Archive | 10 novembre 2022

Les trois filles de la rue des Maraîchers – Tome 1 Confidence pour confidence par Sylvaine Jaoui

Présentation de l’éditeur :

Lélia, Marie et Christine sont voisines et inséparables. Cette année, elles entrent en 2nde et tout va être chamboulé. Nous sommes en 1965, et leur lycée, jusqu’à présent réservé aux filles, va être ouvert aux garçons. Voilà qui va mettre leur amitié à l’épreuve et exiger d’elle encore plus de solidarité. Car, parmi les adultes, tout le monde ne voit pas l’arrivée des garçons d’un très bon œil.

Mon avis : 

Je vous parle d’un temps que les moins de cinquante ans ne peuvent pas connaître. Oui, je commence par une allusion musicale, mais elles sont nombreuses dans ce roman, alors je n’allais pas me priver !

Nous suivons trois amies, qui ont la chance d’être lycéennes – je ne peux pas m’empêcher de le dire, parce que beaucoup de jeunes filles de leur âge, à la même période, étaient ouvrières, secrétaires, jeunes filles au pair. Elles ont des parents qui sont soucieux de leur scolarité, de leur avenir, et qui ont aussi les moyens que leurs filles poursuivent leurs études. Elles se connaissent depuis toujours, elles connaissent leurs parcours – Jeanne, la mère de Christine, veille discrètement sur Lélia, dont la mère, qui était son amie, est morte. Depuis, une belle-mère est entrée dans la famille, parce que leur père a le droit d’aimer à nouveau, et parce qu’un homme a besoin d’une femme pour élever ses enfants (ce n’était pas l’époque des papas poules, des nouveaux pères, encore moins des familles monoparentales). Pour Marie, c’est plus compliqué. Elle est, comme l’on disait à l’époque, une pied-noire, elle a vécu tout ce qu’ils ont vécu à cette époque. Sa mère a des idées très précises sur ce qu’une jeune fille doit faire ou ne pas faire, et elle entend bien faire respecter ses principes à sa fille.

L’événement qui change tout est l’arrivée de la mixité dans le lycée où sont inscrites les trois jeunes filles. De nos jours, la mixité nous semble naturelle. Ce n’était pas du tout le cas à l’époque. Comment se comporter envers les garçons quand on ne les a jamais cotoyé pendant sa scolarité, qu’on les a aussi un peu idéalisés, parfois ? Tout sauf facile. Surtout que ces garçons ne viennent pas d’apparaître comme par magie, ils ont un passé eux aussi, et un regard sur ce monde exclusivement féminin dans lequel ils arrivent. N’oublions pas non plus les soucis techniques, et intemporels : les toilettes !!!!! Anecdotique ? Pas tant que cela.

Mais je m’égare, je m’égare, revenons à ces trois adolescentes qui ont chacune leurs soucis et qui vont devoir faire avec. Elles se sentent aussi protégées par cette amitié qui les unit et qu’elles pensent inaltérables. Est-ce si simple ? Non, bien sûr.

J’ai aimé cette intrigue bien rythmée, qui alternent les scènes au lycée et les scènes en famille, je ne pensais pas lire le livre si rapidement, c’est à dire enchaîner les chapitres, avec ma chère Annunziata (mon chat) près de moi, et terminer presque tout naturellement ce livre