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Extra de Delphine Pessin

Présentation de l’éditeur :

Élias a été désigné pour héberger un correspondant étranger pendant une semaine… sans se douter qu’il ne vient ni d’Allemagne ni d’Angleterre. Aytac vit sur Alter, une planète bien différente de la Terre ! L’extraterrestre a la peau bleue, il porte des cravates tous les jours et ne mange rien de ce que l’on peut trouver dans les assiettes de la cantine. Même si, au début, Élias est un peu inquiet, il est aussi impatient et curieux de faire sa connaissance. Mais comment les autres élèves vont-ils accueillir ce drôle de correspondant venu d’ailleurs

Merci aux éditions Didier Jeunesse et à Netgalley pour leur confiance.

Mon avis :

L’école, c’est bien. Si, si, je vous assure. Elias en est modérément convaincu. La preuve ? Disons qu’il écoute très distraitement ce que dit son professeur. C’est ainsi qu’il se retrouve volontaire pour héberger un correspondant étranger. C’est une expérience enrichissante. Il en se doute pas à quel point : son correspondant vient en effet d’Alter, une autre planète.

Point positif : les parents d’Elias sont très ouverts d’esprit. S’ils ne manifestent pas une joie extrême à l’annonce, ils se démèneront pour que ce correspondant extra-ordinaire se sente le mieux possible en leur compagnie. Ils seront aux petits soins pour Aytac, le charmant, bien élevé et cultivé correspondant de leur fils. Point négatif : tout le monde n’a pas la même largeur d’esprit et il est des adolescents mesquins, tout comme des adultes prompts à croire, parce qu’ils sont remplis de préjugés. Le pire n’est pas ce que l’altérien fait, c’est que l’on croit qu’il est capable de faire.

Extra est une belle histoire sur l’amitié et sur la différence, sur notre capacité aussi à nous remettre en question et à ne pas tout prendre pour argent content. Pensée émue aussi pour la pollution qui envahit notre terre : nous ne trouverons sans doute pas des extraterrestres amis fans d’emballages plastiques !

Notre feu d’Alexandre Chardin

Présentation de l’éditeur :

Colin a un corps parfait, qui lui obéit dès qu’il calcule sa foulée et sa pointe de vitesse sur la cendrée de la piste d’athlétisme… Seulement, lorsqu’il se retrouve face à Luce, la machine s’affole et s’enraye. Sa peau flambe, mais il est tétanisé par elle. Comment ça s’apprend, le désir ?

Merci aux éditions Rageot et à Netgalley pour leur confiance.

Mon avis :

Je commencerai par parler du quatrième de couverture, qui est très bien fait parce qu’il ne dévoile que ce qu’il faut de cette histoire. Colin est un adolescent presque comme tous les autres. Il est excellent en athlétisme mais il ne l’est pas en ce qui concerne son intimité avec Luce, intimité sur laquelle ses copains ne cessent de lui poser des questions, eux qui se vantent de leur bonne fortune d’une nuit. Colin, lui, même s’il désire fortement Luce, et c’est bien naturel, ne veut pas d’une relation d’un moment, et se sent mal à l’aise face à elle, qui sait très bien ce qu’elle attend de lui. Dans une relation, il faut être deux pour la réussir, et c’est bien de le rappeler au cours de ce récit.

Je note également ce fait rare dans la littérature jeunesse : Colin grandit au sein d’une famille dans laquelle les parents s’entendent bien, tout en ayant des personnalités bien distinctes. Mieux : ils se montrent à la fois soucieux de leurs enfants et respectueux de leur intimité. Oui, c’est difficile, fragile, mais possible d’être parents sans être intrusifs. Colin a en effet un petit frère, Théo, avec lequel il s’entend bien. Pas d’angélisme : l’entente entre les deux frères peut aller du beau fixe à la tempête mais Colin s’entendrait quand même avec Théo même si celui-ci n’était pas son frère (oui, je paraphrase le roman).

Pour l’instant, ce sont les vacances, et tous les quatre partent ensemble, sur une île. Là, les deux frères feront des rencontres. C’est le propre des vacances aussi. D’un côté, Colin rencontre, grâce à son petit frère, une jeune femme qui fait un petit boulot d’été, en attendant de poursuivre ses études à la rentrée. De l’autre, c’est le marginal local, le fou diront certains, celui qui, selon ceux qui savent mieux que tout le monde ce qui est bon pour nos merveilleux concitoyens, refusent en bloc le progrès, c’est à dire les éoliennes, qui gâcheront la vue mais apporteront de l’électricité « bio ». Ah, il y en aurait à dire et à écrire sur la production électrique, et il est bon de poser les jalons dans un roman de littérature young adult.

Il est bon aussi de rappeler que l’amour, le désir, ce n’est pas simple. Ce ne sont pas les prouesses dignes d’un film porno, ou les combinaisons vues sur un réseau social quelconque : pas besoin d’être trois pour aimer. Et j’ai l’impression que cela fait des années, pour ne pas dire une bonne décennie que les adultes (enfin, certains) alertent sur cette course à la performance, sur le fait que le porno est, pour un adolescent, le premier contact avec la sexualité, et qu’il en retient une foule d’idées assez/très dangereuses. Il est bon de rappeler aussi que construire une relation est possible, même si celle-ci débute pendant les vacances, le tout est d’être deux, de le vouloir à deux, d’essayer à deux, avec honnêteté.

J’ai l’impression à la fois d’en dire beaucoup, et de ne pas en dévoiler tant que cela. J’espère que ce livre, qui traite de thèmes connus de manière différente, trouvera un large public.

 

Le talent d’Achille de Pascal Ruter

Présentation de l’éditeur :

Achille, comme tous les garçons de sa classe, joue au foot, mais son équipe est systématiquement perdante. Ce n’est pas comme ça qu’il va séduire Suzanne, la fille dont il est fou amoureux. Quand il se rend compte qu’elle aime la poésie, il décide de s’y mettre lui aussi. Ô surprise, Verlaine et Rimbaud ne sont pas que des noms de rues. La poésie va envahir son quotidien et le terrain de foot.

Merci aux éditions Didier Jeunesse et à Netgalley pour leur confiance.

Mon avis :

Drôle, tendre, loufoque, ce sont les premiers qualificatifs qui me viennent à l’esprit à la lecture de ce roman-conte. Achille est passoire dans un club de foot. Oui, le vrai nom est « gardien de but », mais je préfère ce titre que je donne à celui qui montre une certaine maladresse avec tout au début de ce récit , avec le football, avec la fille qui lui plaît, tel un funambule qui ne sait pas trop comment il parvient à rester en équilibre sur le fil de la vie. Sa mère est aussi réparatrice des pots cassés, elle qui accueille dans son auto-école tous ceux qui ont été recalés ailleurs, tous ceux qui ont peu d’espoir de l’obtenir, ce fameux permis.

Entre humour et tendresse, Achille nous emmène dans son univers en construction, univers où les mots se découvrent, où les mots des autres permettent de progresser jusqu’à permettre de s’exprimer avec ses mots à soi et de s’ouvrir aux autres.

Le roman nous parle aussi de l’importance de la transmission, de ce que l’on laisse, volontairement, à ses enfants, mais aussi du poids qu’ils devront porter à cause de leurs parents, et qui pourra les entraver dans leur développement. J’ai retrouvé dans Le talent d’Achille ces figures parentales qui « croient bien faire » et qui se fourvoient.

A lire, à découvrir, pour le bonheur de se laisser porter par les mots.

Kaimyo, tome 1 : Les papillons de Kobé de Bertrand Puard

Présentation de l’éditeur :

Un enquêteur japonais hanté par son histoire + une jeune fille qui entend les morts = un duo improbable sur les traces d’un passé qui se dérobe
Selon une croyance japonaise, les âmes des défunts sans kaimyō errent parmi les vivants. Ce nom honorifique, Reiko n’a jamais pu l’offrir à ses parents, parce que les circonstances de leur disparition, il y a cinquante ans, n’ont jamais été élucidées. À défaut d’avoir pu leur donner un kaimyō, il a consacré sa vie à en donner aux personnes dont la mort est nimbée de mystère. Lorsqu’il débarque à Paris pour exercer son curieux métier, il rencontre Nouria, une adolescente qui prétend communiquer avec les esprits. Alors qu’il enquête sur le décès d’une vieille Japonaise, la jeune fille devine que cette affaire est liée à ce qui est arrivé aux parents de Rieko. Les chemins de celui qui fait parler les morts avec celle qui prétend les entendre se sont-ils vraiment croisés par hasard ?

Mon avis :

Tout d’abord, je tiens à remercier les éditions Gulf stream pour m’avoir sélectionnée pour ce partenariat du tout nouveau roman de Bertrand Puard. Comme souvent, je chronique le livre, paru le 6 mai, légèrement en retard.
Le premier mot qui me vient à l’esprit pour chroniquer ce livre est le mot « apaisement ». C’est ce que cherche Reiko, le personnage principal de ce roman. Cet homme a réussi sa vie, il est à la tête d’une entreprise florissante. Et pourtant… Il n’a jamais pu offrir un kaimyō à ses parents, lui qui a permis à tant de personnes de trouver cet apaisement grâce à son travail. Aujourd’hui, il a décidé d’ouvrir une succursale en France. Pourquoi ce pays ? Il ne saurait trop le dire lui-même.
J’ai suivi ses pas, peu à peu, de sa première mission à l’obtention d’un certain statut – lui qui l’a déjà acquis au Japon. Ce n’est pas toujours facile à lire – tant de douleurs, celles qu’il cherche à apaiser, et la sienne propre. Parce que, peu à peu, c’est son passé qu’il retrouvera, découvrant les pans de sa vie qu’il avait occultés, en partie grâce à Nouria.
C’est une toute jeune adolescente, qui porte déjà le poids du monde sur ses épaules, avec grâce et légèreté. Que surtout rien en montre ses propres tourments, son passé, celui de ses parents, ou sa grand-mère qui se sait en sursis, concierge de l’immeuble où Reiko a trouvé son logement, rattrapée elle aussi par le temps qui passe et par la maladie. Nouria affirme parler aux morts, et c’est très douloureux, bien plus que de chercher à les apaiser comme le fait Reiko. L’un et l’autre étaient faits pour se trouver, eux qui prendront la route ensemble pour découvrir les vérités qui étaient cachées.
Et si la vérité n’était pas si loin que cela, mais à portée de main ? Le dénouement, comme suspendu dans le temps, m’a donné fortement envie de lire le second tome mais… en attendant, c’est le temps qui se suspendait à chaque fin de chapitre. Lire ses histoires était douloureux, les histoires de ces personnes qui n’avaient pu achever ce qu’elles avaient à achever, pu dire ce qu’elles avaient à dire. Il est tant de secrets parfois, tant de temps écoulé qu’il devient impossible de dire, simplement.
Une belle oeuvre à découvrir.

Joseph poulpe en chef d’Angélique Thyssen

Présentation de l’éditeur :

La rencontre explosive d’un poulpe prétentieux et d’une squale sympathique !
Joseph est le roi de l’aquarium : beau, musclé, intelligent… et respecté de tous ! Pourtant, quand Sibel, une femelle requin, est placée dans son bassin, il tombe de haut : ses sujets et ses spectateurs se détournent de lui pour s’intéresser à cette squale encombrante. C’en est trop pour Joseph : il ne se laissera pas voler la vedette !

Mon avis :

Voici le nouveau venu dans la collection « les sales bêtes » de Poulpe fiction : il s’agit, et cela manquait, d’un poulpe ! Joseph éminemment sympathique, il a tout pour plaire, enfin, du mois, c’est ce qu’il pense de lui-même. Il est l’attraction du parc, les peluches à son effigie se vendent par cartons entiers ou presque, le spectacle qu’il effectue quotidiennement est le point d’orge de la journée. Las ! Toutes les bonnes choses ont une fin, et Joseph se retrouve à devoir partager son aquarium avec… avec …. une femelle requin !

Non, je vous rassure, elle ne le dévorera pas. Elle est même plutôt gentille, aimable, bienveillante, bref, elle est le contraire de Joseph, elle est même tellement son opposée qu’il trouve cela suspect et la met au défi afin de savoir lequel d’entre eux sera le roi de l’aquarium.

Le roman est non seulement drôle, il nous permet aussi de voyager dans cet espace clos, aménagé par l’homme pour… et bien pour l’homme, parce que c’est lui avant tout qui profite des spectacles mis en place ! C’est lui qui choisit les décors mais, fort heureusement, Joseph, Sibel et les autres se le sont appropriés. Mention spécial pour les bébés hippocampes, mignons (pour le lecteur) et casse-pieds (pour Joseph).

Même si le roman nous montre des poissons, des crustacés et des squales qui s’amusent, et au risque de déplaire, je ne peux pas m’empêcher de penser que la place de ses animaux n’est pas dans un aquarium, mais dans la mer.

 

Les aventures extraordinaires d’Ethan, Tome 2 : La légende du lac de Dominique Durand

Présentation de l’éditeur :
Alors qu’Ethan et ses amis jouent sur la petite plage du lac de Roqueval, le cerf-volant d’Annabelle s’envole et se perd dans les marécages tout proches.
C’est pour « la bande des quatre » une nouvelle aventure qui commence car une créature légendaire se cache dans les profondeurs du marécage. Quel est cet animal extraordinaire ? Ethan, Max, Annabelle et Einstein réussiront-ils à défendre leur nouvel ami contre les nombreux dangers qui le guettent ? Heureusement, Ethan sait qu’il pourra compter sur l’aide de sa fidèle petite pierre de l’espace.
Mon avis :

J’ai du mal à lire et à écrire depuis quelques temps, cela va, cela vient. Je n’ai ressenti aucune difficulté à lire ce livre, que j’ai beaucoup apprécié. Au cours d’une promenade, Annabelle a découvert un animal mystérieux, et l’apprivoise peu à peu. Elle lui a même donné un nom, à défaut de pouvoir définir son espèce : Marcus. Hélas, il est toujours des personnes pour ne pas comprendre ce que la nature nécessite de calme, de soin, de patience aussi. Il est toujours des personnes pour se mêler de ce qui ne les concerne pas.
Il s’agit d’un roman d’aventures teinté de fantastique. Il nous rappelle aussi, comme le premier tome, qu’il faut protéger la nature de la folie des hommes – ou de sa trop grande curiosité. Alors oui, les hommes font beaucoup pour réintroduire ou préserver les espèces en voie d’extinction. A cause de qui le sont-ils ? Oui, à cause de ces mêmes hommes. J’ai pensé, en lisant ce livre, à la légende du monstre du Loch Ness, mais aussi à E.T. Il est des références bien pires.
En ce qui concerne l’objet-livre en lui-même, j’ai apprécié les illustrations et le principe du carnet de jeu à la fin, principe un peu oublié par les éditeurs.
En route vers le tome 3.

 

Peur dans la neige de Sandrine Beau

 

 

édition Mijade – 128 pages

Présentation de l’éditeur :

Les jumeaux Fleur et Julius sont en vacances chez leur grand-mère. Une nuit, Fleur aperçoit une lumière dans le bois qui jouxte la ferme isolée. Oubliant toute prudence, elle enfile des bottes, un manteau et sort dans la neige. Sous un sapin, la jeune fille découvre qu’un trou a été creusé et met au jour un paquet contenant des liasses de billets et des bijoux. Mais quelle idée d’emporter ce trésor… Voilà Fleur, Julius et Mamilia embarqués dans une série noire dont ils vont avoir bien du mal à se dépêtrer. La curiosité est souvent un bien vilain défaut !

Mon avis :

Les romans policiers pour jeunes adolescents sont suffisamment rares pour être signalés, surtout quand ils sont très bons comme celui-ci.
Le début de l’intrigue est simple : des jumeaux Fleur et Julius sont en vacances chez Mamilia, leur grand-mère. Celle-ci est paraplégique et autonome : la kiné, les exercices qu’elle pratique ont musclé ses bras et lui permettent de ne pas dépendre des autres – sauf à avoir des problèmes qui ne sont pas en lien avec son handicap. Et c’est ce qui survient dans ce roman.

Un cambrioleur a eu en effet une idée stupide : il a effectué un cambriolage. Comme si cela ne suffisait pas au niveau stupidité, il a caché son butin dans la forêt, près de la ferme où vit Mamilia. Fleur le trouve, Julius veut le remettre à sa place, et l’homme surgit, bien décider à récupérer le butin.

Commence alors un huis-clos dans la ferme isolée. L’homme, qui ne recule devant rien, est bien décidé à retrouver les bijoux. Faire du mal à des enfants et à une vieille femme impotente ne lui pose aucun problème. Pardon ? Mamilia n’est pas impotente ? Oui, mais le cambrioleur ne le sait pas ! C’est une épreuve de force qui commence pour elle dès qu’elle se rend compte de ce qui se passe dans sa ferme. Elle a de la ressource, de l’expérience, et de qui tenir : se rappeler que, pendant la seconde guerre mondiale, il est des personnes qui ont su prendre des risques pour aider les autres, les parents de Mamilia étaient de ceux là.

Peur dans la neige est un très bon roman, au titre particulièrement bien choisi.

Hercule, Chat Policier : Gare au Loup ! de Christian Grenier

Présentation de l’éditeur :

Des moutons de Polo, le berger, ont disparu. On accuse un loup mais la garde-chasse affirme que personne n’en a jamais vu dans la région. Pour éclairer ce mystère, Hercule décide de surveiller le troupeau une nuit entière…

Mon avis :

Que dire pour ne pas trop en dire ?

Hercule est un chat policier, et cette fois-ci, alors que les jumelles Albane et Joyeuse sont en vacances (on ne verra pas leurs célèbres parents, je le dis pour les fans) chez Germain, Polo, un berger, vient voir le commissaire à la retraite parce que trois brebis ont disparu. Il en est sûr, le loup est responsable. Ben voyons ! Je trouve d’entrée de jeu que le loup a bon dos, et je ne pense pas être la seule. La garde-chasse prend néanmoins les choses au sérieux, c’est son métier, tout en modérant les frayeurs des jumelles et celles du berger. Oui, elle connaît bien le loup, et ses connaissances seront fort utiles pour le déroulement de l’enquête.

Hercule, le pauvre, devra tout faire ou presque, comme d’habitude. A croire que certains humains ne sont pas attentifs ! Et pourtant, Germain ne manque pas de flair, ni de lucidité, lui qui rappelle aux jumelles, qui s’émeuvent de la mort des brebis et des agneaux, que les escalopes de veau qu’elles ont mangé le midi ne sont pas arrivées toutes seules dans leur assiette. Il (et l’auteur avec lui) a le courage de rappeler que les requins ne sont pas de dangereux prédateurs, que leurs victimes sont avant tout des surfeurs et des nageurs qui n’ont pas respecté les consignes de sécurité (lire une des chroniques de Charb à ce sujet) et que le plus grand prédateur du monde, c’est l’homme. Tant pis si cette position déplait : elle me convient parfaitement, et les chiffres sont là pour appuyer ses propos.

Nous verrons des loups pourtant – en enclos, nourris par les soigneurs, vus par des centaines de visiteurs. Nous verrons surtout qui est véritablement coupable de la disparition et de la mort de ses brebis. « Parce que », comme le dit Hercule  » dans cette histoire, les plus nuls sont encore et toujours les humains.  »

 

 

Mariette et le spectacle équestre d’Anaïs Sautier

Présentation de l’éditeur :

Pour l’anniversaire du roi Louis XIV, un grand spectacle équestre doit être organisé à Versailles à initiative de son petit-fils, le petit Dauphin. Mariette décide de conduire son frère Pierrot à l’audition des danseurs. Sans surprise, le garçon est recruté sur le champ grâce à son talent. Mais Mr le Grand, grand écuyer du roi et ennemi de Mariette, a repéré son jumeau à l’audition et suggère au petit Dauphin une perfidie : pour amuser le roi, il faudra demander à Pierrot de danser debout, sur un cheval au galop !

Mon avis :

Dans ce troisième tome, nous voyons les jumeaux (enfin) réunis. Pierrot est guéri de la chute qu’il a faite dans le tome 1, ou plutôt, son bras est guéri. Mariette profite donc de sa visite chez sa tante Jeanne pour :
– leur apporter de la nourriture ;
– prévenir Pierrot que des auditions auront bientôt lieu à Versailles. Etre proche du petit Dauphin a des avantages.
Bref, pour une fois, tout semble aller bien dans la vie de Mariette, si ce n’est qu’elle est lucide. Sa tante ne parvient pas, même en économisant, à payer les impôts qui financent les guerres et les fêtes du roi. Mariette a beau économiser aussi, elle ne peut apporter grand chose à sa tante et à son frère. Quant à la nourriture qu’elle a apportée, elle sait très bien que les domestiques préparent toujours trop de nourriture. Pas le choix. Rien ne doit manquer pour le roi et sa cour.
Oui, tout irait bien si monsieur le Grand n’avait encore décidé de lui mettre des bâtons dans les roues. Mais pourquoi ? Qu’est-ce que cela peut bien faire à un homme si haut placé que le sort d’une gamine ? L’on en saura un peu plus sur lui, sur son passé dans ce tome – les petites piques lancées à Mariette peuvent aussi donner des pistes. L’on saura aussi que le don de Mariette peut vraiment lui être très utile. Le dénouement du roman donne des perspectives d’avenir pour Mariette, pour les siens, pour une intrigue future qui, je l’espère, s’accompliront.
Un livre que j’ai très envie, comme le tome 2, de partager avec mes élèves.

Le roi maléfique d’Holly Black

Présentation de l’éditeur :

Jude, la jeune humaine élevé au royaume des Faes, a installé le Prince Cardan sur le trône de Terrafae. Et à 17 ans, elle est désormais la sénéchale du roi, la personne la plus puissante de la Cour. Mais entre les intrigues politiques, les menaces de guerre et les sortilèges du Peuple, les pièges sont nombreux, même pour la sénéchale du roi. Surtout pour la sénéchale du roi. Afin de naviguer entre tous ces dangers et de contrer les traîtres qui voudraient s’accaparer la couronne, Jude doit user de tous ses talents d’espionne. Mais le plus difficile pour elle pourrait bien être de mettre de côté les sentiments ambigus qu’elle a développés pour le jeune et irrésistible roi Cardan…

Merci à Netgalley et aux éditions Rageot pour le confiance.

Mon avis :

Je suis toujours aussi lente que ce soit à lire ou à rédiger mes avis. Il faut dire que je n’avais que moyennement apprécié le tome 1, et je ne m’attendais pas à véritablement apprécié le tome 2, ce qui est pourtant le cas.

Jude a réussi à faire monter sur le trône le prince Cardan, le fameux « prince Cruel » qui donne son titre au premier tome. Elle est mortelle, il est un Fae. Elle est devenue sa Sénéchale, mais personne ne doit soupçonner les véritables raisons qui l’ont amené à agir ainsi, personne. Elle doit être sur tous les fronts, la cour regorge en effet d’intrigues, d’alliances, de contre-alliance, de trahisons. Il faut faire avec ceux qui ont des projets personnels, ceux qui ont des projets avec le nouveau roi, ou ceux qui ont des projets pour le nouveau roi – parfois, ce sont les mêmes. Jude, la mortelle, celle qui a grandi en subissant le pire dans ce monde, monde qu’elle considère pourtant comme le sien, est comme une funambule marchant sur un fil, elle qui veut aussi protéger sa famille – son frère, sa jumelle, sa soeur aînée, authentique Fae, pas toujours très consciente de ce que c’est d’être une mortelle, comme sa petite amie Heather.

Non, tout ne va pas pour le mieux dans le meilleur des mondes, la cour est toujours aussi pourrie, et les espions, toujours sur le pied de guerre, en coulisse, n’y pourront rien. Jude encore moins, qui doit composer avec la personnalité de Cardan, qui devient réellement intéressante dans ce second tome. Oui, l’on en apprend un peu plus sur sa jeunesse, sur la manière dont il a été élevé. Ame sensible s’abstenir, certaines pages, la manière dont Jude peut être traitée, par lui, par d’autres, est toujours aussi difficile à lire. Et pourtant, j’ai apprécié le déroulement de cette intrigue, les péripéties nombreuses, inattendues, les retournements de situation, jusqu’au coup de théâtre final.

Lire le tome 3 ? Oui, bien sûr.