Archive | 20 novembre 2021

L’Agence Pendergast, tome 5 : Les Enfants de la lune de Christophe Lambert

édition Didier Jeunesse – 160 pages

Présentation de l’éditeur :

Dans cette dernière aventure, Sean, Joe et Célia s’infiltrent au grand rendez-vous des paranormaux qui a lieu en Arizona.
Sorte de Burning man à la sauce fantastique, le rassemblement est dirigé par un vampire… qui n’est autre que le jumeau caché de Sean !
Ce leader maléfique rêve de débarrasser l’Amérique des humains et prépare une attaque mortelle.
En apprenant sa véritable origine, Sean va se retrouver piégé par sa seule famille, et va y laisser quelques plumes.
Révélations, émotions et affrontements sont au rendez-vous !

Mon avis :

Voilà, c’est fini ai-je envie de dire. Avec ce tome, c’est avec la fin de la saga L’agence Pendergast que nous avons à faire. Sean, Joe et Célia doivent se rendre sur le terrain pour assister à un rassemblement de toutes les créatures surnaturelles qui vivent – cachés – aux Etats-Unis. Depuis le volume précédent, Sean commence à remettre en cause le bien-fondé de la traque à laquelle ces créatures sont soumises, ayant sympathisé avec une meute de loups-garous et leur chef. Il le retrouvera dans ce dernier volume, tout prêt à le soutenir dans sa quête et se demandera si, après tout, il e faudrait pas mieux apprendre à vivre ensemble plutôt que de s’opposer constamment.

En effet, ce tome 5 est celui des révélations, celui des secrets enfin dévoilés, ce qui sera dur à entendre et à vivre pour Sean, lui qui croyait enfin (presque) tout savoir sur ses origines. L’humour ne sera pas absent : ou comment rire devant ses élèves pendant le quart d’heures lecture. Il y aura, dans ce volume 5, des scènes épiques : je crois qu’il n’y a jamais eu autant de combats aussi spectaculaires dans la saga que dans ce volume-ci. Et c’est non sans un certain pincement au coeur que l’on dit au revoir à Sean, Célia, et surtout à Joe.

Ceux d’ici ne savent pas d’Heather Young.

Présentation de l’éditeur :

Adam Merkel, professeur de mathématiques du collège de Lovelock, Nevada, est mort cette nuit. C’est Sal Prentiss, l’un de ses élèves, qui vient de découvrir le cadavre calciné de ce quinquagénaire sur les pentes d’un canyon. Una annonce terrible qui secoue la petite ville et remue profondément la jeune professeurs Nora Wheaton. Elle qui se sentait liée à Adam par une solitude et une souffrance communes veut comprendre : qui a pu assassiner aussi brutalement cet homme sans histoires ? Alors qu’elle s’immerge dans le passé de son défunt collègue, Nora découvre peu à peu que Sal, ce jeune orphelin timide et farouche, semble en savoir bien plus qu’il ne veut le dire… Avec lui, la jeune femme se lance dans une enquête délicate. Une plongée aux confins de l’âme des habitants de cette région oubliée du monde, qui portent en eux un héritage de violence et de survie dont ils n’ont plus conscience.

Merci aux éditions Belfond et à Netgalley pour ce partenariat.

Mon avis :

Par quoi ai-je été attiré en lisant la quatrième de couverture ? Je l’ai été, tout simplement parce qu’il s’agissait d’un roman américain, qui devait me plonger dans un Etat bien précis, celui du Nevada, pas le Nevada de Vegas et ses alentours, non, celui d’une petite ville perdue. Le récit commence tout de suite par l’impensable ; un enfant découvre le cadavre de son professeur de mathématiques. Sal, onze ans, a déjà été durement éprouvé par la vie, puisque c’est lui qui a trouvé le corps de sa mère, Grace. Elle est officiellement morte d’une crise cardiaque, et tous ont accepté cette version officielle. La vérité ne changera rien au fait que Grace est morte, seuls Sal et Jake, le pompier qui a constaté son décès, savent ce qu’il en est. Pensez-vous qu’on proposerait de l’aide psychologique à Sal ? Non. C’est à peine si les services sociaux, à la mort de sa mère, se sont préoccupés de savoir dans quelle condition il vivrait chez ses oncles. Sal a de la famille, cette famille a un travail, une maison, des terres – pourquoi chercher plus loin ?

Sal, Nora, Jake, ce sont les trois narrateurs de ce roman. Nora est professeure, comme Adam, mais contrairement à lui, elle est née ici, elle a quasiment toujours vécu ici et a bien l’intention de partir un jour – quand elle aura accompli son devoir, c’est à dire quand elle ‘aurai plus besoin de veiller sur son père. J’ai parfois du mal à apprécier ces romans qui multiplient les points de vue. Dans ce récit, j’ai trouvé ce procédé particulièrement judicieux, parce qu’il permet de voir à travers les yeux de Sal tout ce que les adultes qui l’entourent ne peuvent savoir, ne peuvent même imaginer de sa vie. D’ailleurs, qui peut imaginer réellement ce que cachent certaines personnages, ordinaires, et qui se sentent parfaitement ordinaires ?

Pour savoir qui a tué Adam Merkel, il s’agit de savoir avant tout qui était réellement Adam Merkel, qui sont tous ces gens que côtoie Sal, dans le parc, ces personnes à qui leur médecin ne veut plus prescrire d’antidouleurs et qui s’en fournissent autrement – parce qu’ils se persuadent qu’ils ne peuvent pas vivre sans, parce qu’ils ne pensent pas être drogués. Ils pensent même qu’il est parfaitement possible de vivre « normalement » ainsi, qu’il n’y a pas de risques, ni pour eux, ni pour leurs proches. Dois-je vraiment préciser qu’ils ont tort ? Le parallèle est fait dans ce roman avec l’alcoolisme. La différence ? Le regard que la société porte sur les deux types d’accro. L’alcoolique, s’il boit en compagnie de ses amis, si son alcool reste festif, est bien accepté, l’accro aux médicaments non, même si les conséquences ont été parfois les mêmes pour les proches.

Roman des survivants, Ceux d’ici ne savent pas est aussi le roman des morts. Ceux-ci tiennent une grande place dans l’intrigue : Daisy, la mère de Sal, mais aussi Jeremy, Benjamin, Tommy, ou encore Camille, la mère de Nora, enseignante qui ne se contentait pas d’enseigner mais veillait sur ses élèves, quitte à harceler les services sociaux pour que ceux-ci prennent en charge au plus vite des enfants en souffrance.

Pour finir, j’aimerai simplement dire que Gideon, l’oncle de Sal, est un de mes personnages préférés de ce roman, parce que c’est un personnage qui mérite que l’on aille au-delà des préjugés.