Archive | 23 septembre 2021

N’oublie pas les fleurs de Genki Kawamura

édition Fleuve – 304 pages

Présentation de l’éditeur :

Le soir du 31 décembre, Izumi rend visite à sa mère Yuriko pour les fêtes de fin d’année, mais cette dernière est absente. Il la retrouve finalement perchée sur la balançoire d’un parc voisin, où elle semble perdue. Cet événement n’est que le premier signe de la maladie qui la ronge : quelques mois plus tard, il apprend qu’elle est atteinte d’Alzheimer.
À mesure que les souvenirs de Yuriko s’estompent, ceux de l’enfance d’Izumi ressurgissent. En prenant soin de sa mère – au moment où lui-même s’apprête à devenir père – Izumi tente de comprendre ce qui l’a éloigné d’elle au fil du temps, s’interroge sur le sens de leur relation. Pour retrouver l’essentiel de ce qui leur reste à présent.

Mon avis :

N’oubliez pas l’eau des fleurs est une oeuvre tendre et distancié, qui nous parle du souvenir mais aussi de la filiation. Izumi est un homme qui a réussi dans la vie. Il est marié, lui et sa femme, qui se sont rencontrés dans le cadre du travail, ont une très bonne situation professionnelle. Leur métier les fait évoluer dans le monde de la musique, ils s’occupent d’artistes, les découvrent parfois, les aident à s’épanouir, ce qui n’est pas forcément facile. Le monde de la musique est une jungle comme une autre, il faut parfois oser faire des coups d’éclats.

Le travail est si prenant qu’il n’a pas le temps de voir sa mère souvent. Du moins, c’est le prétexte qu’il se donne, il sait bien qu’il le pourrait, s’il le voulait. Il a ses raisons, nous le découvrirons au fil du récit, pour avoir mis une certaine distance entre lui et sa mère, même si elle tient à lui, même s’il l’aime. Du coup, il n’a pas pu voir les indices qui indiquaient le début de cette longue descente vers la mort qu’est la maladie d’Alhzeimer. Mais qui peut dire avec certitude : « je les ai bien vus ? » Il est toujours facile de parler après coup, quand la maladie est là.

Izumi va faire de son mieux, toujours. Faire de son mieux, c’est penser avant tout au bien-être de sa mère, face à l’évolution imprévisible d’une maladie dévorante. Il pèse chaque choix qu’il fait pour elle, ne cherchant jamais la solution la plus facile, mais celle qui conviendra le mieux à sa mère. Il veut croire, il veut espérer – mais la réalité le rattrape, la maladie gagne du terrain. Il est bon de rappeler que oui, on ne sait jamais comment la maladie évoluera. On connaît seulement la fin.

Beaucoup de pudeur, de retenu dans ce livre, pas de scènes ou de révélations fracassantes, non, simplement maintenir les liens qu’une mère et son enfant ont pu tisser le plus longtemps possible.

Merci aux éditions Fleuve et à Netgalley pour ce partenariat.