Archive | 11 novembre 2021

Commissaire Baron – tome 19 : le manoir des oubliées

édition du Palémon – 272 pages

Présentation de l’éditeur :

Sylvain, Gaby, Nathan, Aymeric. Quatre amis inséparables invités le temps d’un week-end par l’un de leurs anciens professeurs de faculté. Guy Mendel, pénaliste réputé, veut leur parler des études qu’il mène désormais sur des dossiers criminels que la justice n’est jamais parvenue à résoudre, et il a besoin de leur aide.
Pour quelle affaire ? La curiosité les attire.
La rencontre aura lieu dans un vieux manoir dominant l’archipel des Sept-Îles et le chaos de rochers de la Côte de Granit Rose. Un panorama unique.
Mendel s’est assuré de l’aide de la propriétaire des lieux et d’une cuisinière. Onze personnes vont ainsi passer la nuit enfermées dans la vieille bâtisse du XIXe siècle, isolée au milieu de la lande balayée par le vent.
Au matin, l’une d’elles sera retrouvée morte.
Il faudra au commissaire Baron renverser le paravent des conventions sociales pour dévoiler les souvenirs dérangeants, comprendre les liens qui unissaient tous les protagonistes, reconstituer les allées et venues au cours de la soirée. Et réveiller les fantômes de l’affaire dont parlait Guy Mendel, la disparition de deux jeunes filles, vingt-trois années auparavant. Deux oubliées…
L’assassin était dans la maison

Mon avis :

Je vous donne la version courte : j’ai aimé cette enquête.
Voici maintenant la version longue.
Le mot d’ordre semble être la simplicité. Oui, Guy Mendel, ancien professeur des quatre amis réunis dans son manoir, ne leur a pas dit tout de suite le véritable motif de son invitation. Mais leur réaction prouve qu’il a bien fait, quelque chose est bien resté secret pendant toutes ces années, mais quoi ?
Au petit matin, l’un d’entre eux est retrouvé mort. Un suicide. La police laisse les autres invités le croire. A quoi bon mobiliser son énergie à dire, redire, et re répéter que ce n’est pas la victime qui a mis elle-même fin à ses jours, en dépit des difficultés qu’elle rencontrait ? Non, il faut écouter, et enquêter, y compris enquêter sur ce cold case qui a tout déclenché. Vingt ans plus tôt, deux jeunes femmes ont été violées, l’une a été tuée. La survivante, amnésique, n’a pu aider ses enquêteurs. J’ai aimé la dignité, la simplicité avec laquelle le personnage a été décrit. Jamais le commissaire Baron ne remet en doute sa parole, jamais il ne la juge ou ne l’interrompt. Écouter les victimes, ne pas perdre l’espoir, même s’il est ténu, c’est important. Et cela ne devrait pas exister que dans la littérature, quand on voit le nombre d’affaires classées sans suite.
Oui, la vie des invités, des anciens étudiants insouciants est remise en cause. Ils avaient oublié tout ce qui s’est passé vingt ans plus tôt, ou n’avaient pas voulu s’en souvenir, ce qui revient au même.
L’intrigue est construite de manière rigoureuse, les personnages sont décrits avec efficacité. Au milieu, nous avons la Bretagne, la côte de granit rose, les vents d’automne. Et des existences remises en cause à tout jamais.
Un beau roman.