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Les cousins Karlsson, tome 10 de Katarina Mazetti

Présentation de l’éditeur :

Passer Noël sur l’île aux Grèbes ? Les cousins Karlsson en rêvaient. Mais une nuit, George disparaît mystérieusement… Puis c’est au tour de Chatpardeur ! Serait-ce un coup du « Joueur de flûte », ce dangereux individu à l’origine de plusieurs disparitions dans la région ?
Quoi qu’il en soit, il se trame quelque chose sur cette île, et les cousins sont bien décidés à ne pas se laisser faire. Malheur à celui ou celle qui oserait gâcher le Noël des cousins Karlsson !

Mon avis :

Qu’on se le dise ! Les cousins Karlsson sont grands, ils sont presque des adultes, du moins, c’est ce que dit Bourdon. Ils peuvent donc passer Noël seuls, tous les quatre, sur l’île au Grebe. Même les chevaux qui vivent traditionnellement sur l’île ne seront pas là – on ne va pas les laisser seuls, sur l’île, en plein hiver. Les enfants sont seuls, oui, mais après tout, ils l’ont toujours plus ou moins été. La différence ? Certains adultes savent que les dangers peuvent être bien réels – comme Taximaxi. E effet, quatre adolescents ont disparu, il faut donc être véritablement attentifs !
Surtout, les quatre cousins découvrent très vite qu’ils ne sont pas seuls sur l’île. Non, je ne parle pas de Chapardeur, qui a suivi Bourdon – forcément – je parle de personne qui ont laissé des traces de pas sur l’île, difficile de se cacher quand il neige ! Très vite, le mystère s’épaissit quand Chapardeur disparaît, puis George, puis….
Plus ludique que les tomes précédents, Squelettes et démons nous montrent quatre cousins parfois plus matures que leurs propres parents. Ils ne sont pas les seuls enfants à ne pas manquer de ressources – ou à se rendre compte que, parfois, ils ont vraiment fait de grosses bêtises, ou à s’interroger sur le fait de consommer (trop) de viandes. C’est la bonne humeur et la gastronomie (française -les treize desserts de Provence, la bûche de Noël) qui vont finir par prendre le dessus, dans une intrigue qui fleure bon l’esprit de Noël.

L’école des souris – première neige d’Agnès Mathieu-Daudé et Marc Boutavant

Présentation de l’éditeur :

Ce matin, à l’école des souris, seul Ricky le surveillant est en retard. Il arrive enfin, encore un peu endormi. Il faut dire que c’est la fin de l’automne et que les hérissons, normalement, hibernent. Et voilà qu’une poudre blanche se met à tomber du ciel. Du fromage râpé ? Non, de la neige (tu l’avais deviné) ! Toute la troup part alors découvrir le paysage hivernal. La neige, c’est très amusant, mais attention, ça peut aussi être surprenant.

Mon avis :

(Soupir) Etre la maîtresse d’école de treize souriceaux, c’est compliqué. Ce n’est pas Emma la Belette qui vous dira le contraire. (Soupir) Etre le directeur d’une école de treize souriceaux, c’est très compliqué aussi, surtout quand on a entrepris de se cuisiner un bon soufflet pas trop épicé (une pincée ou deux d’ailes de libellule ?) et que le soufflet finit cramé. Surtout, il faut tenter d’inculquer les bases de l’arithmétique (dépasser le chiffre 3, ce serait bien) alors que dehors, du fromage râpé tombe du ciel. Qu’à cela ne tienne ! Faisons plutôt une « récréation éducative », un concept fort sympathique, que j’ai très envie d’explorer.
Le récit est drôle, enlevé, rempli de péripéties et d’assoupissement (les deux ne sont pas incompatibles), les illustrations sont à elles seules des récits à part entière. A faire découvrir !


 

Océans en danger – Théo super-héros de la nature d’Anne-Marie Desplat-Duc

édition Scrinéo – 114 pages

Présentation de l’éditeur :

Depuis que Théo a été choisi par les petits animaux de son jardin pour devenir le super-héros de la nature, il n’a pas le temps de s’ennuyer !
Après avoir sauvé les insectes de sa commune et secouru les poules d’un élevage industriel, ce sont maintenant les animaux marins qui lui demandent de l’aide. Car les plages, les mers et les océans débordent de déchets…
Il est temps pour Théo de s’attaquer à la pollution marine !

Merci aux éditions Scrinéo et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

Et il y a du boulot ! Pourquoi ? Parce que la pollution marine ne vient pas que de la mer, je dirai même qu’elle est plutôt provoquée par les « terriens », tous ceux qui laissent traîner leurs déchets sans penser à ce que ceux-ci deviendront, comme si, une fois abandonnés dans la nature, ils n’existaient plus. C’est plutôt le contraire, rien ne se perd, rien ne se crée et tout se retrouve qui dans la mer, qui sur les côtes, pour finir ingérer par les poissons, les mammifères marins, provoquant décès prématurés et dépopulation des océans. Sachant que l’homme a déjà du mal à voir la pollution qui a lieu sous ses yeux, imaginez un peu pour celle qui se passe très loin de lui !

Comme pour les deux premiers volumes, Théo super-héros de la nature est rempli de bonnes idées, simples à mettre en pratique pour peu que l’on fasse preuve de bonne volonté (oui, l’on connait tous des personnes qui en manquent singulièrement). Bien sûr, comme Maëlle, la meilleure amie de Théo, l’on peut légitimement être saisis de découragement, se dire que ce que l’on fait, c’est peu. Même Théo, en dépit de toutes les initiatives prises au sein de sa classe et du collège de son frère, sent aussi poindre du découragement. Parce que le problème ne peut pas être résolu seulement par des individus de bonne volonté, il faut aussi que les entreprises et les éleveurs intensifs s’y mettent, et là, c’est une toute autre affaire.

Ce troisième volume est dans la continuité des précédents, c’est à dire que les initiatives déjà prises continuent à être mises en oeuvre – nous avons par là même des nouvelles des poules prises en charge dans le second volume. Il est agréable et facile à lire. De même, j’apprécie l’initiative du cahier de jeux à la fin du livre, habitude que les éditeurs jeunesse avaient un peu perdu, et c’est dommage.

 

 

L’Affaire Teddy Riner par Robin Six / L’Equipe

Présentation de l’éditeur :

Bakary, Martial et Nissrine sont conviés par Alice et Rajan, rédacteurs du célèbre quotidien L’Équipe avec qui ils travaillent en tant que stagiaires, pour discuter de sujets qui sortent de l’ordinaire. Alors que Bakary et Nissrine se dirigent tout de suite vers leurs sports préférés, le handball et le basketball, Martial décide de s’intéresser au judo, et plus particulièrement à Teddy Riner. Depuis le début de sa tournée des dojos en Île-de-France, le judoka est la cible de graffitis injurieux.
Afin de trouver les réponses à ses questions, Martial fait appel à ses deux amis. Ensemble, ils vont s’efforcer de rétablir la vérité…
Parviendront-ils à résoudre cette enquête ?

Merci à Netgalley et aux éditions Le dragon d’or pour ce partenariat.

Mon avis :

Le sport n’est pas du tout ma tasse de thé, ce n’est un secret pour personne. Je note cependant que ce livre peut plaire à de jeunes lecteurs – et c’est bien plus intéressant à signaler que mon désintérêt pour le sport.
J’ai trouvé que ce livre était facile à lire. Les chapitres courts facilitent la lecture. Les changements de narrateur permettent aux jeunes lecteurs de s’identifier plus facilement à l’un ou à l’autre des personnages. Ces personnages ont d’ailleurs un vécu, des émotions, qui en font des êtres pas si « lisses » qu’on pourrait le croire dans un roman jeunesse, et l’oralité de la langue n’a pas dû être si facile que cela à transcrire.
Le sport qui sert de fil rouge à ce volume, c’est le judo, et j’ai découvert que l’on pouvait ne pas aimer le judo ou ne pas le juger accessible, alors que je connais énormément de jeunes et de moins jeunes qui pratiquent ce sport, et en tirent bénéfice, physiquement, moralement (enfin… quand les salles de sport sont ouvertes, bien sûr). Ce roman nous parle des valeurs véhiculées par le judo, mais aussi des valeurs que véhiculent le sport tout court : respecter l’adversaire, toujours, même et surtout dans les sports de combat.
Roman sur le sport, l’Affaire Teddy Riner est aussi une vraie enquête, sur des problèmes de société et sur des adolescents qui ne demandent qu’à pouvoir s’exprimer.

Yoko de Jean-Luc Marcastel

 

Présentation de l’éditeur :

En 2121, alors que les mégalopoles ultramodernes ne communiquent plus avec les campagnes délaissées, Jal et Lyonh survivent tant bien que mal dans le village malfamé d’Aigues-Mortes. Un jour, ils découvrent une jeune fille endormie dans un caisson électronique échappé d’un accident. Jal décide de la sauver, contre l’avis de Lyonh. C’est le début des embrouilles : celle qu’ils ont décidé d’appeler Yoko possède d’extraordinaires capacités physiques et mentales. Et c’est sûrement pour cela que de dangereux mercenaires sont lancés à sa recherche. Ils vont devoir se battre jusque dans l’arène pour aider la jeune fille amnésique et comprendre qui elle est et d’où elle vient.

Merci aux éditions Didier Jeunesse et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

Et si l’on commençait par la fin ? Dans la postface, l’auteur nous explique sur quoi il s’est basé pour créer l’univers de Yoko – et pour nous prévenir : le monde dans lequel évoluent les trois personnages principaux existe déjà, ou il pourrait exister si nous n’en prenons pas garde.
2121 – je ne le verrai pas, et ceux qui lisent cet article non plus. Les états ont failli, les multinationales ont pris le pouvoir. Les expérimentations scientifiques ont bien fonctionné, et les zones de non-droits ne se sont pas multipliés, il n’y a que des zones de non-droits quand on ne possède rien. C’est le cas de Jal et Lyonh. Ils survivent comme ils peuvent, et encore, ils ont eu de la chance d’avoir Mario qui les a pris sous son aile dans leur jeunesse. J’ai beaucoup aimé le personnage de Mario, un « gentil », c’est à dire qu’il est capable d’user de violence pour se défendre, pour défendre les faibles, mais jamais il n’abusera de celle-ci, ou n’abusera de ceux qu’il protège. Il est important pour moi de voir des figures positives même dans un univers dévasté. Alors que la vie des deux jeunes hommes – quasiment des adolescents – étaient déjà assez difficiles, ils font le choix de sauver une jeune fille qu’ils trouvent, survivante d’un accident. Oui, dans ce monde où c’est chacun pour soi, sauver la vie de quelqu’un, prendre des risques pour elle ne va pas de soi, loin de là. Et ce n’est pas que c’est le début des ennuis, non, plutôt la continuité – parce que cette jeune fille a de la valeur, une valeur marchande, une valeur combattante. Il est si facile, si légal de créer des êtres génétiquement modifiés, à la condition qu’ils soient stériles – ou que l’on pense qu’ils le sont.
Oui, ce roman nous montre la violence de cette société futuriste sans garde-fou, sauf celui que procure l’argent. Violent, oui, mais le récit ne sombre jamais dans le trash, le voyeurisme. C’est un premier tome, oui, mais nous sommes déjà dans l’action, sans jamais céder à la facilité.
Une série dont j’ai très envie de connaître la suite.

Trouille Académie – Fantômes connectés par Bertrand Puard

Présentation de l’éditeur :

Lorsque Romane reçoit son premier smartphone, son meilleur ami Orphée s’empresse de lui installer UbiK, le réseau social dont tout le monde parle. Mais aussitôt, la vie de la jeune fille est bouleversée : elle fait des cauchemars terrifiants, ses proches sont comme possédés, et elle-même semble agir contre sa volonté. Se pourrait-il que l’application soit… hantée ? Décidés à mener l’enquête, Romane et Orphée s’embarquent dans la plus glaçante et inquiétante des aventures !

Mon avis :

J’aime les histoires de fantômes, j’aime les éditions Poulpe fictions, et j’ai déjà lu les trois tomes précédents de la série, c’est donc tout naturellement que j’ai découvert ces Fantômes connectés.
Romane est une fille comme on en fait peu : elle adore lire, elle a même battu un record de carte de fidélité à la librairie, qui hélas, fermera prochainement. C’est uniquement par sécurité qu’elle accepte de prendre le téléphone portable que lui donne son père. Heureusement, enfin, heureusement pour les geeks qui ne peuvent pas vivre sans une centaine d’application sur leur téléphone, son ami Orphée, le fils du gardien du cimetière, lui configure prestement son portable. Ce n’est pas le début des embêtements, cela n’en est que la continuité.
En plus d’être un roman à l’intrigue bien construite et pleine de rebondissements nocturnes, Fantômes connectés est une réflexion sur ce que l’on laisse derrière soi après sa mort, sur les regrets qui peuvent rester dans le coeur des vivants, sur toutes les actions qui n’ont pas été accomplies et aussi sur la manière dont les vivants peuvent tirer profit de la mort de certains. Oui, ce n’est pas une vision rose de la vie, mais la littérature jeunesse n’a pas à être systématiquement optimiste. Il l’est tout de même grâce à ces fantômes qui ont encore des choses à dire aux vivants en deuil.
Oui, Fantômes connectés est un roman qui peut faire peur aux jeunes lecteurs. Mais c’est aussi un roman drôle, grâce à la narratrice, Romane, qui ne manque pas d’humour, grâce au directeur de la Trouille académie qui ne manque pas de ressources.

 

14 jours en mode survie de Sophie Rigal-Goulard

Présentation de l’éditeur :

Prêts pour une aventure extrême ? Amaury, 12 ans, Ahé, 11 ans et Alanis, 6 ans, ont peur de vivre des vacances cauchemardesques avec leur père. Ils vont randonner 14 jours dans le parc naturel du Queyras en renonçant à toute connexion, ployer sous leur lourd barda, se nourrir de ce que la nature leur offrira et se laver à l’eau glacée des torrents. La montagne, sauvage, va-t-elle les protéger ou… les défier ? Qui franchira le vertigineux pont de singe ? Qui perdra son sang-froid à la nuit tombée, en entendant de dangereux grognements ? Quand leur père se blesse au bras, les aînés paniquent…

Merci aux éditions Rageot et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

Pour commencer, je dirai simplement que je ne pourrais même pas vivre une journée en mode survie ! Pendant que j’écris, j’ai une crise d’urticaire sur le bras droit, et une rhinite allergique tenace depuis hier. Et l’activité la plus dangereuse que j’ai faite ce week-end a peut-être été chercher mon courrier – corriger les copies ne compte pas. Je m’interroge aussi sur cette vogue des romans de littérature jeunesse (ou de littérature tout court) qui nous parle de survie, du meilleur moyen de vivre dans la nature si l’on se retrouvait privé de tout ce qui fait notre confort moderne. N’existe-t-il pas un moyen terme entre vivre entièrement dépendant de la technologie, et vivre sans eau, sans électricité, en pleine nature ? Je me suis même dit que quatorze jours vécus ainsi n’étaient pas toujours réalistes, vu l’âge d’Alanis (vu les soucis de santé que j’avais à cet âge, j’aurai fini chez le médecin au bout de trois jours) et celui d’Ahé (parce qu’il n’est jamais question dans ce roman des soucis qu’une adolescente peut avoir certains jours du mois).
Oui, j’ai commencé par émettre de très longues réserves, pour un roman qui reste agréable à lire, et qui comporte des traits d’humour bienvenu. Le jeune lecteur pourra passer un bon moment de lecture, à la condition sans doute que cela reste… de la lecture.

Prunelle, sorcière rebelle d’Agnès Laroche


Présentation de l’éditeur :

Prunelle est une sorcerelle qui pratique la magie douce pour améliorer la vie des habitants du comté de Tendreval. Un jour, instinctivement, elle lance un sort de magie forte, strictement réservé aux sorciers, les Eclaireurs. Or le père de Prunelle est le chef des Eclaireurs… Prunelle est confrontée à un dilemme : cacher la vérité à son père qu’elle adore ou lui avouer qu’elle a trahi sa confiance. Elle hésite, mais comment ignorer l’appel de la magie qui palpite en elle ?

Merci aux éditions Rageot et à Netgalley pour leur confiance.

Mon avis :

Ce qui m’a attiré en premier dans ce livre, c’est sa couverture, qui est absolument magnifique. Bonne nouvelle : le roman est tout aussi intéressant que le laissait présager la couverture. C’est le deuxième roman d’Agnès Laroche que je lis en peu de temps, et je trouve vraiment remarquable de parvenir à passer ainsi d’un genre (la littérature contemporaine) à un autre (la fantasy) avec la même profondeur.

Le comté de Tendreval est un monde magique et idyllique, un monde où les Eclaireurs et les sorcerelles prodiguent leurs bienfaits. Les sorcerelles rendent heureux, accomplissent toutes les actions qui permettent de remonter le moral. Les Eclaireurs, eux, accomplissent tous les sortilèges réellement utiles. Par choix ? Non. Les femmes n’ont pas le droit de pratiquer la magie forte. Pourquoi ? Parce qu’elles sont des femmes, elles n’ont pas les capacités, la force, le discernement pour pratiquer cette magie. Non, laissons-les faire ce pour quoi elles sont faites. Si ce discours vous semble désuet, il ne l’est pas tant que cela pour certaines personnes ! Oui, le comté de Tendreval est un univers de contes, avec sa magie, et ses interdits, si faciles à transgresser, finalement, mais aux conséquences particulièrement lourdes.

Hélas pour Prunelle, le chef des éclaireurs n’est autre que son père, et son frère, éclaireur lui aussi, entend bien faire respecter la loi, édictée par son père lui-même. A quoi sert d’être parmi les « bons » si personne ne vous empêche d’être cruel ?

J’ai aimé… une intrigue qui monte en puissance, un récit qui évolue et nous emmène toujours là où l’on ne s’y attendait pas. J’ai aimé un récit qui nous montre qu’isoler, ostracisé, ne résout aucun problème – surtout pas quand ceux qui prônent ses solutions sont aveugles.

J’attends le tome 2 avec impatience – en comptant beaucoup sur Nox.

 

Lewis caméléon métis de Justine Jotham

édition Poulpe fictions – 168 pages

Présentation de l’éditeur :

Adopté par la joyeuse famille des Dupont-Durand, Lewis pourrait avoir la vie douce si les autres animaux du quartier ne se moquaient pas sans cesse de sa drôle de démarche ou de sa couleur de peau (jamais la même et, pourtant, jamais la bonne, selon eux).
Né d’une mère lézard et d’un père caméléon qu’il n’a jamais connu, Lewis s’interroge sur ses origines. Il n’a qu’une hâte : découvrir la Gwaraïbe !
Surprises et amitiés l’y attendent, dans ce voyage qui pourrait bien changer sa vie.

Une drôle d’histoire sur le métissage, à hauteur de… caméléon !

Mon avis :

J’aime beaucoup cette collection des éditions Poulpe fictions. Le tout premier est Tarzan poney méchant de Cécile Alix, un poney unique ! D’autres ont suivi, qu’ils se nomment Caviar, Goliath ou Adèle. Aujourd’hui, c’est le tour de Lewis. Il est un caméléon rare, puisqu’il est métis. Il vit en France, dans une famille originale. Cependant, s’il grandit auprès de sa mère lézard, il aimerait connaître son père, un caméléon. Comme la famille Dupond-Durand ne manque pas d’originalité (oui, je me répète), ils décident de partir tous les cinq pour la Gwaraïbe. Oui, Lewis est du voyage ! Là bas, il part à la recherche d’une partie de ses origines.

Sous prétexte de nous parler d’animaux, le roman nous parle de la difficulté de vivre sans père, du métissage et du regard que portent les gens sur lui. Le métissage n’est pas un problème, c’est l’intolérance qui en est un.

Un joli roman de littérature jeunesse.

Fonteclose : Le Trésor de Charette de Vanessa Pontet

édition Slalom – 304 pages.

Présentation de l’éditeur :

Déménager dans un château perdu en Vendée ? Voilà bien une idée grotesque comme peuvent en avoir les parents… Lucie et Victor quittent leurs copains, le cœur lourd, mais vont bientôt rencontrer de mystérieux colocataires et chercher à découvrir en leur compagnie un secret farouchement gardé depuis plusieurs siècles.
Au XXIe siècle, Fonteclose, le manoir du Général Charette, est racheté par un couple de restaurateurs parisiens et leurs enfants. Mais la demeure est déjà  » habitée « . Depuis la Révolution française et la révolte des Vendéens, le Comte Erwan de Parenssay et sa famille sont prisonniers du domaine. Trois siècles pendant lesquels ils ont veillé sur le trésor de Charette, le plus célèbre de Vendée. Des caisses d’or que beaucoup cherchent encore.
Mais cette fois, impossible pour le vieux Comte de faire fuir les nouveaux propriétaires du manoir !
Le pouvoir des ondes a changé la donne…  » Éternels  » et  » Intrus  » doivent vivre ensemble et mener l’enquête sous l’œil vigilant du Général !

Merci à Netgalley et aux éditions Slalom pour ce partenariat.

Mon avis :

J’aime les fantômes et j’aime les histoires avec des fantômes, surtout quand elles jouent avec les codes du genre, comme ici. Je n’aime pas les récits qui utilisent les fantômes uniquement de manière décorative, leur ôtant toute substance (facile, me direz-vous) ou en faisant uniquement des personnages méchants et sujets à caution.
Pourtant, tout commençait de manière presque classique : un couple, bien décidé à se mettre au vert avec ses enfants, bien décidé surtout à accomplir son rêve, achète un château pour le transformer en hôtel-restaurant. Il faut dire que le château n’a pas trouvé beaucoup d’acheteur, il est hanté. Marie, la mère, ne croit pas du tout aux fantômes, et il est hors de question pour elle de se laisser abattre par une rumeur, fût-elle vielle de plus de deux siècles ! Bien sûr, ce n’est pas une rumeur, une famille de fantôme vit bien dans le château, et entend bien délogé les intrus.
Nous aurions pu alors avoir une histoire classique – ou comment les fantômes parviennent à chasser la famille. En deux cents ans de mort, ils sont rodés, si j’ose dire, et maîtrisent toutes les techniques pour faire fuir les nouveaux propriétaires – oui, difficile de se dire que « son » château appartient désormais à quelqu’un d’autres. Ce n’est pas si simple, et heureusement, ai-je envie de dire. d’abord, parce que l’autrice utilise judicieusement les nouvelles technologies dans la construction de ses personnages et de son récit. Ensuite, les intrus et la famille du comte de Parenssay ont beaucoup de choses à se dire, et des intérêts en commun. Les fantômes ont beaucoup à apprendre des vivants, qui pourraient bien leur apporter leur aide. Etre fantôme, quand on aspire au repos n’est pas une sinécure.
Je n’oublie pas non plus le contexte historique : la Révolution française, les guerres de Vendée m’ont passionnée et me passionnent toujours. J’ai aimé trouver, dans un roman de littérature jeunesse, la figure de Charette et celle de La Rochejaquelein, ainsi que leurs devises. J’ai aimé aussi, même si cela peut sembler paradoxale, que l’on se souvienne de ce que les français ont pu faire aux français. Si les Parenssay sont devenus des fantômes, c’est aussi parce que toute la famille, enfants compris, a été massacrée.
Le Trésor de Charette est un roman historique, fantastique, rempli de trouvailles et d’humour.