Archive | 6 septembre 2022

1275 de Jim Thompson

Présentation de l’éditeur :

Shérif de Pottsville, village de 1 275 âmes, Nick Corey a tout pour être heureux : un logement de fonction, une maîtresse et surtout un travail qui ne l’accable pas trop car il évite de se mêler des affaires des autres. Bien sûr, cette routine ne va pas sans quelques ennuis : son mandat arrive à terme et son concurrent a de fortes chances d’emporter les prochaines élections. Et puis, même les petits maquereaux du coin en viennent à lui manquer de respect. Aussi Corey trouve-t-il qu’il est grand temps de faire le ménage, à commencer par tous ceux-là.

Mon avis :

La vie est dure, mais alors duuuuuuuuuuuuuuuuuuuuure quand on est le shérif de Pottsville, village de 1275 âmes et 1280 habitants. Je vous laisse deviner d’où vient cette différence. En plus, les élections approchent. Que faire, que faire ? Je vous le dis, Corey a bien des soucis ! Encore, je ne vous parle que de ses soucis professionnels, parce que ses soucis personnels sont tout aussi copieux, abondants, nombreux, pénibles, entre sa femme, son beau-frère, ses maitresses. Oui, Corey a des soucis, mais il faut dire qu’il ne semble pas très futé.

Semble seulement, et c’est du travail pour passer pour être abruti à ce point sans l’être, pour avoir l’air de se laisser manipuler alors qu’en fait, c’est lui qui manipule autour de lui, et qui agit dans un seul et unique intérêt : le sien ! Être lui, c’est du plein temps, parce que personne, absolument personne ne se doute de sa rouerie, pas même ses proches, dont sa harpie d’épouse et son abruti de beau-frère, trop occupés à se plaindre, à vivre leur vie pour se rendre compte de qui est véritablement Nick Corey.

Horrible, cette histoire ? Oui, franchement. Ce voyage au fin fond de l’Amérique blanche bien comme il faut serait totalement désespérant n’était le style de l’auteur, qui confère à son personnage principal et narrateur un bagout, un allant, un sens de la narration et du retournement de situation absolument hors-pair.

Oui, je sais, certains lecteurs seront choqués/horrifiés non par l’histoire, cela, je le comprendrai parfaitement, parce que, dès que le lecteur s’arrête et réfléchit un peu, il mesure toute l’horreur de la situation, puisque personne ne semble capable de mettre un terme aux agissements de Corey. Non, certains lecteurs seront choqués parce que je recommande une lecture violente, dur, totalement immorale. Oui, il est encore des personnes qui pensent que la littérature doit être rose bonbon, bleu ciel, feel good…. et je n’ai rien contre. Mais j’aime aussi et surtout les romans noirs, très noirs.