Archive | 22 septembre 2021

Merlin et son chat de Christophe Lambert

édition Didier Jeunesse – 160 pages.

Présentation de l’éditeur :

Merlin l’enchanteur coule des jours heureux au service de son bon roi Arthur. Mais voilà que la perfide Morgane, jalouse et prête à tout pour accéder au pouvoir, jette un sort au magicien. Merlin se retrouve dans le corps de son chat Archimède, et vice-versa ! Maître et boule de poils arriveront-ils à déjouer les plans de Morgane, et à sauver Arthur et son royaume ?

Mon avis :

Les incidents, les accidents, cela arrive. Ce n’est pas Merlin et Archimède, son chat (diminutif : Archie) qui diront le contraire. Mais n’anticipons pas.

Nous voici à la cour du roi Arthur, roi dont tout le monde ou presque a entendu parler, que ce soit au collège ou à la télévision, voire au cinéma. Cependant, il est rare de montrer un roi Arthur vieillissant, un Arthur pourtant toujours prêt à payer de sa personne pour sa cour, pour assurer un traité avec un autre royaume, pour organiser un tournoi, bref, pour faire son devoir de roi. Il sait qu’il peut compter sur Merlin pour le soutenir.

Il n’avait pas vraiment prévu que Merlin devrait de son côté mener son propre combat. A cause de qui ? A cause de Morgane, la demi-soeur du roi. Elle connaît la valeur de Merlin, la preuve, elle aurait voulu être son apprenti, ce que lui n’a jamais accepté. A la suite d’un incident regrettable, pour les deux parties concernées, Merlin se retrouve dans la peau d’Archie et vice-versa. Si Merlin apprécie la souplesse du félin, il n’apprécie ni de ne plus pouvoir parler, ni de ne plus pouvoir aider Arthur ! Commencent alors pour ce duo inséparable ou presque qui les mèneront dans des endroits qu’ils connaissent bien (la bibliothèque) ou qu’ils ne pensaient jamais devoir explorer. Pour ces lieux-ci, leur visite, pour éprouvante qu’elle soit, serait salutaire pour ceux qu’ils croiseront, que ce soit sur le moment, ou un peu plus tard dans le récit. Etre magicien et conseiller du roi, c’est bien. Aller voir le royaume de plus près, c’est mieux pour tout le monde.

Merlin est son chat ? Un roman d’aventures chevaleresque félin.

Merci aux éditions Didier Jeunesse et à Netgalley pour ce partenariat.

 

 

Les Mamies font parler la Poudre par Catharina Ingelman-Sundberg

édition Fleuve noir – 432 pages

Présentation de l’éditeur :

Dagny Svensson, 74 ans, a tout pour passer une retraite heureuse. Son centre de divertissement et bien-être pour personnes âgées, qu’elle a fondé avec sa sœur dans la campagne suédoise, rencontre un franc succès. Elle décide pourtant de se lancer dans un nouveau défi : créer le collectif « Les Mamies pour la paix » pour lutter contre la prolifération des armes. Le jour où ses nouveaux voisins, officiellement en train de développer le premier champagne nordique, se révèlent être des trafiquants d’armes, Dagny comprend que cette nouvelle étape ne sera pas un long fleuve tranquille ! Quant à la police locale, elle n’a pas l’intention de se laisser marcher sur les pieds…

Mon avis :

Ce roman semble presque, de prime abord, un roman de feel-good. Il s’agirait simplement de lire l’histoire de deux soeurs, Dagny et Marie, deux retraitées qui peuvent désormais profiter de ce que la vie leur réserve. Comme si c’était si simple, comme si ce simple résumé ne cachait pas autre chose. J’ai eu plus de mal que je ne pensais à avancer dans le livre, sans que je sache vraiment pourquoi, et surtout, sans que je me questionne sur les raisons de cette lenteur. Peut-être parce que je m’attendais à plus d’humour, plus de cohérences entre les différentes parties. C’est vrai qu’elles débordent d’énergie, ces vieilles dames, qu’elles nous font réfléchir ce que signifie vraiment la course à l’armement. Je les ai tout de même trouvées parfois un peu naïves, j’avais envie de les secouer. Elles mettent beaucoup de temps à se rendre compte que quelque chose cloche chez leurs gentils voisins, à croire qu’elles n’ont jamais été réellement confrontées à des personnes qui ont quelque chose à cacher.

Est-ce parce que l’on est au pays d’une certaine Greta ? Une autre Greta, octogénaire, se montre particulièrement active, tout le monde la tolère même si elle parle parfois à tort et à travers : elle est toujours partante pour tout, elle est tellement en forme pour son âge ! Leurs actions font parler d’elles, et c’est ce qu’elles voulaient. Elles expérimentent les nuits en garde à vue, la prison…. et moi de m’interroger sur les méthodes de fonctionnement du système judiciaire suédois (oui, la durée d’incarcération m’a semblé bien floue).

Oui, d’un côté, cela fait plaisir de voir des mamies aussi actives. De l’autre, je me suis dit que, parfois, elles se réveillent bien tard. Dagny, par exemple, aurait voulu avoir d’autres enfants, mais son mari lui en a refusé le droit – pourquoi, dans ce pays que l’on montre toujours comme un modèle pour le droit des femmes, ne s’est-elle pas battue pour ce qu’elle désirait vraiment ? Oui, je sais, ce ne sont que quelques lignes en passant, mais Dagny ne se remet pas (le peut-on ?) de la mort de sa fille unique, enceinte, lors d’une mission humanitaire. Quand je dis que les thématiques de ce roman ne sont pas drôles, elles ne le sont pas, tout comme il n’est pas drôle de s’enrichir en créant des armes toujours plus efficaces, et de penser que, pour se débarrasser de ses problèmes, il suffit de tuer.

J’ai lu aussi que ce roman était qualifié de « cosy mystery ». Franchement, non, et pourtant, j’adore ce genre littéraire ! Ce n’est pas parce qu’il est en vogue qu’il faut mettre cette étiquette partout, à croire que les romains suédois n’ont pas connu d’heures de gloire.

Les Mamies font parler la Poudre ? Un roman que j’aurai aimé davantage apprécier.