Archive | 20 février 2022

Jardin secret à Palerme par Valérie MANGIN

Présentation de l’éditeur :

Lorsque les filles de Sara arrivent à Palerme, elles ne reconnaissent plus leur mère. Sous le soleil de Sicile, quelque chose a manifestement changé. Petit à petit, Manon et Lisa vont comprendre que ce changement de lieu inopiné est loin d’être une fuite, et en découvrir les vraies raisons. Sara est une femme meurtrie par une existence menée sous le joug du silence. Silence dissimulateur, silence réparateur, silence rédempteur qui doit un jour se briser pour faire place à la lumière : celle de la vérité, celle de la vie, celle de l’amour dans tout son éclat. La révélation de Sara à ses filles, c’est d’abord la révélation d’elle-même, puis la célébration du lien mère-filles jusqu’ici terni par les non-dits et les affres d’un mariage raté.« Jardin Secret à Palerme » est un chant-roman initiatique dont le personnage central est la Sicile, île solaire, île de beauté, de joie, d’amour et de liberté retrouvés.

Merci aux éditions La sirène aux yeux verts et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

Livre lu ? Oui. Livre aimé ? Non.

Je pourrai encore et toujours parler de mon insensibilité sur certains sujets, cela ne changerait rien, je n’ai pas été sensible à cette histoire.

Pourquoi ? D’abord, à cause de ce contraste entre le silence qui entoure Sara et ses filles depuis des décennies, et les paroles, nombreuses, qui sont échangées dans ce roman, en attendant le bon moment – il arrive assez vite – pour la révélation du secret, celui que la mère de Sara a tu toute sa vie, celui que sa fille ne veut pas porter seule.

Oui, Sara a toujours été silencieuse, et n’a rien dit à ses filles de ce qu’elle vivait avec son mari – leur père qui a un jour l’a quitté pour pouvoir profiter de la vie. Je ne dis pas que cette situation n’existe pas, je sais bien qu’elle existe, ce que je ne comprends pas, c’est que Lisa et Manon, les deux filles, sont avant tout venues en Sicile non pour comprendre leur mère, mais pour la convaincre de revenir à Paris pour prendre soin de son père et de leur père. Je ne dis pas là non plus que cette situation n’existe pas encore de nos jours. Je me dis simplement que ces deux jeunes femmes ont bien appris les leçons du patriarcat – la femme est une infirmière qui ne doit jamais se plaindre, elle doit être à la disposition des hommes. Ses désirs, ses envies ? J’ai eu l’impression que pour ses filles, ils ne peuvent exister en dehors des hommes. Très classiquement, elles pensent d’ailleurs que c’est à cause d’un homme que leur mère veut rester en Sicile.

Oui, la révélation du secret, d’autres révélations aussi vont rapprocher mère et filles. Oui, il n’est pire chose que ce que l’on ne veut pas voir, pas entendre. Ne rien dire pour protéger est parfois la pire des choses, ne serait-ce que parce que cela peut être interprété comme de l’indifférence alors qu’il ne s’agit que d’une manière de montrer son amour. Il faut du courage pour se colleter à tout ce qui est épineux. Et le silence assourdissant qui a régné pendant des années a fini par étouffer littéralement la lectrice que je suis.