Archive | 28 septembre 2021

Le crime de la rue François Ier de René Trotet de Bargis

Présentation de l’éditeur :

Mme Louviers est retrouvée morte par son mari, dans leur appartement d’un immeuble de la rue François Ier. La jeune femme a été étranglée dans l’après-midi et, selon la concierge, seule une personne a pénétré dans le bâtiment, une locataire travestie, pour le Mardi gras, en bayadère. L’inspecteur VIGEON découvre sous le cadavre un morceau d’étoffe sur laquelle est collée une étoile dorée en papier, comme l’on en trouve sur les déguisements. Il n’en faut pas plus au juge pour faire arrêter la voisine. Cependant, l’inspecteur VIGEON est rapidement convaincu que la suspecte est innocente. Mais alors, qui est l’auteur du crime de la rue François Ier ?

Mon avis :

J’ai un souci avec ce récit policier. Je me souviens très bien de la victime, la douce madame Lucienne Louviers (le prénom et le nom de famille m’ont beaucoup aidé pour cela). Je me souviens bien aussi de Viviane de Châtellerault, jeune femme qui vivait dans le même immeuble et qui fut soupçonnée du meurtre. Je me souviens du coupable et de son mobile. Par contre, si l’on me demande à quoi ressemble l’inspecteur Vigeon et quelles sont ses méthodes, je sèche totalement. Je n’ai aucun souvenir de lui et même s’il confond le coupable, c’est un article de journal qui clôt le récit et nous donne tous les détails dont nous avions besoin pour tout comprendre. Je me souviens seulement qu’il n’a pas voulu s’arrêter au premier coupable idéal trouvé et découvrir le fin mot de l’histoire. Voilà pour lui.

Je me souviens également d’autres petits soucis au cours de la lecture. Tout va trop vite : en trois jours, madame Louviers est tuée puis enterrée ? Même à cette époque, je trouve que cela va vraiment très (trop ?) vite comme si on avait sauté des étapes. Cette partie du récit ne sera d’ailleurs pas la seule mais si je dis quel personnage va beaucoup trop vite, je risquerai de dévoiler mobile et meurtrier.

Le crime de la rue François Ier, c’est pour moi la défaite des femmes. Je le répète, j’aime beaucoup le personnage de madame Louviers, qui a fait un mariage d’amour avec un homme plus aisé qu’elle, un mariage auquel personne, dans la famille du marié, ne s’est opposé, tant ils ont préféré l’amour et les qualités de la fiancée à une dot sonnante et trébuchante. Lucienne est heureuse, heureuse de sa vie, heureuse de la partager avec l’homme qu’elle aime, et l’on aurait presque pu basculer dans la romance si elle n’avait pas été sauvagement assassinée. Elle est une victime innocente, tout comme Viviane de Châtellerault, qui a pour seul tort d’aimer les hommes, d’aimer s’amuser, tout en veillant à toujours rentrer chez elle seule (c’est à dire non accompagnée)  : la morale (celle de l’époque) est sauve. Même Yvette Surger, demi-mondaine célèbre, courtisane (les deux termes sont employés) n’a pas un destin réjouissant. Elle veut être aimée, pour elle, se marier parce qu’elle est aimée. Elle l’espère en tout cas, non l’être pour son argent. Etre une femme, marié, célibataire ou entretenue, c’est toujours être à la merci des hommes.