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Miséricorde de Jussi Adler-Olsen

couv69716814édition Le livre de poche – 528 pages.

Présentation de l’éditeur :

Pourquoi Merete Lyyngaard croupit-elle dans une cage depuis des années ? Pour quelle raison ses bourreaux s’acharnent-ils sur la jeune femme ? Cinq ans auparavant, la soudaine disparition de celle qui incarnait l’avenir politique du Danemark avait fait couler beaucoup d’encres. Mais, faute d’indices, la police avait classé l’affaire. Jusqu’à l’intervention des improbables Carl Morck et Hafez el Assad du Département V, un flic sur la touche et son assistant d’origine syrienne. Pour eux, pas de cold case …

Mon avis :

Je ne vois pas l’intérêt de rédiger un article de blog si je dois rester « objective », « impersonnelle ». Le but est justement d’être soi, de dire sincèrement ce que je pense, et d’écrire comme je l’entends. Sinon, à quoi bon tenir un blog ?

J’ai commencé par Delivrance, le tome 3, un service de presse, et je reviens aux sources aujourd’hui avec ce premier tome, dédicacé par l’auteur à Saint-Maur-des-fossés (scoop : dans le tome 7, Rose sera très importante).

Je découvre ici l’origine de cette brigade V et celle de son chef, Carl. Il a tout pour me plaire. Très bon policier, il n’en fait cependant qu’à sa tête, n’ayant cure de sa hiérarchie. Les conséquences ? Lui et son équipe en ont payé le prix fort lors de leur dernière mission : l’un est resté à terre, l’autre est paralysé à vie, et Carl est devenu encore plus insupportable qu’il ne l’était avant. Le virer de la police ? Difficile : il a été un excellent flic, et il ne se priverait pas d’ameuter le syndicat. La solution ? Elle est offerte sur un plateau d’argent. Une femme politique s’insurge contre le nombre d’enquêtes non résolues et bâclées ? Une énorme subvention tombe pour créer un nouveau service dédié aux affaires classées ? Bingo ! Le placard dans lequel enfermer Carl est tout trouvé.

D’ailleurs, Carl a bien compris la situation – enfin, jusqu’à ce qu’il découvre le montant des subventions perçues et qu’il le compare avec ce que coûte réellement le département flambant neuf. Puis, il y a Assad, le sympathique homme de ménage que lui adjoint le service. Dieu seul sait ce que le réfugié syrien a fait dans une vie antérieur, et Carl ne veut pas trop le savoir. Par contre, il découvre très vite que l’homme est doué, et pourquoi ne pas utiliser ses capacités à leur juste valeur ? Surtout, puisqu’on lui demande d’enquêter, pourquoi ne pas réellement le faire ?

Le Cold Case qu’il a choisi a tout pour plaire : une jolie jeune femme politique a mystérieusement disparu. Suicide ? Accident ? Personne n’a pensé au meurtre, surtout personne n’a envisagé l’atroce vérité que le lecteur connaît, lui : Merete a été kidnappée cinq ans plus tôt. Il reste à découvrir pourquoi, il reste surtout à découvrir si oui ou non Carl parviendra à la sauver.

Parce que Carl a fait au moins une découverte capitale : l’enquête a été bâclée dans les grandes largeurs. Cela ne vous rappelle rien ? Si, les romans policiers suédois qui dénoncent les lacunes de leurs enquêteurs. Ici, c’est un peu le même principe, et l’on peut se demander ce que les policiers ont fait cinq ans plus tôt, pour ne pas dire ce qu’ils font actuellement, car bien d’autres enquêtes semblent en perdition ! Et bien ils en prennent pour leur grade, et, je l’espère, se remettent en question.

Carl, son mauvais caractère, son assistant Assad et ses ressources cachés font l’impossible, et plus encore. La légalité ? Vous repasserez ! L’opinion que les gens peuvent avoir sur lui ? Carl fait avec, lui qui vit déjà avec son caractère si particulier. Les renforts ? Oui, tout de même, il ne commettra pas deux fois la même erreur

Puis arrive l’épilogue, que je ne vous dévoilerai pas, bien sûr, mais que j’ai trouvé excellent, sans le jugement moral et édificateur que n’aurait pas manqué de placer des scénaristes français, sans forcer non plus sur l’aspect mélodramatique, l’horreur de ce qui s’est passé suffit amplement. J’aime les auteurs qui redonnent toute leur importance au victime, et ne porte pas aux nues les criminels. Revenons aux fondamentaux, cela fait toujours du bien aux lecteurs.

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Délivrance de Jussi Adler-Olsen

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Quatrième de couverture :

Au fin fond de l’Ecosse, une bouteille ancienne en verre poli est longtemps restée sur le rebord d’une fenêtre. Personne ne l’avait remarquée, pas plus que le message qu’elle contenait. Un message qui commence par le mot Hjœlp, « au secours », en danois, écrits en lettres de sang…
Envoyée par la police anglaise à Copenhague, la mystérieuse missive atterrit entre les mains de Mørck et de son équipe. Son déchiffrage révèle qu’elle provient de deux garçons qui auraient été kidnappés dix ans plus tôt. Chose étrange : leur disparition n’a jamais été signalée…

Merci à Babelio et aux éditions Albin Michel pour ce partenariat.

Mon avis :

Je sens que je ne vais pas me faire que des amis avec ce billet. En effet, je ne parlerai pas des enquêteurs, attachants, ni de l’intrigue, qui ne vous donne pas envie de lâcher le livre jusqu’à ce que je l’ai terminé et jusqu’à avoir – enfin – une lueur d’espoir.

Je parlerai de religion, ou plutôt des sectes qui sont le sujet principal de ce roman. Mon anticléricalisme ne va pas se trouver améliorer après cette lecture. Je connaissais l’existence de ces communautés repliées sur elles-mêmes, je connaissais l’existence de ces fous de dieu qui oublient que le message principal d’une foi véritable est « aime ton prochain comme toi-même ». Vaste précepte pour ces personnes qui font de leur vie un enfer sur terre, et plus encore celles de leurs enfants.  La véritable note d’espoir serait pour moi qu’ils parviennent à retrouver leur liberté, et parmi tous les personnages croisés dans ce livre, un seul y est parvenu – à quel prix. Je ne dirai pas son nom, pour ne pas dévoiler l’intrigue outre mesure. Je dirai simplement que grâce aux enquêteurs, il fera un nouveau pas vers l’atténuation de sa souffrance – et que grâce à lui, ils ont fait un grand pas dans la résolution de leur enquête.

Carl, Assad, Rose, trois enquêteurs émérites à la vie privée compliquée. Ils ont la politesse de ne pas s’en plaindre, de ne pas se confier non plus les uns aux autres. Je donne une mention spéciale au caractère de Rose, avec lequel les deux autres doivent composer, et pas d’un peu. Il faut de l’acharnement pour trouver le coupable, et sauver ceux qui peuvent encore l’être. N’attendez pas de pitié ou de tendresse pour le meurtrier : ce qu’il a subi dans sa jeunesse ne justifie  pas sa froide cruauté actuelle. Au contraire, il le reproduit, de manière pire encore.

Réussi, ce livre ? Oui. Au point que j’ai envie de prolonger l’aventure avec cet auteur que je ne connaissais pas.
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