Archive | 1 novembre 2022

Mon année cinéma 2 : Hallelujah, les mots de Leonard Cohen

Bonjour à tous

J’ai réussi à aller au cinéma une deuxième fois cette année (je compte à part les retransmissions d’opéra), alors que, sur les réseaux sociaux, dans les magazines spécialisés, je vois passer LA grande question : pourquoi la fréquentation du cinéma diminue-t-elle ?

Pour moi, je peux répondre : je manque de temps cette année (cette année scolaire est particulièrement mouvementée et je ne parle même pas de mon année féline, j’écris d’ailleurs avec Dora sur les genoux, alors qu’Oda est couchée sur la toute nouvelle box internet, déjà fortement malmenée ce matin parce qu’Annunziata a passé des heures couchée dessus) et je suis fatiguée, je mesure donc la différence fatigue/plaisir à voir le film. J’ai renoncé à aller voir des films qui me tentaient, parce qu’aller au cinéma le soir signifie ne pas forcément être en forme le lendemain pour me rendre au collège. Si un film me fait envie… je regarde s’il passe dans ma salle préférée, sinon, je ne cherche pas frénétiquement une salle qui le diffuse. C’est ainsi que je suis allée à l’unique séance des Vieux fourneaux proposés dans mon cinéma. Je n’oublie pas le prix – mais la salle que je fréquente propose des tarifs vraiment abordables (6 € la séance en moyenne) pour un confort total. Reste l’argument : « mais tu vas seule au cinéma, c’est triste. » Non. C’est une opinion, ou plutôt un ressenti, mais j’ai longtemps attendu que des personnes m’accompagnent, j’ai eu souvent des refus, voire des « lapins », donc et depuis longtemps, je fais beaucoup de choses seule.

Pour revenir au cinéma, là, je l’admets, quand j’ai vu qu’un documentaire sur Leonard Cohen passait à Rouen, eh bien, j’ai relevé les séances et j’y suis allée. Je n’étais pas retournée au cinéma Omnia depuis longtemps – quinze ans ? Peut-être. Cela fait bien huit ans que je n’étais pas allée au cinéma à Rouen, depuis la fermeture de la salle UGC, alors à l’omnia….je me souviens y avoir vu Le placard en 2001, j’ai sans doute vu d’autres films depuis, mais… j’ai oublié ! J’allais beaucoup au cinéma de Gisors à l’époque, ou à Saint-Sever.

Mais je reviens sur Hallelujah, les mots de Leonard Cohen, un documentaire d’une heure 55 : je n’ai pas vu le temps passer.

Le documentaire pourrait répondre à une problématique : comment passer d’un album refusé à un succès mondial ? Oui, une fois l’album enregistré, Various positions, avec les arrangements de John Lissauer, il n’eut pas l’heur de plaire au nouveau directeur de Columbia, qui refusa que l’album sorte aux Etats-Unis. Il sortit en Europe, cependant, il eut un succès relatif au Royaume-Uni, et Leonard Cohen dut trouver une obscure maison de disque du New Jersey pour que l’album paraisse enfin aux Etats-Unis.

Pour qu’Hallelujah soit connu (enfin), il faut passer par l’art de la reprise. John Cale, d’abord, en piano/voix en concert. Puis Jeff Buckley, la version qui a rendu le titre mondialement connu – parce que, certains n’hésitent pas à le dire dans le documentaire, la voix « d’ange » de Jeff Buckley plaisait davantage que les voix graves de Leonard Cohen et John Cale. Jeff Buckley avait signé chez Columbia, le même label qui avait refusé de sortir l’album de Cohen dont Hallelujah était le titre phare : Cohen avait mis sept ans à écrire cette chanson, sept ans avant d’être satisfait des paroles. Il n’avait pas osé le dire à Bob Dylan, réputé pour écrire vite : il avait repris la chanson lui aussi alors qu’elle n’était pas connue du tout.

Mais Hallelujah allait connaître une nouvelle vie, grâce au dessin animé Shrek, film qui avait déjà renouvelé le cinéma d’animation. Oui, cette chanson apparaît dans le film, recoupée, expurgée des deux couplets qui peuvent choquer (et qui semblent avoir choqué Vicky Jenson la réalisatrice). Oui, il existe aussi plusieurs versions de la chanson, celle de l’album, et celle que Cohen chantait sur scène, nettement plus osée – autant dire que ce n’est pas cette version qui a été retenue. Depuis, la chanson fait le bonheur de tous les télé-crochets américains.

Et Cohen ? Il n’est pas l’homme d’une seule chanson, il est aussi, à la fin de sa vie, l’homme de la démesure. Après avoir passé cinq ans dans un monastère bouddhiste, il a enregistré trois albums, que suivirent cinq années de tournée mondiale. Il mourut en novembre 2016, un mois après avoir terminé son dernier album.

Pour terminer, une chanson de Leonard Cohen que j’ai découverte grâce à ce documentaire :*