédophilie – les deux femmes n’en sont pas chargées – mais au sujet de la procédure qui a conduit Ian Druitt en prison. La manière d’agir de certains témoins est particulièrement étonnante, certains se livrent sans problème, d’autres ont recours à des chemins de traverse assez étonnants.
L’enquête est assez longue à se mettre en place, et il faut vraiment s’accrocher pendant le premier quart du roman pour poursuivre sa lecture. Nous sommes au fin fond de l’Angleterre, nous découvrons, finalement, la vie quotidienne de ses personnes loin de la capitale. Nous découvrons aussi un fait qui remet tout ou presque en cause. Fin de la première partie, et début de la véritable enquête, si j’ose dire, avec cette fois-ci Linley et Havers au commande.
La réussite de leur mission provient de leur parfaite connaissance l’un de l’autre – ce qui, si vous vous souvenez du premier tome de leurs aventures, n’était franchement pas gagné. De leur parfaite connivence aussi : ils sont capables de jouer un parfait duo, sachant parfaitement leur rôle respectif, capable de monter un interrogatoire, presque une scène de théâtre, dans le but d’amener le témoin là où ils souhaitent l’amener. Leur but est simple, finalement : la justice et la vérité. Pas si facile, quand certaines personnes font tout pour que l’on n’y arrive pas.
En effet, si l’on réfléchit bien, quoi de plus révoltant qu’une accusation de pédophilie chez un homme qui travaillait au contact des enfants ? Sauf qu’aucune enquête n’a été réellement mené et que tous les parents d’enfants contactés disent à quel point tout allait bien, à quel point les conseils donnés étaient utiles. Oui, je spoile un peu, mais Ian Druitt était un hyperactif du dévouement à autrui, impliqué dans de multiples associations, y compris la très peu religieuse stérilisation des chats errants, une personne qui n’en contactait une autre que parce qu’elle avait un lien avec l’une ou l’autre de ses associations. Alors ???
Il est question, aussi, du lien parent/enfant, parce que nous allons en croiser, des familles dysfonctionnelles, dans ce roman. Pour reprendre, en la modifiant un peu, une phrase que j’ai entendue un jour, ce n’est pas ce qu’ils font qui est le pire, c’est ce qu’on les croit capable de faire. A ce sujet, ma préférence va vers le jeune Finn, soutien inconditionnel post-mortem de Ian Druitt, au look de rebelle improbable, amateur de boissons fortes, nanti d’une mère ayant un poste à responsabilité dans la police et d’un père… et bien disons qu’il est toujours très amoureux, et très dépendant de sa femme.
Un roman très intéressant, pour ceux qui ont la patience de lire un pavé de 672 pages.

Si je mens, tu vas en enfer de Sarah Pinborough

éditions Préludes – 416 pages.

Présentation de l’éditeur :

Brisée par un passé tragique, Lisa n’a d’autre rêve qu’une vie sans histoire, à l’abri des regards. Mais quand sa fille, Ava, sauve un petit garçon de la noyade et que l’adolescente devient une héroïne locale, leur monde menace de s’effondrer. Marilyn, elle, a un mari parfait, une maison parfaite, un boulot parfait. Pourtant, lorsque la vie de sa meilleure amie, Lisa, est sur le point de s’écrouler, la sienne bascule. Un instant aura suffi à bouleverser l’existence de ces trois femmes. Il y a des secrets qu’il vaudrait mieux ne jamais voir ressurgir. Il y a des fautes qu’on ne peut pas oublier.
Mon avis :

Je pourrai presque vous dire que je n’ai pas de chance en ce moment tant je lis des livres noirs, sombres, désespérants, pour ne pas dire désespérés.
Tout semblait pourtant presque bien aller au début de ce livre. Vous l’aurez compris, « presque » est le mot-clef de l’histoire, qui s’ouvre devant nous comme des poupées russes, libérant une nouvelle strate de secret après l’autre. Lisa est une mère célibataire comme une autre, sauf qu’elle tient vraiment à rester célibataire. Elle a un bon travail, une meilleure amie, et surprotège sa fille comme seule une personne ayant vécu des faits tragiques peut le faire. Elle a beau prendre toutes les précautions du monde, elle oublie que l’ennemi est souvent intime, et qu’une adolescente, de nos jours, avec l’ordinateur, la tablette et le téléphone portable, n’est pas à l’abri dans la chambre. Ou, pour utiliser une expression qui s’accorde parfaitement avec le titre du roman, l’enfer est pavé de bonnes intentions.
Le démarrage peut sembler un peu long, mais une fois que l’on est emporté dans le tourbillon des tourments – bien réels – de Lisa, que l’on découvre les rouages de la justice anglaise, on a envie d’en savoir davantage, bref, de savoir comment Lisa, Ava et Marilyn vont s’en sortir. Il ne faudrait pas oublier Marilyn, la meilleure amie d’Ava, qui passe par toute une palette d’émotions dans ce roman, et qui déploie toujours énormément d’énergie simplement pour avoir l’air de vivre normalement. Un peu comme Ava, finalement.
Je n’ai garde d’oublier, aussi, le poids des médias. A une époque, on pouvait espérer le droit à l’oubli – même si ce que je dis peut hérisser. Maintenant, on gagne surtout le droit au harcèlement , le droit qu’à chaque anonyme à se faire son opinion sur vous, sans vous connaître, le droit de faire savoir cette opinion, parce que lui aussi, après tout, a une opinion et tient à être un peu connu.
Merci à Netgalley et aux éditions Préludes pour m’avoir permis de découvrir ce livre en avant-première.

Zarbi de Cathy Unsworth

Mon avis :

Ce n’est pas parce que je n’ai pas aimé un livre qu’il n’est pas bon. Mais ce n’est pas parce que je n’ai pas aimé un livre que je vais faire semblant de l’avoir aimé dans une chronique. Je ne verrai alors pas vraiment l’intérêt d’écrire ces mots.

Quand je suis allée sur Babelio avant d’écrire, j’ai lu qu’il recommandait La fille mirage d’Elise Broarch au cas où l’on aurait aimé ce titre. Pas de bol, je n’ai aimé ni l’un ni l’autre.

Le sujet est intéressant, sauf qu’à force de lire des romans policiers, de regarder des séries télévisées, j’avais deviné non pas le dénouement – il ne faut pas exagérer- mais que les choses étaient nettement moins simples qu’elles en avaient l’air. J’avais même une nette idée de qui pouvait être sinon réellement coupable, du moins complique (voir à ce sujet le très bon Si je mens, tu vas en enfer).

L’héroïne, Corinne, est zarbi, et elle a commis un crime sataniste vingt ans plus tôt. Par le jeu de la construction du récit, il nous faudra attendre un très long moment avant que nous sachions de quel crime il s’agit. Oui, le temps m’a alors paru très long. Peut-être était-ce une manière pour l’auteure de nous faire découvrir Corinne, sa vie quotidienne, son abominable solitude, les jugements à l’emporte pièce à son sujet avant de nous montrer ce pour quoi elle a été condamnée.

Vint ans après, le combat de la passionnaria qui lui tient lieu d’avocate ne plaît à personne, pas même au psychiatre qui s’occupe de Corinne depuis vingt ans, est ravi de ses progrès, de l’efficacité de sa thérapie et des médicaments qu’elle prend. Corinne ne pourrait pas vivre dans le monde extérieur tel qu’il est, personne n’est près à l’accepter, ce en quoi Sean, l’enquêteur mandaté pour trouver le ou la complice de Corinne, ne peut lui donner tort. Il a vu à quel point les gens peuvent être vindicatifs, surtout dans une petite communauté largement bouleversée par la tragédie. Il a vu aussi dans quel état émotionnel est Corinne. Elle ne veut pas sortir. Pourquoi ?

Oui, rien n’est simple, tout est sombre, et nous avons eu des indices pour nous guider. Prenez par exemple ce charmant couple, Eric et Edna. Leur fille unique leur en a fait voir des vertes et des pas mûres à l’adolescence, mais ils sont prêts à rempiler pour Samantha, leur adorable et unique petite-fille, qui n’est pas responsable des errances de sa mère. Une enfant qui se doit de supporter un tout jeune beau-père, un père déficient, et une mère plus occupée par sa vie privée que par sa progéniture. Samantha traverse très vite une crise d’adolescence assez carabinée, que sa grand-mère, en dépit de ses incertitudes, tente de relativiser. Voir le mal partout, ce n’est pas bien. Ne pas la voir là où il est vraiment peut avoir des conséquences.

J’en ai déjà beaucoup dit sur ce roman qui nous fait naviguer entre les années 80 et les années 2000. Comme le disent ceux qui ont appuyé Sean, ce personnage atypique, dans son enquête, il fallait quelqu’un d’extérieur à la communauté pour voir enfin plus clair, pour oser voir ce que d’autres ne voulaient pas voir, ou avaient si bien cachés. Etre zarbi est une chose, être complètement tordu en est une autre.

Oui, je n’ai pas aimé ce roman glauque et noir. Cela n’ôte rien à la qualité de l’écriture, à la complexité de l’intrigue, à la manière dont sont construits les personnages, à l’empathie que l’on peut ressentir pour les victimes. C’est simplement une question de goût.

 

Un intérêt particulier pour les morts d’Ann Granger

édition 10/18 – 378 pages.

Présentation de l’éditeur :

Nous sommes en 1864 et Lizzie Martin accepte un poste de dame de compagnie à Londres auprès d’une riche veuve qui est aussi une propriétaire de taudis.
Lizzie est intriguée d’apprendre que la précédente dame de compagnie a disparu, apparemment après s’être enfuie avec un inconnu.
Mais quand le corps de la jeune fille est retrouvée dans les décombres de l’un des bidonvilles démolis récemment autour de la nouvelle gare de St Pancras, Lizzie commence à se demander ce qui s’est passé.
Elle renoue avec un ami d’enfance, devenu l’inspecteur Benjamin Ross, et commence à enquêter avec son aide, au péril de sa vie, pour découvrir la vérité sur la mort de la jeune fille dont le sort semble étroitement lié au sien.

Mon avis :

Oui, j’ai lu la série quasiment à l’envers (il me reste encore le tome 2 à lire) mais cela ne m’a pas posé de difficultés majeures. J’ai fait la même chose avec une série plus conséquente, celle qui met en scène Thomas et Charlotte Pitt.
Nous découvrons donc Lizzie Martin, 29 ans, orpheline, qui vient à Londres pour devenir dame de compagnie de sa tante – en fait, la veuve de son parrain. Lizzie avait un père, médecin, aimant et philanthrope. Seulement, il est mort à 57 ans, et il n’a pas pensé à mettre sa fille à l’abri du besoin. A vrai dire, il n’a même pas pensé qu’il était temps qu’elle se marie ! Un père aimant, oui, mais qui n’a pas toujours su tenir les bonnes résolutions qu’il avait prises, et qui a montré à sa fille qu’un petit mensonge fait moins de mal que la vérité. Sauf que la gamine n’a pas été dupe et qu’elle est entrée dans le jeu de son père. De quoi remettre en cause bien d’autres choses.
Le malheur des uns fait le bonheur des autres : c’est parce que la précédente dame de compagnie de sa tante s’est enfuie avec un homme que celle-ci a pu accueillir Lizzie. Las ! L’arrivée de la jeune femme coïncide avec la découverte d’un corps – celui de Madeleine. La jeune femme n’est pas mort de causes naturelles, sauf à considérer l’assassinat comme tel.
L’inspecteur qui enquête, vous l’aurez compris, c’est Ben Ross, qui n’a pas encore la part belle qu’il aura dans les tomes suivants. Il n’est pas apprécié parce qu’il est policier ? Il n’en a rien à faire. On veut l’empêcher d’enquêter ? Il n’en a rien à faire non plus, il va au bout des choses – parce qu’il n’a pas oublié sa jeunesse, et la chance que lui a donné le docteur Martin d’étudier. Comme souvent dans les romans policiers historiques anglais, nous faisons une incursion dans tout ce que la bonne société de l’époque ne veut surtout pas voir. Il existe des classes sociales, il n’est pas question que les plus riches se préoccupent des plus pauvres.
Le tome 2 ? Prochainement !

Un Noël à Jérusalem d’Anne Perry

édition 10/18 – 156 pages.

Présentation de l’éditeur :

Noël 1900.
Victor Narraway, le supérieur de Thomas Pitt, et sa nouvelle femme Vespasia font un voyage en train de Jaffa à Jérusalem. Bien qu’ils passent un agréable moment ensemble et fassent de nouvelles rencontres, Vespasia commence bientôt à soupçonner que quelqu’un les suit et les épie.
Bientôt, une de leurs nouvelles connaissances est retrouvée assassinée, le seul indice étant un mystérieux morceau de parchemin écrit dans une langue étrangère, et un message implorant Narraway de poursuivre la quête du défunt. Persuadés de l’importance de cette quête, Narraway et Vespasia décident d’exaucer la dernière volonté de leur ami décédé.

Mon avis :

Tous les ans, ou presque, je lis l’enquête d’Anne Perry qui se déroule à la période de Noël. Cette enquête permet en général de retrouver un personnage secondaire de la série, et de le développer. Ici, c’est Vespasia et son mari Victor Narraway qui sont mis à l’honneur : tout deux partent à Jérusalem. Hélas ! Un crime est commis, ils choisissent de mettre à l’abri un message que le disparu leur avait confié juste avant d’être assassiné.
Le voyage en Orient aurait pu être fort passionnant, avec les incidents et les rencontres qui l’émaillent. Il n’en est rien – ou si peu. Ce qui m’a gênée après le premier tiers du roman est le style. Les tournures interrogatives abonnent ! Que dis-je, l’on trouve parfois une demi-douzaine de questions par pages, non des questions qui admettent une réponse, mais un questionnement du personnage, questionnement sur le voyage, leur mission, mais aussi sur ces croyances, le sens de la fête de Noël et de tout ce qui l’entoure – comme l’étoile qui a mené les rois Mages en Galilée.Disons que cela peut être intéressant, mais encore aurait-il fallu que cela apporte quelque chose sur notre connaissance des personnes, ou encore au développement de l’intrigue – celle-ci est vraiment trop brève.
Puis, Vespasia est parfois un peu agaçante, je n’ai pas l’impression que ce court roman ait apporté grand chose au personnage, si ce n’est ressassé ce que nous savons déjà – Vespasia, qui est restée une belle femme en dépit du temps qui passe, Vespasia, qui a eu une vie aventureuse, Vespasia, qui a reçu une excellente éducation de la part de son père. Si cela peut être intéressant pour quelqu’un qui ne connaît pas le personnages, pour ma part, j’ai eu surtout l’impression que c’était très répétitif.
La lecture n’a pas été désagréable, mais elle ne m’a pas apporté le plaisir que j’en attendais.