Archive | 10 février 2022

Peur sur la cité de Nairi Nahapetian

Présentation de l’éditeur :

C’est les vacances de la Toussaint pour Aziz et il compte bien en profiter pour répéter ses chansons ! Fraîchement installé dans la Cité des Oiseaux avec ses parents, il a très vite formé un groupe de slam avec Vincent et Rokia, ses nouveaux amis.
Mais depuis quelques temps, dans la Cité, une ombre venue du ciel se jette à la nuit tombée sur les passants pour leur voler leurs affaires… Et quand Aziz et ses amis sont accusés du vol de la nouvelle table de mixage du centre d’animation, ils décident d’enquêter pour trouver le véritable coupable.
Que se trame-t-il dans la Cité des Oiseaux ?
Entre mystère et rebondissements, plonge dans une enquête captivante au cœur de la Cité des Oiseaux…

Merci aux éditions Scrinéo et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

J’ai refermé ce livre en étant un peu dubitative, je me suis demandé où l’autrice voulait en venir. Nous sommes dans un roman de littérature jeunesse, nous sommes dans un roman policier, nous sommes dans un roman teinté de fantastique. C’est sans doute cette dernière orientation littéraire que j’ai préféré, avec cette ombre qui plane sur la ville, ses fresques qui semblent prendre vie, et j’aurai vraiment aimé que cette partie soit développée jusqu’au bout – parce que l’explication donnée est nettement plus prosaïque, et donc, à mes yeux, un peu décevante.

L’action prend place dans une cité, la cité des oiseaux et là, comme souvent, quand un problème survient, c’est la faute des jeunes du quartier. C’est ce que dit la police – c’est ce que l’on disait déjà dans les chansons de Starmania, dans les années 70 (pour ceux qui se souviennent de Quand on arrive en ville). Aussi la police ne fait pas de gros efforts pour chercher d’autres coupables, elle veut seulement « donner des leçons » et regrette que certains adultes ne se montrent pas plus « fermes » avec ces jeunes. Les policiers ne sont pas les seuls à veiller sur la cité, puisque des vigiles le font aussi. Je le dis, je le répète, j’ai été déçue par le dénouement, j’ai été déçue par certains clichés aussi, j’ai trouvé le roman trop bref. C’est vraiment dommage parce que certaines pages sont vraiment du plus bel effet. Peut-être les jeunes lecteurs l’apprécieront-ils plus que moi.

L’oiseau qui avait le vertige par Francois Cérésa

Présentation de l’éditeur :

Un îlot en pleine mer, à moins d’un mille de la pointe du Grouin. Sur cet éperon rocheux, l’Hôtel des Flots, thalasso et spa pour clients haut de gamme. Emir Karlovic, ancien des services spéciaux, y pose son sac pour un séjour d’une semaine. Dans ce sac, un arsenal : un .44 magnum et un colt Cobra. Lors de son premier repas avec les pensionnaires, une employée de la résidence disparaît : la rousse et sulfureuse Jessica. Parmi les suspects : Mme Desmoulins, l’accorte propriétaire des lieux. Le vindicatif docteur Billaud et sa femme, adepte du pouvoir magique des pierres. Francis et Alexis, un couple d’antiquaires adonnés à la culture physique. L’ex-ministre Barras qui lorgne sur Mehdi, le garçon de bain. Auguste Carrier, l’écrivain bien-pensant. Marcus, ex-maquereau marseillais. César et Monique Vadier, alias Moby Dick. Yann, le cuisinier siffloteur. Et puis Narcisse Blanc, discret employé d’agence immobilière… qui disparaît à son tour. À l’adjudante Chanal et au commandant Robès de s’amuser avec les figurines de ce Cluedo, confinés sur leur rocher par une soudaine pandémie. Tout finira par un banquet bien arrosé…Portraits aux petits oignons et meurtres patiemment mitonnés : le premier suspense de François Cérésa subvertit le genre avec délices.

Merci à Netgalley et aux éditions de l’Archipel pour ce partenariat.

Mon avis :

J’ai été attirée par la couverture, très belle, et par le résumé. Je m’attendais sans doute à …. un huis-clos, à une histoire dont l’île serait le coeur, le centre du problème, et j’avais même quelques titres de romans policiers sur la même thématique en tête. Je me suis trompée, ce sont des choses qui arrivent.

Cependant, dès la scène d’ouverture, j’ai eu du mal, et je me suis dit : « encore un roman policier qui fait des femmes, encore et toujours, les victimes des hommes ». Raccourci, peut-être, parce qu’au moment de la lecture, je ne me suis même pas dit que le coupable pourrait être une femme, justement. Il est cependant un personnage que j’ai apprécié d’entrée de jeu, Marcel, le chat, que nous retrouverons, de temps en temps, se livrant à des activités de, eh bien de chat, c’est à dire ne faisant pas grand chose, mais n’étant pas coupable non plus : c’est un chat.

Pour la suite, j’ai trouvé que les personnages étaient vraiment très nombreux, et j’avais vraiment du mal à m’y retrouver, entre ce qu’ils paraissaient être, ce qu’ils avaient été, et ce qu’ils étaient amenés à devenir, au cours de cette escapade à l’hôtel, hôtel de grand luxe, hôtel détox dans lequel les pensionnaires sont amenés à se couper de leur téléphone portable.

Après… (oui, j’abuse des points de suspensions)… je me suis demandée ce qu’ils étaient tous venus faire dans cette galère, ce qu’ils espéraient trouver. Je me suis demandé aussi comment certains couples avaient pu rester ensemble – personnages de romans, oui, mais personnages qui se doivent d’avoir un passé commun. La sexualité est le seul lien qui se crée entre les personnages, pour ne pas dire des « coups tirés vite fait, à peu près bien faits ». Même le Covid s’invite, au beau milieu de ses hôtes qui portent presque tous des noms en lien avec la révolution française. Poussé jusqu’à l’absurde, cela aurait pu être drôle (j’ai aussi un titre en tête). Là, non. Bref, c’est avec une impression d’étrangeté que j’ai terminé ce livre, comme si je ne savais toujours pas où il avait voulu m’emmener.