Tricot d’amour de Karin Serres

édition du Rouergue – 93 pages

Présentation de l’éditeur :

Mira déteste la viande. Pas de chance, la maîtresse installe à côté d’elle le fils du boucher ! Beurk ! Ce Kévin est vraiment très bizarre. Chaque jour, il arrive en classe avec un nouveau pull tricoté par sa mémé. Les couleurs et les motifs sont de plus en plus délirants… Jusqu’au jour où Kévin disparaît. La boucherie est fermée et les rumeurs les plus folles courent dans la cour de récréation : un commando de végétariens auraient enlevé toute sa famille, ils auraient vendu de la viande de chien… Et qu’est-il arrivé à la mémé tricoteuse ?

Mon avis :

Ce qui m’a frappé d’abord en lisant ce livre, c’est le harcèlement que subit Mira. Oui, j’utilise le mot « harcèlement », et même si certains me diront que ce n’est peut-être pas le terme approprié, je n’en vois pas d’autres. Comme elle a fréquemment des poux en dépit des traitements qu’elle subit, personne ne veut savoir à côté d’elle. Pire : la maîtresse d’école cautionne cet état de fait, pour ne pas dire qu’elle l’encourage, ayant, au vue de toute la classe, donné à Mira le statut de « mauvaise élève » qui récolte des punitions plus souvent qu’à son tour. Etre harcelée ou ostracisée, voire les deux en même temps, ne sont pas des situations enviables (et j’ai envie d’ajouter : non, sans blague ?).

Puis arrive Kévin, et il n’a pas le choix : la seule place libre est à côté de Mira, il doit s’asseoir à ses côtés. Ecrire ceci n’est pas rendre justice à Kévin, je pense qu’il n’aurait pas tant fait de manière, lui qui n’a pas de préjugés. Ce n’est pas le cas de tous les autres élèves – et je me demande comment la maîtresse d’école ne voit pas ce qui se passe, y compris dans la cour de récréation. Oui, après avoir un temps séduit, si j’ose dire ses camarades de classe, Kévin se retrouve lui aussi moqué, persécuté, et il tiendra bon. Par amour. Par amour pour sa grand-mère qui lui tricote des pulls, et tant pis s’ils sont de plus en plus ratés, tant pis si le tout dernier est rose, pas terminé, il le porte quand même.

Je ne sais pas ce qui l’emporte à la lecture de ce livre, la vision très noire qui est donnée de l’école, dans lequel la seule adulte responsable semble cautionner les débordements qui s’y passent, ou l’amour que Kévin a pour les siens, l’amitié qui se noue entre lui et Mira.

A voir, même si je trouve que ce livre est dur.

 

 

2 réflexions sur “Tricot d’amour de Karin Serres

  1. Si le côté adulte/maîtresse qui cautionne, voire encourage le harcèlement risque de me rappeler de mauvais souvenirs, j’avoue que l’amitié entre les deux personnages et l’amour de Kévin pour sa mamie m’interpelle et m’appelle…

    • J’ai l’impression d’avoir été la seule (j’ai lu des critiques sur Babelio après) à avoir été marqué par cet aspect des choses – peut-être justement parce que j’ai été témoin de faits de ce genre quand j’étais élève. Oui, l’amour de Kevin pour sa grand-mère, et l’amitié qu’il en résulte pour Mira est intéressant – et j’aurai aimé que ce soit encore plus développée que cela ne l’est.

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