Archive | 24 janvier 2022

Marchands de mort subite de Max Izambard

édition du Rouergue – 356 pages.

Présentation de l’éditeur :

Pierre Marlot observe une colonie d’avocettes en baie de Somme lorsqu’il reçoit un appel du consul de France en Ouganda. On n’a plus de nouvelles de sa fille Anne, journaliste prometteuse et farouchement indépendante, depuis qu’elle est partie dans l’Est de la République démocratique du Congo pour les besoins d’un reportage. En arrivant à Kampala, Pierre comprend qu’il ne faut rien attendre des services consulaires. Il se lance dans une quête solitaire sur les traces de sa fille. C’est ainsi qu’il rencontre Juliet Ochola, une journaliste travaillant pour un grand quotidien ougandais. Juliet décide de reprendre le travail d’Anne. Dans un pays où les journalistes subissent menaces de mort et arrestations arbitraires, elle s’engage dans une enquête à haut risque, alors même qu’une insurrection étudiante met la capitale à feu et à sang.
Dans ce premier roman, passionnante enquête sur les minerais du sang qui tient le lecteur en haleine de la première à la dernière page, Max Izambard nous transporte au cœur d’une Afrique des Grands Lacs affamée de justice. Dans un labyrinthe de questions et de faux-semblants, ses magnifiques personnages luttent pour faire émerger des vérités dérangeantes face à un pouvoir aux abois.

Mon avis :

Tout d’abord, je tiens à remercier Max Izambard pour l’envoi de ce roman que je chronique, comme beaucoup de romans, très en retard.

J’aurai envie de commencer cet article en vous disant que tout va bien en Ouganda. Oui, vraiment tout. Officiellement, bien entendu. Une journaliste française a pourtant disparu – Anne Marlot, partie en reportage dans l’Est de la République démocratique du Congo. Les services consulaires ne montrent pas un zèle particulier pour retrouver cette ressortissante française; . Ils ne montrent pas de zèle du tout serait sans doute la formule la plus juste. Alors son père, Pierre Marlot, a quitté la paisible baie de Somme pour se rendre à Kampala, capitale de l’Ouganda, et mener l’enquête de son côté.

Tout va bien, pourtant. Les diplomates français sont beaucoup plus occupés par l’avancement de leur carrière que par leur rôle – à moins qu’ils ne jouent un rôle dans…. eh bien, dans tout ce qui ne va pas en Ouganda. Il semble qu’Anne avait découvert des « choses » dérangeantes sur le trafic d’or et son exportation illégale. Dérangeant pour qui ? Et avec quelles conséquences pour elle ?

En Ouganda, faire son métier de journaliste, c’est prendre de gros risques. Juliet Ochola est prête à en assumer encore plus pour aider Pierre Marlot et pour couvrir l’actualité. Termes génériques, quasiment pudiques que j’emploie pour désigner tout ce qui ne va pas en Ouganda, de la corruption qui règne à tous les étages à la violence utilisée avec la bénédiction des autorités pour étouffer les révoltes étudiantes – ou tout autre opposition.

Marchands de mort subite est un livre fort, dur, qui dresse l’itinéraire de personnes qui tentent de mettre un peu de justice, un peu d’ordre dans le chaos ambiant. Peuvent-ils seulement y parvenir ? Rien n’est moins sûr.