Archive | 18 janvier 2022

De l’or et des larmes d’Isabelle Villain

Présentation de l’éditeur :

Jean-Luc Provost, le très médiatique entraîneur de gymnastique français, meurt dans un accident de voiture. La thèse du suicide, à seulement six mois des prochains jeux Olympiques de 2024, est très vite écartée.
L’affaire, considérée comme sensible et politique, est confiée au groupe de Lost. Pourquoi vouloir assassiner un homme qui s’apprêtait à devenir un héros national ?
Rebecca et son équipe se retrouvent immergées dans un monde où athlètes et familles vivent à la limite de la rupture avec pour unique objectif l’or olympique. Ils sont prêts à tous les sacrifices pour l’obtenir.
Jusqu’au jour où le sacrifice demandé devient insurmontable…

Merci aux éditions Taurnada pour ce partenariat.

Mon avis :

Je commencerai par un préambule : le sport ne m’a jamais intéressé, et la nature étant bien faite (il vaut mieux prendre les choses de ce côté), je suis dispensée de sport depuis l’âge de neuf ans. Regarder les exploits des sportifs à la télévision ne m’intéresse pas plus que cela non plus – ne pas être sportive ne signifie pas supporter de rester immobile devant un écran. De même, cela ne signifie pas ne pas apprécier lire des romans qui se déroulent dans le milieu du sport.

Nous sommes ici dans le sport de très haut niveau, dans l’équipe de gymnastique française, et l’histoire débute pendant les jeux olympiques de 2024. Au début, nous ne savons pas grand chose, si ce n’est que l’équipe a été rudement éprouvée. Puis, retour en arrière, et le récit policier se met en place.

Le pire est en effet survenu. Il faut simplement définir ce qu’est le pire, et le récit permettra à chacun de s’interroger. Qu’est-ce que le pire ? L’assassinat de leur entraîneur, sans qui parvenir à la victoire semble impossible ? Ou d’autres faits, qui auraient conduit à son assassinat ? J’ai trouvé assez angoissant le récit de la vie menée par ses adolescents – parce que ce sont des adolescents, pas des adultes. Non, je ne suis pas admirative de leurs parcours, tout au service de leur passion, parce qu’ils sont loin de leur famille et que celle-ci n’a absolument aucun regard sur la vie menée par leurs enfants. Oui, l’on peut dire que les parents aussi font des sacrifices – au détriment parfois, souvent, des autres enfants de la fratrie. L’impact sur le corps et sur l’intellect est énorme parce qu’à la moindre blessure, tout peut se terminer. Et c’est dans ce milieu, dans ce contexte, que le groupe Lost devra résoudre le meurtre de celui qui devait mener son équipe à la victoire.

Le temps a passé depuis la précédente enquête. Oui, il est des enquêteurs qui ne vieillissent pas, qui n’évoluent pas, ce n’est pas le cas de ce groupe. Certains ont un enfant, des enfants ont grandi et sont devenus des adultes. Les couples se forment ou au contraire ne se forment pas, les amitiés perdurent et le temps qui passe amène à se poser des questions sur les choix qui ont été faits dans la vie. Mener sa vie personnelle et sa vie professionnelle n’est jamais chose facile, et ce récit nous le rappelle aussi.

Reste, et en tentant de ne pas trop en dévoiler, le choix fait par l’autrice dans la conduite et la construction de son récit. Parce que certains faits sont inattendus. Parce qu’ils existent aussi. Parce qu’en parler, quand ils existent, semble quasiment impossible. A chaque fois que je lis un roman qui traite des violences faites aux femmes, aux adolescentes, je me dis que les choses évoluent véritablement très lentement.