Archive | 19 septembre 2022

De rouages et de sang T2 – Le trésor du Pink Lady par A.D. Martel

Présentation de l’éditeur :

Alors que Rowena, OEil-de-Pirate, Eugène et Monsieur Gratouille fuient Arkantras, leur bateau est attaqué par des pirates. Mais pas n’importe quels pirates… Dirigé par Butcher, une capitaine qui n’a pas la langue dans sa poche, l’équipage voyage à bord du Pink Lady, un navire volant ! Pour échapper à la police lancée à leurs trousses, Rowena les convainc, grâce à ses talents de mécano, de les garder avec eux. C’est le début d’une grande aventure, en direction de Vérolia, la grande cité de métal…

Tandis que les liens entre Rowena, OEil-de-Pirate et Eugène se renforcent, la question se pose : comment révéler la vérité au peuple d’Arkantras sur le gouvernement en place ? Et si les pirates pouvaient les aider ? Mais ces derniers semblent cacher un lourd secret.

Merci aux éditions Scrinéo et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis : 

Suite et fin d’une saga en deux tomes, ce qui est suffisamment rare pour être signalé. Nous avons quitté Rowena, OEil-de-Pirate, Eugène et Monsieur Gratouille en mauvaise posture, ils ne sont pas vraiment en bonne posture à l’ouverture de ce second tome qui se situe sur le Pink Lady, navire volant de son état. Cependant, l’on ne change pas une équipe qui se serre les coudes, qui se monte inventive, et chacun d’entre eux va œuvrer pour le salut de tous. Ils vont aller de surprise en surprise, surtout Rowena, qui découvre des univers, oui, j’ai bien dit « des », bien éloignés de ceux où elle a vécu jusqu’à présent. Eugène a franchi un point de non retour, mais il n’a plus rien à perdre, si ce n’est la vie – et si l’on estime avoir déjà tout perdu, l’on peut donc tout tenter.

En effet, il est intéressant de se demander quels sont les objectifs des personnages, et de ce roman. Vivre, survivre, exceller dans le bricolage – ou faire en sorte que les choses changent ?Une autre vie est possible, il faut non pas trouver l’impulsion pour que les choses changent, il faut poursuivre dans cette voie, faire en sorte que ce coup d’essai n’en reste pas un, mobiliser le plus de personnes possibles, et combattre les préjugés. La société d’Arkantras est cruellement clivée, et ceux d’en haut  craignent ceux d’en-bas, à grand coups de discours anxiogènes de leurs dirigeants et de leur police, à qui ils font une confiance aveugle. Tout ressemblance avec ce qui se passe dans nos sociétés n’est sans doute pas fortuite. Pardon ? Nous ne sommes pas comme ça ? Pourtant, certains entretiennent la peur de ceux qui viennent d’ailleurs, et y réussissent très bien.

Il ne faut pas oublier non plus qu’Arkantras est un monde hautement pollué, détruit, où rien de végétal ne subsiste, et où l’on peut même se demander comment la vie est encore possible. Les réflexions écologiques contenues dans le roman nous invitent nous même à réfléchir à notre monde actuel et à ce que nous sommes prêts à faire (ou pas) pour empêcher les choses de se détériorer.

A parler ainsi, j’ai l’impression de ne m’intéresser qu’à la tonalité sombre, tragique du roman. Et pourtant, l’espoir est là. L’amour aussi, mais pas du tout de manière conventionnelle. L’amour peut prendre plusieurs formes, plusieurs expressions, l’amour se prouve de bien des manières, et pas toujours de celles à laquelle l’on pense communément.