Archive | 17 novembre 2021

Commmissaire Baron – tome 12 : d’Hervé Huguen.

Présentation de l’éditeur :

Léo Bréval menait une vie sans histoires jusqu’à la disparition tragique de son épouse, un suicide qui, après autopsie, s’avère être un meurtre.
L’image d’un couple heureux se fissure lorsque l’on découvre que la jeune femme avait un amant, et les indices recueillis accablent le mari qui est rapidement placé en détention.
Mais les indices ne sont pas des preuves. Quel était le secret d’Adénaïs Bréval ? Un nouveau juge décide de reprendre l’enquête. De Nantes à Ancenis, le commissaire Baron diligentera les recherches, et posera un regard neuf sur l’affaire. Il va s’orienter vers une nouvelle piste, dans l’entourage immédiat de la victime, et là encore, le cliché des relations paisibles va se lézarder.

Mon avis :

Si vous n’aimez ni les polars bretons en général, ni Hervé Huguen en particulier, vous êtes mal partis : j’en lis beaucoup en ce moment.

Une histoire simple. Une femme a été retrouvée morte chez elle par son mari. Les secours sont venus, ont tenté de la sauver, puis ont constaté son décès. L’autopsie a révélé qu’elle ne s’est pas suicidée, comme le pensait son mari, mais qu’elle a été assassinée. Le juge chargé de l’affaire additionne 1 + 1, obtient 2, et conclut que le mari, qui clame son innocence, est coupable. Il l’envoie en prison, où celui-ci tente de se suicider. il ne doit sa survie qu’à son compagnon de cellule. Le premier juge chargé de l’affaire est victime d’un gros souci de santé, un autre est nommé, et décide de reprendre l’affaire, et, peut-être, de réparer toutes les erreurs qui ont été commises depuis le début de l’affaire.

Oui, tout ne se passe pas nécessairement, bien, dans les règles. On peut être un professionnel de santé, comme Léo, et perdre tous ses moyens devant le corps de sa femme – oui, je crois que c’est tout à fait possible. On peut être pompier, et ne pas penser que l’on est sur une scène de crimes – parce que rien ne le montrait et parce que ce n’est pas la mission d’un pompier de « sécuriser » une scène. Par contre, être juge, refuser de faire effectuer certaines analyses, n’instruire qu’à charge et ne pas explorer toutes les pistes, c’est humain, certes, mais cela a des relents d’erreurs judiciaires. Est-il encore possible de découvrir la vérité ? Il l’est peut-être de limiter la casse, mais rien n’est moins sûr.

Baron et ses hommes vont enquêter minutieusement, inlassablement, jusqu’à ce que des doutes surviennent, jusqu’à ce qu’une nouvelle piste s’ouvre – peut-être. Il s’agit de tout reprendre, d’affronter les rares témoins qui ont l’impression d’avoir déjà tout dit, qui ont des certitudes. C’est aussi ne pas avoir d’a-priori – la justice n’a rien à voir avec la morale.

Un opus prenant, qui m’a donné envie d’enchaîner avec une autre enquête de Nazer Baron.