Archive | 18 septembre 2022

Le radeau des étoiles d’Andrew J. Graff

Présentation de l’éditeur :

“Merci de dire au shérif que Fish voulait pas tuer mon père. Mon père est chez nous dans la cuisine, par terre près de la table. Il est mort.” Inséparables, Bread et Fish ont dix ans et passent leur été dans la poussière des champs du Wisconsin. Ils vivraient dans une parfaite insouciance, sans la figure violente du père de Bread qui terrorise le garçon. Un jour, au comble du désespoir, Fish décide de protéger son ami : un coup de revolver, et les gamins s’enfuient se croyant meurtriers. Ils se hâtent de rassembler du matériel, des provisions, et s’enfoncent dans l’immense forêt voisine. Construire un radeau, promesse de liberté, les expose immédiatement aux dangers réels de la traversée. Pendant ce temps, le grand-père de Fish et le shérif se lancent à leur recherche. Chacun devra faire son propre voyage en pleine nature pour affronter ses doutes et secourir les plus vulnérables.
Magnifiquement porté par un paysage féroce, Le Radeau des étoiles est une ode à l’amitié et à la liberté.

Mon avis :

Parlons d’un temps que nous avons oublié : l’année de l’élection de Bill Clinton, repère temporel donné au début du roman. Sous sa présidence, tout devait aller mieux. Oui, l’espoir existait encore, alors que j’ai l’impression que bien trop d’événements ont passé depuis pour que l’on puisse croire que tout pourra s’arranger providentiellement.

L’action se passe dans le Wisconsin, état tranquille. Nous suivons plusieurs personnages, qui sont tous liés les uns aux autres, plus ou moins profondément. Les deux premiers personnages auxquels nous pouvons nous attacher – je parle bien ici d’attachement, et pas de rencontres – sont Bread et Fish. Ils ont dix ans, ce sont encore des enfants si l’on se fit à leur âge. Leur vécu, leur quotidien, font qu’ils sont loin d’être insouciants. Fish est en vacances chez son grand-père, avec lequel il s’entend très bien : ils s’apportent l’un à l’autre beaucoup de choses, sans véritablement penser consciemment à tout ce que le grand-père transmet à son petit-fils, à tout l’apaisement que Fish peut apporter à son grand-père. Les liens entre eux deux sont très forts.

Bread n’a pas autant de chance. La violence de son père est connue, mais pas suffisamment visible pour que quelqu’un agisse. Et agir comment ? C’est la question que le grand-père de Fish se pose – parce qu’il sait bien qu’un enfant n’aime pas que l’on se mêle de ce qu’il vit dans sa famille.

Tout aurait pu continuer ainsi, si Fish n’avait tiré sur le père de Bread. Les deux enfants ont pris la fuite tous les deux à travers bois, au milieu duquel coule une rivière. Les recherches commencent, pour les retrouver au plus vite. Qui a envie de savoir que son enfant passe la nuit dans une forêt, même volontairement ?

Le sherif Cal, Tiffany, Miranda, Jacks, quatre personnages que nous avons déjà croisés au début du récit, quatre personnages qui participent à cette quête. Je pourrai faire des rapprochements binaires, Tiffany et Miranda sont deux femmes, si ce n’est que Miranda est la mère de Fish, que sa foi, inébranlable et détonnante, la guide. Vu de France l’on peut oublier à quel point la religion est omniprésente aux Etats-Unis. Tiffany a essayé de pratiquer la religion, elle a très vite renoncé. Elle se rapproche de Miranda parce qu’elle aussi veut retrouver Fish, et prouver aussi au shérif Cal qu’elle peut faire quelque chose de bien. Tiffany, c’est une jeune adulte, et une ancienne enfant à qui personne n’a fait attention, que personne n’a regardé, pas même ses propres parents. Et vu ce qu’elle a vécu, l’on peut se dire qu’elle ne s’en est pas mal sorti, elle travaille, elle aime la poésie, elle écrit aussi, et l’on peut rêver à ce qu’aurait été sa vie si elle avait pu grandir avec un regard bienveillant posé sur elle.

Le shérif Cal, lui, voulait lire de la fierté, ou du moins de l’approbation dans le regard de son père. Lui n’est pas du Wisconsin, mais du Texas, et son accent peut faire rêver – ou pas. Il a dû se mettre au vert parce qu’à Houston, il avait pris un peu trop  à coeur son métier de flic. Il le prend toujours à coeur mais il est un homme de la ville, des procédures – parce qu’il a un peu oublié les procédures, un jour – et ne se montre pas franchement adroit au cour de ses recherches. Reste Jacks. Le chien du shérif. Lui sait parfaitement ce qu’il veut et ne veut pas, il sait ce qu’il doit faire – suivre son instinct.

 

 

Rusty Puppy de Joe R. Lansdale

édition Folio – 336 pages

Présentation de l’éditeur :

Hap Collins, plouc autoproclamé, et Leonard Pine, noir, gay et républicain vétéran du Vietnam, ne sont pas les plus malins des détectives. Et ils ont une fâcheuse tendance à se mettre dans l’embarras.
Quand les deux compères se penchent sur le cas d’un jeune Noir assassiné par la police, ils mettent le doigt dans un engrenage qui les mènera jusqu’à un réseau de combats clandestins. Au cours de leur enquête, Hap et Leonard se retrouveront confrontés à des flics corrompus, des tueurs à gages sans scrupule et même à une vampire naine assoiffée de vengeance (à moins qu’il s’agisse simplement d’une gamine au caractère exécrable).
Ce n’est pas la première fois qu’ils subissent menaces, intimidations et agressions, mais que faire quand vos ennemis sont les représentants de la loi en personne ?

Mon avis : 

J’ai passé une bonne partie de l’après-midi à ruminer, à cause de soucis d’ordre personnel, vraiment personnel. J’aurai û faire un billet pour en parler, mais come je ne suis pas la seule à être en cause dans l’histoire, comme les aitres personnes n’ont pas l’habitude de s’épancher en ligne (et c’est une bonne résolution) alors je n’en parle pas. Je me suis donc dit : « mais je n’ai pas chroniqué Rusty puppy ». C’est donc l’occasion de le faire.

Hap et Leonard enquêtent sur la mort d’un jeune noir, assassiné par la police selon un témoin. Sauf que le témoin ne veut pas vraiment témoigner, qu’il est le seul à dire que c’est un meurtre, que personne ne comprend ce qui a pu se passer, quand on n’est pas à deux doigts de se dire qu’il ne s’est rien passé, si ce n’est un mort de plus. Ce que sait en revanche la mère de la victime, c’est que son fils n’est pas son premier enfant à être persécuté par la police – sa fille a été victime d’arrestations arbitraires. Nous sommes au Texas, la police peut faire à peu près tout ce qu’elle veut contre la population noir, pauvre, qui tente de vivre du mieux qu’elle peut, pour ne pas dire survivre. Pour faire court, ils sont traités comme des chiens maltraités. Il faut parfois s’adapter très tôt, comme cette gamine que croisent Hap et Leonard, et qui leur fait penser à une vampire naine de quatre cents ans – si ce n’est qu’elle se nourrit principalement de frites et de hamburgers, comme les deux détectives l’apprendront, et leur porte-monnaie avec eux.

Ce qui ne change pas, si vous aimez cette série, c’est l’amitié qui unit les deux hommes. Ce qui ne change pas non plus, c’est leur humour – sauf s’il s’agit de biscuits à la vanille honteusement pillés. Ce qui ne change toujours pas, c’est leur capacité à se mettre dans des situations impossibles et à prendre beaucoup de risques pour que justice soit faite. Tout sauf facile.

Vous rendrez-vous vous aussi au Texas avec Hap et Leonard ? .

29e participation – Texas.