Où es tu Mari ? de Kristel Petersen

Présentation de l’éditeur :

Maja vit à Forsøl, petit village norvégien à quelques kilomètres de la ville de Hammerfest, au nord du cercle polaire. Elle raconte dans son journal sa lutte quotidienne pour vivre malgré le chagrin qu’elle éprouve depuis la mystérieuse disparition de sa fille Mari. Elle essaie d’endormir sa douleur avec l’aquavit du placard de la cuisine et s’accroche à l’idée que Mari est encore vivante quelque part. Maja est prête à tout pour la retrouver, même à boire les tisanes hallucinogènes d’un vieux shaman sami. En s’isolant régulièrement dans sa cuisine avec des brioches et du thé pour écrire son journal et pour réfléchir, elle avance lentement dans la recherche de la vérité, mais plus elle progresse sur ce chemin, plus le danger, irrémédiablement, resserre son étau…

Mon avis :

Simple ? Non. Pourquoi une histoire de disparition d’enfants serait-elle simple. Maja est professeure des écoles. Elle est norvégienne, mais pas que : son père était russe, sa mère est sami, et certains norvégiens ne voient pas les samis d’un bon oeil. Maja a été follement amoureuse d’un sami, dans sa jeunesse, elle pensait qu’ils se marieraient, mais il l’a abandonnée alors qu’elle était enceinte de leur fille. Elle s’est alors marié avec Bjarne, un homme « bien », patron d’une usine de poisson, dont le père fait une brillante carrière politique. Ensemble, ils ont eu un fils, Kristian. La vie s’écoule, heureuse. Ou plutôt semble s’écouler heureuse, parce que Maja fait tout pour donner le change, pour son mari, pour son fils, pour ses collègues, qui osent à peine lui parler : que dire à une femme dont l’enfant a disparu sans laisser de traces ?

Alors, pour tenir le coup, Maja boit. Un peu, beaucoup. Elle buvait déjà le jour de la disparition de sa fille, et c’est aussi pour cette raison qu’elle culpabilise encore plus que si elle avait été dans un état je ne dirai pas plus normal, mais dans un état que la société attend d’une femme, d’une épouse, d’une mère. Elle tient un journal, aussi, dans lequel elle note tout ce qu’elle vit, tout ce dont elle se souvient, tout ce qu’elle éprouve, entre espoir, reconnaissance et colère. Ce journal, nous le découvrons en même temps qu’elle l’écrit, il entrecoupe la narration qui nous permet de nous focaliser pas seulement sur Maja mais sur d’autres personnages, comme Bjarne, son mari. Et parfois, le lecteur de se demander comment Maja peut être aussi aveugle sur ce qui l’entoure.Il faut dire que la police ne voit pas grand chose non plus. Chance ? Oui, pour ceux qui ont quelque chose à cacher.

Où es-tu Mari ? est aussi, pour moi, l’histoire d’une transmission ratée. Maja n’a que faire des traditions samis que sa propre mère aurait voulu qu’elle partage, c’est Wilma, sa belle-mère qui va l’y intéresser. Wilma aime éperdument son mari, qui ne la respecte pas, pas plus que son fils ne la respecte, en homme sûr de son bon droit. Aimer ne suffit pas, surtout si l’on est prêt à tout accepter de la personne aimée.

Roman policier ? Oui, aussi, même si le seul policier du coin n’est pas très actif. Cela n’empêche pas Maja de vouloir savoir ce qui est arrivé à sa fille, d’osciller entre espoir de la revoir vivante, et crainte qu’elle ne soit morte. Où es-tu Mari ? est un livre sur la douleur de l’incertitude, que ne vient pas tempérer la douceur de prendre soin des siens.

 

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