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Etranges rivages d’Arnaldur Indridason

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Présentation de l’éditeur :

Erlendur est de retour ! Parti en vacances sur les terres de son enfance dans les régions sauvages des fjords de l’est, le commissaire est hanté par le passé. Le sien et celui des affaires restées sans réponse. Dans cette région, bien des années auparavant, se sont déroulés des événements sinistres. Un groupe de soldats anglais s’est perdu dans ces montagnes pendant une tempête. Certains ont réussi à regagner la ville, d’autres pas. Cette même nuit, au même endroit, une jeune femme a disparu et n’a jamais été retrouvée. Cette histoire excite la curiosité d’Erlendur, qui va fouiller le passé pour trouver coûte que coûte ce qui est arrivé …
C’est un commissiare au mieux de sa forme que nous retrouvons ici !

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Mon avis :

Si vous aimez Arnaldur Indridason et son enquêteur Erlendur, vous aimerez ce roman à coup sûr. Après deux romans consacrés aux adjoints du commissaire, nous découvrons les vacances d’Erlendur, qui n’ont rien d’une sinécure.

Rien n’est pire qu’une disparition. Rien n’est pire que de ne pas savoir, de ne rien savoir. Inlassablement, Erlendur revient sur les lieux de son enfance, là où son frère Bergur a disparu lors d’une tempête de neige. Si nous avions découvert des bribes de souvenir au cours des opus précédents, nous revivons ici cette tragédie qui a fait d’Erlendur l’homme qu’il est devenu.

Et à l’enquêteur. Erlendur est persuadé que certaines disparitions – elles sont si nombreuses en Islande – cachent en fait des meurtres. Presque à la demande de la famille, il enquête sur ce que l’on désigne comme un cold case – à l’époque, la sœur de Mathildur, la disparue, aurait aimé qu’une enquête approfondie soit ouverte. Mais qu’y faire ?

Pas de scènes de crime, pas de corps, pas ou peu d’indices : la tâche d’Erlendur est aussi rude que le climat qu’il affronte. Il va, il vient, il persévère, il écoute, il lit, il s’acharne. Il ne s’agit pas de satisfaire sa curiosité, ni de rendre justice, mais d’apporter enfin la paix aux survivants. Tâche ardu, livre aride, et je peux comprendre que cette lecture puisse rebuter. La violence est sourde, intime, étouffée, insoutenable parfois. Les tragédies qui se déroulent derrière les portes closes des chaumières n’ont rien à envier à celles qui se passent dans les grandes villes.

Etranges rivages, ou un étrange voyage sur les rives du souvenir.

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La lettre à Helga de Bergsveinn Birgisson

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Présentation de l’éditeur :

« Mon neveu Marteinn est venu me chercher à la maison de retraite. Je vais passer le plus clair de l’été dans une chambre avec vue plongeante sur la ferme que vous habitiez jadis, Hallgrímur et toi. » Ainsi commence la réponse – combien tardive – de Bjarni Gíslason de Kolkustadir à sa chère Helga, la seule femme qu’il aima, aussi brièvement qu’ardemment, d’un amour impossible.

Tout d’abord merci à Olivier, à Priceminister  pour ce livre, reçu dans le cadre des matchs de la rentrée littéraire.

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Mon avis :

J’ai beaucoup aimé ce livre, même s’il manque un petit quelque chose pour qu’il soit un coup de coeur.

Ce livre est une lettre d’amour, une réponse tardive à la femme aimée, de la part d’un homme qui n’a pas voulu la suivre.

Cet amour n’a rien d’éthéré ou d’inabouti. Il fut sensuel, charnel, et quand Bjarni évoque Helga, ce n’est pas sa belle âme qu’il regrette, mais ses hanches et ses seins. Il m’a fait penser – et les rapprochements en littérature sont parfois étranges – au boulanger de Marcel Pagnol évoquant le souvenir de la belle boulangère partie.

D’ailleurs, l’Islande dont parle Bjarni est très éloigné des romans urbains d’Indridason ou de Thorarinsson, à l’exception des retours en arrière de La femme en vert. Nous découvrons une Islande rurale, où l’on s’occupe des moutons, des modifications à apporter -ou non) à leur race, du fourrage. On utilise des techniques certes étranges, archaïques diront certains, elles ont cependant fait leur preuve. L’isolement, en hiver, lors de tempête, est bien réel et provoque des situations dont on ne sait si l’on doit en rire ou en pleurer.

Dans cette petite communauté, rythmée par les saisons, les cancans vont bon train, vivre sous le regard des autres est parfois difficile. Pourtant, Bjarni n’imaginera pas vivre loin de son village, de sa campagne, de ses traditions. Sensible à la nature, hostile à l’influence de la ville et des modes étrangères, il peut être sensible au vol d’une bergeronnette – il faut admettre aussi que les oiseaux sont un bon prétexte pour acheter des jumelles… En outre, certaines pratiques, certaines techniques, l’emploi de termes crus – il appelle toujours un chat un chat – peuvent heurter des lecteurs amateurs de textes aseptisés, désinfectés, garanti sans aspérités. L’Islande est rude, sa langue et ses sagas aussi.

En effet, les villageois ont beau être coupés du monde, ils ne le sont pas de la littérature. Bjarni est d’ailleurs chargé des achats de livres, et connaît les sagas islandaises, qu’il cite à bon escient. Seule Unnur, sa femme, n’est pas réceptive, elle n’a pas besoin de livres pour vivre (me rappelant en cela les paroles du père dans La Place).

Unnur. Si cette lettre à Helga est centrée sur leur amour, j’aurai aimé savoir ce qui a amené Bjarni à se marier avec Unnur, une femme dure envers les autres, plus encore envers elle-même. L’a-t-il aimé, et si oui, comment son amour s’est-il éteint ? A Unnur, le dur quotidien et les souffrances dans sa chair. A Helga, la lettre d’amour, souvenirs de brefs moments heureux.

Ce roman islandais est l’une des plus belles découvertes de cette rentrée littéraire.

Ma note : 18/20.

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L’embellie d’Ava Audur Olafsdottir.

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Présentation de l’éditeur :

C’est la belle histoire d’une femme libre et d’un enfant prêté, le temps d’une équipée hivernale autour de l’Islande par la route côtière.
En ce ténébreux mois de novembre islandais, exceptionnellement doux au point de noyer l’île sous les pluies et les crues, la narratrice, qui ne cesse de se tourner elle-même en dérision, voit son mari la quitter sans préavis et sa meilleure amie, Audur, lui demander de s’occuper, pour au moins une saison, de son fils de cinq ans.

Mon avis ou comment on reparle de mon insensibilité légendaire :

Autant vous le dire tout de suite : j’ai lu beaucoup d’avis positifs sur ce livre. Autant vous le dire tout de suite : le mien ne le sera pas. J’ai même été hérissée très rapidement par l’héroïne, sa meilleure amie, les invraisemblances que j’ai relevées, l’opinion que la sus-dite meilleure amie a des femmes enceintes françaises et italiennes, les nombreux animaux qui finissent tués d’une manière ou d’une autre dans le roman.  Je ne vous parlerai pas non plus des méthodes éducatives que subit Tumi de la part de « l’enseignante » qui en a la charge. Appelez-moi désormais Sharon le porc-épic.

J’ai (un peu) été touchée par l’écriture, juste un peu, pas suffisamment. Ne me demandez pas d’être touchée par une femme plaquée par son mari et son amant en même temps, cela me ferait plutôt sourire. Ne me demandez pas non plus de ressentir de l’émotion quand ce qui est raconté l’est avec un détachement certain. Bien sûr, elle devient un peu plus sympathique au fur et à mesure qu’elle s’occupe de Tumi, qu’elle prend soin d’un autre être qu’elle-même. A cause de tout ce que j’ai cité plus haut, je ne me suis pas attachée à elle.

Curieux, non ? Je suis pourtant une grande fan de littérature islandaise, d’habitude. A croire que seule la littérature policière islandaise parvient à m’émouvoir.