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Le gros coup de Ken Bruen

le gros coup

édition Gallimard – 234 pages.

Quatrième de couverture :

Roberts et Brant, dits R & B, flics dans les quartiers populaires de Londres, ont un peu de mal avec leur hiérarchie : violents, machos, indisciplinés et légèrement ripoux, ils se demandent si, en cas de coup de balai dans la police métropolitaine, ils ne seraient pas les premiers à passer à la trappe.
 » À moins qu’ils ne réussissent un coup fumant, le légendaire Gros Coup dont tout flic rêve. L’Oscar, le Nobel de la lutte anticriminalité. Genre coffrer l’Éventreur du Yorkshire ou mettre la main sur l’insaisissable lord Lucan. Voilà qui effacerait l’ardoise, vous propulserait à la une des journaux et ferait de vous la coqueluche de tous les plateaux de télé…  »

Circonstance de lecture :

J’ai terminé Blitz hier. Bizarrement, quand j’ai cherché un autre livre à lire, j’ai pris Le gros coup. Et voilà, j’ai maintenant lu toutes les enquêtes de Roberts et Brant, il ne me reste plus qu’à chroniquer Munition.

Mon avis :

Vous me connaissez sans doute suffisamment pour savoir que lire les séries policières dans l’ordre, ce n’est pas mon style. J’ai commencé par le septième tome, trouvé par hasard chez mon bouquiniste préféré. Pour Roberts et Brant, j’ai même fait mieux : je termine ma découverte de ce cycle par le tome 1. Je me suis donc brièvement interrogée : et si j’avais commencé par ce tome, aurai-je lu quand même les autres ? La réponse est évidente : oui. Et pour ceux qui hésiteraient encore à se lancer à la découverte de Ken Bruen, n’hésitez pas à vous plonger dans Le gros coup.

Roberts, c’est le rythme, Brant, c’est le blues : voici comment sont présentés les deux enquêteurs dès la première page. Leur amitié ? Elle est totalement incompréhensible, et je ne suis pas certaine qu’eux-même sachent réellement pourquoi ils sont aussi liés. Roberts a 62 ans, il est marié à Fiona, 46 ans, jamais contente. Sa fille unique, incapable de parler anglais correctement, vient encore de se faire renvoyer du prestigieux établissement privé qui coute extrêmement cher à Roberts et surtout à sa santé. Brant, lui, est seul, définitivement : pas d’enfants qu’il n’ait reconnu, pas de femmes, juste l’intégralité des oeuvres d’Ed McBain et un chien pelé, Meyer.

Je n’ai garde d’oublier le superintendant qui, déjà, dans ce premier opus, poursuit un rêve même pas secret : se débarrasser de Brant, contre lequel les plaintes diverses et variées s’accumulent. Du coup, Brant n’a pas le choix, il lui faut résoudre une enquête, un « gros » coup, si possible, et entre l’assassinat méthodique des membres de l’équipe de cricket, sobrement évoqué dans le cour du récit, et la mise à mort de dealer de manière bien plus violente, il n’a que l’embarras du choix – encore ne faut-il négliger aucune piste, et ce n’est pas toujours facile, la fatigue et la lassitude aidant.

En effet, tenter de mettre de l’ordre dans le quartier Sud-Est de Londres nécessite :

– du temps.
– des agents.

– des moyens.

Et ce n’est pas avec les baisses de crédit que les policiers y arriveront. Déjà, dans ce premier volume, Ken Bruen pointe par son écriture acéré tout ce qui ne va pas dans la société anglaise, tout ce que l’on ne veut pas voir. Il ne s’agit nullement d’effrayer, de donner des arguments à ceux qui jouent sur l’obsession sécuritaire, mais d’examiner des personnages sans aucun repaire. La famille n’est pas un refuge, l’amour non plus, comme le lecteur peut le voir en passant du point de vue de Brant à celui de Falls, ou même de l’Arbitre, tueur et incendiaire sans scrupules. Le feu, ici, n’a rien de purificateur, il est dévastateur, arme préférée des sadiques de tout bord qu’il fascine.

C’est peut-être là aussi un tournant du roman policier : le mobile. Avant, nous avions l’argent, la vengeance, l’amour (!), maintenant nous avons la recherche du plaisir immédiat et l’assouvissement de besoins primaires, et peu importe le choix des victimes.

Ou plutôt si : elles importent énormément pour Brant, qui perd coup sur coup son nouvel agent, Tone, et son chien Meyer. La mort de Tone n’est pas sans rappeler celle du jeune stagiaire dans Vert Palatino de Gilda Piersanti. Comme lui, sa disparition laissera des traces, mais ne vous en faites pas : justice sera faite, même s’il faudra attendre. Parfois, tout ne se passe pas comme dans un roman.

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Blitz de Ken Bruen.

Blitz

édition Gallimard – 270 pages.

Quatrième de couverture :

Au début des nouvelles aventures des flics R&B, nos héros semblent bien fatigués : Brant est sur la sellette suite à ses accès de violence et ses rapports avec le psychiatre de la police sont loin d’être apaisés ; Roberts, touché de plein fouet par la mort de sa femme dans un accident de voiture, sombre dans l’alcool ; Falls, pour sa part, souffre de solitude : pas facile d’être une femme-flic, black qui plus est, surtout quand on est amie avec un jeune facho bas du front qui n’arrive même pas à épeler correctement le mot « nazi « … Mais le temps de la décontraction n’est pas encore venu : dans les ruelles de Londres, un jeune psychopathe frustré, obsédé par les livres de serial killer, est décidé à s’en prendre aux malpolis et aux arrogants de tout poil. Très vite, Brant se retrouve en tête de liste. Décidément, être policier dans les quartiers du sud-est de Londres n’est pas de tout repos!

Circonstance de lecture :

J’ai tenu huit jours sans lire un roman de Ken Bruen. C’est déjà, en soi, un record.

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Mon avis : 

Nous avons dans ce cinquième volume des aventures de Roberts et Brant une composante inédite : nos deux héros vont mal. Prenez Brant, par exemple. On évoque délicatement, derrière son dos, tous les coups durs de sa carrière, comme ce jeune policier, qui a été tué alors qu’il cherchait à l’impressionner, ou ce coup de poignard, qu’il a pris dans le dos (voir Le gros coup). On évoque sans délicatesse le fait qu’il risque d’être évincé de la police – le problème est qu’il ne sait strictement rien fait d’autres qu’être un policier ripoux/violent/irrespectueux des lois. Le superintendant veut sa peau/sa plaque/sa place et avec l’aide de MacDonald, se devrait être jouable. C’est compter bien sûr sans Brant qui, même au  plus bas de sa forme, s’en titre tout de même fort bien avec une séance de psychanalyse d’anthologie. Ken Bruen égratigne au passage la profession, apte à s’occuper des fous uniquement quand elle  dispose de toutes les sécurités nécessaires.

En effet, les romans de Ken Bruen ne sont pas que des intrigues policières totalement amorales, ce sont aussi un portrait de la société anglaise, raciste, homophobe, violente. La galanterie se perd, et se n’est pas l’agent Falls, personnage essentiel de ce roman, qui dira le contraire. Ne pas sombrer est pour elle aussi un leitmotiv, car elle n’est pas épargnée. Bien qu’elle prétende le contraire, elle n’est pas encore remise du suicide de son amie Rosie, de la mort de son père ou de la perte de son bébé. Quant aux événements auxquels elle fait face dans ce volume, ils auraient de quoi abattre les plus forts – sa thérapie à elle sera musclée, pour ne pas dire Brantesque. Je ne la conseillerai à personne.

Mais à l’heure où la police est débordée, Bruen montre pour quelles raisons ces hommes, ces femmes ont fait le choix d’être flic – ou de ne plus l’être. Et pour un Roberts dépressif, qui grâce à Falls remonte la pente, et qui, une fois revenu au commissariat, met de l’ordre dans les affaires en cours et résout de main de maître trois enquêtes en une journée (agressions, incivilités ordinaires), combien de MacDonald qui préfère aller manger pour prendre des forces, boire un thé pour passer le temps plutôt que de mener une enquête ennuyeuse et nécessaire, combien ont choisi le métier pour l’uniforme, pour dire « je suis policier » et voir les réactions des gens ? Trop.

Trop, aussi, de journalistes qui ne rêvent que d’une chose : faire la une ! Et peu importe que ce soit en recueillant les confessions d’un tueur en série zinzins, qui a décidé de tuer sept flics, dont Brant (il n’a décidément pas de chance), l’important est d’être connu, reconnu, et de jouir de tous les avantages que la célébrité peut procurer. Quand on est célèbre, on obtient tout – ou presque.

Ne jamais réveiller un Brant qui dort.

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Calibre de Ken Bruen

calibre-thumbMon résumé :

Sud-Est de Londres. Un tueur en série prend pour cibles toutes les personnes qui se montrent impolies. Autant dire que la liste potentielle de ces victimes est longue, longue… Brant est sur l’affaire, et il est bien décidé à arrêter le coupable.

Mon avis :

Je l’ai dit à plusieurs reprises : je n’aime pas ces romans dans lequel un tueur en série prend la parole et nous raconte ses méfaits. Là, je dois dire, je suis bluffé, car son immoralité, son sans-gêne, ses goûts littéraires le rapprochent dangereusement de Brant. Ne serait-il pas le mieux placé pour le traquer, l’arrêter, et plus si affinité ?

S’il ‘y avait que le journal de notre criminel, ce serait trop simple, il y a aussi le point de vue de ses proches – et tout l’intérêt est que le décalage n’est pas si grand que cela entre la manière dont les autres le voient et l’image qu’il souhaite donner.

Autre point fort : Ken Bruen joue avec les codes de la traque du tueur en série, jusque dans la manière dont son identité est découverte. Quant au dénouement, il est toujours aussi immoral.

Pour terminer, je reviendrai sur le cas McDonald. D’abord promu à un brillant avenir dans les premiers tomes, il est ici dans une très mauvaise passe. Le dénouement lui offre tout de même une chance de … devenir le nouveau Brant, ou du moins, de susciter son admiration. Autant vous dire que ce n’est pas ainsi que l’on fait carrière. C’est même plutôt ainsi qu’on la flanque par terre.

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En ce sanctuaire de Ken Bruen.

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Quatrième de couverture :

Deux policiers, une nonne, un juge, un enfant. Lorsqu’une lettre contenant une liste de victimes arrive par la poste, Jack Taylor, le détective privé, pense n’être en rien concerné. Il a déjà bien assez de mal à préserver sa propre santé mentale. Deux policiers puis un juge meurent dans des circonstances mystérieuses. Lorsque l’enfant qui figure sur cette macabre liste disparaît, Taylor décide alors de découvrir l’identité de l’assassin et de l’empêcher de nuire à tout prix. II ignore cependant que l’auteur de ces crimes est bien plus proche de lui qu’il ne l’imagine. Et que cette affaire va prendre une tournure extrêmement personnelle…

Mon avis :

Avec ce livre, j’ai fait une infidélité à Brant pour Jack Taylor, l’autre héros de Ken Bruen, qui officie en Irlande. Je pense qu’il plaira davantage à ceux qui aiment les policiers un tout petit peu plus classiques même si le personnage principal est un détective privé. Jack Taylor est un anti-héros : complètement brisé par son sentiment de culpabilité, près à quitter le pays, il ne reste que parce que sa meilleure amie est atteinte d’un cancer et qu’il ne la laissera pas affronter cette épreuve seule.
Mieux : il trouve une affaire pour la remettre sur pieds, elle qui était prête à sombrer dans l’alcool, et plus si affinité – Jack Taylor en connaît plus qu’un rayon en désespérance, alcoolisation et autres joyeusetés. Il s’agit ni plus ni moins du kidnapping d’un poney et faites-moi confiance : tout sera mis en oeuvre pour le retrouver. Vous connaissez mon amour pour les animaux, et, sans spoiler, vous vous doutez bien que s’il avait été torturé/tué/transformer en viande de boucherie, je ne chroniquerai pas ce livre de cette manière.
Et pourtant… Ken Bruen explore des tréfonds de noirceur de l’âme humaine. Ou comment un juge confond clémence et négligence, des policiers, devoirs et complaisance. Et quand la justice est aux abonnés absents, il ne faut guère s’étonner que la folie vengeresse prenne le dessus, avec une logique qui ne se révèle qu’au moment du dénouement, sans que le sentiment d’horreur de nous quitte. Horreur devant l’ampleur de l’injustice commise, horreur devant l’ampleur des douleurs provoquées – si la vengeance se trouvait accomplie jusqu’au bout.
Une autre affaire, qui rongeait Jack Taylor depuis des années, se dénoue dans ce tome – et là encore, les méandres de l’âme humaine nous conduise à toucher du doigt l’un des crimes les plus horribles. Certains diront qu’une intrigue aussi sombre est impossible. Je dirai pour ma part que Ken Bruen sait caractériser en peu de pages et en peu de mots des personnages totalement à la dérive, avec une très grande beauté stylistique.
Conquise ? Oui. Mais il faut vraiment avoir un moral d’acier pour lire cette série.

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Vixen de Ken Bruen

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Quatrième de couverture :

Tous aux abris, Brant est de retour ! Pour la brigade du sud-est de Londres, l’affaire est rude, dure… comme d’habitude. La Renarde, la tueuse en série la plus sensuelle et la plus folle de tous les temps, est à l’origine d’une succession d’explosions. Elle est imprévisible, sauvage, furieuse, et le pire est que les flics ne savent même pas qu’elle existe. Pendant ce temps… L’inspecteur Roberts est incapable de mettre un terme aux explosions et ses subordonnés ne font guère mieux. Brant est obligé de prendre des risques inutiles et Porter Nash, qui connaît une promotion rapide, est confronté à un grave problème de santé. L’agent McDonald est résolu à poursuivre sa carrière à tout prix tandis qu’une nouvelle, l’agente Andrews, est prise sous l’aile de l’agente Falls pour un baptême du feu décoiffant. Dans les hautes sphères, le superintendant Brown est à la limite de la crise cardiaque et l’arrestation d’un innocent sous les feux des projecteurs n’est que le début de ses problèmes. Surtout que les bombes n’en finissent pas de sauter…

Mon avis :

J’adore Ken Bruen et j’adore le sergent Brant – c’est dire, et je suis d’accord avec vous pour dire que ce genre de chose, cela peut devenir grave. Je suis d’ailleurs actuellement en train de me désintoxiquer de mon addiction à cet auteur. Très raisonnablement, je n’ai pas emprunté les quatre derniers titres disponibles à la bibliothèque.
Revenons à ce titre, Vixen. Cinquième volet des aventures de Roberts et Brant, tout va pour le plus mal dans le plus déglingués des mondes, et au milieu de tout ce foutoir, un trio de dingues choisit de faire exploser des bombes comme ça, un peu au hasard. Pas de revendications politiques, pas de volonté de tuer (ou si peu, vive l’amoralité), juste un moyen net et sans bavure de gagner un maximum d’argent. Comme quoi, les séjours en prison avec de gentils co-détenus peuvent vous fournir une idée grandiose pour s’en mettre plein les poches.
Seulement… il ne faut pas ennuyer Brant, il risque de le prendre personnellement, et pour lui aussi, toutes les méthodes sont bonnes pour parvenir à ses fins. Surtout que la Renarde a la mauvaise idée de prendre pour cible un lieu et des personnes qui lui sont proches et de choisir pour alibi une personne en qui Brant avait toute confiance – naaaaaaaaaaaaaan, pas Porter Nash, il ne faut pas exagérer, il est homosexuel, et ce n’est pas une tueuse en série qui le fera changer d’avis. Elle le fera simplement sortir de ses gonds, et vu son état de santé, ce n’est pas nécessairement une bonne nouvelle.
Brant est donc presque à plaindre, lui et Roberts devront faire tout le travail – et la Renarde leur en donne beaucoup. Le dénouement, s’il peut satisfaire le minimum syndical de la justice et de la moralité, reste quand même largement immoral, et sonne comme une promesse de retrouver un jour la Renarde.

 

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Le mutant apprivoisé de Ken Bruen

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édition Gallimard – 212 pages.

Mon résumé :

Voici le deuxième tome des aventures de Brant et Roberts. Tandis que celui-ci, en plus de quelques soucis familiaux, découvre qu’il souffre d’un cancer de la peau, Brant est victime de menaces physiques et se ratatine chez lui, à cause d’un certain mutant, qui ne perd rien pour attendre.

Mon avis :

Si vous cherchez une enquête policière policée et bien construite, passez votre chemin. Ici, comme toujours dans ce charmant commissariat, les policiers sont aussi imprévisibles et irrespectueux des lois que le commun des délinquants – si ce n’est plus. Je ne vous parle même pas du superintendant, qui mâche consciencieusement son thé (si, c’est possible), ou des agents qui ne souhaitent qu’une chose : une promotion.

L’amitié entre Roberts et Brant connait un flottement dans ce volume. Roberts ne parvient pas à dire à Brant qu’il souffre d’un cancer, quant à Brant, il prendra des congés pour se remettre de ce que le mutant, l’homme de main de Bill, lui a fait – mais après avoir signifié au sus-nommé Bill sa façon de penser, sa manière de voir, et je suis au regrêt de vous dire qu’une innocente peluche a été injustement maltraitée. Il faut vraiment être naïf pour le menacer ET le laisser en vie.

En attendant, Brant fait du tourisme. En Irlande. Chez son cousin Pat. Qui lui fait découvrir les vertus du thé au petit déjeuner. Mais pas n’importe lequel. Surtout, Brant se voit confier une mission : ramener en Angleterre l’un des deux membres du duo Sparadra, duo de tueurs découverts dans le premier tome, Le gros coup. Ce duo n’aurait pas dû, lui non plus, s’en prendre à Brant, ils n’auraient pas dû tuer le jeune agent pour lequel Brant avait beaucoup d’estime. Partir à New York était une bonne idée (d’autres ont choisi San Francisco), s’attaquer aux américains, grands possesseurs d’armes à feu devant l’Eternel n’en était pas une. Et Brant sur le sol américain, en flic représentatif de la police anglaise vaut à lui seul le détour.

Le mutant apprivoisé illustre à lui seul deux maximes : le hasard fait bien les choses et on n’est jamais si bien servi que par soi-même. A méditer.

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Les Mac Cabées de Ken Bruen

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édition Gallimard – 166 pages.

Quatrième de couverture (extraits) :

La situation est toujours aussi tendue dans les quartiers chauds de Londres, et Brixton n’a jamais autant ressemblé à une chanson des Clash : le commissaire Roberts est à la poursuite de l’assassin de son frère, une petite frappe londonienne qui se fait passer pour un Irlandais, histoire de paraître encore plus teigneux. Pendant ce temps, Brant et l’agent Falls sont sur les traces d’un violeur en série qui sévit dans les boîtes de nuit du coin. Brant n’attend qu’une chose : coincer ce salaud et lui faire sentir sa douleur…
Mon avis :
J’ai un problème, un très gros problème : j’ai acheté le dernier tome de cette saga, Munitions,  chez mon bouquiniste préféré – ce livre était; paraît-il, très bien. Il est pire que cela, il est addictif. Depuis, je suis allée dans deux des bibliothèques que je fréquente, et ô miracle, ils possèdent une bonne dizaine de romans de cet auteur. Bref, mon porte-monnaie est sauvé, et moi avec.
Les Mac Cabées est le troisième volume des aventures de Roberts et de son ami Brant. Roberts est tout juste guéri d’un mélanome, et la mort de son frère, bien qu’il ne l’ait pas vu depuis dix ans, est un coup dur. En effet, c’est lui que son frère a appelé, se sachant mourant, et ce que son flic de frère a découvert n’était vraiment pas beau à voir – le tueur a pris du plaisir à massacrer sa victime au-delà de toute désespérance. Et ne parlez ni  d’enquêtes, ni de justice, le tueur est protégé par des gros bonnets. Circulez, y’a rien à voir.
L’erreur serait de sous-estimer Brant. Ses méthodes sont tellement particulières, pour ne pas dire innovantes, que ses proches font toujours appel à lui dans le cas d’affaires impossibles à résoudre avec des méthodes strictement légales. Les indics, il connait. Les petites frappes, aussi. Les flics qui pensent à leur carrière et à leur bien-être plutôt qu’à enquêter, également. D’où son amitié pour Porter Nash, toute nouvelle recrue, flic gay totalement assumé, et pour l’agent Falls.
Si vous lisez leurs aventures, oubliez les idées reçues sur les romans policiers, et délectez-vous de ces chapitres percutants, qui vous expliqueront mieux que je ne saurai le faire comment éliminer un malfrat grâce à la méthode Brant.
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