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A genoux de Michaël Connelly

Edition Points – 278 pages

Présentation de l’éditeur :

Le corps du Dr Stanley Kent vient d’être retrouvé au belvédère naturel proche de Mulholland Drive : deux balles dans la nuque, style exécution. Nouvellement affecté à la section homicide spécial, l’inspecteur Harry Bosch découvre vite que le Dr Kent avait accès à des matières radioactives utilisées dans Le traitement de certains cancers féminins. et que ces matières ont disparu. Aux yeux de l’agent spécial du FBI Rachel Walling, que Bosch aime encore malgré leur rupture après le fiasco d’Echo Park, ce meurtre et cette disparition risquent fort de marquer le début d’un attentat terroriste à la bombe Sale. Donc conflit ouvert et cette fois, Bosch n’est pas sûr d’avoir le dessus : il y a certes de la parano dans les services de la sécurité du territoire mais la menace islamiste est bien réelle…

Mon avis :

Echo Park suite – ou pas. Harry Bosch et son nouveau coéquipier sont appelés sur la scène d’un meurtre : un docteur a été tué. Pire : sa femme a été retrouvée, ligotée et bâillonnée sur leur lit – vivante, heureusement. Le motif de cette agression et de ce meurtre ? Le docteur avait accès à du césium, utilisé pour soigner certains cancers, et il a été menacé pour le voler. Il a fait ce qu’il a pu, laissant un message sur les lieux de son vol, contraint et forcé, mais si ce qu’il a fait a sauvé sa femme, lui a bel et bien été tué. Pourquoi ? Les tueurs comptaient-ils revenir et achever son épouse, n’en ont-ils pas eu le temps ? Ou bien a-t-il vu leurs visages ? A Harry Bosch de résoudre cette énigme. Enfin, s’il en a le temps : nous sommes dans l’Amérique post 11 septembre, et le FBI prend très au sérieux ce risque d’attentat.

Alors oui, l’enquête va vite, très vite, quitte à se jeter dans la première fausse piste qui se présente, tant que certains mots-clefs sont entendus par la victime, ou par un témoin. Les choses vont parfois trop vite, et il est des personnes qui agissent d’abord, et réfléchissent à l’utilité de ce qu’ils ont fait après. Harry Bosch ? Il ne se fait pas vraiment d’amis dans cette enquête, et il peut même véritablement compter sur les doigts d’une main ceux à qui il peut faire véritablement confiance. Que pèse la résolution d’un crime face à un potentiel attentat ? Personne ne semble tenir, à part Harry, ce raisonnement pourtant très simple : si l’on trouve le meurtrier, on remontera aussi la piste des fameux terroristes potentiels.

En dépit du sujet, j’ai trouvé ce volume des enquêtes d’Harry Bosch presque léger – il ne contient que 278 pages. L’enquête est très vite résolue, que ce soit en terme de son déroulement proprement dit que le temps qui a été consacré à celle-ci. Et si Harry se montre toujours aussi irrespectueux des règles qui l’empêchent de mener son enquête à bien, force est de constater qu’il se retrouve encore et toujours avec des co-équipiers qui n’ont pas la même vision de l’entente entre les services que lui, ni la même vision du bon déroulement de leur carrière. Harry le comprend, néanmoins – il a l’habitude, en quelque sorte.

Un polar solide, pas ennuyeux, mais tout de même en deçà de ce que j’ai pu lire de la série Harry Bosch.

 

 

D’ombre et de lumière de John Harvey

édition Rivages/Noir – 434 pages

Présentation de l’éditeur :

L’inspecteur Frank Elder, héros des deux précédents romans de la série (De chair et de sang et De cendre et d’os), accepte une nouvelle fois de quitter la Cornouailles où il vit habituellement en ermite. C’est à la demande de son ex-épouse qu’il revient à Nottingham, pour tenter de retrouver une femme qui a disparu depuis plusieurs jours. Il accepte cette mission un peu à contrecœur, mais il y voit aussi l’occasion de renouer avec sa fille Katherine, dix-huit ans, dont la vie a été bouleversée quelques années plus tôt par un drame dont il se sent toujours responsable.Elder découvre vite que la disparue, Claire Meecham, avait une vie secrète dont même sa propre sœur, Jennie, ne soupçonnait pas l’existence. Il commence à peine à enquêter sur les hommes que Claire fréquentait lorsque Jennie découvre sa sœur, paisiblement allongée sur son lit… morte. La mise en scène du cadavre rappelle à Elder sa première affaire, jamais élucidée, survenue huit ans auparavant. Les similitudes entre les deux meurtres sont suffisamment nombreuses pour que la police de Nottingham fasse officiellement appel à ses compétences, et l’embauche en tant que consultant civil.

Mon avis :

Frank Elder reprend du service, et à nouveau, c’est pour retrouver une disparue : une femme d’une cinquantaine d’années, qui ne donne plus de nouvelles à sa soeur depuis quelques jours. Tout policier répondra qu’elle est adulte, qu’elle est libre de faire ce qu’elle veut, et c’est vrai, si ce n’est qu’elle ne s’est jamais comportée ainsi, et qu’elle inquiète sa petite soeur. Au cours de ses investigations, c’est une toute autre Claire qui apparaît. Pourquoi a-t-elle caché certains faits à sa soeur ? Craignait-elle d’être jugée ? Peut-être. Il n’est pas facile de changer de vie, de refaire sa vie, et si des années ont passé depuis Coeurs solitaires, qui met en scène Charlie Resnick sur un thème similaire l’idée que l’on se fait de la manière dont une femme devrait se comporter est toujours aussi forte.
Et Elder n’en finit pas de revenir sur son passé, son passé d’enquêteur d’abord, parce que cette affaire lui en rappelle une autre, qu’il n’a pas résolu, et son passé familial, parce qu’il cherche toujours à se rapprocher de sa fille depuis la douloureuse enquête qui l’a marquée profondément. Il s’agit pour le policier à la retraite, et pourtant quasiment toujours policier dans le cadre de cette enquête, de trouver enfin un équilibre, entre une vie privée enfin apaisée, et une affaire qui montre à nouveau, comme c’est souvent le cas chez John Harvey, que la vie d’une femme ne vaut pas grand chose aux yeux de certains hommes.
J’aime moins cette série que celle mettant en scène Charlie Resnick, qui vient à nouveau faire une courte apparition dans ce volume, cependant ce roman ne laisse pas d’être très prenant.

Agatha Raisin enquête, tome 17 : Cache-cache à l’hôtel de MC Beaton

Présentation de l’éditeur :

Entre son agence de détective qui tourne au ralenti et les réunions des dames de Carsely, Agatha s’ennuie. Aussi, est-elle enchantée lorsque son ex-mari James Lacey l’invite pour des vacances mais – horreur ! – sa conception d’un séjour idyllique est le petit hôtel décrépit de Snoth-on-sea où enfant, il passait ses étés.

A l’occasion du mois celte , une lecture commune avec Adely, du blog lectureenfantparent

Mon avis :

– Tu es vraiment une garce.
– Je sais. Allez, on va manger.

Ah, c’est beau l’amour. Oui, c’est ainsi que James parle à Agatha, alors qu’ils sont partis tous les deux en vacances. C’est James qui a choisi la destination, sans consulter Agatha, parce qu’il a de très bons souvenirs d’enfance dans ce lieu. Et tout a changé. Ce n’est pas tant une charge contre le temps qui passe, mais montrer la réalité de la vie quotidienne anglaise, dans ces coins reculés et oubliés, sans fard. Agatha ? Elle a beau être toujours amoureuse de James, toujours prête à le suivre du moment qu’il veuille bien d’elle, et bien à un moment, clac ! cela ne va plus. Oui, je sais ce que vous allez me dire, si vous avez lu comme moi les seize tomes précédents : comme Mrs Bloxby, nous attendons qu’Agatha cesse enfin de ne penser qu’à James, d’imaginer un avenir avec James, bref, nous espérons qu’elle ira un jour de l’avant – et ce n’est pas gagné !

James semble cependant avoir compris qu’il a un peu exagéré – ne l’avait-il pas fait dès le début, en emmenant Agatha à un barbecue, sans se préoccuper d’elle une seule fois pendant le repas, sans se préoccuper surtout qu’Agatha n’aime pas du tout le barbecue !

Agatha avait horreur des barbecues. Les barbecues, c’était pour les américains, les australiens et les polynésiens, enfin, pour les peuples jouissant d’un climat agréable !
D’après son expérience, les anglais se délectaient de viande à moitié crue servie sur des assiettes en carton dans un jardin infesté d’insectes.

Je vous rassure, Agatha sait aussi prendre la pleine mesure du comportement de James, et lui renvoyer la politesse :

– Est-ce que tu as toujours été un connard prétentieux ou est-ce que c’est moi qui m’en aperçois seulement maintenant ?

Vaste questionnement philosophique. Agatha sera amenée à beaucoup philosopher sur ses relations amoureuses, dans ce tome. D’ailleurs, je n’ai toujours pas parlé de l’aspect policier de ce dix-septième volet de ses aventures. En effet, un meurtre est commis sur la plage de Snoth-on-sea, avec l’écharpe d’Agatha ! Elle est donc la première à être accusée, la première à être innocentée aussi. Qu’importe ! Elle dirige une agence de détective, et il est hors de question qu’un meurtre commis en sa présence reste impuni !

J’aimerai vous dire qu’elle enquête avec ordre et méthode. Le moins que je puisse dire est « pas vraiment ». Heureusement, elle a les membres de son agence de détective qui lui sauvent la mise – ils ont un bel esprit d’initiative, et il est dommage qu’ils restent des personnages assez secondaires, finalement, dans l’intrigue. J’aimerai vraiment les voir davantage, leur donner toute la place qu’ils méritent, plutôt que de lire les éternels retours de Charles et de James dans la vie d’Agatha. De même, j’ai l’impression que M.C. Beaton a ajouté une pincée de Billy Wong ici (sans ses parents), une pincée de Roy là (dans un look improbable) pour contenter leurs fans.

J’ai trouvé aussi que certains rebondissements étaient assez improbables, que certains coupables étaient identifiés trop facilement. Bref, ce n’est pas, à mes yeux, le meilleur tome d’Agatha Raisin, et je regrette qu’il n’existe pas une série dérivée avec les employés de son agence de détective.

Hamish Macbeth, tome 4 : Qui a une taille de guêpe de MC Beaton

édition Albin Michel – 252 pages

Présentation de l’éditeur :

Hamish pensait savourer les plaisirs bien mérités d’un été dans les Highlands. Mais c’était avant que la pluie s’abatte sur les lochs et que sa chère Priscilla Halburton-Smythe débarque au bras d’un nouveau fiancé. Pour couronner le tout, Trixie Thomas, épouse modèle, vient de s’installer à Lochdubh et arrive à convaincre les dames du coin de se mettre au régime, de bannir l’alcool et d’entrer en communion avec la nature… ce qui n’est pas du tout du goût de leurs maris ! Aussi quand l’épouse modèle est empoisonnée, Hamish Macbeth n’a pas le choix : il doit renoncer au repos et reprendre du service en interrogeant voisins et amis…

Mon avis :

Le tire anglais est à mes yeux plus parlant, bien plus évocateur que la traduction qui est proposée : Death of a Perfect Wife. Trois ans avant la parution du premier volume des aventures d’Agatha Raisin, une étrangère arrive dans un petit village, le petit village écossais d’Hamish MacBeth, celui où il ne se passe jamais rien, ou presque rien. Contrairement à Agatha, qui fait tout pour s’intégrer dans le village, y compris participer à des activités typiquement villageoises et provoquer quelques catastrophes, Trixie, cette « femme parfaite » comme on en croisera d’autres dans l’oeuvre de M.C. Beaton, souhaiter créer des chambres d’hôte avec Paul, son gentil mari. J’ai failli la qualifier de « tornade », mais il est des tornades sympathiques. Trixie, elle, a l’intention de bouleverser les habitudes des villageois, pour leur bien, et pour elle, tous les coups sont permis, y compris des manœuvres un peu hypocrites, tant que cela sert ses intérêts. Humilier les autres ne lui pose pas de problèmes, y compris son propre mari. Agatha Christie avait parlé, par la bouche de Miss Marple, du besoin qu’avaient certaines femmes de se dévouer aux autres – seulement elle montrait bien que ses femmes, finalement, trouvaient une sorte de confort en prenant soin des autres, mais ne les asservissaient absolument pas. Trixie, elle, est un peu atteinte du syndrome du chevalier : elle ne peut vivre que si elle sauve une personne en détresse, si elle parvient à lui faire adopter un mode de vie sain de manière extrêmement rigoureuse, sans que cette personne, finalement, n’ait son mot à dire, ne parvienne à garder son autonomie – une sorte de vampirisation.
Ses combats sont nombreux : contre le tabac, contre l’alcool, contre la malbouffe, pour la préservation de la nature et des animaux. A chaque fois, la méthode est radical, péremptoire, sans possibilité de négociation. Si elle secoue Angela Brodie, la femme du médecin, de sa torpeur, de sa dépression, presque, elle ne tarde pas à se mettre à dos plusieurs personnes dans le village, y compris Hamish MacBeth, qui a bien cerné sa personnalité.  Ce qui est étonnant n’est pas qu’elle se soit mis des personnes à dos, à force de faire manger du muesli fait maison au petit déjeuner et de bannir les animaux domestiques des maisons, mais que quelqu’un la déteste assez pour la tuer. Il est en effet un monde entre dire qu’on va tuer quelqu’un (le dire parfois soulage) et préméditer son geste.
Hamish enquête donc, enquête classique de voisinage, dans un village qui semble coupé du temps, avec ses femmes au foyer qui sont entièrement au service de leurs maris, qu’elles ont souvent épousé très jeunes, et qui se trouvent parfois un peu inoccupées quand les enfants ont quitté le nid. De plus, même dans ce coin des Highlands, on ne peut empêcher le progrès, et l’électroménager laisse du temps, pour manifester, pour lutter contre le tabac et l’alcool, comme au bon vieux de temps de la prohibition aux Etats-Unis. On trouve aussi des couples qui ne vont plus très bien après le passage de Trixie. Hamish ne peut que constater les dégâts, et espérer que la situation s’améliore pour certains. On notera aussi la présence d’un voyant, et si son côté escroc à la petite semaine n’est pas oublié – il ne force personne à consulter et à lui apporter de la nourriture en paiement de ses consultations, il est quand même montré que les prémonitions, oui, cela peut exister – et parfois vous sauver.
Curieusement, Hamish se détache de Priscilla dans ce volume, elle qui n’a de cesse de papillonner avec un autre. Elle reste son amie, uniquement, et lui se rend compte que l’enquête a plus d’intérêt pour lui que la belle jeune femme. Un comble, non ?
Un volume très réussi des aventures d’Hamish MacBeth.

Qui s’y frotte s’y pique de M.C. Beaton

Présentation de l’éditeur :

Hamish est forcé de remplacer un collègue dans les territoires hostiles de Cnothan, pour enquêter sur le meurtre d’un homme dans un petit village.
Obligé de remplacer un policier local dans les confins inhospitaliers de Cnothan, Hamish a le mal du pays et de sa chère Priscilla… mais, il est à peine arrivé que l’homme le plus détesté du village est assassiné et jeté en pâture à un élevage de homards qui n’en font qu’une bouchée avant d’être expédiés vers les restaurants les plus chics de Londres. Pour retrouver son village, Hamish Macbeth devra affronter l’horrible inspecteur-chef Blair et sa charmante voisine (l’un bien décidé à couvrir l’affaire, l’autre à le séduire !)… et débusquer l’assassin.

Mon avis :

Je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Et l’on peut se demander en lisant ce livre non pas quand il a été écrit, mais à quelle époque il se situe, tant les mentalités semblent dater des années cinquante.

Prenez Mrs Mainwright. Son mari n’aime rien tant que l’humilier, choisir pour elle la façon dont elle va être habillée – à la mode, et de manière à dissimuler ses formes. Elle a aussi été élevée avec l’idée qu’une femme ne savait pas gérer son argent, idée dévastatrice au possible. Je pourrai presque prendre chacune des femmes de se village et vous dresser un portrait figé dans le temps – je me croyais presque avec Imogène, l’héroïne d’Exbrayat, et la soif de ragots dont sont atteintes les femmes du village.

Hamish, lui, n’a pas le choix, il doit se rendre dans ce village retiré des Highlands, où l’on reste un étranger même si on habite ici depuis quatre ans – un village comme il en existe aussi dans la Normandie profonde. Comme il ne s’est rien passé dans son village depuis les deux meurtres précédents, il est bien forcé d’accepter, emmenant son chien avec lui, philosophant sur la nécessité d’avoir plusieurs activités. Il n’a pas de chance : il est à peine installé que les affaires courantes s’accumulent et qu’il doit faire face à un meurtre.

Nous aurons de la chance, nous comprendrons certaines choses avant lui, puisque nous suivrons les pas d’un complice involontaire. Ce n’est pas que personne n’a d’intérêt à trouver le coupable, c’est que personne n’a d’intérêt à ce que l’on en découvre trop, les enjeux nationaux étant trop importants – il est des personnes que l’on ne peut pas ridiculiser. Le pouvoir des médias ne semble guère être différent à cette époque. Cnothan est un curieux village, et Hamish lui-même souligne l’influence négative que ce lieu, confie de préjugés et de superstitions, a sur lui, le si flegmatique policier. Et c’est non sans joie que le lecteur quittera avec lui ce village.

 

De cendre et d’os de John Harvey

édition Rivages/noir – 460 pages.

Présentation de l’éditeur :

Katherine, la fille de l’inspecteur Frank Elder, est toujours profondément traumatisée par le viol qu’elle a subi de la part d’un criminel que traquait son père. Ce dernier est toujours rongé par la culpabilité.
A Londres, le sergent Maddy Birch se remet difficilement d’une arrestation violente au cours de laquelle l’un de ses jeunes collègues a été tué. Depuis ce tragique épisode, elle a l’impression d’être épiée. Son cadavre sera découvert quelques semaines plus tard auprès d’une voie de chemin de fer désaffectée.
Frank Elder n’a jamais oublié Maddy. Ils avaient connu un bref moment de passion amoureuse, il y a seize ans. Alors Frank va accepter de collaborer à l’enquête sur sa mort et retrouver le chemin des souvenirs, aux côtés de deux femmes officiers de police, Karen et Vanessa.

Mon avis :

Nous avons tous, un jour ou l’autre, vu un épisode de séries télévisées dans lequel la fille/la soeur/la nièce du héros était victime d’un enlèvement/d’une violente agression/d’une tentative de meurtre et celle-ci s’en remet toujours très bien. Comme si rien ne s’était passé. A croire que les scénaristes ne savaient pas trop quoi faire de leur arc narratif une fois celui-ci abouti.
Nous sommes ici dans un roman de John Harvey, et même si j’aime moins Frank Elder que Charlie Resnick (il fera à nouveau une apparition dans ce tome 2), lui voit, un an après les événements tragiques de De chair et de sang ce qu’il est advenu de sa fille. Elle est vivante. Oui. C’est le seul fait positif auquel il a pu se raccrocher. Elle est vivante et c’est tout. Elle a été brisée physiquement, mentalement. Oui, elle a consulté un thérapeute, et cela n’a pas eu les merveilleux résultats que l’on peut observer en moins de cinquante-deux minutes à la télévision. Oui, elle fait un peu n’importe quoi de sa vie, elle rentre très tard, elle sort avec un garçon plus âgé, elle ne s’entend pas avec son beau-père, elle ne veut plus voir son père, et Joanne, sa mère, en sait plus quoi faire. Elder, lui, tente de renouer les liens.
Puis, un matin, un nom l’interpelle dans le journal. Maddy Birch. Il y a eu quelque chose de fort entre eux, seize ans plus tôt, fort et sans lendemain. Des regrets ? Oui, peut-être. Surtout, il a la certitude qu’il ne veut pas laisser cette mort impunie, et il enquête, lui le retraité, au côté de Karen, femme policière et déterminée, et de Vanessa, policière et meilleure amie, complice de toujours de la victime.
Nous sommes avant l’air metoo et autre Balance ton bidule, et pourtant, John Harvaey n’a pas attendu les réseaux sociaux pour dénoncer les violences faites aux femmes, la difficulté qu’elles ont pour faire reconnaître ce qu’elles ont subi, les séquelles physiques, psychologiques de ce qu’elles ont vécu, et qui peuvent encore les atteindre des années après. La violence, souvent, débute par pas grand chose, un geste, un mot, un « truc » en trop, quelque chose que l’on peut pardonner assez vite, parce que l’on aime, parce qu’il n’en a pas fait exprès, parce qu’il est tellement différente des autres. Certaines femmes ont suffisamment de ressources en elles pour rompre ou elles peuvent compter sur quelqu’un pour les aider : toutes n’ont pas cette force et cette chance. L’auteur montre aussi que la solidarité féminine, parfois, n’existe pas, et qu’il est des femmes, des mères, pour expliquer à leur fille qu’elles doivent obéir à leur conjoint, c’est tellement plus simple. Il est aussi usant, épuisant, d’être en permanence sur ses gardes : le prédateur peut faire des pauses, la proie doit être constamment vigilante.
Sombre, ce roman ? Oui, bien sûr. Mais il montre aussi qu’il ne faut jamais s’avouer vaincu, que la vérité peut finir par éclaté, et qu’il est bon, aussi, pour sa propre défense, de compter avant tout sur soi-même.

Hercule Poirot quitte la scène d’Agatha Christie

édition du Masque – 253 pages

Présentation de l’éditeur :

Ramolli, Hercule Poirot ? Allons donc ! Il a beau être cloué par l’arthrite dans une chaise roulante, son brillantissime cerveau n’en reste pas moins en pleine forme.
D’ailleurs, n’est-ce pas dans un fauteuil qu’il a l’habitude de mener l’enquête ? Et puis, les lieux lui sont familiers. Le manoir de Styles… Poirot s’est illustré ici même, naguère. Il pourrait presque s’y trouver en pèlerinage. Mais non. Il est venu affronter un meurtrier particulièrement coriace. Lié à cinq affaires criminelles, déjà – bigre, joli tableau de chasse ! – et déterminé à récidiver. C’est compter sans les increvables petites cellules grises.
Et la volonté de Poirot de quitter la scène sur un coup de maître…

Mon avis :

L’idée me vint pourtant, bien qu’elle ne parût pas venir à Poirot, que même un meurtrier peut prendre des jours de congé.

Revoici Hastings, Hastings que l’on avait quitté après Témoin muet, qui a vécu en Argentine avec sa belle Cendrillon, et qui a eu quatre enfants avec elle, tous adultes, tous indépendants. Hastings est veuf, il pense que les plus beaux jours de sa vie sont derrière lui, et voilà que son meilleur ami Hercule Poirot, le seul, l’unique, l’invite à le rejoindre au domaine de Styles, là où tout a commencé, là où ils sont partis en chasse ensemble pour la première fois.
C’est un choc pour Hastings. Pas de voir ce qu’est devenu le domaine, que son ami John Cavendish, divorcé de Mary, a vendu : il est devenu une pension de famille pour des personnes moyennement fortunés. Non : il ne peut que constater que son vieil ami n’est plus celui qu’il était. Ses petits cellules grises sont intactes, son corps ne suit plus : l’arthrite le condamne à la chaise roulante, le coeur ne suit plus, et le récent séjour en Egypte n’a pas apporté le mieux escompté. Pourtant, Hercule Poirot l’a fait venir pour une affaire d’importance : un meurtre va être commis, il en est sûr et il a besoin d’Hastings pour être ses yeux, ses oreilles, pour empêcher le mystérieux X d’agir. Oui, Poirot connaît l’identité de cette personne, liée  cinq affaires criminelles. Oui, cinq, c’est au moins trois de trop. Cinq affaires, qui ont eu lieu pas si loin que cela de la région où Poirot a invité Arthur Hastings à le rejoindre, cinq affaires très différentes, avec des mobiles très différents, avec cependant un point commun : le coupable n’a jamais fait aucun doute, une seule piste a été explorée.
Roman policier ? Oui, bien sûr, et Agatha Christie met en scène un personnage pas si fréquent que cela dans le roman policier de ces années-là : le pervers manipulateur. Cela fonctionna aussi au féminin, je vous rassure. Celui qui sait manipuler les autres, qui sait utiliser le pouvoir de la parole, qui sait écouter, observer, voir ce qui doit être vu, taire juste ce qu’il faut, doser ses effets. Oui, un personnage rare, qui remplit pourtant tous les critères pour être un adversaire intéressant – celui auquel on ne fait pas attention.
C’est une société en pleine mutation que nous montre Agatha Christie, où l’on s’interroge sur l’euthanasie, par exemple, où le divorce existe, mais certains ne veulent pourtant pas en entendre parler, alors qu’Hastings, qui a toujours été heureux en mariage, ne voit pas pourquoi le divorce ne serait pas possible. Il est des femmes qui ont fait des études, qui savent ce qu’elles veulent dans la vie, exemple de ses femmes fortes qui parcourent l’oeuvre d’Agatha Christie. Il est aussi des femmes qui attendent tout du mariage, surtout la position sociale et l’argent, qui n’hésitent pas à jouer non de leur charme, mais de leur faiblesse. Je disais bien que les femmes pouvaient être manipulatrices.
Hastings reste Hastings, pour le plus grand bonheur du lecteur, et c’est lui qui conclut cette ultime enquête : « Pourtant, il avait raison. J’aurais dû comprendre« .

chez les lectures d’Azilis

De chair et de sang de John Harvey

Présentation de l’éditeur :

Après trente ans de bons et loyaux services dans la police de Nottingham, l’inspecteur principal Frank Elder a donné sa démission. Il s’est réfugié dans un cottage en Cornouailles, mais le passé continue de le hanter. Il ne s’est jamais remis d’une affaire non élucidée : la disparition, en 1998, d’une adolescente nommée Susan Blacklock. Deux psychopathes condamnés à l’époque pour le viol et le meurtre d’une autre jeune fille restent pour l’inspecteur des suspects idéaux. Apprenant que l’un d’eux va bénéficier d’une libération, Frank Elder s’intéresse de nouveau à l’affaire Blacklock. Il ne se doute pas qu’il va plonger jusqu’au cou dans un drame auquel sera mêlée sa propre famille.

Mon avis :

Soyons clair : je préfère nettement la série Charles Resnick à celle qui met en scène Frank Elder, sans doute parce que celle-ci s’attarde trop sur la vie privée de l’enquêteur. Lui a suivi sa femme au gré de ses pérégrinations professionnelles, leur fille suivait de son mieux, acceptant ces changements d’établissements scolaires, se séparant ainsi de ses amis, renouant d’autres amitiés, pendant que ses parents se séparaient. Et oui, madame Elder avait un amant, avec lequel elle est toujours en relation. Quant à Frank, il vit seul, il a démissionné de la police, mais il reprend du service. Oui, un homme qui avait été soupçonné de la disparition d’une adolescente sort de prison : il avait été condamné pour le viol et le meurtre d’une autre jeune fille. On ne peut pas garder les tueurs indéfiniment en prison. Il semble cependant que la société échoue lamentablement à les réinsérer, peut-être parce qu’ils ont toujours été en marge de la société.

Regardons un peu le destin de Shane Donald, le complice, celui qui était sous la coupe de plus fort que lui. Il a été victime de maltraitance, de violence tout au long de sa jeunesse, de trouvant un peu de réconfort qu’auprès de sa soeur aînée, Irène, qui s’est mariée jeune, pour fuir son milieu, puis a enchaîné les grossesses. Il est ensuite tombé sous la coupe de plus fort que lui. Alors oui, bien sûr, tous les enfants maltraités ne finissent pas ainsi – mais combien d’enfants maltraités croisons-nous dans ce livre ? Ne comptons pas, ils sont beaucoup trop.

Frank Elder suit de loin ce qui se passe, parce qu’il a promis à Helen, la mère de Susan, la dernière disparue, de retrouver sa fille. Bien sûr, personne n’a d’illusion, elle est très certainement morte, sinon, elle aurait donné des nouvelles, à sa mère, à son père, à un ami, un proche, un de ses anciens professeurs qui croyait en elle – elle voulait devenir comédienne. Donc Elder reprend l’enquête – et tout dérape. Le passé demandait à ne pas être réveillé, et le présent est suffisamment tortueux. Certains sont prêts à tout pour obtenir ce qu’ils désirent, les conséquences, les vies humaines comptent peu.

Une lecture en demi-teinte donc, et un dénouement dont les conséquences se feront sans doute sentir dans les tomes suivants (le quatrième n’est pas encore traduit à ce jour).

 

Les étrangers dans la maison de John Harvey

Présentation de l’éditeur :

Maria Roy a menti en décrivant les cambrioleurs qu’elle a surpris chez elle, comme deux petits noirs en blousons. Harold, son mari, n’a pas tout dit sur ce que contenait son coffre-fort. Quant au grand type élégant qui s’est courageusement interposé contre un commando venu saccager le restaurant chinois où il dînait, il est autant industriel du textile que Lester Young était chanteur d’opéra… Tant que ces gens-là se mentent les uns aux autres, tout le monde y trouve plus ou moins son compte. Mais lorsque chacun a leur tour, ils viennent mentir au détective-inspecteur Charlie Resnick, il cherche le lien entre les menteurs, un kilo de cocaïne en vadrouille et une vague de cambriolages non éclaircis. Quitte à mettre son nez dans les affaires d’un collègue indélicat et à fréquenter l’univers impitoyable de la télévision…

Mon avis :

Le titre m’a fait irrésistiblement pensé à un roman de Georges Simenon – qui ne met pas en scène Maigret. Il convient parfaitement à ce roman : des étrangers s’introduisent chez vous, pillent vos biens, découvrent vos secrets. Certes, la sagesse populaire dit toujours qu’il y a pire dans la vie qu’un cambriolage – c’est toujours ce que l’on dit avant d’en être victime. Surtout quand on se retrouve face à face avec ses cambrioleurs.

Maria Roy l’a bien compris, elle ne dira pas la vérité, toute la vérité à la police. Elle ne va pas leur décrire les deux cambrioleurs, qui se sont invités à prendre une vodka avec elle, et qui ont découvert que son metteur en scène de mari planquait un kilo de drogue dans un coffre-fort. Non, ce n’était pas pour sa consommation personnelle, non, ce n’était pas pour trafiquer, c’était pour rendre service à un ami ! Les voilà tout de même encore plus ennuyés que prévu – on peut difficilement déclarer la perte d’un kilo de drogue à l’assurance.

Je n’ai pas peur de le dire, ce second volume des enquêtes de Charlie Resnick, inspecteur fan de jazz d’origine polonaise est parfois franchement drôle. Oui, les affres d’Harold Roy, en train de mettre en scène avec moults retards une série télévisée, tout en découvrant que sa femme le trompe. Maria n’a strictement aucun remord de prendre du bon temps avec le beau cambrioleur quadragénaire. Un couple d’une rare harmonie :

Harold eut un sursaut dans son sommeil, laissant tomber son bras avec un grognement rauque.
— Bon sang, Harold ! s’écria Maria. Mais crève donc en silence !
Les six cent quarante-huit pages de sublimation fantasmatique pour ménagères frustrées ratèrent sa tête de seulement quelques centimètres.

La trame semble comique, parce qu’elle permet d’aborder bien d’autres sujets de société. L’on peut parler aussi bien de la réinsertion des ex-détenus (qui peut parfois fort bien se passer), que de la délinquance des adolescents qui semblent pourtant avoir tout ce dont ils ont besoin dans la vie, y compris des parents soucieux de leur bien être ou de la dépression post-partum : il est suffisamment rare d’en parler de nos jours qu’il est bon de montrer que d’autres auteurs l’ont fait bien avant, sans en faire le sujet du livre, mais en l’insérant dans une trame plus vaste, en montrant les répercussions qu’elle peut avoir dans le couple, et dans la vie professionnelle.

Il est des sujets plus légers qui peuvent avoir des conséquences, comme la tentative de sevrage de caféine entrepris par Charlie Resnick : Au départ, quand il avait commencé à ne plus pouvoir dormir, il avait réduit sa consommation de caféine : moins pendant la journée, plus du tout le soir. Résultat, son équipe en avait fait les frais. On ne pouvait plus rien lui dire sans qu’il devienne odieux. L’on ne dira jamais assez l’importance d’un bon café pour une enquête, plus que la sacro-sainte tasse de thé que l’on prépare à chaque fois qu’un coup dur survient.

L’intrigue est enlevé, drôle, mouvementée, elle montre aussi qu’il faut aller au-delà des apparences, au delà des discours convenus et bien policés. Il est des témoins qui disent ce que la police a envie d’entendre, et parfois, la police les écoute. Parfois aussi, comme Resnick, il est un détail qui met la puce à l’oreille et donne envie de pousser plus loin les investigations – quitte à froisser certains.

 

 

 

 

Coeurs solitaires de John Harvey

Présentation de l’éditeur :

Shirley Peters a été tuée, et son ancien amant l’avait menacée de mort. Pour l’inspecteur Resnick, il s’agit là d’un drame passionnel, ce genre de drame auquel il a l’impression d’être confronté tous les jours. Mais quand une seconde femme est sauvagement violée et assassinée, il semble évident qu’un « serial killer » est à l’œuvre et qu’il choisit ses victimes parmi les femmes esseulées qui cherchent un compagnon dans la rubrique locale des cœurs solitaires. Journaliste, poète, scénariste et romancier, John Harvey est une révélation majeure du roman noir anglais.

Mon avis :

Comment cuisiner quand on a, comme Charlie Resnik, quatre chats ? Difficilement ! Les chats en question ont beau être brillants, trouvant toujours la bonne gamelle dans les quatre qui ornent la cuisine, ils peuvent cependant commettre quelques gaffes, comme s’endormir et se retrouver coincé dans le panier à linges, ou encore de faire une petite sieste dans une casserole, la même bien sûr dont son maître a besoin pour cuisiner les deux patates qu’il a trouvées. Vous l’aurez compris, Charlie Resnik, inspecteur de son état, ne pouvait que m’apparaître immédiatement sympathique. Il est aussi profondément humain. Ne lui demandez pas de prendre fait et cause pour les personnes qui violentent les autres, d’autant plus que les statistiques, à ce sujet, semblent vraiment grimper en flèche. Ne lui demandez pas non plus de ne pas pousser dans ses retranchements un suspect. Attention ! Il ne s’agit pas d’user de violences, comme certains policiers auraient trop tendance à le faire ; il s’agit de chercher, de fouiller, d’appuyer là où cela fait mal – on ne se retrouver pas au poste en garde à vue par le plus grand des hasards.

Oui, ce polar date de plus de vingt-cinq ans, et pourtant, il est toujours aussi lisible. Les temps ont changé, il nous parle d’une époque où l’on se rencontrait par le biais des petites annonces, non par celui des applications de rencontre sur son téléphone portable. Il fallait écrire, l’annonce, d’abord, puis la lettre en réponse, et ensuite seulement on pouvait se rencontrer et voir si cela « matchait », pour reprendre un terme de notre époque. Le but de ses rencontres pouvait être faire sa vie ensemble, passer un bon moment, voir un moment tout court, surtout si, telle une Cendrillon des temps modernes, la jeune femme se doit d’être rentrée avant minuit pour s’occuper de ses enfants. Oui, nous sommes à une période charnière. Ce n’est plus le temps où le mariage, c’était pour la vie, et l’on restait, quoi qu’il arrive. Ce n’est pas encore le temps où l’union libre est la forme d’union la plus fréquente, où les femmes refont leur vie en étant moins jugées – moins, pas plus, malheureusement, parce que le combat pour mener sa vie de femme comme on l’entend est un combat d’actualité.

Elles s’appelaient Shirley, Mary. Shirley a subi la violence de son compagnon, violence pendant leur vie de couples, menace après leur séparation, qui l’a menée à obtenir une injonction contre lui. Mary a été plaquée par son mari, qui l’a laissé avec deux jeunes enfants pour refaire sa vie – loin. Elles ont toutes les deux été assassinées, pour ne pas dire massacrées, tuées parce qu’elles étaient des femmes, sur lesquelles un homme a pu faire la démonstration de sa force et de son pouvoir, un homme qu’il faut arrêter avant qu’il ne recommence, avant que la peur ne monte. Il s’agit bien de l’arrêter lui, non de dire aux femmes de se comporter autrement.

Des femmes, nous en croisons d’autres, dans ce roman. Lynn, d’abord, la seule femme du poste de police, qui a pourtant réussi à s’imposer dans un monde d’hommes, avec des collègues pas toujours très fins. Je pense à Divine, qui fait son boulot tout en dissimulant à peine son racisme. Je pense à Naylor et à sa femme – j’en ai rencontré dans la vie – qui mène une vie dont je n’ai jamais voulu, avec Naylor, entièrement sous la coupe de sa femme, planifiant longuement toute leur vie, paniquant quand un imprévu survient. Je pense aussi à Miss Odds, l’avocate qui défend tous les prévenus, et tient à être appelée « Miss » – gare à celui qui ne le ferait pas ! N’oublions pas Rachel, travailleuse sociale absolument débordée, tout comme son compagnon Chris, au point qu’ils n’ont plus vraiment grand chose à se dire, si ce n’est que Chris ne réagit pas formidablement bien quand elle décide de se séparer – disons même plutôt qu’il réagit exactement comme tous les conjoints dont il a le dossier en charger. Aucun milieu n’est épargné par la violence, c’est aussi simple que cela, il est toujours bon de l’avoir à l’esprit.