Archive | 14 février 2022

Le parchemin disparu de maître Richard par Laetitia Bourgeois

Présentation de l’éditeur :

Au cœur du carême, le notaire de Saint-Clément est découvert chez lui, baignant dans son sang, son coffre à parchemins pillé.
Chargé de l’enquête, le sergent de justice Barthélemy se trouve particulièrement démuni devant ce crime commis pour du papier. Sans savoir lire, il doit pourtant faire parler les écrits du notaire assassiné.
Tandis que les villageois lui opposent une hostilité sourde et un silence opaque, son épouse, la guérisseuse Ysabellis, affronte elle aussi une situation périlleuse, où sa science de la médecine sera mise à l’épreuve…
Disparitions inexpliquées et rivalités seigneuriales entachent le Gévaudan de l’an 1363, teinté d’une violence diffuse dont nul ne sort indemne.

Mon avis :

Cela fait très exactement deux ans que je n’ai pas lus de romans de cette autrice. La saga Barthélemy et Ysabellis comportent six tomes, j’en ai quatre en tout, et la saga n’est plus éditée de nos jours. Bref, il est peu de chance que je parvienne à lire un jour le tout dernier tome de cette série.

Nous sommes en pleine période de Carème, et en 1363, cela n’est pas anodin. Pâques approche, la promesse d’un festin à venir après ne pas avoir mangé à sa faim pendant quarante jours. Enfin, s’il est possible de manger à sa faim. Les temps sont souvent durs, et le lecteur découvrira au fil du récit qu’il peut l’être encore plus quand les seigneurs se querellent pour un oui pour un non, faisant peser le poids de leur querelle sur les paysans, dont ils n’ont pas grand chose à faire.

Les paysans et les paysannes, sur lesquelles un poids plus lourd encore pèse. Etre une jeune fille, une femme, c’est avant tout savoir garder des secrets, mais aussi, parfois, transmettre ses secrets à d’autres femmes qui en feront bon usage.

Barthélemy a été nommé sergent de justice par le seigneur de Randon. A ce titre, il a moins de souci que les autres, sa vie dépend moins des récoltes qu’il fait, ou ne parvient pas à faire. Mais il est confronté à des actes effrayants : maître Richard, le notaire de Saint-Clément, a été massacré, aucun autre terme n’est possible. Les villageois ? Ils ne savent rien, ils n’ont rien vu, ou plutôt, ils ne veulent rien à dire à cet étranger, d’autant plus que les villageois ne portaient pas maître Richard dans leur coeur. Très vite, il apparaît que l’on veut empêcher Barthélémy d’enquêter : qui a déjà tué ne craint pas de tuer à nouveau.

Oui, le récit est sombre, d’autant plus que Barthélémy ne peut pas toujours compter sur le soutien du seigneur de Randon, ou du moins, il ne lui fait pas suffisamment confiance – parce qu’il est un seigneur, et que Barthélémy n’en est pas un. Plus que l’intrigue, j’ai aimé cette immersion dans le monde médiéval, loin des clichés.

Une série de romans qui mériteraient d’être mieux connues.