Archive | 21 janvier 2022

La grande colère du chief-inspector Fox d’Edward Brooker

oxymoron édition – 76 pages

Présentation de l’éditeur :

Branle-bas de combat à Scotland Yard ! Mister NOBODY, l’insaisissable gentleman cambrioleur n’en finit plus de faire parler de lui. Cette fois, c’est le Premier ministre d’un état du Moyen-Orient venu à Londres pour signer un important traité qui en est pour ses frais : sa bague dont l’émeraude enchâssée vaut une fortune lui a été dérobée. Scotland Yard promet une récompense de mille livres à qui aidera à l’arrestation de Mister NOBODY. Pourtant, celui-ci est innocent du vol pour lequel il est accusé. Et, vexé que sa tête soit mise à prix pour une peccadille, mais aussi choqué qu’un individu se serve de son nom pour commettre ses larcins, l’homme au masque de satin est bien décidé à se venger de la police et de son « remplaçant ».

Mon avis :

Le chief-inspector (je respecte l’orthographe du titre) n’est pas content, mais alors là, pas content du tout, et c’est sur sa colère que s’ouvre ce court récit. Sa colère est d’ailleurs assez réjouissante, véritablement bien décrite, presque un exercice de style sur le thème : montrer un policier en colère. Pourquoi ? Que se passe-t-il ? C’est très simple : il ne parvient pas à mettre la main sur l’insaisissable Mister Nobody, le véritable héros de cette série, et franchement, cela commence à bien faire ! D’autant plus que le fameux cambrioleur vient de voler un bijou particulièrement précieux (comme tous les bijoux), une bague avec une émeraude d’une immense valeur dessus, appartenant à un homme politique en visite au Royaume-Uni. Que fait la police ? Elle agit à sa façon, en hurlant, tempêtant, reprochant à certains de ne pas avoir été suffisamment efficace, menaçant de renvoi, etc, etc…

Pendant ce temps, Mister Nobody se repose, et découvre dans les journaux qu’il a volé cette bague précieuse, ce dont il n’était pas au courant. Lui aussi est furieux d’être accusé ainsi. Que fait la police, il se le demande ! Que fait également Isaacs, son receleur attitré (pas que le sien, d’ailleurs), lui qui lui affirme ne pas avoir la bague parmi les nombreux objets qu’il recèle ? Eh bien il ment, et ce n’est pas bien, parce que la vengeance de Mister Nobody sera terrible.

De l’auteur, je n’ai trouvé que peu de renseignements sur internet (je n’ai pas énormément cherché non plus). Il serait né en Autriche ou en Pologne, ses romans seraient peut-être traduits de l’allemand, il fut très prolifique à une époque, avant de ne plus du tout l’être après 1947. Mister Nobody, ce gentleman cambrioleur, fait forcément penser au plus célèbre des gentlemen cambrioleurs, à savoir Arsène Lupin. Certes. Cependant, Mister Nobody vole avant tout pour pouvoir mener une vie de luxe et dépenser ce qu’il gagne en toute impunité. Souvent à sec, il doit donc cambrioler souvent. Il est seul, avec son domestique qui ressemble à s’y méprendre à une grenouille (d’où le surnom « Froggy ») et qu’il rudoie de temps en temps.

La couverture, telle que je l’ai trouvée sur internet, est un spoil à elle toute seule, puisqu’elle met en scène l’homme au masque de satin et Isaacs, le recéleur. Ce dernier, avide d’accumuler des riches et de vivre comme un avare, est une caricature à lui tout seul, pour ne pas dire pire.

Un récit pas désagréable à lire, mais qui ne restera pas mon préféré de cette collection.