Un fauve d’Enguerrand Crépy

Présentation de l’éditeur :

Dix ans qu’il attend ce moment, des mois qu’il se prépare, s’impose un régime draconien, s’entraîne, ne boit plus une goutte d’alcool, ne se drogue plus. Il est à quelques heures d’entrer sur le plateau de tournage, d’incarner Marcel Cerdan sous la direction de Claude Lelouch. Dans le taxi qui le conduit aux Champs-Élysées, l’acteur pourtant à son firmament vacille, doute… Il a peur de ne pas être à la hauteur. Des souvenirs refont surface, le spleen l’envahit. Hanté par ses frustrations, sa paranoïa, sa quête insatiable de reconnaissance, ce fauve en réalité si vulnérable, cet écorché vif, parviendra-t-il à faire taire ses démons ? On a beau connaître la fin, et s’en rapprocher inexorablement – comme dans toute tragédie, l’action ne dépasse pas « une révolution de soleil » –, la fascination reste intacte et l’on continue d’espérer. Un roman haletant qui nous plonge dans les états d’âme de l’indomptable Patrick Dewaere tout en cultivant sa légende et son mystère

Mon avis :

Lu dans le cadre du #challengenetgalley, oui. Apprécié totalement, je n’en suis pas sûre.

J’ai hésité avant de lire ce livre. Ce n’est pas que je n’aime pas l’acteur Patrick Dewaere, c’est que je ne l’ai pas connu, il était déjà mort, mythifié, quand j’ai commencé à m’intéresser au cinéma. Pour moi, il fait partie de ses acteurs imprévisibles, ingérables, complètement cramés par la vie, et des acteurs qui vivent ainsi, il n’y en a plus. Faut-il le déplorer ou au contraire s’en réjouir ? Selon la réponse, on s’intéressera ou non à la biographie de Patrick Dewaere.

La fin est connue, forcément, et l’on sait, comme quand on lit une tragédie grecque, que la fin est déjà écrite. On sait que rien ne pourra l’en empêcher. Je tente une formule facile : Marcel Cerdan devait être le rôle de sa vie, il fut celui de sa mort. J’ai regretté que l’on donne trop de place à l’actrice qui devait jouer avec lui, que l’on donne aussi, après que la tragédie sera consommé, trop de place aux états d’âme du réalisateur.

Bien sûr, je suis peut-être un peu dure, parce que les états d’âme de Patrick Dewaere sont là, et bien là. Lui qui n’avait pas de plan de carrière, lui qui ne gérait rien face à la presse, lui dont la vie sentimentale partait à vau l’eau, délitement progressif, construction d’une vie de couple et de famille, impossible, parce qu’une femme ne pouvait pas le sauver de ses démons, de lui-même. Peut-être parce que sa vie avait été bâti sur un secret, qui fut lui-même mythifié, celui d’une belle et grande histoire d’amour qui lui aurait donné naissance.

Je me suis laissée emporter par le souffle narratif, puissant, par le tourbillon d’émotions ressenties par celui qui peina à être le personnage principal de sa propre vie, passant plus de temps à se détruire qu’à vivre. Et si la lecture de ce livre donne une envie, c’est celle de revoir un de ses films.

Merci à Netgalley et aux éditions du Rocher pour ce partenariat.

 

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