Blizzard de Marie Vingtras

édition de l’Olivier – 192 pages.

Présentation de l’éditeur :

Le blizzard fait rage en Alaska. Au coeur de la tempête, un jeune garçon disparaît. Il n’aura fallu que quelques secondes, le temps de refaire ses lacets, pour que Bess lâche la main de l’enfant et le perde de vue. Elle se lance à sa recherche, suivie de près par les rares habitants de ce bout du monde. Une course effrénée contre la mort s’engage alors, où la destinée de chacun, face aux éléments, se dévoile.
Avec ce huis clos en pleine nature, Marie Vingtras, d’une écriture incisive, s’attache à l’intimité de ses personnages et, tout en finesse, révèle les tourments de leur âme.

Mon avis : 

Ce livre m’a été offert par un ami, sinon, je ne sais pas si je serai allée spontanément vers lui, parce que je n’avais jamais entendu parler de lui. J’étais apparemment devant une histoire simple : un enfant lâche la main d’une femme alors que tous les deux sont partis se promener dans le blizzard. Les quatre hommes qui vivent dans ce trou perdu et glacé de l’Alaska vont tenter de les retrouver ou de le retrouver. Je fais très vite cette distinction, parce qu’il paraît évident que, pour certains hommes, la priorité est de retrouver le petit garçon, non la jeune femme. Pourquoi ? Parce qu’elle est une femme. Parce que, pour eux, cette femme n’aurait jamais dû venir ici, elle est une femme « de la ville » c’est à dire une femme qui ne sait pas rester à sa place de femme – dans la maison, pas dehors, discrète, silencieuse, bref invisible et inaudible.

Le seul qui veut vraiment les retrouver tous les deux, c’est Benedict. C’est lui qui a amené Bess ici, pour des raisons que nous découvrirons au fur et à mesure de la lecture, tout comme nous découvrirons, au fur et à mesure de la lecture, quels sont les liens entre eux. Peu de personnages sont présents dans ce coin de l’Alaska, et les absents, les morts sont tout aussi importants que ceux qui sont vivants, pour ne pas dire qu’ils le sont plus. Benedict, Bess, Freeman (un ancien militaire, le seul afro-américain du coin), tous les trois ont au moins une personne morte dont le souvenir ne les quittent pas – le souvenir, les remords, les regrets, la culpabilité.

L’autre thème fort est les relations parents/enfants, que nous découvrons à travers les pensées de Benedict, Bess et Freeman (encore une fois, un trio important, même si eux ignorent les liens qui les unissent tous les trois). Certains parents n’arrivent plus à l’être, d’autres ont rompu tout lien avec leurs parents, pour des raisons qui leur appartiennent et n’en sont pas moins légitimes. Il en est qui essaie de devenir parents, et ce n’est pas forcément facile, surtout quand l’enfant est déjà là et qu’il a besoin de vous. Il en est qui n’ont plus d’enfants, il n’en reste pas moins des parents, qui vivent avec cette douleur, qui se demandent aussi quand ils ont fait des erreurs, parce qu’ils vivent avec la douleur de survivre à son enfant.

Un livre dur ? Oui. Parce que les hommes sont durs, parce que la société est dure, parce que les personnes ayant des principes, des règles de vie, des valeurs, ne pensent pas nécessairement que les personnes qu’ils côtoient tous les jours ne partagent pas ses valeurs – ou font semblant, c’est tellement plus simple.

Pour terminer, une pensée émue pour Cordélia, charmante représentante de la race canine, à qui personne ou presque n’a pensé, et qui, pourtant, remplit parfaitement la mission qui est la sienne.

 

15 réflexions sur “Blizzard de Marie Vingtras

  1. J’ai trouvé ce livre sympa, mais il ne vaut pas toutes les louanges dont on l’a paré. Une lecture agréable sur le moment déjà oubliée pour ma part. Je précise que ce n’est que mon avis et qu’il n’engage que moi …

    • Pour ma part, je l’ai lu dans des circonstances particulières : j’attendais les déménageurs et le technicien Orange pour une amie, j’ai lu le livre dans les transport en commun, en attendant, pendant et après le départ de tous les intervenants. Donc je pense que, même si j’oublie le nom des personnages, je n’oublierai jamais les circonstances de lecture.
      J’ajoute que je n’avais jamais entendu parler de ce livre avant qu’on ne me l’offre, donc je suis totalement passé à côté des louanges dont on l’a paré.

  2. Mais quelle idée de lâcher une main dans un blizzard ?? Bon, merci pour la piqûre de rappel, il est dans ma PAL et la neige s’accumule dessus 😆

    On devrait plus souvent remercier les animaux de tous les services qu’ils nous rendent et que l’on considère comme un dû… :/

    PS : putain, 4ème fois que les lutins de WP me sucrent mon commentaire et que WP plante !!!!

  3. Pingback: Bilan du Mois Américain Non Officiel – Septembre 2022 – En solitaire (et solidaire) | The Cannibal Lecteur

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